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  Interview d' un Vétérinaire (3 interviews)
Interview d' un Vétérinaire vu par L4m

Jacques D.
Vétérinaire

> Quelle a été votre parcours professionnel ?

- Après un Bac S (C à l’époque), je suis entré au lycée Faidherbe, en classe préparatoire aux concours des Ecoles Nationales Vétérinaires (ENV). J’ai réussi mes concours et j’ai donc pu intégrer l’école de Toulouse pour une formation de quatre ans, à l’issue desquelles j’ai obtenu mon diplôme. Pour me former, je suis entré dans la vie active en tant qu’assistant vétérinaire, mais j’ai dû arrêter au bout d’un an pour mes obligations militaires. Une fois mon service accompli, je suis retourné à la vie active en tant qu’assistant vétérinaire pour quatre ans. Je me suis ensuite installé à mon propre compte en 1980.

> Est-ce la médecine ou le contact avec les animaux qui vous a amené vers cette profession ?

- Je dois admettre que ces deux approches sont indissociables, il faut vraiment apprécier les deux pour pratiquer ce métier.

> Quelles sont d’après vous les qualités nécessaires pour être vétérinaire ?

- Il faut tout d’abord être disponible, car on ne programme pas la semaine à l’avance et celle-ci est parfois très chargée. Le métier de vétérinaire nécessite des compétences techniques qui doivent être constamment réactualisées. La formation continue est d’ailleurs devenue obligatoire, car un certain niveau de compétence est exigé. Il faut aussi posséder un certain sens du relationnel, car nous sommes tous les jours en contact avec notre clientèle, qui a tendance à devenir de plus en plus exigeante.

> Quelles sont vos perspectives d’avenir ?

- En ce qui me concerne, je vais continuer sur la même voie, je ne désire pas changer de cabinet, ni de clientèle… Cependant je pense qu’il est nécessaire que je vous éclaire sur certains points.
La profession est en plein bouleversement et l’ouverture des frontières dans le cadre de la communauté européenne risque d’accentuer ces transformations. En effet le métier consistait autrefois à soigner les animaux individuellement, qu’ils soient domestiques ou d’élevage. Désormais la profession devient plus globale, nous pratiquons de la médecine d’encadrement et de prévention. Notre secteur d’activité s’est lui aussi élargi, nous travaillons en étroite relation avec les professionnels tout au long de la chaîne alimentaire.
Un vétérinaire doit aujourd’hui être capable de gérer et de conseiller de nombreux professionnels sur l’alimentation animale, la pharmacie (médicament), les normes…
Nous passons une bonne partie de notre temps à de l’encadrement sanitaire. La profession est devenue très lourde au niveau des compétences requises.

> Quels sont les conseils que vous donneriez aux jeunes désireux de devenir vétérinaire ?

- La première chose à ne pas oublier est le travail. Les concours d’entrée des grandes écoles sont très difficiles et nécessitent une certaine autodiscipline et de la volonté. Comme je l’ai dit la profession se transforme et devient de plus en plus compliquée, les jeunes devront donc faire face à une concurrence importante, provenant notamment des pays de l’Est. Il est possible d’effectuer des stages, afin de savoir si la profession plaît et si le désir de se spécialiser dans un des nombreux domaines d’activités se fait sentir. Des diplômes sont apparus récemment afin de valider la spécialisation.


Fiche métier du Vétérinaire, Vétérinaire équin, l'auxiliaire veterinaire





 



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Témoignage d'un Vétérinaire en Suisse vu par Lagruyere

Benoît D.
Au chevet des animaux
Grippe aviaire, révision de la loi sur les animaux, chiens dangereux… Comme vétérinaire, Benoît D. est confronté quotidiennement à des questions intéressant un large public. Même si, en raison de l’augmentation des tâches administratives, l’exercice de ce métier est de plus en plus lourd, le Bullois consacre toujours autant d’énergie à soigner petits et gros animaux.

Le vétérinaire Benoît D. a une pratique mixte, comme encore une vingtaine de ses collègues fribourgeois. Il consulte à raison de 35% dans son cabinet, installé dans la maison familiale, sur les hauts de Bulle, pour soigner chats et chiens. Le reste du temps, il est dans les fermes pour s’occuper des bovins, des petits ruminants et des chevaux.


– Fin 2005, les Chambres fédérales ont mis sous toit une révision de la loi qui accorde une meilleure protection aux animaux. Est-ce positif ?

C’est vraiment une bonne chose. Mais, entre la volonté du législateur et le terrain, il y a souvent un fossé. Les textes de lois ne sont pas souvent très bien appliqués, dans la mesure où les services cantonaux et fédéraux n’ont pas le personnel formé pour faire les contrôles adéquats. Autre problème au niveau social et humain: que deviendraient certains exploitants si une application stricte de la loi leur ôtait leur bétail?

