Interviews de professionnels
+ de 1000 fiches métiers
 

Aéronautique
Agriculture . Espaces verts
Alimentation
Animaux (en contact avec)
Armée
Art . Graphisme . Design
Artisanat
Assistanat . Secrétariat
Automobile . Cycles
Banque . Finance . Assurance
Bâtiment . Travaux-Publics
Beauté . Santé . Forme
Bio . Ecologie
Carrières et Matériaux
Commerce . Distribution
Communication . Linguistique
Comptabilité . Gestion
Culture
Documentation . Edition
Droit
Environnement
Formation . Conseil
Hygiène . Sécurité . Sureté
Humanitaire
Immobilier
Industrie
Industries spécifiques
Informatique
Médecine . Pharmacie
Médias . Image . Son
Mer . Océan
Mode . Textile . Habillement
Multimédia . Internet
Ressources Humaines
Science . Recherche
Services aux personnes
Social . Paramédecine
Sport . Loisirs
Tourisme . Hôtellerie
Transport . Logistique

Métiers du monde
Recherche alphabétique


Pour quel métier êtes-vous fait?

Vidéo métier: l'art
 
Nouveauté sur studya
Diplômes et débouchés
Formation en alternance
Formation continue adulte
Formation à distance
Formation par correspondance
Formation en régions
Formation en art
Les salons de la formation
Formation professionnelle ...
 
Stage, job, 1er emploi
CV, lettre de motivation ...
 
Orientation scolaire
Soutien scolaire
Concours: la fonction publique
 
Etudes en Europe
Etre fille au pair
 
Séjour linguistique: l'angleterre
Toutes les destinations
 
Le logement, la colocation
Les bourses d'études
 



--> Vous êtes dans : --> Infos métiers --> Métiers d' Art

--> Interview d'un Architecte

Crédit photo : 3200iso.com ©

Métiers de l'art

 
les artistes
la musique
le cinéma, le théatre
les artisans d' art
les graphistes et dessinateurs
les designers, stylistes
les responsables artistiques
 

  Interview d'un Architecte (4 interviews)

Interviews d 'Architectes vu par Alsace-orientation


Françoise et Jean-Claude sont tous deux architectes libéraux mais Françoise travaille seule alors que Jean-Claude est associé dans un cabinet d'architecture et d'Urbanisme.

Françoise


En quoi consiste votre travail ?

Mon travail consiste à faire des plans et à réaliser des immeubles : je construis surtout des maisons individuelles, des lotissements, mais aussi des bureaux.


Quel a été votre parcours ?

Durant ma scolarité, mes centres d'intérêt ont toujours été les mathématiques, la géométrie et le dessin. Mais je n'envisageais pas à l'époque de devenir architecte. Ce n'est qu'après mon bac scientifique que j'ai décidé d'entreprendre des études d'architecture, poussée par ma passion du dessin et de la géométrie. Je dois dire que j'ai été encouragée en ce sens par mes parents.

Après 6 années d'études à l'Ecole d'Architecture de Strasbourg, j'ai obtenu monDiplôme d'architecte, le DPLG (diplômé par le gouvernement) mais j'ai travaillé en agence dès la 4 ème année tout en poursuivant mes études.

Après mon diplôme, j'ai travaillé pendant 5 ans en agence, puis je me suis installée en libéral.

Quelles sont vos conditions de travail ? Les bons et mauvais cotés ?

J'ai la chance d'exercer un métier créatif ; j'ai vraiment le sentiment de me réaliser lorsque je m'installe devant ma table à dessin pour concevoir et élaborer des projets.
L'autre aspect positif, c'est la liberté. Exerçant une profession libérale, je ne dépends que de moi-même : je n'ai de compte à rendre à personne et je gère mon emploi du temps comme je veux.

Mais cette liberté a une contrepartie : je dois travailler beaucoup d'autant que je fais moi-même ma comptabilité : 40 heures par semaine est un minimum pour gagner ma vie.

L'architecture est une profession exigeante. En libéral, on dépend de ses clients mais on ne les choisit pas. La relation avec la clientèle peut s'avérer ingrate. Il s'agit de personnes souvent fragilisées psychologiquement vu l'importance du budget consacré à la construction, avec des prêts bancaires échelonnés sur 10, 15, voire 25 ans ! Je suis amenée à gérer les angoisses de certains de mes clients.

