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Albi. « L'investigation criminelle,
un métier attrayant »
Il est l'un des quatre techniciens
en identification criminelle (TIC)
de la gendarmerie tarnaise. «Un
métier qui attire de plus en
plus les jeunes», constate l'adjudant-chef
Serge Emile-Dit-Bigas.
« Pour moi, la gendarmerie c'est
un sacerdoce. Je suis parti de presque
rien, la gendarmerie m'a tout offert.
» Ce témoignage de reconnaissance,
c'est l'adjudant-chef Serge Émile-Dit-Bigas
qui le livrait, dernièrement,
à des dizaines de jeunes (scolaires,
étudiants ou demandeurs d'emploi)
venus participer à une journée
d'information sur les métiers
de la gendarmerie, à la Maison
commune Emploi Formation de l'Albigeois.
Ce sous-officier de 43 ans est l'un
des quatre techniciens en identification
criminelle du groupement départemental
de gendarmerie du Tarn, les fameux
TIC appelés en particulier
sur les scènes de crime. Justement,
c'est autour d'une scène de
crime « basique », celle
d'un vol par effraction reconstituée
pour cette action de communication,
que l'adjudant-chef parle de son métier.
Avec un mélange de passion
et d'humilité. « Les
métiers de la criminalistique
(1) et de la médecine légale
ont été popularisés
par des émissions et des chaînes
thématiques. C'est ainsi que
de plus en plus de jeunes sont attirés
par ces spécialités
de la police technique et scientifique
», constate le sous-officier.
« Qui est-ce qui regarde des
séries comme Les Experts ?
», demande le TIC à son
jeune auditoire. Plusieurs mains se
lèvent. « À la
télé, ça dure
20 minutes pour trouver l'auteur d'un
crime. Nous, à Albi, on n'est
pas si forts que ça. On va
mettre des heures, des jours, parfois
des mois à résoudre
une affaire. »
Mais ce n'est certes pas du temps
perdu, car c'est bien ce « travail
de fourmi » qui donne toute
sa dimension à la criminalistique.
« La place prépondérante
de la preuve matérielle dans
le système accusatoire français
nous fait obligation de rassembler
un maximum d'indices. On passe beaucoup
plus de temps sur les scènes
de crime. Il faut d'abord s'interroger
sur la pertinence des indices, qu'est-ce
qu'on va prélever et faire
les choses dans l'ordre, en tenant
compte de la déperdition de
certains indices. » La découverte
de l'ADN, en 1985, a bien sûr
bouleversé la donne dans les
enquêtes criminelles, en permettant
de rouvrir des « Cold Case ».
Mais, souligne le TIC albigeois, «
il faut être extrêmement
prudent avec les conclusions sur les
traces d'ADN : c'est redoutable ».
Le doute fait aussi partie, avec la
rigueur et l'esprit cartésien,
des qualités intrinsèques
demandées à un technicien
en identification criminelle. «
Cette activité apporte un plus
aux citoyens », souligne Serge
Émile-Dit-Bigas. Et pour le
démontrer, quel plus beau défi
pouvait relever le gendarme albigeois
que ce mémoire sur l'aspect
criminalistique dans le Tarn qu'il
prépare, en ce moment, à
l'université Paris-Descartes
?
(1) La criminalistique est la collecte
d'indices sous toutes ses formes et
son analyse pour déterminer
ou identifier le ou les auteurs d'une
infraction. Elle regroupe plusieurs
disciplines scientifiques telles que
la médecine légale,
la psychiatrie, le profilage, l'analyste
criminel ou la balistique.
Portraitiste
et révélateur chimique
« On ne devient pas TIC du jour
au lendemain », convient l'adjudant-chef
Émile-Dit-Bigas. Après
la formation en école de gendarmerie,
il faut d'abord passer le concours
d'officier de police judiciaire et
ensuite s'orienter vers la partie
PJ. « C'est à la brigade
de recherches de Melun que j'ai fait
mes premières armes comme enquêteur
de police judiciaire, en 1990. Puis,
j'ai suivi une formation de 6 semaines
au CNFPJ, à Fontainebleau.
Désormais, la formation dure
8 semaines, car c'est devenu de plus
en plus complexe. »
Avec ses trois collègues de
la cellule d'identification criminelle
(CIC) du Tarn, l'adjudant-chef Emile-Dit-Bigas
est souvent amené, à
la demande du commandant de la région
gendarmerie, à exercer ses
compétences en dehors du département.
Sur les quatre TIC tarnais, trois
ont la qualification de portraitistes
(chargés d'établir le
portrait d'un suspect ou d'une personne
disparue pour laquelle les enquêteurs
ne disposent d'aucune photo) et deux
celle de révélateur
chimique, des « Experts »
qui savent comment faire parler un
numéro de série qui
a été maquillé
sur une voiture ou sur une arme.
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