– Vous dites le bétail, car ce sont souvent les paysans qui sont en infraction …

Il y a des contrôles réguliers chez les agriculteurs pour la garde des animaux de rente, selon des critères très précis, d’où mon sentiment. Mais je pense qu’il y a aussi un gros travail à faire auprès des propriétaires d’animaux de compagnie, car la détention des petits animaux est moins réglementée que celle des animaux de la ferme. Si un particulier détient deux chinchillas, trois tortues et trois cochons d’Inde, personne ne va constater comment ils sont nourris et gardés, même si ça ne se passe pas bien.

– Il y a deux poids et deux mesures…


Non, je ne pense pas! Les choses se mettent gentiment en place en Suisse. Par rapport à la situation d’il y a cinq ans, il y a eu des progrès énormes et c’est tant mieux.

– Faut-il aller plus loin en instituant un avocat comme le demande la Protection suisse des animaux ?

Dans tout ça, il faut une certaine logique et du bon sens. Dans certains cas, les propriétaires d’animaux maltraités doivent être punis. Il doit y avoir une bonne relation entre les instances politiques, les autorités, les vétérinaires et les milieux de la protection des animaux. Ce qui manque parfois. Même s’il peut y avoir des extrémistes parmi ces gens-là, cela fait avancer les choses. Mais la plupart d’entre eux arrivent à gérer leurs émotions et font du bon travail.

– Certains chiens, les molosses notamment, représentent des risques pour la population. Selon vous, est-ce que ces races devraient être interdites en Suisse ?

A l’image de tous mes confrères, c’est un refus catégorique. Je pense que la liste n’est pas exhaustive et on ne tient pas compte des croisements. Il faut plutôt sensibiliser les éleveurs et les propriétaires et dénoncer les chiens «mordeurs». D’après des études menées en France, où certaines races ont été interdites, les cas de morsure n’ont en tout cas pas diminué. Ils sont même en augmentation.

– Quelle serait votre solution ?

La société n’a pas le choix: elle a décidé de vivre avec ces carnivores que sont les chiens ou les chats. Ces animaux font partie de notre environnement social. Nous, vétérinaires, devons rendre attentifs les propriétaires de chiens ayant un caractère difficile, en les mettant en garde et en leur faisant prendre conscience des problèmes que leurs chiens causent par manque d’obéissance et par agressivité. Nous devrions leur expliquer qu’ils doivent fréquenter les cours d’éducation canine et qu’il existe des écoles pour sociabiliser le plus tôt possible les chiots. Il faut éduquer le chien, mais aussi le maître pour définir la place de chacun dans le foyer. Pour moi, les gens qui dorment ou mangent avec leur chien vont trop loin, même si je peux comprendre une veuve de 80 ans qui tient beaucoup à la présence de son fidèle compagnon. En lui donnant beaucoup de friandises, le maître fait plus plaisir à lui qu’à son chien. A la longue, cela donne des chiens possessifs et incontrôlables.

– Le chef de la meute reste le maître…

Oui! On ne peut pas comparer le caractère d’un labrador avec celui d’un pitbull ou d’un beauceron. Mais, dans les deux cas, le chien a besoin d’un chef de meute et, dans le couple maître-chien, c’est le maître qui doit être le «dominant», donc le chef de meute, et le chien le «dominé». Dans la majorité des cas, on arrive à éduquer les chiens dans ce sens. Par contre, si rien n’a été fait avant l’âge de six mois et si le chien n’a jamais côtoyé de personne «étrangère», son éducation devient presque impossible.

– Crise de la vache folle, grippe aviaire… Selon vous, est-ce que la Suisse a bien maîtrisé ces affaires ?

De crise en crise, le système s’améliore. La grippe aviaire n’est pas venue du jour au lendemain. Il y a plus de quatre ans que la maladie est en Asie. Les mesures ont été prises assez rapidement et de manière élaborée. Grâce à internet, les informations ont bien circulé entre les services vétérinaires fédéraux, cantonaux et les vétérinaires de contrôle, sans oublier les journaux spécialisés. Personnellement, je n’ai jamais paniqué. En Suisse, nous avons de bons contrôles et une hygiène incomparable par rapport aux pays d’Asie et d’Afrique, où la famille vit en permanence avec les animaux malades. Chez nous, le risque est limité: il y a eu trente cas d’oiseaux migrateurs, analysés positifs. Aucun animal domestique n’a été atteint. Par comparaison, en 2005, il y a 26 personnes mortes de noyade en Suisse, alors qu’aucune n’est décédée du virus H5N1. Mais je comprends qu’on puisse paniquer, car on n’est jamais à l’abri d’une pandémie.

– Est-ce que la médecine vétérinaire devient complexe ?

