Le
Chorégraphe vu par le Cedies
Comme tous les métiers artistiques,
la chorégraphie est à
la fois un savoir-faire, une technique
et un champ personnel de créativité.
Le chorégraphe non seulement
compose lespace, les déplacements
des danseurs, utilise un style de
mouvement connu ou le crée,
mais travaille aussi avec les autres
créateurs du spectacle : musicien,
décorateur, créateur
de lumière
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Il orchestre ces différents
corps de métiers pour réaliser
un spectacle. En effet, aujourdhui,
les représentations radicales,
sans musique ni décors, sont rares
et, là aussi, il faut collaborer
avec la lumière
Et bien entendu
avec les danseurs
! La première étape qui
mène à létat
de chorégraphe est, dans une très
large majorité des cas, celle de
danseur. Technique de base, us et coutumes
des compagnies, tournées, répétitions,
etc
; tous les éléments
qui composent la vie dun danseur
sont les mêmes pour celle dun
chorégraphe. La différence,
de taille, est que le chorégraphe
assume la responsabilité artistique
dun projet.
Il dirige, fait des choix, corrige, fait
reprendre, modifie, défend sa conception
de lart.
Il passe ses journées en studio,
dialogue avec les personnes de ladministration,
car, de fait, il dirige aussi un groupe,
une entreprise
Cest son nom qui prédomine,
plus que celui de la compagnie, sauf pour
les grandes institutions comme lOpéra
national de Paris ou les ballets internationalement
reconnus où la structure dépasse
la personne. Toutes les formations et
les méthodes connues ne font pas
un chorégraphe de qualité.
Il faut ce qui ne se mesure pas, ce quest
le mystère de lart, la valeur
ajoutée de la personne, le talent.
Formation:
Ex.: Bac
TMD Danse
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Interview
: Sylvia C., danseuse et chorégraphe
Comment es-tu
devenue danseuse chorégraphe ?
Quels sont ton parcours et ta formation
?
C’est le plaisir de la danse ; je
voulais être danseuse, être
sur scène. J’ai eu envie
de devenir chorégraphe plus tard
: il y a un moment où tu commences
à avoir tellement d’ingrédients
en tant que danseuse que tu te dis : «j’ai
envie de les mélanger moi-même».
A 14 ans, je suis partie étudier
la danse à l’école
Rosella Hightower à Cannes. Ensuite,
j’ai fait un B.A., Bachelor of Arts
à la London Contemporary Dance
School. Puis, j’ai commencé
à danser professionnellement, d’abord
dans des compagnies, à Zurich.
J’ai réalisé un des
mes rêves en entrant aux Ballets
C. de la B. Puis, j’ai créé
ma propre compagnie au Luxembourg, Missdeluxedanceco!,
et j’ai créé trois
spectacles, deux solos et un trio, qui
est passé au Grand Théâtre
de Luxembourg. Après, j’ai
travaillé avec Jan Fabre, puis
au Cirque du Soleil, et à nouveau
avec Jan Fabre. A présent, je suis
chorégraphe au Luxembourg et danseuse
à Gand, au sein du collectif des
anciens danseurs des Ballets C. de la
B.
Imaginais-tu
arriver là où tu en es ?
Non, mais c’était mon but.
J’en rêvais. Je n’aurais
jamais cru que j’y arriverai. C’est
incroyable : j’ai réalisé
tous mes rêves. A présent,
je peux passer à une autre phase,
à un autre stade, avec de nouveaux
projets, notamment au Luxembourg, et des
envies différentes.
Quel est le moment
de ta carrière dont tu es le plus
fière ?
Je citerai deux moments. D’abord
le Palais des Papes à Avignon,
où j’ai dansé «Je
suis sang» de Jan Fabre en 2005.
L’année d’avant, je
dansais dans le festival Off avec d’autres
danseurs luxembourgeois et on m’a
demandé quel était mon rêve.