Il y a ceux qui hésitent sur leur projet ou qui n'arrivent pas à déterminer leur besoin, ceux qui vous remettent en cause tout au long du chantier et parfois ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas payer.

Comment voyez vous l'avenir ?

Pour mon avenir, c'est simple, j'ai 56 ans et j'envisage de prendre ma retraite, ce qui dans une profession libérale se prépare sur plusieurs années à l'avance.

En ce qui concerne l'avenir de la profession, je crois que l'aspect libéral va disparaître car les architectes s'associent de plus en plus soit sous forme de société civile professionnelle, soit sous forme de SARL. C'est la une évolution non seulement européenne, mais aussi mondiale .

Quels conseils donneriez-vous aux futur(e)s chargé(e)s ou assistant(e)s de communication ?


Je conseille aux jeunes qui envisagent d'embrasser la profession de travailler en agence plusieurs années pour bien comprendre la psychologie de la clientèle et la gestion d'une agence. La plus grosse difficulté pour un jeune architecte, c'est de se constituer une clientèle : 90% des chantiers en Alsace sont gérés par 5% des agences.

Mon conseil est donc le suivant : travaillez en agence comme salarié pendant plusieurs années, quitte à prendre plus tard des parts dans la société civile professionnelle lorsque vos patrons partiront à la retraite.

----------------------------------------------------------------------------------------------------

Jean-Claude

En quoi consiste votre travail ?

Je suis l'un des 4 associés de l'atelier d'architecture et d'urbanisme constitué sous forme de SARL. Il emploie 10 salariés. Je suis architecte de formation mais aussi urbaniste.
En tant qu'architecte, mon travail va de la conception à l'exécution des différents projets. Pour 80%, l'activité du cabinet concerne le logement dont le logement social financé par l'Etat. A l'heure actuelle, les projets concernent 390 logements d'accession à la propriété et 1000 logements sociaux. Les 20% restant concernent les bureaux, le secteur médical, l'hébergement et les cuisines collectives pour les personnes handicapées.

En tant qu'urbaniste, je dois aménager les zones sous forme de lotissements, aménagements urbains, voiries, placettes, squares…

J'interviens sur la conception des projets, l'établissement des permis de construire, les plans d'exécution, des devis descriptifs, les réponses aux appels d'offres (les différentes entreprises sont mises en concurrence et présentent leur projet afin que le client choisisse le moins onéreux.) Au démarrage des travaux, j'en assure la direction et le suivi jusqu'à "réception" de l'immeuble.

Quel a été votre parcours ?

Aussi loin que je remonte dans mes souvenirs, j'ai toujours aimé dessiner. Mais c'est à partir de la seconde que j'ai envisagé des études d'architecte. Il est vrai qu'à l'heure actuelle, savoir dessiner n'est plus une nécessité pour un architecte : le travail de conception peut être entièrement réalisé par ordinateur (CAO = Conception Assistée par Ordinateur).
En ce qui me concerne, je fais un dessin qui est ensuite traité en CAO. Les logiciels permettent de travailler en 2 ou 3 dimensions.

Pour en revenir à mon parcours, après mon bac scientifique, j'ai fait 2 ans d'études à l'Ecole d'Architecture de Strasbourg jusqu'à l'obtention du DPLG J'ai fait mon service militaire à la Direction des Travaux du Génie où j'ai pu exercer mon métier. J'ai ensuite travaillé en Agence pendant 6 ans. Puis, je me suis installé à mon compte avec un associé pendant 28 ans. Depuis 1 an et demi, nous avons créé une SARL.

Quelles sont vos conditions de travail ? Les bons et mauvais cotés ?

Les bons côtés de mon métier ? C'est bien sûr la créativité, le côté artistique, la satisfaction personnelle une fois l'ouvrage terminé.
Autre aspect positif : la liberté. Je n'ai pas un patron sur le dos ; je m'organise comme je veux.

Mais la liberté n'est pas absolue, bien sûr ; rapidement, je me suis rendu compte qu'il y a des freins à celle-ci.

Les projets sont pris dans un carcan de contraintes financières, réglementaires, administratives.

Autre aspect négatif, je travaille énormément, au moins 60 heures par semaine. De plus, l'architecte a une très forte responsabilité : en cas de faute, Il peut être poursuivi sur ses biens propres.

La profession est donc exigeante et non exempte de risques

Comment voyez vous l'avenir ?

Je compte encore travailler pendant plusieurs années et gagner des concours. Certains projets nécessitent plusieurs années pour aboutir. J'ai toujours envie de travailler et j'ai aussi le soucis d'assurer ma relève avant mon départ.

