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Hasards ou coïncidences,
c’est dans l’hôtel
Alfred de Vigny, non loin
des Champs Elysées,
que nous recevait Benoît
Magimel, l’interprète
d’Alfred de Musset
(cf le film de Diane Kurys,
Les Enfants du Siècle)
pour nous parler de son
tout dernier film, Trouble,
d’Harry Cleven,
dans lequel il incarne
des jumeaux.
Quelles
sont les questions
que vous vous posez
dès la première
lecture d’un
scénario comme
celui de Trouble ?
Est-ce qu’on
va avoir les moyens
nécessaires
pour réussir
le film ? Parce que
le cinéma de
genre nécessite
quand même quelques
moyens. Le moyen,
c’est le temps.
Les effets spéciaux,
est-ce qu’on
va les réussir
? |
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Je
me suis dit aussi qu’il
fallait retravailler le
scénario. Je trouvais
qu’il y avait des
personnages comme le personnage
de Natacha Régnier,
qu’il fallait réécrire.
Quand je parle de réécriture,
il faut absolument qu’on
ait la même vision
du film. Quand vous êtes
quelqu’un qui marche
au cinéma, vous
avez beaucoup de responsabilités
parce que si vous dites
non, le film ne se fait
pas. Et donc, du coup,
vous héritez d’une
sorte de pouvoir, indirectement.
C’est terrible,
je peux orienter le film
comme je le souhaite,
mais ce que je souhaite
justement, c’est
faire le film que le metteur
en scène veut faire.
Dans le scénario
initial, on ne résolvait
rien. Le personnage finalement
n’était pas
guéri, il avait
vécu une histoire
terrible mais cela restait
en suspens. J’aime
bien ouvrir une porte
et la refermer.Ça
c’était les
questions que je posais
souvent : la peur du sang.
Alors si c’est pour
avoir peur du sang et
ne pas la comprendre et
la résoudre, ça
ne sert à rien
de l’avoir.
Mais en général,
j’aime la vision
d’ensemble. Pour
moi, c’est le film
qui compte et pas ce que
je vais faire dans le
film. On me disait tout
à l’heure
que l’important,
c’est la performance.
Non, ce n’est pas
la performance. C’est
un film que j’ai
fait pour d’autres
raisons.
Et
comment se passe justement
vos choix de film, aujourd’hui
?
Il est évident
que quand vous n’êtes
pas connu et que vous
contactez un metteur en
scène qui est connu
et qu’il a tous
les acteurs qu’il
veut, votre parole est
un petit peu plus différente
et on ne l’a reçoit
pas de la même façon.
J’aime m’investir
quand on me laisse la
possibilité de
le faire. Tous les projets
ne me demandent pas ça.
Il est évident
que sur des premiers films,
c’est plus fragile,
donc on a plus de possibilités
de partager des choses.
Quand je fais du Nicole
Garcia, je ne parle pas
du scénario. J’ai
ma vision du rôle,
elle a la sienne. On essaie
d’être en
accord, elle et moi mais
je n’interviens
en rien dans le processus
de création. Elle
sait très bien
ce qu’elle veut
et pour Chabrol, c’est
pareil.
Le problème c’est
qu’on a le sentiment
que c’est une forme
d’égoïsme,
une forme de caprice quand
un acteur demande, par
exemple, une loge comme
pour le tournage de Trouble,
où il y a eu une
bataille parce que les
gens ne comprenaient pas
ma demande. Donc on a
mis une petite caravane
à trois francs
six sous parce qu’il
n’y avait pas de
moyens, juste en face
du studio. Et ils se disaient,
« Benoît,
il est chiant, il a sa
maison à 200 m.
» Sauf que je dois
changer quatre ou cinq
fois par jour de costumes,
qu’il y a des transformations
de personnages et que
s’il faut aller
faire à chaque
fois cinq cent mètres
plus cinq cent mètres,
etc., on va perdre du
temps et à un moment
donné, ça
ne va pas être confortable,
et on va se mettre à
travailler dans l’urgence.
Par
Laetitia HEURTEAU,
suite de l'interview
...
