Pascal
Larnaud, responsable du Laboratoire de technologies
halieutiques de Lorient
Quel
a été votre parcours jusqu’à
ce poste au sein de l’Ifremer ? J’ai
exercé de nombreuses années
dans un secteur différent puisque,
au sein du centre technique ID’Mer
de Lorient, je portais des projets de conception
de produits alimentaires et de valorisation
des coproduits de la pêche. Auparavant,
j’avais passé cinq années
à Saint-Pierreet- Miquelon pour l’armement
Interpêche.
Mon expérience en matière
de Recherche et Développement, de
gestion de projet, ma connaissance de la
filière et du terrain me sont très
précieuses. Notre laboratoire a une
vocation très technologique. Notre
équipe est composée de gens
nourris de contacts avec les professionnels,
qui savent ramender un chalut, le démonter
ou le remonter complètement, collecter
des données vidéo, acoustiques,
en conditions de pêche souvent rudes.
Ces compétences
sont rares ! |
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L’Ifremer travaille sur les technologies
des pêches depuis très longtemps.
Quelles sont les grandes étapes ?
Après-guerre, jusqu’à la
fin des années soixante-dix, il n’existait
pas de réel souci de la ressource. On
ne se posait pas la question de l’abondance.
C’était l’époque du
« pêcher toujours plus » et
des rubans bleus. Professionnels et scientifiques
étaient engagés dans le développement
d’une pêche toujours plus efficace.
Cette époque a permis au service Technologie
des Pêches d’acquérir un
savoir-faire incontestable et d’initier
les premières études sur la sélectivité.
La prise en compte des enjeux du développement
durable s’est effectuée à
la fin des années quatre-vingt et s’est
accentuée jusqu’aux années
2000. Des programmes sur la sélectivité
se sont mis en place associant scientifiques
et professionnels, le Plan d’urgence merlu
a également accéléré
le processus.
Comment voit-on l’avenir depuis
le laboratoire de Lorient ?
Le chalut du futur sera très sélectif,
moins impactant sur le fond et il permettra
d’améliorer la qualité des
prises. La sélectivité sera aussi
améliorée en amont et n’oublions
pas le développement de techniques complémentaires
!
Jusqu’à présent, nous avons
travaillé sur des solutions viables à
court terme pour les professionnels, en évitant
autant que possible les pertes de captures de
petite taille commerciale.
Pour répondre à l’objectif
2015 et tendre vers le MSY (rendement maximal
durable) il reste encore beaucoup de chemin
à parcourir. Mais pour obtenir des gains
de cette ampleur à moyen terme, il faut
supporter des pertes à court terme, ce
qui n’est bien sûr pas neutre, d’un
point de vue économique, pour les entreprises
et nécessite un accompagnement. C’est
une question de calendrier. Toutes les parties
prenantes souhaitent atteindre à moyen
ou long terme un niveau de gestion optimum.
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