Réalise toutes les tâches
nécessaires à l'élevage
d'escargots (sélection
et conservation des animaux reproducteurs,
montage et mise en route des unités
de reproduction, récolte
et conservation des pontes, préparation
des parcs avant l'élevage,
alimentation des animaux, ramassage
des escargots en fonction de leur
taille). Ces animaux sont élevés
pour être vendus pour la
consommation humaine.
Dans quelles conditions ? Quelles
entreprises ?
Une partie de l'élevage (accouplement,
ponte, élevage des naissains)
s'effectue à l'intérieur
dans des bâtiments où
la température, le taux d 'humidité
et l'alternance lumière et
obscurité doivent être
parfaitement contrôlés.
L'engraissement des escargots est
réalisé dans des parcs
enherbés (radis fourragers
et trèfles). L'éleveur
complète cette nourriture en
apportant des céréales,
de la luzerne, du tournesol... L'élevage
des animaux peut n'être qu'une
partie de son travail. L'héliciculteur
peut également transformer
les escargots avant de les commercialiser.
Ce métier nécessite
des efforts de promotion des produits,
par la participation à des
foires salons, articles dans la presse.
Comment ?
Pour pouvoir bénéficier
des aides de l'Etat pour l'installation,
l'agriculteur qui débute doit
posséder un des diplômes
de niveau minimum bac, que l'Etat
reconnaît comme garant de la
compétence du jeune agriculteur
pour conduire et gérer une
entreprise agricole.
Il doit également effectuer
un stage de 6 mois en dehors de l'exploitation
familiale pour acquérir ou
parfaire une expérience professionnelle
préparant au métier
de responsable d'exploitation agricole.
Après des formations sur des
productions agricoles plus classique,
l'éleveur peut se former plus
spécifiquement à l'héliciculture
en suivant un CS " conduite d'un
élevage hélicicole et
commercialisation des produits ".
Atout
Métier vous aide à définir
l'orientation qui vous convient le mieux.
Cet outil est destiné aux étudiants,
aux jeunes diplômés, aux
demandeurs d'emploi, ainsi qu'à
tout individu en poste qui souhaite
faire le point sur son projet d'évolution
professionnelle et personnelle. En
savoir plus ...
Héliciculteur, c’est plus
que l’élevage d’escargots
: c’est un métier de passionnés
qui ne comptent pas leur amour pour
« leurs petites bêtes à
cornes ».
Trois établissements en France forment
officiellement les héliciculteurs.
L’élevage d’escargots,
c’est une science et sans avoir eu
une solide formation, cela se termine souvent
par un désastre puisque 95% des éleveurs
doivent abandonner leur projet dans les
deux ans qui suivent leur installation.
En dessous des filets de protection contre
les oiseaux, c’est le tapis végétal
qui fait la qualité de l’escargot.
Il y a deux types d’élevages:
l’un intensif, où les mollusques
sont nourris à la farine et viennent
en 2,5 mois à l’intérieur
de bâtiments. L’autre, extensif,
en plein air, où l’on respecte
les biorythmes de croissance : on ramasse
les fonds de parc fin octobre et les escargots
sont placés dans des caisses en bois
ventilées dans lesquelles ils hibernent
pour être enfin lâchés
en semi-liberté dans des parcs. Les
reproducteurs sont choyés avant de
les réveiller ensuite le lendemain
de la St Valentin, après 4 à
6 mois d’hibernation en élevage
avec une température variant entre
6 et 10°. Mais quand il est dans la
nature, l’escargot préfère
s’enfouir dans la terre. Ce gastéropode
supporte mal la chaleur, l’été
son activité est complètement
ralentie ; en 2003 avec la canicule 45%
des éleveurs ont perdu leur activité.
La reproduction, étape périlleuse,
se fait en atelier où certaines conditions
d’hygrométrie et de température
sont requises: 18h de jour suivent 6h de
nuit avec 90% d’humidité et
une chaleur constant de 20°.
Les escargots sont posés dans des
bacs en plastique grillagés afin
de respecter une certaine densité
(250 reproducteurs par bacs) et de permettre
aux visiteurs, qui viennent visiter la ferme-école,
d’observer et comprendre le cycle
de vie et de reproduction. Au bout de quatre
mois en parc, l’animal arrive à
maturité, mais selon les régions
sa croissance peut se prolonger jusqu’à
sept. Ces animaux succulents sont hermaphrodites
(chacun dispose d’un double appareil
génital), après des préliminaires,
il provoque une décharge électrique
surnommée « le dard de Cupidon
», les amants copulent côte
à côte, puis après une
période de ponte de 10 jours il faudra
attendre 4 semaines d’incubation pour
voir les œufs d’escargot éclore
(5000 reproducteurs donnent 600 000 escargots).
