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N.V. : Monsieur
Lebaudy, vous dirigez la Biscuiterie de
l’Abbaye, à Lonlay l’Abbaye
(61). Pouvez-vous nous présenter
votre société ?
…la Biscuiterie de l’Abbaye
en quelques chiffres
Chiffre d’affaires : plus de 21 millions
d’euros - Production : 5500 tonnes
par an - Effectif salarié : 200 personnes
- Âge moyen : 40 ans (variable selon
les services : fabrication / maintenance
plus jeune que conditionnement) - Proportion
de femmes : 75% (très inégal
suivant les services : plus d’hommes
en fabrication / maintenance qu’au
conditionnement ; la mixité se voit
plus dans l’encadrement et la maîtrise)
- Contrats : 190 CDI, 10 CDD, de 5 jusqu’à
50 missions intérim (remplacements
de congés, surcroîts d’activité
liés à des promotions par
exemple).
…l’activité de l’entreprise
La Biscuiterie de l’Abbaye est une
PME familiale de fabrication de biscuits
secs (biscuitier).
Ce qui nous caractérise, c’est
notre présence sur trois grands domaines
d’activité : les biscuits de
terroir, depuis l’origine, les biscuits
biologiques et diététiques
et les biscuits plus classiques type cookies
ou petits-déjeuners à marque
de distributeurs/MDD.
…son histoire et ses valeurs
Le Sablé de l’Abbaye était
fabriqué il y a plus de 40 ans par
mon grand-père !
C’est pour développer cette
production artisanale dans un petit village
de Normandie que mon père et mon
oncle ont créé l’entreprise
« Biscuiterie de l’Abbaye en
1964. Je suis dans la société
depuis 1978 et j’ai pris la direction
en 1986.
Nous avons des valeurs liées à
cette histoire, à la culture de l’entreprise
: la qualité (Ruban Bleu en 1968,
labels AB, Gourmandie, normes ISO9001, IFS…),
l’innovation (150 recettes différentes),
l’épanouissement personnel
des salariés, l’écocitoyenneté
(ISO14001, SD21000, Eco-top… politique
développement durable depuis 4 ans).
…les marques, les clients
Nos marques propres sont « Sablé
de l’Abbaye », « Trouvillais
», « Chocoladises ».
Le dernier-né est « Petits
Trésors », un des lauréats
du concours de l’innovation normande
: c’est un biscuit d’épicerie
fine caractérisé par un mélange
de chocolat, de fruit et d’épice
!
Nos clients sont principalement les grandes
et moyennes surfaces/GMS.
Pour notre marque « Abbaye »,
nous vendons aux GMS de Normandie /départements
limitrophes et aux grossistes spécialisés
qui fournissent les petits détaillants
partout en France.
Pour les autres produits (biologiques, diététiques,
MDD), nous vendons bien sûr aux acheteurs
nationaux. Nous travaillons également
avec les laboratoires pharmaceutiques. L’export
représente 10% de la production.
N.V. : Parlons
métiers… Quelle sont vos spécificités
?
Bien qu’étant une PME, nous
bénéficions depuis plus de
20 ans d’un service recherche et développement/R&D,
avec aujourd’hui presque 3 personnes
à temps complet !
Nous avons un responsable réglementation-nutrition,
une responsable environnement ainsi qu’un
pilote développement durable également
responsable qualité-sécurité-environnement/QSE.
Pour nos pétrisseurs, nous embauchons
des boulangers-pâtissiers, car cette
formation initiale leur permet de s’adapter
plus facilement.
Ensuite, ils sont incités à
suivre une formation qualifiante spécialisée
« process » et « matières
premières », dispensée
par le syndicat professionnel de la biscuiterie.
Cette formation dure deux ans, et se fait
par correspondance et regroupements. Nous
choisissons d’y envoyer les salariés
par deux pour encourager la motivation et
le travail d’équipe. Une dizaine
de salariés est déjà
passée par cette formation interne,
à commencer par le responsable Recherche
et Développement !
N.V. : Quelles
perspectives de carrière offre votre
entreprise ?
Nous avons ouvert un chantier en gestion
prévisionnelle des emplois et des
compétences/GPEC grâce à
l’ARDEFA. Outre un travail collectif
au niveau régional, l’intervention
de consultants spécialisés
nous permet de redéfinir toutes les
fiches emplois pour bien identifier les
passerelles en interne. Cela favorise la
transparence et la visibilité auprès
des salariés. Les possibilités
de formation ou d’évolution
peuvent alors être évoquées
lors des entretiens professionnels ou d’embauche.
Pour citer un exemple de parcours, nous
avons des pétrisseurs qui deviennent
responsables de service ou animateurs d’équipes.
Le turn-over (départs de salariés)
est faible.
N.V. : Constatez-vous
une évolution de vos métiers
?
Oui, il y a bien sûr les changements
liés à la mécanisation
et l’automatisation (pour les métiers
du conditionnement, de la maintenance) mais
il y a aussi les évolutions en qualité,
environnement, sécurité produit,
traçabilité, qui affectent
tous les services de l’entreprise
et imposent des cadres de plus structurés.
Ainsi les pétrisseurs doivent désormais
maîtriser modes opératoires,
procédures, contrôles…
N.V. : Embauchez-vous ? Avez-vous des difficultés
pour recruter ?
Nous connaissons une croissance régulière
depuis l’origine, ce qui impacte forcément
toutes les fonctions de l’entreprise
: fabrication, conditionnement, maintenance,
marketing, R&D…
10 CDI ont été
recrutés depuis janvier 2008.
Globalement, on s’en sort bien mais
nous avons eu des difficultés pour
recruter des technico-commerciaux, où
étonnamment les jeunes sont très
peu mobiles ! En N°2 : la maintenance
(problématique commune à beaucoup
d’industries).
N.V. : Quels sont,
chez vous, les bons côtés de
l’emploi ?
L’odeur !
La polyvalence des emplois, du fait de la
diversité des produits. Cela permet
de réduire la monotonie et la pénibilité
des tâches (même à la
base, par exemple pour le poste de conditionneuse),
Une ambiance familiale.
N.V. : Les moins
bons côtés de l’emploi
?
Cela est très dépendant du
poste. Chaque emploi peut avoir ses avantages
et ses inconvénients. Plus généralement,
on peut dire qu’il y a des «
coups de collier » à donner
à certaines périodes correspondant
à des pics d’activité,
lors de promotions par exemple.
Quel parcours vous semble le plus adapté
pour intégrer votre entreprise ?
Tout dépend du métier visé.
Une expérience dans le secteur alimentaire
est la bienvenue. Des préalables
sont parfois intéressants (habilitation
électrique, secouriste sauveteur
du travail/SST, etc.)
N.V. : En conclusion, quelles sont selon
vous les qualités requises pour vos
emplois de production ?
. Rigueur, car nous fabriquons des produits
destinés à l’alimentation
(la sécurité du consommateur
est primordiale),
. Initiative, car il y a un grand nombre
de produits donc forcément plus d’aléas
de production à gérer,
. Communication, car nous sommes dans une
démarche d’amélioration
continue où chacun doit s’impliquer
pour résoudre les petits problèmes
du quotidien et avancer.
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