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  Le Débardeur (2 fiches métier et 1 reportage)

Le Débardeur vu par Studya


Le travail du débardeur consiste à transporter les bois coupés par le bûcheron jusqu'à une place de dépôt située au bord d'une route forestière où un camion pourra venir les charger.

Sa tâche

Le débardeur peut utiliser plusieurs moyens :

- un débusqueur, tracteur équipé d'un treuil permettant de tirer des bois de grande longueur.
- un porteur (ensemble composé d'un tracteur et d'une remorque avec grue). il permet de sortir les bois de courte longueur. Les bois sont chargés à l'aide d'un grappin puis empilés en bord de route.

On rencontre également des entrepreneurs de bûcheronnage qui possèdent un tracteur de type agricole équipé d'une remorque et qui effectuent les opérations de chargement et de déchargement manuellement (stères, petites grumes).

- un cheval : autrefois largement utilisée, cette technique a considérablement régressé. Aujourd'hui, certaines entreprises cherchent à favoriser un nouveau développement du débardage à cheval, car il fait moins de dégâts que les engins mécanisés et peut rester économiquement intéressant sur certains types de chantiers.

Le métier de débardeur est très proche de celui de celui de conducteur d'abatteuse.
Des machines de très grande taille permettent d'abattre, d'ébrancher et de tronçonner des arbres sans intervention manuelle. L'importance de l'utilisation de ces machines s'est développée au cours des dernières années, mais reste assez faible en Franche-Comté, par rapport à d'autres régions, en particulier à cause du relief.

Les débouchés et conditions de travail

Le nombre de personnes travaillant dans de débardage est difficile à définir, cette activité est réalisée par :

- des entreprises le plus souvent individuelles possédant un matériel spécifique (porteur, tracteur articulé) d'un coût élevé (de l'ordre de 1 million de francs) ;
- des entrepreneurs de bûcheronnage réalisant cette activité de façon complémentaire et possédant un matériel polyvalent.

En Franche-Comté, on peut estimer à 90 le nombre d'entreprises spécialisées et à 250 le nombre d'entreprises de travaux forestiers réalisant des activités de débardage. Il n'existe pratiquement pas d'emplois salariés dans ce secteur.

Le débardeur exerce un métier difficile et dangereux (notamment en montagne) et soumis aux aléas climatiques. En plus d'une bonne connaissance de la forêt, il doit avoir de réelles compétences mécaniques afin de réaliser l'entretien et les réparations courantes. De plus en plus souvent, il intervient sur les chantiers en même temps que l'équipe de bûcherons, avec laquelle il doit organiser le travail pour minimiser les dégâts au peuplement forestier.

Compte tenu de l'importance des investissements, les entrepreneurs spécialisés doivent aussi être de bons gestionnaires. Malgré ces difficultés, le métier de débardeur offre une grande indépendance et assure une liaison indispensable entre la forêt et l'industrie du bois.

Comment devenir Débardeur ? Les formations


POUR DES JEUNES

Une seule formation correspond au métier de débardeur.
le CAPA "conducteur de machines d'exploitation forestière" :
durée : 2 ans
dispositif : formation par apprentissage

contenu de la formation :

. enseignement général : expression, communication, mathématiques, connaissances humaines et sociales ;
. enseignement et technique et professionnel : sylviculture, connaissance des bois, dendrométrie, pratique de travaux de débardage.

objectifs : le CAPA est une formation professionnelle par excellence. La part de la formation pratique est importante et l'enseignement général correspond à des capacités utiles dans la vie professionnelle. Il est particulièrement destiné à des jeunes souhaitant une insertion professionnelle rapide.
Public : jeunes issus de 3ème.

POUR DES ADULTES

Il existe des formations "adultes" BPA Débardage de 8 mois


Consultez sur studya, l' Interview d' un Débardeur



 


  Etes-vous fait pour le métier de Débardeur ?

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Le Débardeur vu par formanoo


Le débardeur assure une liaison indispensable entre la forêt et l'industrie du bois en tirant le bois des zones de coupe aux zones de chargement (en bord de route). Selon la dimension des billes de bois à manipuler, il utilisera des machines différentes. Ce sera le débusqueur (tracteur équipé d'un treuil) pour les plus grandes pièces, un porteur (ensemble tracteur - remorque - grue) pour les grumes de moyennes dimension, ou même un simple tracteur agricole pour les stères (bille de 1 mètre de long). Dans ce dernier cas, le chargement sera manuel. Il est encore possible d'utiliser le cheval pour le débardage. Cette méthode de travail ancestrale peut encore avoir un intérêt économique (débardage dans des zones accidentées) et présente l'avantage de causer beaucoup moins de dégâts à la forêt que les engins modernes. Le débardeur réalise l'entretien et les réparations courantes de ses machines. Il doit donc avoir de bonnes compétences en mécanique. Des compétences en gestion sont aussi requises pour exercer cette profession puisque l'essentiel des débardeurs sont des artisans indépendants.

Conditions de travail :

Autonome et indépendant, le débardeur est à la tête d'une entreprise individuelle. Il est propriétaire d'un matériel spécifique qui nécessite un investissement de départ important (de l'ordre de 150 000 euros). L'emploi salarié est très minoritaire dans ce métier. Le débardeur connaît bien la forêt. C'est un métier difficile, dangereux et soumis aux aléas climatiques qui nécessite une bonne condition physique. La connaissance des techniques de coupe du bois et l'application stricte des règles de sécurité sont impératives. Pour ce métier, il faut compter une activité quotidienne de 9 à 10 heures par jour, et des jours chômés en raison des conditions climatiques.