Quels conseils donneriez-vous aux futur(e)s architectes ?


C'est très dur au début. Il faut passer par plusieurs agences pour acquérir la pratique qu'on n'a pas en sortant de l'école. Il faut être très motivé et avoir à l'esprit qu'il faut des années pour se constituer une clientèle. La sélection est impitoyable étant donné le nombre de diplômés par rapport au volume des affaires.

Un jeune architecte qui débute en agence comme salarié gagne environ 2000 euros nets mensuels : c'est peu pour la quantité de travail et l'investissement demandés.



  Etes-vous fait pour le métier d' Architecte ?

Atout Métier vous aide à définir l'orientation qui vous convient le mieux. Cet outil est destiné aux étudiants, aux jeunes diplômés, aux demandeurs d'emploi, ainsi qu'à tout individu en poste qui souhaite faire le point sur son projet d'évolution professionnelle et personnelle.
En savoir plus ...


Interview d' un Architecte vu par L4m

Thomas Jedrezejak
Architecte

Jeune architecte, Thomas a ouvert son propre cabinet il y a environ trois ans et se situe sur Lille depuis sept mois à peu près. Passionné par son métier, il nous parle de son métier et de ses projets architecturaux très variés, du mas provençal au bâtiment industriel en passant pas la grande maison flamande.

> Quelle formation avez-vous suivi pour devenir architecte ?

- Je suis allé à l’école d’architecture de Lille qui se situe sur Villeneuve d’Ascq. La formation durait six ans, aujourd’hui elle se déroule en sept ans. A l’origine, environ 1 200 personnes se présentent et seulement une centaine est acceptée. Dans le concours, on trouve des mathématiques, du français, de la culture architecturale, de l’histoire de l’art et il y a un entretien. Le diplôme est un DPLG qui veut dire diplôme délivré par le gouvernement.

> Pourquoi avoir choisi ce métier ?

- Depuis mes 14 ans j’ai envie de devenir architecte. C’est vraiment une rencontre avec un métier passionnant, je ne l’explique pas vraiment, c’est une vocation. L’architecture ne m’a jamais laissé indifférent.

> Parlez nous de vos stages et expériences professionnelles

- Pendant les études, on peut commencer à travailler dans un cabinet d’architecture. En troisième année, j’ai donc travaillé au sein d’un cabinet où on s’aperçoit rapidement qu’on ne sait rien faire. On commence à toucher un peu aux projets, on dessine. A la fin des études, il y a un stage obligatoire de 4 mois à temps plein ou de 6 mois à temps partiel. On peut alors choisir l’orientation professionnelle que l’on souhaite. En ce qui me concerne, j’ai travaillé sur un projet avec un de mes professeurs de la conception jusqu’à la réalisation, c’est-à-dire la rencontre du client, l’élaboration du projet, la gestion des entreprises et du chantier, la réalisation et enfin la réception où l’on remet les clefs. Ensuite j’ai rejoint un bureau d’étude pendant un an et demi. Puis j’ai travaillé en cabinet d’architecte sur des concours, c’est-à-dire sur des appels d’offres lancées par des mairies et collectivités pour réaliser des bâtiments publics tels que des collèges ou des logements. Les équipes qui restent en final sont toutes rémunérées et celle qui gagne réalise le projet.

> Quand on sort d’une école d’architecture, où peut-on travailler ?


- Il y a trois voies : d’abord on peut rejoindre un cabinet d’architecture, on postule pour un poste et on devient donc salarié. Sinon on peut travailler plutôt dans tout ce qui est concours et projets de l’administration. Et enfin la dernière voie qui est rarement choisi c’est de se mettre à son compte.

> Pourquoi avoir choisi d’ouvrir votre propre bureau d’architecture ?

- J’ai déjà travaillé en équipe sur de gros projets et aujourd’hui j’ai envie d’avoir la main mise sur ce que je fais. Je veux pouvoir choisir mes projets. C’est aussi dans ma personnalité, je voulais travailler à mon compte.

> Concrètement en quoi consiste votre travail ?

