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Ce créateur
dambiances exerce ses talents principalement
dans trois domaines : la fiction (cinéma,
théâtre
), la muséographie
et lévénementiel (expositions,
salons, télévision
).
Comme larchitecte dintérieur
et le décorateur, il agence lespace,
joue avec les couleurs et la lumière
en tenant compte des contraintes tech-niques
et artistiques du client.
Il assure le suivi dune réalisation
; les ouvriers et techniciens réaliseront
le projet à partir de ses plans
et croquis.
Formation :
spécialisations de niveau bac +4
ans en décor de cinéma,
de théâtre ou en architecture.
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Interview
avec Mme Anouk S., scénographe
Comment fonctionne
le travail du scénographe ?
Je travaille de façon visuelle
en essayant de transposer des mots en
images. Il s'agit avant tout d'une interprétation
d’un texte et tout ce qu’on
met sur une scène a une signification,
même un plateau noir transmet un
message. La scénographie, c'est
l'adaptation d'un texte à un concept
scénique précis, qui est
souvent défini par le metteur en
scène. Ainsi un texte moderne peut
donner lieu à un décor abstrait,
et le travail devient comparable à
la peinture d’un tableau.
Peux-tu nous
décrire tes études ?
J’ai fait mes études à
Paris à l’Ecole Nationale
Supérieure des Arts Décoratifs,
qui est une école supérieure
d’art appliqué. Même
si on doit y suivre des cours théoriques,
études du théâtre
dans mon cas, on y accorde beaucoup d’importance
aux côtés pratiques, puisque
le métier est avant tout un métier
pratique. Au début, mes études
étaient plutôt générales.
On fait du graphisme, de la vidéo,
de la photo et on a donc un aperçu
de presque tous les domaines. On choisit
ensuite si on veut se spécialiser
dans l’image ou bien dans ce qui
est tridimensionnel, c’est-à-dire
la décoration intérieure,
le design, le mobilier ou la scénographie.
Cette spécialisation dure encore
deux années. Malheureusement, ces
écoles ne travaillent pas assez
avec des théâtres et la pratique
des techniques se réduit le plus
souvent à la réalisation
de maquettes. De toute façon, tout
ce qui définit le travail dans
le théâtre ne peut s'apprendre
que dans le théâtre même.
Est-ce qu’on
doit passer des examens d’admission
?
Oui, absolument et ce n’est pas
du tout facile d'être admis ! Pour
me préparer, j’ai fait une
école préparatoire à
Paris. Pour l'admission à l'école
supérieure, il y avait 1600 candidats
pour 80 places. C'est important de savoir
pour qu'on puisse se donner certaines
alternatives en cas de refus et ne pas
se focaliser sur une école seulement.
Dans ma classe, certains étudiants
on fait l'examen à trois reprises,
d’autres n’ont jamais été
admis.
Comment cet examen
d’admission est-il organisé
?
Le concours varie d'année en année
et il est différent pour chaque
école. Dans mon école, la
première étape consistait
à déposer un book avec des
travaux techniques (perspectives, nus,
natures mortes) pour voir si le candidat
maîtrise la technique. Ensuite il
s'agissait de réaliser un projet
sur base d'un thème à choisir,
afin de tester la créativité
du candidat. Un autre aspect important
étaient les carnets de croquis.
Un candidat passionné
par le théâtre et très
créatif, qui ne maîtrise
pas la technique, n’a-t-il aucune
chance ?
Non, pas forcément. Je ne suis
pas spécialement une bonne dessinatrice
au sens classique, mais j’ai réussi
à convaincre par mon côté
créatif. Mais cela dépend
toujours un peu du jury. Parfois ils prennent
davantage de gens créatifs, parfois
c’est la technique qui est plus
importante.
Ce n’est
donc pas nécessairement un métier
qui ne s’adresse qu’à
des détenteurs d’un diplôme
de fin d’études techniques
?
Non, je ne crois pas puisque c’est
un métier technique et intellectuel.
Au début d’un projet, c’est
tout un travail intellectuel, ensuite
on commence avec le travail technique.
Cependant, un scénographe est avant
tout un concepteur, mais c’est vrai
qu'il faut avoir un certain don artistique.
Le plus important est l'envie d'être
créatif et de travailler avec ses
deux mains. C’est justement ça
qui rend ce métier tellement intéressant.
On n’est pas que dans l’atelier,
on n’est pas que dans un bureau,
mais ce sont les deux aspects. Le travail
change toujours, non pas seulement avec
un nouveau projet, mais chaque jour apporte
du nouveau. En fait, ce sont pleins de
métiers en un seul métier
: on travaille tout seul, puis dans le
groupe, on discute et on dessine, on gère…
C’est vraiment formidable.
Est-ce qu’avec
ces études on peut travailler pour
le cinéma ?
Certains étudiants de mon école
font aujourd'hui des décors pour
les films. Même si la façon
de travailler reste sensiblement la même,
il y a des différences. Les décors
d'un film sont toujours plus réalistes
qu'au théâtre, les plans
larges demandent des décors plus
importants. Au théâtre, les
décors sont utilisés plus
longtemps et doivent donc être assez
solides.
Quels autres
aspects comporte le métier de scénographe
?
Je passe aussi beaucoup de temps à
chercher des objets, des produits rares
et des accessoires. Il faut donc avoir
un certain talent pour se débrouiller.
Dès le début des répétitions,
je passe de temps en temps pour voir dans
quelle direction la mise en scène
se dirige et pour voir s’il faut
adapter quelque chose.
Tu travailles
donc avec énormément de
gens ! Qui d'autre est important pour
le scénographe ?
Je travaille très étroitement
avec les éclairagistes, dont ceux
qui font le light-design car eux aussi
travaillent comme moi sur un concept.
La conception de la lumière doit
être liée à la conception
des décors, puisque les deux doivent
concorder. La lumière aussi crée
des tableaux, des atmosphères.
Un aspect important est la réaction
du décor sur la lumière
et vice versa. Chaque matière réagit
à une lumière et il faut
ainsi veiller à ce que le tableau
ne soit pas détruit. Et bien sûr
il faut aussi travailler avec les créateurs
de costumes, les costumes et les décors
doivent harmoniser.
Est-ce qu’il
faut aussi travailler à l’étranger
?
Il n'y a en fait qu'une seule grande scène
de théâtre au Luxembourg,
celle du Grand Théâtre qui
programme surtout des accueils et très
peu de créations luxembourgeoises.
Celles-ci se font surtout dans les petits
théâtres qui ont des moyens
techniques moins importants. Au Luxembourg,
on n’a donc pas souvent la possibilité
de faire un décor pour un grand
théâtre qui offre des moyens
beaucoup plus importants avec une scène
tournante, une arrière-scène
énorme, une scène latérale
avec les mêmes dimensions que la
scène principale, … Pour
pouvoir réaliser des décors
pour une telle scène, il est important
de travailler à l'étranger.
Mais bien sûr, ce n’est pas
facile d'avoir un engagement dans un tel
théâtre.
*Anouk S. a étudié à
Paris pendant 6 années. Depuis
son retour au Luxembourg elle a travaillé
notamment au Théâtre d’Esch,
mais aussi pour le Théâtre
des Capucins, le Mierscher Kulturhaus
et le Théâtre des Casemates.
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