Son nom ne vous dit peut-être
pas grand-chose, pourtant, la faïence
est l’une des techniques les plus
communes et les plus anciennes utilisées
en poterie. Pas de panique, épik-art
se charge de combler vos lacunes en
vous emmenant à la découverte
du métier de faïencier.
Née en Perse et en Egypte, la faïence
arrive en France au XVIe siècle et
connaît son essor à partir
du XVIIIe siècle. Ce sont les potiers
et émailleurs italiens venus s’installer
en France qui ont importé leur style
dans notre pays. La plupart des créations
sont essentiellement des vases, pots de
pharmacie et d’épicerie.
La faïence est une forme de céramique
fabriquée à partir d’argile,
recouverte d’une glaçure ou
d’email à base d’étain.
C’est cette matière qui lui
donne son aspect si blanc, si brillant.
Par rapport au grès ou à la
porcelaine, les pièces sont moins
fortes, moins dures, moins denses mais plus
poreuses. Elles possèdent la particularité
d’absorber plus facilement les liquides
que les autres céramiques.
Il existe différentes techniques
de fabrication des faïences. On distingue
la cuisson « grand feu », la
cuisson « petit feu » et la
« faïence fine ». La première
se caractérise par un décor
posé directement sur l’émail
stannifère qui l’absorbe, sans
espoir de correction. Il n’y a pas
plus de 5 couleurs sur chacune des pièces
qui subissent ensuite une cuisson définitive.
Le décor de la cuisson « petit
feu » se pose quant à lui très
facilement sur l’émail stannifère
cuit. Les couleurs utilisées sont
plus délicates. La « faïence
fine » nous vient d’Angleterre.
Le décor, recouvert d’un vernis
transparent, est posé sur une pâte
très fine et blanche.
Faïencier est un métier complexe,
voire difficile. La fabrication de chaque
pièce nécessite le savoir-faire
cumulé de plusieurs métiers.
Les professionnels se doivent donc d’être
à la fois modeleurs, sculpteurs,
mouleurs, potiers, émailleurs et
même, décorateurs.
Article publié par Candice R.
C’est en 1798 que fut fondé
la faïencerie de Longwy, en Lorraine,
à la frontière belge et luxembourgeoise.
Elle connut un rapide succès et fournit
durant un temps les Maisons Impériales
de Napoléon Premier.
En 1872 Amédée de Carenza
maria la technique des émaux à
celle de la faïence de Longwy. L’Art
Déco s’intéressa à
ces faïences si particulières
et permit aux émaux de Longwy d’atteindre
une envergure internationale : Leur renommée
s’étendit à toute l’Europe
et traversa même l’Atlantique.
Aujourd’hui encore, les plus grands
designers apportent leur créativité
à la faïencerie.
La création
d’émaux de Longwy demande une
technique très particulière
:
- Un modèle en plâtre est débord
réalisé puis il est moulé
afin de donner naissance au moule qui servira
à créer ensuite les vraies
pièces.
- Dans ce moule est versé de la barbotine
(kaolin, argile et eau) qui en séchant
va prendre une consistance solide et devenir
une future œuvre d’art. L’opération
prend 4 à 5 heures.
- Une fois démoulée, la pièce
va continuer de sécher durant 24
heures. Des racheveurs sont alors chargés
de gommer les traces de joints et de rendre
la pièce plus lisse grâce à
une éponge.
- La pièce est ensuite cuite une
nuit entière à 1000°C.
Ressort du four une pièce entièrement
blanche que l’ont appelle le biscuit.
- On dessine à l’encre noire
les futurs dessins de la pièce sur
le biscuit créant ainsi des alvéoles.
- Enfin, chacune des alvéoles est
remplie à la main d’émail
coloré. Cette opération s’effectue
goutte par goutte car l’émail
sèche instantanément une fois
posé.
- La pièce est ensuite cuite à
750°C durant toute une nuit avant de
se voir apposé des dorures qui nécessiteront
une ultime cuisson à 600°C.
- L’étape finale consiste à
passer de la terre de sienne sur l’émail
de la pièce afin de faire ressortir
ses craquelures.
Vous l’aurez compris, la faïencerie
de Longwy fait preuve d’un savoir-faire
traditionnel qui a su traverser les années
pour continuer de nous apporter aujourd’hui
encore des œuvres colorées et
fantaisistes.
Article publié par Céline
A.
Etes-vous
fait pour le métier de Faïencier
?
