Le fabuleux métier
du commandant G.
Le Decazevillois Didier G. est pilote d'un
Boeing 747-400, le plus gros porteur au
monde actuellement.
Qui ne rêverait pas de vivre sa profession
dans le plus beau bureau du monde et y admirer
de sa fenêtre, disons plutôt
de son cockpit, des vues exceptionnelles
sur la terre entière ? Y pénétrer
par exemple à Roissy-Charles-De-Gaulle
et en sortir à Pékin, Canton,
Shanghaï, Hongkong, Tokyo, Bangkok,
New Delhi, Maurice, La Réunion, Miami,
New York, Boston, La Havane, Caracas, Mexico,
Rio de Janeiro, Sao Paulo, Santiago…
après avoir admiré les plus
beaux couchers de soleil du Monde, les plus
belles îles, les plus belles baies,
des villes de rêve. Et en plus avoir
ressenti dans son travail d'énormes
plaisirs, des joies immenses tout en endossant
de très, très hautes responsabilités.
Nous pouvons rencontrer à Decazeville
celui qui vit depuis des années,
avec une passion sans cesse renouvelée,
cette magnifique profession. Didier G.,
domicilié à La Baldinie, est
commandant de bord sur Boeing 747-400, actuellement
le plus gros porteur du monde.
Imaginez un avion de 185 tonnes à
vide, de 410 tonnes maxima au décollage
pour les cargos, 100 à 130 tonnes
de carburant, 400 à 580 personnes
à bord. Et lorsqu'on a la chance
d'approcher cet homme, les questions à
lui poser se bousculent et on en abuse un
peu tant il apparaît amène,
aimable, amical même. Didier G. a
aujourd'hui trente ans de métier
et depuis quinze années assume les
fonctions de commandant de bord sur les
plus gros porteurs.
Plusieurs tours
du monde au compteur
À l'issue d'un parcours universitaire
(bac, math sup, math spé, École
nationale de l'aviation civile), il sera
successivement copilote puis commandant
de bord à UTA et Air France. En construisant
une brève synthèse de ses
longues explications, écoutons ce
que nous a confié Didier G. : «
Il est vrai que le commandant de bord exerce
une profession à très haute
responsabilité, tant sur le plan
humain (plus de 500 personnes à bord)
que matériel (un avion d'une valeur
économique énorme avec une
masse totale au décollage pouvant
atteindre 410 tonnes). Cependant, on n'a
pas la sensation d'enlever du sol une telle
masse. L'équipage se compose d'un
commandant de bord et d'un à trois
copilotes en fonction du temps de vol qui
peut aller de huit heures et demie à
plus de quatorze heures. Pour le vol, quel
qu'il soit, je dois arriver deux heures
avant le décollage, une heure en
préparation au sol (étude
du vol) et une heure à bord pour
préparer l'avion, faire les check-lists
pour les différentes phases du vol,
pour vérifier que rien n'a été
oublié. En effet, chaque vol, même
sur la même destination, est différent
en fonction de la météo, de
l'environnement, de la route à suivre.
C'est toujours pour moi un plaisir, une
joie de faire ce métier riche en
nouveautés, de monter à bord,
même si je mesure les énormes
responsabilités et les difficultés
de gestion de la fatigue et du repos découlant
des décalages horaires, des horaires
de vol eux aussi décalés,
des vols de nuit. »
Didier G. est donc un commandant de bord
heureux qui ne doit peut-être regretter
qu'une seule chose : que son avion ne puisse
atterrir sur son Aveyron natal.
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Une Française,
première femme commandant de bord
d'Etihad Airways, la compagnie d'Abou Dhabi
Homonyme d'une pionnière française
de l'aviation, Sophie B. peut désormais
prétendre partager ce statut: elle
vient de devenir la première femme
commandant de bord de la compagnie Etihad
Airways d'Abou Dhabi.
"Je suis très heureuse. Cela
reste un milieu très macho mais mes
collègues ici m'ont beaucoup encouragée,
les hôtesses de l'air sont très
fières," a déclaré
à l'AFP cette française de
33 ans, mère de deux enfants. Mme
B. a commencé en tant que pilote
il y a trois ans et, mercredi, elle a pris
les commandes de son premier vol en tant
que commandant de bord à destination
de Londres.
Son homonyme du XVIIIe siècle avait
soulevé l'intérêt de
l'empereur Napoléon Bonaparte, ayant
été la première femme
pilote professionnelle de montgolfière.
La Sophie B. contemporaine a elle commencé
à voler à 19 ans avant de
devenir la seule femme pilote de la compagnie
cargo belge de son beau-père.
"Nous travaillions dans des conditions
extrêmes. Je pilotais un très
vieux DC8, un quadrimoteur construit en
1962," se rappelle-t-elle.
"Il n'était pas rare de finir
les vols sur trois moteurs, dans des aéroports
où nous n'avions aucune aide, de
nuit, avec des pannes d'électricité,
parfois dans des orages. Aujourd'hui je
me repose un peu", ajoute-elle dans
un rire.
Elle a ensuite rejoint une compagnie cargo
d'Islande qui louait des avions à
Etihad Airways. Lorsque la loi a été
amendée aux Emirats de façon
à permettre aux femmes de se porter
garant de leur mari pour qu'ils bénéficient
d'un titre de séjour, elle a posé
sa candidature pour la compagnie d'Abou
Dhabi et a été recrutée
en 2007.
"C'est un métier à forte
domination masculine", reconnaît
Richard Hill, chef des opérations
d'Etihad Airways. "Durant ma carrière
j'ai volé avec 10 à 15 femmes
et pour survivre elles doivent être
extrêmement douées", dit-il.
En devenant commandant de bord, peu de choses
ont changé pour Mme B., sinon sa
tenue. A la place de la cravate, elle porte
un pendentif.
"Mais je ne suis pas dans le cockpit
pour être une femme (...). Je suis
dans le cockpit pour être pilote",
dit-elle, ajoutant que "le plus gros
défi a été de fonder
une famille".
Les compagnies de la région, y compris
Etihad Airways, n'offrent pas, à
ce jour, de congés maternité
à leurs employées.Les enfants
de Mme Blanchard sont nés avant son
arrivée à Abou Dhabi et elle
dit les élever avec l'aide d'un mari
compréhensif et de domestiques. Le
nombre de femmes pilotes est toutefois en
progression dans la région. M. Hill
a indiqué que sa compagnie en a recruté
dix.
La compagnie à bas coût Air
Arabia, basée à Charjah, a
deux femmes commandants de bord et trois
pilotes tandis qu'Emirates a 16 copilotes
femmes mais pas de commandant de bord.
Gulf Air de Bahreïn a quatre copilotes
femmes et Qatar Airways plus de 15, ainsi
que trois femmes commandant de bord.
"On est incroyablement bien traité
ici et quand une femme du Qatar me voit
dans le cockpit, elle a un grand sourire
et je pense que les femmes en sont très
fières", déclare l'une
des femmes commandant de bord de la compagnie.
En Arabie saoudite, où les femmes
ne peuvent conduire, la Saudi Arabian Airlines
a recruté sa première femme
pilote en 2005, selon les médias.
"Les femmes vont devenir pilotes en
nombre (...) et nous pouvons le voir à
travers notre programme de recrutement",
souligne M. Hill.
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