Formation :

Peu de formations préparent à ce métier. Il s'agit principalement du CAPA conducteur de machine d'exploitation forestière, d'une durée de 2 ans et accessible à partir de la troisième. Une formation pour adulte permet aussi d'accéder à cet emploi : le brevet professionnel agricole (BPA) débardage d'une durée de 8 mois.


Reportage sur un debardeur vu par Lagruyere

GRUYÈRE Débardage. Un loisir qui est un métier


L’épreuve de débardage mise sur pied par le Syndicat chevalin de la Gruyère a connu dimanche un joli succès de participation. Pour la trentaine de participants, cette activité est avant tout un hobby. Ce métier pourrait cependant connaître un essor certain avec le prix du pétrole qui prend l’ascenseur…
Peu de personnes en Suisse exercent la profession de débardeur à temps complet. «Au Pâquier, ce sont avant tout des épreuves de loisirs que nous organisons depuis neuf ans dans le cadre du Syndicat chevalin de la Gruyère», souligne Joseph Brodard, responsable des constructions de la manifestation. Selon lui, une petite dizaine de paysans ou forestiers exercerait cette activité dans tout le pays.

Pourtant, le cheval – le plus souvent de la race franches montagnardes (FM) – est loin d’être ringard. «Il fait merveille dans les perchis et les jeunes futaies jusqu’à 30 cm de diamètre. Le cheval est intéressant pour des travaux d’éclaircie. Le FM ménage beaucoup plus le peuplement des arbres par rapport au tracteur qui arrache les jeunes pousses», souligne Catherine de Rivaz Gilliéron, ingénieure forestière EPFZ. En 1991, elle a rédigé son travail de diplôme pour l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich sur le thème de la «Promotion de l’engagement du cheval pour le débardage dans le canton de Fribourg.»
Selon les questionnaires envoyés à l’époque aux bûcherons, paysans et garde-forestiers qui employaient des chevaux, l’ingénieure forestière a pu constater que cette technique était appréciée. En 1991, alors que la forêt suisse était débardée à raison de 1 à 2% par an, cette proportion était doublée à Fribourg.
Les plus optimistes espéraient qu’à terme la part cantonale pourrait passer à 10% dans certaines régions. C’était peu de temps, avant l’arrivée des gros processeurs et des machines performantes sur le marché. Avant aussi la disparition des troupes des soldats du train. Mais, aujourd’hui, les gens débardant au moyen de la plus noble conquête de l’homme se comptent sur les doigts d’une seule main dans le canton…

Moins de dégâts

Pour Catherine de Rivaz Gilliéron, le cheval peut être concurrentiel, à condition qu’il y ait une bonne coordination dans le processus d’abattage. Par exemple, le bûcheron doit couper l’arbre dans le bon sens, sinon le cheval perd du temps à replacer la grume dans la direction souhaitée pour l’évacuer. «Dans certaines conditions, l’animal peut tracter de billons de bois jusqu’à un chemin forestier ou une simple piste sur laquelle se trouvent des processeurs performants. C’est une façon d’améliorer le rendement de ces machines», estime-t-elle.
Un constat partagé par Pierre Grandjean, qui est à la tête d’une entreprise forestière à Albeuve: «Le débardage reste pour moi une activité accessoire. Pour les petits bois, le cheval fait moins de dégâts que les grosses machines. En fait, en Gruyère, je pense être le seul à recommencer à travailler depuis récemment avec deux juments et deux mulets.» La quantité de mètres cubes évacuée par les chevaux dans le canton est infime. La semaine passée, Pierre Grandjean a travaillé avec une de ses juments pour évacuer quelque 50 m3 de bois en Bouleyres, à Bulle.
Même si le cheval ne peut pas travailler dans des zones en forte pente et qu’il est moins rapide (25 à 30 m3 par jour pour un chantier facile) que des engins motorisés, ce moyen de gérer la forêt de façon plus douce et plus respectueuse de l’environnement a de l’avenir. «Il y aura toujours un créneau pour les chevaux dans les réserves naturelles ou pour les sols délicats», remarque Catherine de Rivaz Gilliéron qui salue les concours comme celui du Pâquier qui «permettent ainsi de maintenir un savoir-faire technique».
Benoît Breton, à Juriens, près de Vallorbe, exerce depuis bientôt quatre ans le métier de débardeur. «En Suisse, je suis le seul à pratiquer cette profession à temps plein, la dizaine d’autres personnes qui le font a toujours une activité annexe. J’en vis bien», témoigne le jeune homme de 29 ans au bénéfice d’un CFC de forestier bûcheron. Il s’est formé en Belgique.

Former la relève

A terme, son but est d’avoir trois chevaux de trait dans l’idée d’assurer un tournus et ne pas fatiguer ses protégés avec qui il travaille selon la technique au cordeau. «Cela consiste à guider le cheval avec la voix. Cette technique – plus pointue qu’avec la double guide – vient de Belgique et du nord de la France. Je suis le seul à la pratiquer actuellement dans notre pays.»
Pour ce passionné qui met le bien de ses bêtes avant son propre confort, «aucune machine ne peut remplacer le cheval. C’est vraiment un outil à part, écologique, qui est une énergie renouvelable. Ce type de débardage est appelé à se développer, surtout avec le prix du pétrole. Egalement lorsqu’on aura pris conscience du coût écologique de l’énergie électrique». Raison pour laquelle Benoît Breton veut former une relève avec des collègues suisses, car il y a «plein de débouchés». L’équipe, dont il fait partie, espère former jusqu’à vingt personnes, travaillant entre la Suisse, la France, la Belgique et l’Allemagne.

Christophe Schaller.





 
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