Fiche
métier de l'
Acteur
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CLOVIS
CORNILLAC. Comédien
2004
est vraisemblablement
l’année «
Cornillac », entre
sa nomination au César
du meilleur second rôle
masculin et ses apparitions
remarquées dans
pas moins de cinq films
(Je t’aime, je t’adore,
Vert paradis, Malabar
Princess, Un autre que
moi et le très
attendu Un long dimanche
de fiançailles
de Jean-Pierre Jeunet).
Comment
et quand s’est
passé votre
premier déclic
pour la comédie
?
Ça dépend
de ce qu’on
entend par déclic.
Il y a les spectacles
que j’ai faits
quand j’étais
gamin par exemple
: j’étais
dans une école
publique un peu particulière
où on avait
déjà
monté un spectacle
à neuf ans
! |
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On a joué
au Larzac pendant les
évènements
des années 70.
C’était assez
remuant, c’était
une école assez
politisée. J’ai
commencé à
jouer très tôt,
mais je dirais que la
vraie décision
d’en faire une carrière,
s’est prise plus
tard. J’étais
d’ailleurs plutôt
contre au départ.
Je viens de ce milieu-là
(il est le fils de la
comédienne Myriam
Boyer, ndlr), je n’en
étais pas un amoureux.
Par contre, j’ai
découvert ma passion
pour la comédie
d’abord par la boxe,
bizarrement. C’était
une première manière
de monter sur scène,
en allant sur un ring.
Mais je n’étais
pas un bon boxeur, c’était
une manière détournée
de faire le métier
de comédien. Le
jour où je l’ai
découvert réellement,
je suis parti de chez
moi, à 14 ans.
Et à 15 ans, j’ai
commencé à
travailler comme acteur.
Cela fait vingt ans que
je n’arrête
pas !
Quelle
a été votre
rencontre déterminante
?
Il y en a plusieurs, mais
il en existe une de véritablement
fondatrice, c’est
quand j’ai découvert
que je voulais en faire
mon métier, pendant
le Mahabharata de Peter
Brooke, en 1985. C’est
un spectacle qui m’a
formé, on pourrait
dire.
Votre
grand souvenir de théâtre
?
J’en ai plusieurs,
justement. Parce que j’ai
travaillé avec
des gens très différents.
Le Mahabharata est un
énorme souvenir.
J’ai fait huit ou
dix spectacles avec Alain
Françon dont les
pièces de guerre
d’Edward Bond qui
reste aussi un moment
très fort. Avec
Matthias Langhoff, il
y a eu aussi Désir
sous les ormes, un vrai
tournant.
Et
qu’est-ce que vous
en avez appris ?
Il n’y a pas de
question d’apprendre.
Souvent les gens nous
posent cette question.
Moi, je n’y crois
pas beaucoup. Le jeu,
c’est tout sauf
théorique. En fait,
c’est apprendre
à se connaître,
au fur et à mesure
que vous apprenez à
travailler, vous apprenez
à vous rencontrer.
Et puis, on évolue
en vieillissant, les enjeux
changent. Il n’y
a pas de clé, de
secret. Ce sont des choses
qui se constituent comme
la vie.
Comment
définissez-vous
en tant que comédien
votre relation au rôle
?
Comme un travail. J’adore
travailler, donc j’ai
une passion. Depuis trois
ans, je ne fais que des
films. Donc pour parler
du présent, c’est
une relation de travail,
de désir, d’envie
d’interpréter.
Par rapport à un
rôle, je suis très
simple. Selon moi, un
rôle ne se prépare
pas. Je n’ai pas
d’annotations. Je
laisse l’imaginaire
travailler. Par exemple,
là, en vous parlant,
à des moments,
je vais penser à
des rôles que je
vais interpréter
dans trois mois, les choses
mûrissent comme
ça… Je laisse
beaucoup d’imagination
et ensuite, je suis dans
le travail au moment où
je suis sur le plateau.
En dehors, c’est
pareil, c’est par
bribes d’imaginaire,
mais j’ai une vie
totalement normale. Je
ne vis pas comme un assassin
quand je joue un assassin,
ni comme un cocu même
si je joue un cocu…

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