Philippe
Guillemet, Commandant du Pourquoi pas ?«
Marin au service de l’océanographie
»
Comment
votre carrière sur les navires océanographiques
a-t-elle débuté ?
Je navigue depuis 33 ans. J’ai commencé
en 74 comme pilotin sur un bananier, le
Fribourg. Il effectuait des lignes régulières
entre l’Europe, l’Amérique
Centrale et le Pacifique pour du tramping
international. Je suis ensuite passé
sur des pétroliers, chimiquiers,
ferries avant mon premier poste à
Genavir, comme lieutenant sur Le Suroît
en avril 1981. L’ambiance à
bord, ’océanographie…
j’ai tout de suite accroché.
Et surtout, contrairement au cargo, on me
laissait le « manche » pour
la manoeuvre ! |
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Mon premier commandement, ce fut sur
le Nadir, en 1995, avec le Nautile. Je suis
revenu ensuite sur Le Suroît, puis sur
L’Atalante en 1997. Début 2001,
j’ai intégré le groupe du
Pourquoi pas ? à Brest, pour tirer les
grandes lignes du bateau, puis suivi la construction
à Saint-Nazaire. Après avoir navigué
trois ans sur un navire en papier, maintenant
on navigue sur ce beau bateau !
Comment travaille-t-on
avec les scientifiques ?
Un Commandant doit tout d’abord savoir
mettre en oeuvre tous les engins (Nautile, Victor
6000, SAR…), connaître les techniques
de dragage, de carottage, de bathysonde…
Cela ne s‘apprend pas à l‘école.
Le savoir se transmet de commandant à
second, à lieutenant… Idem pour
l’équipage. Notre volonté,
à nous marins, est de fournir aux scientifiques
un produit fini. Quand le chef de mission demande
une drague du point A au point B, on fait la
drague de A à B. Mais ce n’est
pas le scientifique qui est à la manoeuvre.Le
chef de mission décide du programme,
mais nous pouvons toujours l’aider dans
le choix de l’ordre des opérations.
En tant que professionnel de la mer, je sais
ce qui est faisable ou non en fonction de la
sécurité du personnel ou du navire,
de la météo…Le rôle
d’un Commandant est aussi de gérer
des communautés différentes sur
un bateau. Certains sont habitués au
navire, d’autres, effectuent leur première
mission.
Quelle est votre vision
sur l’évolution des navires océanographiques
depuis vos débuts ?
Il y a 30 ans, le Charcot avait déjà
une propulsion diesel-électrique ! On
ne peut donc pas parler de révolution,
mais les navires ont évolué techniquement,
particulièrement sur trois points marquants.
Tout d’abord, dans les années quatre-vingt,
le GPS a modifié la donne en matière
de navigation.
Ensuite, au milieu des années quatre-vingt-dix,
le positionnement dynamique du bateau permet
de faire exactement ce que l’on désire
: 100 m à gauche, il y va et il y reste…
! Et puis, bien sûr, il y a la BUC (Base
Ultra-Courte), qui permet de positionner l’engin
sous-marin par rapport au bateau sans être
obligé de mouiller x balises. Avec ces
trois technologies, on sait où l’on
est, où l’on va et où sont
les engins !Pour le pont, les outils ne changent
pas fondamentalement. Il y aura toujours du
dragage, du carottage, de la mise à l’eau
de sous-marins. Nos navires sont polyvalents
et nous avons la possibilité de nous
adapter aux engins du futur, surtout sur le
Pourquoi pas ?.La France a toujours eu un savoir-faire
en océanographie et a su le conserver.
Nous, sur le bateau, nous continuons à
vouloir mettre notre expérience de marins
au service de l’océanographie.
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