Véritable science, la
criminalistique vise à
appliquer, et à améliorer,
les diverses techniques d'investigation
employées par les membres
des forces de police.
Loin de cet objet d'étude,
le criminologue examine le comportement
du délinquant et les
systèmes qui sont instaurés
contre lui: la police, les lois,
les tribunaux et la prison.
Le Criminologue sait que les
crimes condamnés aujourd'hui
ne sont pas forcément
ceux d'hier ou de demain. La
société évolue.
De nos jours, l'avortement ne
conduit plus à la prison
tandis que des citoyens se mobilisent
autour de la légalisation
des drogues douces.
Le criminologue se garde donc
de juger. Il préfère
proposer des mesures aptes à
prévenir le crime ou
des méthodes visant la
resocialisation du condamné.
Police,
prison...
Par le passé, les criminologues
se dirigeaient d'abord vers
l'univers carcéral ou
la police.
· Accessible aux diplômés
moyennant un concours, la fonction
de directeur de prison comporte
plusieurs dimensions. La gestion
de l'établissement comprend
la comptabilité et l'intendance.
Par ailleurs, il s'agit d'organiser
la vie des détenus (loisirs,
formations, heures de visite,
sanctions), de planifier les
tâches du personnel et
d'assurer les relations publiques.
· S'il endosse l'uniforme,
le criminologue peut faire carrière
comme officier dans la gendarmerie,
la police judiciaire ou la police
communale. Sa formation le pousse
alors exercer ses fonctions
de la manière la plus
humaine possible.
Il peut aussi devenir assistant
de police et mener une mission
de contact social auprès
des mineurs d'âge ou des
familles en difficultés.
...
Mais aussi
Depuis quelques années,
la gamme des activités
s'est largement étendue.
Grâce à sa formation
de généraliste,
le criminologue est amené
à animer ou à
synthétiser les différentes
approches des acteurs du secteur
pénal. Le Criminologue
ne s'arroge toutefois par les
compétences du juriste
ou du psychologue. On le retrouve
dans:
· les contrats de sécurité
et de société.
Mis en place par le gouvernement
à la suite des émeutes
à Bruxelles en 1991,
ils visent à rétablir
la qualité de la vie
et à subvenir aux besoins
locaux en matière de
sécurité et de
protection de la population.
Ils concernent les villes et
les communes d'une certaine
taille.
Le rôle du criminologue
consiste à prendre le
pouls de la société,
à analyser la délinquance
et à développer
des projets.
Il implique aussi la formation
et l'information des participants
au contrat.
A côté de cela,
certains choisissent de devenir
assistant de concertation.
Intermédiaire entre la
police et les jeunes d'origine
étrangère, il
essaie de réconcilier
les uns avec les autres en misant
sur l'information et la formation
continue.
· la recherche. Souvent
mandatées par un ministère
(la Justice, l'Intérieur
voire l'Egalité des chances
ou la Commission européenne),
les universités proposent
à leurs jeunes diplômés
d'explorer un thème pendant
six mois ou un an: l'Euro 2000,
la violence contre les femmes
ou la fraude contre l'Union.
La Justice et l'Intérieur
comptent aussi des criminologues
parmi leurs fonctionnaires,
entre autres au service de politique
criminelle.
· l'aide aux toxicomanes.
Encore peu présent dans
ce secteur, le criminologue
fait le lien entre la démarche
clinique et les institutions
pénales. Parfois, il
collabore aux campagnes de prévention
ou sensibilise les élèves
des écoles.
· l'aide à la
jeunesse. Là aussi, on
retrouve peu de licencié
de criminologie.
Ils agissent notamment en tant
que conseiller ou directeur
de l'aide à la jeunesse.
Ils sont aussi présents
dans les nombreuses asbl du
secteur.
· la médiation
pénale. En tant que conseiller
en médiation, le criminologue
coordonne le travail des assistants
de médiation. Ceux-ci
s'occupent de régler
les conflits entre parties sans
devoir passer par un jugement.
Ils aident les protagonistes
à trouver un terrain
d'accord, notamment sur le dédommagement
à concéder à
la victime.
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Le criminologue analyse le
comportement criminel et tente de comprendre
les motivations qui sont à l’origine
des actes délinquants afin de réduire
leur nombre.
Le criminologue s'intéresse au comportement
criminel en général et il
essaie de comprendre les motivations à
la base de l'acte délinquant. Il
tente d'expliquer les déviances de
l'individu dans le but de les prévenir
et de les réduire. Il essaie de comprendre
le comportement antisocial de l'homme et
de préconiser des remèdes.
Il s'attache aussi à réfléchir
aux divers modes de contrôle social
et de répression: les lois pénales,
la fonction des tribunaux, des prisons,
de la police.
Le criminologue s'intéresse à
toutes formes de criminalité: criminalité
économique, homicides, viols, trafic
de stupéfiants, délinquance
juvénile, vandalisme, délits
routiers.
Le criminologue analyse les comportements
et les actes criminels et mesure les séquelles
et les conséquences d'un acte criminel
sur une victime.
Interview avec Mme
Caroline L., Attachée de Direction
au Secrétariat Général
des Etablissements pénitentiaires
Quelles sont les
missions de votre service ?
Le secrétariat général
des établissements pénitentiaires
a pour missions : la gestion et la formation
du personnel de l’administration pénitentiaire,
la coordination et la surveillance des établissements
pénitentiaires, l’élaboration
et l’évaluation des projets,
les statistiques et la recherche, la comptabilité.
Par ailleurs, je m’occupe de la réalisation
de certains projets dont notamment la médecine
en prison et plus particulièrement
en ce moment, la psychiatrie. Une unité
psychiatrique, en partenariat avec le CHNP
d’Ettelbrück, devrait prochainement
voir le jour car les soins actuelles dans
ce domaine laissent franchement à
désirer.
En quoi consiste votre travail en tant que
criminologue auprès de l’administration
pénitentiaire ?
Je n’ai pas été recrutée
spécialement en tant que criminologue
mais en tant qu’universitaire dans
la carrière supérieure de
l’Etat. Les tâches qui incombent
à mon travail ne sont donc pas spécifiques
à un criminologue. Je qualifierais
mon travail d’administratif.
Quel a été votre parcours
scolaire et universitaire ?
Après avoir passé ma première
au Lycée de Garçons de Luxembourg,
j’ai fait deux années (candidature)
de psychologie à l’UCL. Puis,
j’ai opté pour un deuxième
cycle en criminologie (licence), toujours
à l’UCL, en participant à
un programme d’échange interuniversitaire
avec l’Université de Montréal
(Canada), les canadiens étant à
l’avant-garde dans cette branche.
Qu’est-ce
qui vous a motivé à choisir
cette spécialisation ?
J’ai toujours été très
intéressée à tout ce
qui touchait à la psychopathologie
et au crime. Plus particulièrement,
l’explication criminologique du passage
à l’acte, la pénologie,
le milieu carcéral, l’apport
de la criminologie dans l’approche
clinique traditionnelle des délinquants
…