L’artificier, véritable magicien
de lumières, élabore feux
d’artifice et jeux de fumées
pour le divertissement, le cinéma
et les spectacles. Son savoir-faire requiert
des règles précises et une
mise en œuvre très stricte.
Un métier dangereux et exigeant mais
tellement passionnant.
Le métier d’artificier est ancien.
C’est avec la découverte de la
poudre qu’il apparaît pour la première
fois en Chine au VIIIème siècle.
Dès l’origine, l’artificier
est considéré comme un artiste,
celui qui maîtrise l’art de faire
des explosions de bruits et de lumière.
Une ancienne tradition chinoise raconte que
les feux d’artifice étaient utilisés
pour effrayer les spectres et faire fuir les
mauvais esprits.
En France, la poudre est utilisée d’abord
sur les champs de bataille (les bombardes de
Crécy en 1346) avant de devenir un instrument
de divertissement. Au XVIIème siècle,
on assiste à de grandes fêtes données
dans les jardins de Versailles où les
tirs de feux d’artifices célèbrent
la prospérité du roi. Très
vite, le feu d’artifice va devenir le
moyen de réjouissance adopté pour
commémorer les événements
historiques.
L’artificier : technicien et artiste.
Technicien, car il manipule et doit mettre en
œuvre des produits réputés
sensibles, contenant de la poudre noire et des
inflammateurs. Artiste, car il imagine, dessine
et crée un spectacle à partir
de différents effets pyrotechniques.
A chaque fois, il doit séduire le public
en suscitant l’émotion au travers
de tableaux colorés et, de plus en plus
souvent, musicaux.
L’artificier a une double compétence
: fabriquer les explosifs et procéder
à leur lancement. Le principe d’un
tir de feux d’artifice est de déporter
ou de différer l’explosion de la
bombe. Apres l’allumage de la mèche,
un dispositif (l’espolette) retarde l’explosion
de la charge (la Chasse), destinée au
lancement de billes de poudres (les Etoiles).
La fusée décolle, suit une trajectoire
précise et explose en plein ciel. Tous
les effets visuels, obtenus à partir
de composés chimiques, ainsi que l’intensité
de l’explosion (le bruit, son envergure…)
sont méticuleusement calculés
par l’artificier, afin d’exprimer
toute sa créativité.
Un métier artisanal et technologique.
La pyrotechnie ne cesse d’évoluer
au gré des inventions techniques. Bien
que la poudre explosive ait été
inventée il y a des siècles, la
mise à feu électrique puis électronique
a permis de créer des spectacles d’une
complexité inouïe. Le développement
artistique a franchi une nouvelle étape
avec les feux Pyromusicaux. Ce type de feu associe
effets pyrotechniques et musique et trouve sa
beauté dans la parfaite synchronisation
de ses deux éléments. Le choix
musical détermine le rythme et le sens
que l’artiste veut donner à son
feu.
Il est important de souligner que ce métier
présente des aspects dangereux et exige
beaucoup de savoir-faire. Une réglementation
stricte régie en France le métier
de pyrotechnicien et classe les engins explosifs
selon leur puissance. Devenir Maître artificier
ne s’improvise pas.
Article publié par Olivier G.
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Lectoure. Feux
d'artifice : la magie commence en coulisses
Coup d'envoi ce soir du 4e Festival pyrotechnique.
L'alliance du danger et du rêve.
Avant que n'explosent ce soir les bombes,
fusées, chandelles et autres marrons
d'air dans le ciel lectourois, le public
écoutera avec délectation
la narration des secrets de l'artifice,
cette science exacte de la pétarade,
qui ne tolère aucune approximation,
ni dans l'approche, ni dans la réalisation.
C'est sur ce mode rigoureux que s'est
préparé, depuis mercredi
matin, le 4e festival pyrotechnique de
Lectoure, où une douzaine d'artificiers
professionnels sont à pied d'œuvre
pour installer ce qu'ils qualifient eux-mêmes
de « feu extraordinaire ».
Impressionnantes batteries disposées
sur les terrains du stade municipal, où
chaque bombe fait l'objet d'une préparation
méticuleuse, jusqu'à l'étouffement
plastique afin de ne point craindre la
pluie.
En artificier régisseur averti,
Charly David résume la tendance
: « Ici, à Lectoure, on prend
des risques au niveau artistique, car
c'est vraiment un spectacle extraordinaire.
» Dans une mise en scène
pyrotechnique où les feux sont
commandés par ordinateur, via des
borniers reliés par câbles
aux différentes bombes, la méthode
de spectacle est sérieusement travaillée.
« On construit d'abord la musique.
Puis, on cale le feu d'artifice sur celle-ci.
Selon l'intensité de la musique,
on met des bombes un peu plus fortes »,
explique Charly, dont la plus grande satisfaction
est de voir se réaliser dans le
ciel toutes les figures élaborées
au sol.
Haute sécurité
Les matériels utilisés pour
les feux d'artifices -car il s'en tire
plusieurs dans cette étourdissante
pyrotechnie !- ne laissent rien au hasard.
Comme on dit dans le jargon artificier,
c'est le « K4 » qui règne
ici en maître, autrement dit des
produits manipulables et « tirables
» moyennant qualification professionnelle
de l'artificier. Avec cette précision
étonnante de Charly David : «
La plus grosse difficulté au niveau
de la sécurité, c'est le
démontage du feu, lorsque l'on
coupe inopinément l'inflammateur
d'une bombe qui n'était pas partie.
»
Et les artificiers lectourois de recenser
les qualités requises dans leur
entreprise : concentration, attention,
patience. « Pour un métier
très dur, qui s'exerce par toutes
les conditions climatiques », précise
Charly, qui n'échangerait son métier
pour rien au monde, « depuis la
première fois que j'ai fait partir
un marron d'air ». Pour la quatrième
fois, lui et son équipe donnent
rendez-vous avec le rêve, pour deux
soirées au parfum de poudre…
céleste !