Atout
Métier vous aide à définir
l'orientation qui vous convient le mieux.
Cet outil est destiné aux étudiants,
aux jeunes diplômés, aux
demandeurs d'emploi, ainsi qu'à
tout individu en poste qui souhaite
faire le point sur son projet d'évolution
professionnelle et personnelle. En
savoir plus ...
Martres-Tolosane.
Artisanat d'art: la faïence a
toujours un bel avenir à Martres
Au salon 2007, les faïenciers
martrais avec le sculpteur Jean Louis
Toutain, décédé
voici quelques mois. Photo DDM, archives.Si
au XIXe siècle, l'activité
faïencière dans sa dimension
manufacturière, représentait
un volume d'emplois directs faisant
vivre plusieurs centaines de familles,
l'époque moderne industrielle
a cassé cette belle dynamique
et le XXe siècle a vu le déclin
inéluctable de la dimension
économique du secteur. Même
si l'activité n'a jamais cessé,
aujourd'hui, les faïenceries
locales sont neuf (pour huit propriétaires)
et de dimension artisanale. Elles
fixent entre 20 et 30 emplois directs.
Mais il faut également ajouter
les retombées induites sur
les opérateurs touristiques
locaux (hôtels, restaurants,
camping et commerces) difficilement
quantifiables. Avoir le titre d'artisan
d'art atteste d'une grande qualification.
E n Haute-Garonne, sur 500 artisans
inscrits au répertoire des
métiers, 120 ont ce titre.
L'association des faïenciers
de la Cité artiste, impulsée
en 2002 par la mairie comme outil
collectif, mise sur l'avenir par une
démarche de qualité
et de certification en cours de validation
ainsi qu'un partenariat accru avec
les collectivités locales et
les chambres consulaires.
« Une charte d'authenticité
spécifique du Martres, respectant
scrupuleusement le savoir faire traditionnel
de fabrication dans tous les aspects,
apparaît comme l'outil de l'avenir
propre à rassurer les artisans
et les consommateurs, perplexes devant
des contrefaçons industrielles
», déclare Colette Berdot,
présidente de l'association.
D'autre part, le projet en cours d'une
école de la céramique
où la chambre des métiers
et de l'artisanat est maître
d'ouvrage sur l'étude de faisabilité
et la mise en place, en 2009, d'une
opération de modernisation
du commerce et de l'artisanat apparaissent
comme des réalisations propices
à conforter durablement la
viabilité de l'artisanat d'art
martrais.
Colette Berdot
à la Renaissance artisanale
Dans la faïence, elle y baigne
depuis l'enfance (son grand père
était cousin avec Bonnassies)
mais elle se forme au métier
par elle même. Colette Bardot,
titulaire de La Renaissance artisanale,
a commencé très jeune
comme apprentie à La Tolosane,
à une époque où
régnait encore la division
des tâches. Si elle ne mettait
que de la couleur au début,
elle dut apprendre à dessiner
sur le tas grâce à sa
volonté et la fascination du
métier.
Employée chez les autres jusqu'en
1992, elle crée son atelier
du tour de ville en 1993 avec Sylvie
Bachelard en 1993. Restée seule
en 1995, elle poursuit avec passion
son œuvre personnelle: «
Dans la tradition comme tous, ma touche
personnelle réside dans un
émail de teinte ivoire qui
évoque l'ancien et un trait
souvent rehaussé par des décors
polychromes contrastés ».
Contact: Tél. 05 61 98 89 31.
Une biologiste
reprend la faïencerie familiale
Elsa Jodra ne se destinait pas au
départ à l'artisanat
d'art car elle a validé, dans
sa scolarité une maîtrise
en biologie. Mais l'histoire a voulu
que son destin, et sa passion, la
conduise à reprendre le flambeau
de la faïencerie familiale créée
par Angel Jodra, son père et
Odette son épouse, dans les
années 70. Passée elle
aussi dans le moule de la Tolosane,
Elsa apprend la terre et comprend
le travail du feu. Elle perpétue
aujourd'hui dans son travail personnel
en solitaire, cette approche intuitive
des éléments naturels.
Autodidacte et polyvalente comme ses
collègues, elle privilégie
les grotesques et la représentation
de personnages fantastiques et fantaisistes
ou d'oiseaux naturalistes qu'elle
dépeint dans des détails
saisissants. Son émail est
d'un blanc lumineux qui souligne le
contraste des couleurs. Contact :
Tél. 05 61 98 83 32.