- Je réalise des logements, des aménagements de piscine par exemple, des réhabilitations pour transformer par exemple une grange en habitation. C’est aussi parfois de l’architecture intérieure. Je travaille aussi pour les administrations : la réalisation d’un marché, de halles, d’un collège ou d’un lycée, etc. Je fais aussi des bâtiments d’entreprises, industriels, des stades,… Je suis resté assez généraliste. Je dois créer une maison ou un bâtiment qui correspond à la personnalité du client. Par exemple, une maison que je construis avec du bois car elle se situe en forêt, un loft avec différentes formes pour une personne plus originale, une grosse maison imposante pour un couple en Belgique. Comme je suis seul, je fais tout. Je fais du démarchage, je recherche des clients et des projets et je dessine beaucoup. J’utilise beaucoup l’informatique et les outils d’infographie. Sinon il y a tous les aspects administratifs, de gestion et de comptabilité.

> Quelles compétences pensez-vous nécessaires ?


- Il faut savoir dessiner, avoir un bon coup de crayon. Il faut savoir utiliser l’outil informatique et les logiciels d’infographie, de retouche d’images sinon on ne peut rien faire. Quand on se met à son compte, il est intéressant d’avoir de bonnes compétences commerciales.

> En ce qui concerne les qualités personnelles ?

- Il faut avoir un minimum de sens artistique et esthétique. Il ne suffit pas d’être bon en mathématique, il faut des qualités de dessinateur et de concepteur. Il faut être ouvert, voir ce que font les autres, lire des livres de design, de décoration, bref s’intéresser à tous les domaines de l’architecture.

> Pour vous, quels sont les avantages et les inconvénients de votre métier ?


- Comme je suis en libéral, je fais mes propres projets, ce que j’ai choisi et c’est très agréable. Sinon j’aime beaucoup penser quelque chose et voir sa réalisation effective, c’est très fort de voir se réaliser ses idées. Pour les inconvénients, c’est que le diplôme n’est pas très bien reconnu en général car nous sommes à la fois des scientifiques et des artistes. Nous n’avons pas de statut bien défini dans l’esprit des gens. Sinon ce que je trouve regrettable, c’est qu’en France on a peu recours aux architectes contrairement à d’autres pays. En Belgique, à partir de 20 m² vous avez le droit de faire appel à un architecte. En France, on peut faire appel à un architecte seulement pour une maison à partir de 120 m² donc ce sont toujours des maisons pour des personnes aisées, on ne fait pas d’architecture pour des logements plus modestes, ce qui est regrettable car cela leur donnerait plus de style.

> Un dernier mot pour les personnes intéressées par le métier d’architecte.


- Je conseille aux gens qui se demandent en quoi consiste le métier de rencontrer un architecte afin de savoir réellement ce que c’est. Le déclic peut se faire dans les deux sens, soit on a le coup de foudre pour le métier soit on se rend compte que cela ne convient pas à nos attentes.



  Test de recrutement

Ce test vous permet de vous placer en situation réelle d'embauche et de mieux préparer vos entretiens... Ce test s'adresse en priorité aux jeunes diplômé(e)s et aux demandeurs d'emploi (si vous êtes employé(e), cadre ou dirigeant, nous vous conseillons le Profil PRO ).
En savoir plus ...


Interviews d' Architectes vu par Cyberarchi



Métier de l'architecture ou métier d'architecte ?

Les constructeurs de maisons individuelles l'assurent, ils sont prêts à embaucher des architectes à des conditions que pourraient leurs envier nombre d'architectes travaillant en agence. Mais la méfiance demeure et les 'diplômés en architecture' qui passent le pas en souffrent.

Témoignages.

"Que l'on aime ou que l'on aime pas, OK. Mais que l'on ne me dise pas que je ne fais pas de l'architecture". Géraldine Thomas, 30 ans, en a gros sur la patate. Salariée chez un constructeur de maisons individuelles - ' Sélection artisanale' -, elle précise avec une tristesse teintée de hargne : "il n'y a pas d'architecte ici". De fait, il n' y a pas dans l'entreprise d'architecte en titre, seulement une 'diplômée en architecture' mais est-ce à dire qu'il n'y a pas "d'architecte", toutes considérations prises en compte?

D'abord la rancœur. "J'ai terminé récemment une formation d'un an en HQE dans une école d'architecture. A mon arrivée, lors des présentation, quand j'ai expliqué que je travaillais chez un constructeur de maisons individuelles, d'emblée on m'a fait comprendre que je ne faisais pas d'architecture. J'étais le vilain petit canard, on ne voulait pas me parler. Pourtant, rapidement, j'ai constaté que je faisais plus d'architecture que quelques-uns de mes 'confrères'". De fait, elle est sortie de sa formation avec les honneurs, nombre d'architectes en titre ayant dévissé dans les ornières.