En Suisse, comme d’ailleurs en Europe, la formation va aussi loin que la médecine humaine. Que ce soit dans l’imagerie, la radiologie, la cardiologie ou l’ostéosynthèse, avec par exemple le remplacement de hanche. Ça devient une médecine de pointe, sur demande de la clientèle. Pour soigner son compagnon à quatre pattes atteint d’un cancer, certaines personnes sont prêtes à payer des milliers de francs pour une chimiothérapie et/ou une radiothérapie.

– Déplorez-vous cette évolution ?

Non, je comprends mieux cette situation qu’il y a vingt ans. Je me rends compte qu’il y a beaucoup de monde seul. Ces gens peuvent compter sur un animal fidèle, qui rompt vraiment leur solitude. Ils sont très attachés à leur chien et à leur chat. J’ai pas mal de clients d’un certain âge pour qui cette compagnie est capitale. Ainsi ces personnes restent encore longtemps à la maison, car elles ne sont pas seules. Quand il arrive un pépin à leur animal, c’est souvent le drame.

– Comment voyez-vous votre métier dans quinze ans ?

Pour les petits animaux, on va tendre, comme en médecine humaine, vers une spécialisation, avec tout de même des généralistes. Pour les bovins, on aura une médecine de conseils et de prophylaxie, par exemple pour l’alimentation et la fécondité. Les traitements se feront plutôt sur le troupeau que sur l’individu.

Portrait en 32 lignes

A 51 ans, Benoît D. exerce le métier de vétérinaire depuis presque un quart de siècle. Passionné d’animaux, il possède des chèvres boers, des alpagas (sorte de petits lamas) des moutons et deux ânes, à côté des animaux de compagnie de la famille. Mais la chèvre est, pour lui, «une passion congénitale». Il a grandi, entouré de ces sympathiques quadrupèdes. Fin avril, il a été la cheville ouvrière de l’exposition nationale Chèvres en ville qui s’est déroulée à Espace Gruyère. Une aventure qui a marqué les esprits. Depuis ce jour, des gens le surnomment Monsieur Chèvres en ville… Une plaquette commémorative d’une centaine de pages, richement illustrée, devrait sortir de presse avant la fin de l’année pour rappeler cette fête populaire qui a rassemblé plus de 10000 visiteurs à Bulle.
Les idées bouillonnent toujours dans la tête du jeune grand-père: il a l’intention de créer une association romande, voire suisse, des amis de la chèvre dans le but de rassembler propriétaires et amoureux des biquettes, comme les férus d’élevage caprin, car «ce riche patrimoine mérite d’être protégé».
Les journées de Benoît D., qui est aussi vétérinaire contrôleur des viandes, sont bien remplies. Avec les nuits de garde et la permanence du week-end, il lui arrive d’abattre des semaines de sept jours et de plus de cent heures.

Christophe Schaller.



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Interview d'un Vétérinaire vu par Mediajunior


" Après avoir obtenu un bac scientifique, on rejoint une classe préparatoire, l'admission se faisant sur dossier. Au bout d'une année, on passe un concours qui se déroule en deux temps : en mai, un écrit va permettre de désigner les candidats admissibles, ces derniers se présenteront alors un oral, et en fonction des résultats obtenus, ils pourront choisir le lieu ou ils poursuivront pendant 5 ans leurs études. Le nombre de place est très limité (400 pour la France), car il n'y a que quatre Ecoles vétérinaires en France (Maison-Alfort, Nantes, Toulouse et Lyon).
Pour faire ce métier, il faut bien sur aimer les animaux, et le contact humain, car le maître de l'animal est intermédiaire entre le docteur et le patient. De plus, il faut très pédagogue, pour expliquer aux gens ce dont souffre leur animal. Je suis un vétérinaire canin, je réalise des consultations dans mon cabinet, mais également à domicile, et je pratique des interventions chirurgicales. Cependant, la profession offre un panel d'activités, puisque l'on peut très bien être vétérinaire rural, vétérinaire en agro-alimentaire (contrôles sanitaires) ou encore travailler dans la recherche.

Ce métier est toujours en évolution, et je pense qu'il est nécessaire de suivre des formations, afin d'être toujours plus compétent. Certains de mes confrères se spécialisent dans différents secteurs de chirurgie (ophtalmologie, ostéopathie).
C'est une profession intéressante car on touche à tous les domaines de la médecine, on n'a pas de routine, car les symptômes et maladies sont différents selon les animaux. Cependant, ce métier laisse peu de libertés au vétérinaire, il demande beaucoup d'investissement de temps. Il faut bien avoir en tête que ce métier ne se limite pas qu'au médecin des animaux, beaucoup de secteurs, comme l'industrie ou la recherche emploient des vétérinaires. Ce sont de nouveaux champs d'investigation à développer, car le secteur de la médecine canine tend à se saturer. Les personnes intéressées par ce métier devraient prendre contact avec des praticiens, car l'image que l'on se fait peut être différente de la pratique"



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