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Michèle pilote
le standard d'EDF
LOT - Handicap : l'exemple d'insertion d'une
non-voyante
Si vous appelez le centre EDF-GDF du Lot,
à Cahors, une voix vous répondra
pour vous aiguiller sur le bon interlocuteur.
Michèle Graulières pilote
le standard téléphonique depuis
dix ans, un standard modifiée, où
les appels s'inscrivent en braille sous
ses doigts.
Elle est devenue non-voyante à l'âge
de 26 ans à la suite d'un glaucome
mal soigné. « J'ai, alors,
complètement perdu la vue mais aujourd'hui,
je distingue un peu les ombres ».
Voilà bientôt vingt ans, Michèle
Graulières intégrait l'entreprise
EDF en qualité de standardiste en
Dordogne avant d'être mutée
au centre cadurcien de l'avenue Pierre-Semard.
« Au préalable, j'avais suivi
une formation de standardiste dactylo dans
un centre adapté à Limoges.
C'est là que j'ai découvert
le braille ».
Comme n'importe quelle autre standardiste,
elle se trouve en permanence à son
poste, aux heures de bureau, écouteur
sur les oreilles et dès que la sonnerie
retentit dirige les appels vers le service
concerné. « J'assure aussi,
l'accueil du public, parfois les visiteurs
semblent m'ignorer ou ne font pas cas du
petit écriteau placé devant
moi ». Le « Bonjour, je suis
non-voyante merci de vous présenter
» paralysent certains: « Les
personnes n'osent pas m'aborder par crainte
de faire une gaffe, une maladresse, et cette
réaction je la retrouve jusque chez
des agents du centre EDF qui font comme
s'ils ne me voyaient pas ».
« LA TETE PENSANTE DU GROUPE »
Mais dans l'ensemble, Michèle Graulières
se trouve bien intégrée dans
son environnement professionnel. Les cadres
du centre l'appellent « la tête
pensante du groupe » car ils connaissent
ses qualités de mémorisation
exceptionnelles. Agenda, rendez-vous, messages...
Elle n'oublie rien. « Normal, j'ai
suivi des cours de mémoire. Le truc
pour mémoriser un numéro de
téléphone est simple. Il suffit
d'utiliser les codes des départements
».
Un employé dépose à
côté du standard un carton
rempli d'enveloppes à expédier.
« Michèle, tu as les enveloppes
». Le téléphone marque
une courte pause, Michèle Graulières
en profite pour sortir son agrafeuse spéciale
et un tampon: « Je fais de la mise
sous pli et je tamponne tout le courrier
». Là, l'employée d'EDF
opère sans filet, sans aucun repère
en braille. La seule petite astuce pour
savoir si le cachet apposé figure
à l'endroit tient dans un morceau
de ruban adhésif collé sur
le tampon encreur. « Il faut savoir
s'organiser ».
EDF-GDF services Lot emploie quatre autres
salariés handicapés sur les
350 agents du centre. C'est le résultat
d'une politique d'insertion conduite dans
le cadre d'un partenariat avec les organisations
syndicales, accord renouvelé tous
les trois ans. Un de ces travailleurs reconnus
par la Cotorep (1) occupe un poste de technicien
d'intervention clientèle, un autre
exerce le métier de téléconseiller
clientèle au centre d'appel, il y
a, aussi, un employé administratif
et un conseiller commercial.
Michèle Graulières demeure
la première et à ce titre
bénéficie d'un aménagement
horaire léger: « Je sors à
11 h 55 au lieu de midi, afin de pouvoir
prendre, seule, mon bus qui stoppe de l'autre
côté de l'avenue ». Un
autre challenge quotidien, car malgré
le passage protégé et la canne
blanche, traverser la rue reste toujours
aussi périlleux.
(1) Cotorep: Commission technique d'orientation
et de reclassement professionnel.
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