Tout éleveur consciencieux remplit
systématiquement des fiches à
toutes les étapes de la vie d’un
escargot pour la traçabilité
et les démarches qualité essentielles
à la qualité du produit
L’héliciculteur parvient à
en vivre principalement en vendant ses escargots
prêts à cuisiner. Ses clients
directs sont les restaurateurs, les traiteurs
ou les particuliers. Les éleveurs
réalisent le plus de marge lors de
la vente directe de produits finis. Ainsi,
il leurs arrivent de se rendre régulièrement
au laboratoire de transformation pour faire
mijoter des escargots à la catalane
ou en confits à la graisse de canard.
Malgré tout, pour dégager
un SMIC, il faut souvent s’armer de
patience et travailler plus de 50h par semaine
avec un élevage de 150 à 200
000 escargots.
Ce métier passionnant, pour les grands
comme les petits, est donc loin d’être
facile et requiert de consacrer sa vie entière
aux « petites bêtes à
cornes ».
Au marché, Patrice Deraita
sait tout sur l'escargot
MIRANDE (32) - Rencontre. Cet ancien
cadre de 53 ans veut un jour changer
de métier, opte pour l'héliciculture
et s'installe à Pallanne.
Patrice Deraita explique : «
0n voulait aller là où
il y a du soleil. Donc, en dessous
de la Loire, mais où les hivers
ne sont pas rigoureux, donc pas dans
le Massif Central, pas à la
montagne non plus car ni ma femme
ni moi n'aimons cela. On cherchait
aussi un endroit où les prix
seraient à notre portée,
donc pas dans le Sud- Est. Il restait
le Sud-Ouest. » Et, dans le
Sud-Ouest, ce fut le Gers, et, dans
le Gers, ce fut Pallanne. Patrice
Deraita ne laisse rien au hasard.
Cet ancien cadre de 53 ans, responsable
des services généraux
pour la maintenance du matériel
informatique, téléphonique
et de sécurité, («
tout ce qui ne marche jamais ! »,
exagère-t-il en riant), dans
la grande distribution de l'électroménager
dans un hall de 6 ha près de
Roissy, a soigneusement préparé
sa reconversion. « Ce n'était
pas le bagne mais il y avait beaucoup
de pression et on pouvait être
appelé même pendant les
congés s'il arrivait quelque
chose, alors j'ai envisagé
de faire autre chose ».
Une formation
Cet autre chose, c'est l'élevage
des escargots, l'héliciculture
: « J'aime les escargots et
ce qui m'a séduit, c'est l'originalité
du produit ». Il a suivi une
formation dans un centre de formation
et de promotion professionnelle agricole
à La Motte-Servolex en Savoie.
Un stage très complet avec
sessions pratiques et théoriques
pour tout connaître de l'escargot,
sa biologie, son élevage et
aussi l'aspect économique d'un
tel élevage. Puis, il y a trois
ans, ce fut l'installation à
Pallanne : « On est venu en
vacances, le Gers nous a convenus
et on a trouvé ce que nous
cherchions ». Une ferme avec
du terrain pour les parcs à
escargots et la possibilité
de faire l'accueil à la ferme.
Maintenant, Patrice Deraita a trois
parcs (850 m2 en tout) où il
élève des petits gris
et des gros gris. Des parcs avec bâche
enterrée pour éviter
les évasions (et il y en a)
et dans lesquels est plantée
une végétation qui sert
à la fois de nourriture et
d'abri. Patrice Deraita prépare
de façon artisanale les aliments
secs qu'il donne également
à ses pensionnaires. Sa reconversion
s'annonce bien. Il a ses habitudes
au marché de Mirande où
vous le trouverez tous les lundis
matins. Il va aussi à Vic-en-Bigorre
le samedi matin et à Auch le
jeudi matin. Il vous proposera des
escargots cuisinés et des escargots
vivants pour les cargolades et vous
pourrez tout savoir sur les escargots
car, derrière un abord réservé,
se cache un passionné qui manie
l'humour avec tact.