Pendant trois ans après son diplôme, Géraldine Thomas a travaillé en agence.
Pas besoin de faire un dessin, les jeunes architectes se reconnaîtront dans l'esquisse : stress, travail les week-ends, pas d'horaires lors de charrettes à répétition, aucune idée du budget des projets, travail répétitif et peu valorisant, salaire à l'avenant, etc. Lorsqu'elle se présente à un entretien d'embauche pour 'Sélection artisanale', "j'ai bien vu qu'on parlait d'architecture", dit-elle.
Aujourd'hui, "quand [elle] y réfléchit", elle ne veut plus bosser ailleurs. Qu'on ne se méprenne pas toutefois : elle est confrontée tous les jours aux deux faces de la médaille puisque son mari est architecte (en titre) et salarié dans une grosse agence. Elle sait donc exactement de quoi elle parle.

Et que dit-elle? "Je fais plus d'architecture ici qu'en cabinet sauf qu'ici nous appliquons le principe de réalité dans nos relations avec le client. Je travaille avec une équipe technique, plutôt plus compétente que ce j'ai pu voir parfois en agence, mais c'est de mon bureau que sortent les projets et j'applique d'ores et déjà la HQE. C'est chez les constructeurs que j'ai pu me concentrer sur la conception, aller dix fois sur le terrain s'il le faut. Ceux qui n'ont jamais travaillé jusqu'à 25 ou 27 ans ne savent pas ce qu'est une équipe, des horaires. Je ne connais pas d'autres architectes qui ont un tel rôle et une telle autonomie.
D'ailleurs, j'étais à peine embauchée que l'entreprise me confiait la réhabilitation de ses bureaux.
Les constructeurs payent bien, les horaires sont normaux, j'ai le temps d'aller étudier de nouveaux produits, de réfléchir à l'objectif de respecter l'environnement. Je prends plaisir à travailler, ce qui est mieux que de se faire chier, même avec un titre". Ouf!

Le titre justement est source de sa frustration. Non seulement il faut expliquer la nuance aux clients, qui n'y comprennent rien, mais il faut surtout que chacun de ses projets soit soumis à un architecte en titre qui signera les permis de construire. Paul Meyer, son patron, ne décolère pas non plus. "Cela fait 20 ans que je fais appel à des architectes.
Je suis convaincu qu'ils ont une vraie formation, un vrai métier et qu'il est nécessaire pour les constructeurs de faire appel à eux. Depuis deux ans, j'ai donc embauché un "diplômé en architecture". Elle apporte ses compétences dans le cadre d'une équipe pluri-disciplinaire, elle met les maisons dans le bons sens, elle forme les commerciaux. En retour, ce staff technique (métreurs, conducteurs de travaux, topographes, etc.) lui permet de pallier les insuffisances de sa formation. C'est le cadre idéal pour se former. Mais on nous oblige à faire appel à des signatures de complaisance. Les architectes aussi bien que les institutions ont toujours dénigré les constructeurs et les dénigrent encore. S'il est souhaitable de relever le niveau, alors il faut laisser les architectes travailler chez nous, à ce titre".

Contacté par CyberArchi, sur un sujet qui le "passionne", Paul Meyer lâche tout ce qu'il a sur le cœur, depuis longtemps. "Je suis convaincu que les constructeurs doivent collaborer avec les architectes. Mais quand on se pointe aux ABF, on se fait maltraiter ; on présente le même projet signé par un architecte et ça passe. Quand un architecte veut s'intéresser à la maison individuelle, c'est pour s'entendre dire "qu'il ne peut pas faire autre chose".
Avec un architecte en interne, il peut intervenir dès le premier m². La majorité des chefs d'entreprise a plus de 50 ans. Qu'est-ce qui empêcherait un architecte de reprendre la boîte? Il y a un vrai marché, les trois quarts des entrepreneurs vont bientôt passer la main, on va tous partir, des boîtes vont fermer.
On marche sur la tête, quand je pense qu'il y a de jeunes architectes qui sont smicards.
Et encore, s'ils sont au SMIC c'est qu'ils bossent 60 heures par semaine. Nous avons d'autres conditions de travail à offrir. Ma collaboratrice (Géraldine Thomas) passe par toutes les phases des projets, elle suit plus de trente chantiers par an, rencontre autant de clients, si cela n'est pas de la formation permanente… Et pourtant j'ai bien senti les titillements du jury lors de sa formation HQE, comme s'il était intolérable de bosser pour un constructeur. Pourtant, si l'on regarde la qualité architecturale de notre environnement, il y en aurait des choses à dire. Les torts sont partagés.
Si demain on autorise les architectes de rentrer en entreprises tout en conservant leur capacité de signer les permis de construire, dès demain, la plupart de mes confrères embauchent. Mais les architectes eux-mêmes sont marqués par cet opprobre alors que les constructeurs ont tout à gagner, qualitativement, à travailler avec eux". Ouf !

