Vincent
Rigaud, responsable du département systèmes
sous-marins
Qu’est-ce
qui vous a conduit à assumer votre
fonction actuelle ?
L’héritage, avec des origines
malouine et provençale ; la passion,
pour la plongée et la voile ; la
raison, à travers une formation d’ingénieur
océanographe physicien et d’un
doctorat dans le cadre d’une thèse
sur le projet ELIT, un engin autonome d’intervention
pour l’offshore, précurseur
à la fin des années 80. |
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La nouvelle filière des engins
autonomes offre aujourd’hui de nombreuses
satisfactions d’équipe, comme la
première connexion de Swimmer sur une
station sous-marine, le succès de l’engin
Alive, premier au monde à réussir
l’arrimage automatique d’un AUV
sur une tête de puit sousmarine, ou encore
les résultats de cartographie avec AsterX,
au large du delta du Nil, par plus de 2100 m
au cours de la mission BioNil. Les résultats
obtenus par ces engins complexes, mais pas compliqués,
dans la compréhension des écosystèmes,
des ressources minérales, des changements
climatiques ou de l’évolution des
ressources vivantes, constituent autant de sources
de motivations collectives !
Comment s’articule la collaboration entre
votre département et les scientifiques
?
L’Ifremer est un institut dans lequel
scientifiques et ingénieurs collaborent
au sein de projets communs. Des échanges
sont également forts avec le CNRS, des
instituts et universités scientifiques
et nos collègues étrangers.
Le point d’orgue de cette collaboration
reste la campagne océanographique.
L’interface entre les ingénieurs
concepteurs de l’Ifremer et les opérateurs
de Genavir est également un relais essentiel
pour analyser, via le retour d’expérience,
les évolutions à apporter aux
systèmes en fonction des nouvelles demandes
scientifiques et opérationnelles. La
collaboration fonctionne bien entre scientifiques
et ingénieurs “français“.
Elle pourrait encore se renforcer, en associant
plus étroitement les ingénieurs
aux chercheurs lors de la publication ou de
la valorisation des résultats obtenus
en mer.
Quelles sont les différences avec les
engins sousmarins développés par
le secteur privé ?
Historiquement, les technologies ont été
développées au travers de prototypes
opérationnels à l’Ifremer.
Depuis moins de dix ans, certaines émergent
dans le domaine offshore. Des solutions industrielles
sont apparues, pour des applications à
3000 m, et ont contribué au renforcement
des partenariats avec le secteur privé.
Mais les systèmes scientifiques restent
très évolutifs. Les instruments
sont conçus pour fournir des données
qualifiées de très grande qualité,
avec des niveaux de précisions et de
résolutions souvent supérieurs
aux besoins industriels. De plus, ils sont mis
en oeuvre à partir des navires océanographiques,
plus modestes que dans l’offshore, avec
des niveaux d’interopérabilité
engins-navires et engins-instruments forts.
Notre approche intègre aujourd’hui
des produits ou des sous-systèmes industriels
existants quand notre valeur ajoutée
n’est pas significative. Cette évolution
permet de nous concentrer sur la R&D et
la maîtrise d’oeuvre de systèmes
innovants sur lesquels nous pouvons valoriser
en retour nos compétences et réalisations
vers des partenaires industriels.
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