J’ai répondu : danser sur
la scène du Palais des papes. L’année
d’après, j’y étais.
Le second moment de ma carrière
dont je suis le plus fière, c’est
à New York, au Madison Square Garden,
un lieu mythique, où j’ai
dansé avec le Cirque du Soleil
en 2006.
Quels sont tes
projets ?
Pour l’instant je suis en tournée
avec la compagnie Campo et le projet Venizke
et gère en même temps la
création de Conscienza di Terrore
II dont la première aura lieu au
Grand Théâtre le 26 juin.
Je pars ensuite en tournée avec
Jan Fabre avec la pièce «Orgy
of tolerance» d’abord à
Avignon puis à Dubrovnik. En même
temps et dans le cadre du Danz Festival
Lëtzebuerg / Le Transfrontalier dont
la dernière étape est Bytom,
j’irai jouer «Swan dies of
an overdose» en Pologne. En octobre,
je reprendrai le projet «Dance 09»
au Carré Rotondes et participerai
en novembre au festival Euro-Szene de
Leipzig avec Conscienza di Terrore.
Comment se passe
une journée standard de Sylvia
C. ?
Ca dépend. Si je suis en période
de répétition, je répète
de 10h à 22h. Quand je suis en
train de créer une chorégraphie,
je vais suivre un cours de danse le matin,
et je chorégraphie toute l’après-midi.
Autrement, je fais des recherches plus
«administratives» pour préparer
de nouveaux projets, de nouveaux spectacles.
Quels sont les
points positifs de ton métier ?
Tu as une liberté sur scène
que tu ne peux jamais avoir dans la vraie
vie ! Tu prends ton pied sur scène,
aucune drogue au monde ne pourra jamais
te donner ce «kick» que tu
as sur scène. C’est pareil
pour la chorégraphie : tu as une
liberté phénoménale
: tu peux créer ce que tu veux,
ce en quoi tu crois personnellement. Tu
peux trouver ton inspiration partout,
même dans la vie de tous les jours.
Quels sont les
points négatifs de ton métier
?
En tant que danseuse, tu sais que ta carrière
va finir un jour, car ton corps a ses
limites, son « time limit ».
Du coup, tu cours après le temps,
pour danser le plus possible tant que
tu le peux. En tant que chorégraphe,
tu es seule à travailler ; personne
ne peut faire ce travail pour toi. Du
coup, tu travailles beaucoup. Comme tu
travailles pour toi-même, les week-ends
n’existent pas forcément.
Quelles sont
les qualités essentielles pour
être danseuse chorégraphe
?
Pour être danseuse, il ne faut pas
avoir peur du travail. Je ne connais aucun
bon danseur qui soit flemmard. Il faut
aussi être ouvert d’esprit
: dans ce métier, tu rencontres
tellement de gens différents que
tu es obligé de l’être.
Enfin, il faut être prêt à
toujours recommencer à zéro
où que tu sois. Comme chorégraphe,
il faut être ouvert d’esprit
et s’interdire l’autocensure.
En même temps, il ne faut pas avoir
peur des critiques, ce qui peut sembler
contradictoire. Il faut surtout assumer
ce que tu fais.
Quels sont les
conseils que tu donnerais à un
jeune qui se lance ou voudrait se lancer
dans la danse ?
Je lui dirai «S’il y a du
vouloir, il y a du pouvoir» ! Il
faut y croire, même si tout le monde
dit «ah, tu rêves…».
C’est toujours plus simple de ne
pas réaliser ses rêves. Il
faut travailler, bien sûr. Mais
en se disant : «Plus tu serres les
dents quand tu es jeune, plus tu iras
loin !», tu feras des expériences
magnifiques. Il ne faut pas perdre son
temps avec des choses inutiles, il faut
être ouvert. Il faut se lancer,
se nourrir des autres et des expériences
; il faut se jeter à l’eau.
Fiche métier
du Danseur
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