Le plus étonnant est que Paul Meyer ne fait qu'exprimer un sentiment largement partagé. Si son entreprise est basée dans le Rhône, celle de Jean-Pierre Delahaye est en région parisienne.
Pourtant, il tient exactement le même discours. "Ce que je regrette est que certains architectes me répondent 'l'architecte libéral a une liberté de création, l'architecte salarié n'a pas de liberté' ; cela voudrait-il dire que quand on est salarié on perd son libre arbitre ? Un journaliste perd-il sa liberté quand il est salarié ? Un médecin du travail peut délivrer des ordonnances, non ?", dit-il.
"Cela n'a pas de sens ; si nous voulons utiliser un architecte, c'est justement pour ses compétences, la qualité de ses conceptions. Un jeune qui sort de l'école aurait l'opportunité de faire ses premières expériences dans une société structurée, d'utiliser le constructeur comme un tremplin.
En réalité, avec ce système de titre, on censure une démarche intellectuelle.
Je regrette l'attitude dogmatique de l'Ordre [des architectes. ndlr], je regrette ce clivage, je regrette que souvent ces jeunes talents soient confinés dans des rôles subalternes dans les agences. Pour ma part, si le système devait évoluer, j'embauche demain des architectes, et ils pourront bosser chez moi dès le premier m² et je peux garantir que nombre de mes confrères en feront autant quitte, puisqu'il est question d'Europe, à embaucher un architecte polonais ou italien car personne n'a le monopole de la connaissance". Lui aussi rappelle avec une pointe de perfidie que ce ne sont pas les maisons "qui défigurent l'environnement ou les entrées de ville".

Jean-Pierre Delahaye pointe également une forme insidieuse d'élitisme. "Un très bon architecte qui conçoit et réalise dix maisons par an maîtrise ses coûts en fonction de ces dix chantiers. Un constructeur, sur le même créneau, réalise cent maisons et fait de bien plus grosses économies d'échelle. Si le raisonnement est d'aboutir à une démocratisation de l'habitat, elle sera obtenue plus facilement dans le second cas que le premier. J'ai l'impression parfois que les architectes cultivent l'élitisme économique plutôt que l'efficacité économique". Aie!

Au final, ce n'est donc pas tant les architectes eux-mêmes que le système que ces constructeurs dénoncent. D'ailleurs les deux éprouvent un profond respect pour une profession qui le leur rend mal en retour. "Les constructeurs reconnaissent que les architectes font des choses intéressantes ; ils expriment une demande à laquelle les architectes ne répondent pas", assure Géraldine Thomas. "Pourquoi après deux ou trois ans chez un constructeur un architecte est-il grillé dans les agences ?", fait-elle mine de s'interroger. "Tout le monde y perd : l'architecte perd une bonne occasion de poursuivre sa formation dans de bonnes conditions, le constructeur perd l'opportunité d'employer des architectes et leurs compétences et c'est le client final qui perd le plus au bout du compte. Quel gâchis!", conclut Jean-Pierre Delahaye.


Consultez la fiche métier de l' Architecte, l' Architecte conseil dans un Parc naturel régional, l' Architecte en Bioconstruction





 



Top 5 des tests de Studya

1 - Atout Métier
2 - Atout Recrutement
3 - Grand test de QI
4 - Atout Personnalité
5 - Profil Manager

Nouveau test de développement personnel et de coaching : Atout Séduction



 




Télécharger des lettres de motivation

lettre-motivation

Soutien scolaire du CE1 à la terminale avec Studya.maxicours








 
Plan du site - Espace entreprises - Informations légales - Contact
Déclaration cnil n° 1166774


Studya.kelformation - Studya.centraltest - Studya.maxicours - Studya.fonctio - Cv-lettre-motivation.studya
Studya.vivastreet - Studya.juritravail - Studya/en - Pack-cv - Englishcvmodel