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Escueillens-et-Saint-Just-de-Bélengard.
Une page du passé avec le «
faouré »
Le regretté forgeron
(faouré) Elie R.. Souvenons-nous
des métiers d'autrefois comme
celui du « faouré »
(forgeron). Chaque village avait son
« faouré », comme
celui d'Escueillens, Élie R.,
qui est décédé
en 1989. Des « jeunes »
d'avant, qui sont devenus des anciens
maintenant, nous racontent que lorsque
le printemps arrivait et que les travaux
des champs et des vignes reprenaient,
l'actuelle rue du Vent-d'Autan était
obstruée de bout en bout par
du matériel agricole.
À cette époque de l'année,
Élie travaillait nuit et jour
afin de satisfaire ses clients. Le
« faouré » réparait
toutes sortes de matériel agricole,
allant de la sulfateuse à la
déchausseleuse, et en plus
il ferrait les chevaux et les vaches
dans un «métier»
à côté de la maison
de la famille Chapeau.
« Nous étions réveillés
de très bon matin avec le tintamarre
que créait cette occupation
», confie un de ses habitants.
Pour se déplacer dans les autres
communes, comme Lignairolles, Elie
R. avait une fourgonnette Juva 4 pour
aller ferrer ou dépanner, et
il avait toujours avec lui un petit
soufflet de forge. « Sa femme
le secondait pour la manutention,
il avait toujours besoin d'elle, et
quand elle n'était pas dans
la forge, occupée à
des tâches ménagères,
il frappait une succession de coups
de marteaux sur l'enclume et elle
arrivait». C'était son
téléphone à lui!
Puis un matin, le glas a sonné,
le « faouré » était
mort. À sa sépulture
il y avait beaucoup de monde, cela
se comprend quand on a été
pendant toute une vie serviable pour
tout un pan de pays. Sa veuve, alors,
a passé les vitres de la grande
baie au blanc d'Espagne, ce qui fait
que sa forge, déjà sombre,
a pris un air de tombeau égyptien.
Depuis qu'il est mort, « on
passe devant la vieille forge avec
un sentiment, non point de crainte,
mais de gêne».
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