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Avant
dintégrer ce monde, tu
avais des idoles?
Médhy Custos : Javais
des gens que jappréciais
à travers les ondes radiophoniques
cétait souvent des Anglo-saxons,
ainsi que des groupes Antillais comme
« Kassav » et «
expérience 7 ».
On constate
que técris de beaux textes,
Hormis la performance vocale, dans
quel environnement doit se retrouver
lartiste pour éveiller
son inspiration?
Médhy Custos : Cest la
petite phrase qui vient et créée
le déclic pour écrire
la chanson. Ça peut émerger
à nimporte quelle heure.
Cest comme une envie pressante
alors, si ça vient là
tu arrêtes linterview
pour assouvir ton inspiration?
Médhy Custos : Je me casse
(rire général), non
jai un dictaphone comme ça
je garde les idées toujours
fraîches. Puis je reviens dessus
pour voir ce que je peux en tirer.
Tu te consacres
exclusivement à la chanson,
ou tu fais autre chose?
Médhy Custos : Quand on a décidé
den faire un métier on
ta pas le temps de faire autre
chose. Cest un métier
à risques demandant un certain
investissement, acharnement et assiduité.
Il faut rester vif par rapport aux
tendances et technologies.
Il faut de
la disponibilité et se donner
à 100%, même plus?
Médhy Custos : Pour travailler
correctement, jai besoin dêtre
totalement disponible pour la musique
ceci me permettant davoir de
la discipline par rapport à
elle.
En 2000 tas
fait la première partie du
concert de Jean-Jacques Goldman à
pointe à Pitre?
Médhy Custos : Cest une
opportunité que nous a offert
le centre des arts de la Guadeloupe.
Je fais parti du groupe «Kwebee
», un ensemble vocal très
réputé en Guadeloupe.
Jean-Jacques Goldman recherchait des
artistes très appréciés
en Guadeloupe sans pour autant être
de grosses vedettes. Ça a permis
au public de Goldman de découvrir
pendant cinq jours notre musique.
Ce groupe
interprète quelles musiques?
Médhy Custos : On a attaqué
le répertoire du patrimoine,
des reprises de « Grow Ka »,
des titres de biguine, du dancehall
en aca pella. On a commencé
avec le répertoire Américain,
avec des groupes comme les «
boyz 2 men », qui nous ont permis
de découvrir comment travailler
ensemble avec la voix. Puis avec un
peu plus dexpériences
et de maturité on a élargi
avec ce quon avait autour de
nous dans la caraïbe.
Vous étiez
tous des autodidactes, ou il y avait
un mentor?
Médhy Custos : Cest un
peu des deux, chacun est venu au chant
par amour. 60% du groupe a une formation
musicale, un des membres est professeur
de chant il a fait cinq ans dans une
école de jazz; Cest toujours
bien davoir quelquun connaissant
les techniques vocales pour nous permettre
daller plus loin dans ce quon
sait déjà.
En Guadeloupe
il y a de belles voix, comme Patrick
saint Eloi, est ce quon te compare
à des chanteurs de ce calibre
te voit ton comme une relève?
Médhy Custos : Jai eu
loccasion de lentendre,
cest flatteur mais je nai
pas envie de considérer que
Patrick saint Eloi soit à classer
dans les archives. Il mapprécie
et je le respecte énormément,
jaimerai être la continuité
de quelque chose quil a entrepris
et quil continue à défendre
à travers le zouk.
On entendait
beaucoup ta voix à travers
de tubes comme « Vini Baby »
et surtout les titres « Pé
Pa oubliéw » et «
A jamais » de lalbum «
Allians Stars », malheureusement
on ne te voyait jamais en prestations?
Médhy Custos : Cest bien
car aujourdhui je suis là
(rires), quand je me déplace
en province ou à Paris jen
profite pour faire revivre au public
des chansons quil connaissait
mais sur lesquels il ne pouvait pas
mettre un visage. Je regarde dans
le plus public les réactions
sont positivement surprenantes. Aujourdhui
on présente le nouvel album,
« serial lover » tout
en interprétant mes précédents
titres à succès.
Cétait
volontaire de ne pas se faire connaître
en France à ce moment?
Médhy Custos : javais
des échos du succès
de mes titres en Métropole.
On me disait : « Médhy
il faut que tu viennes !». Javais
des obligations sur la Guadeloupe
mempêchant de venir au
moment quil fallait. On va essayer
de réconcilier les époques
avec mon nouvel album.
Penses tu
que ce fût une bonne chose de
faire attendre tes fans?
Médhy Custos : Ma présence
aurait contribué quil
y ait plus de ventes. Il a eut un
manque à gagner par rapport
à ça. Sur le plan artistique
jai pas souffert de ça,
je me suis dit il y aura un temps
pour ça. Et le temps est venu,
je vous appartiens.
Le public
na peut être pas souffert,
mais tas crée une demande
dans le cur du public ?
Jacob Desvarieux : Je me rends compte
que lorsque jai interprété
« A jamais » et «
pé Pa oubliéw »
les gens ne mont pas oublié.
Quand ils arrivent à faire
le lien entre « Aliians stars
» et « Médhy Custos
» que ce soit les hommes ou
les femmes ils me réclament
ces titres.
Justement tu as eu un prix sacem en
Guadeloupe pour le titre « Pé
Pa Oubliéw », ça
ta rapporté quoi?
Médhy Custos : Pas dargent,
mais des retombés médiatiques
et une crédibilité supplémentaire.
Cest valorisant et rassurant
ça donne envie de continuer.
Ton comportement
a changé depuis cette distinction?
Médhy Custos : Si, je tiens
à garder les pieds sur terre
car plus on monte plus la chute est
sévère. Alors jai
gagné en humilité.
Quest
ce qui motive un artiste de faire
de la musique son métier?
Médhy Custos : Avec le piratage
et toutes les contraintes que traverse
la musique? Néanmoins cest
un choix qui rend heureux celui qui
le fait sil agit par amour.
Aujourdhui, les gens se dirigent
vers des professions où ils
vont sépanouir avant
de penser à la sécurité.
Tout travail mérite salaire,
on travail on se dit quil y
aura des retombés. Des fois
on a des coups durs mais cest
pareil pour tous. Je cherche lépanouissement
personnel et jexerce mon métier
avec beaucoup dhumilité
et de respects.
Tu réalises
avant tout pour toi ou pour les autres?
Médhy Custos : La création
est une passerelle entre moi et le
public, je ne peux pas réaliser
que pour moi. Je prends en compte
des paramètres, je pense aux
gens qui mécouteront
et à moi bien sûr.
Au niveau
de ton public beaucoup de jeunes apprécient
ta musique, est ce que tu sens que
ce noyau est celui consommant le plus?
Médhy Custos : Je madresse
a un public désirant mentendre.
Si toutes les générations
peuvent se retrouver dans ce que je
fais, cest impeccable; on ne
choisit pas forcément de plaire
aux jeunes ou aux vieux. Jessaie
dêtre sincère,
celui qui la reçoit nous rapproche.
Est-ce que ce public est fidèle?
Cest un public qui a besoin
de quelque chose sur le moment qui
trouve son compte dans ce que je fais
et tant mieux. Je souhaite que ce
public grandisse avec moi et quon
arrive de se construire un vécu
à travers mes réalisations.
Le public jeune nest pas celui
qui a le meilleur pouvoir dachat
mais il grandit et si je perdure il
pourra me soutenir un jour économiquement,
si ce nest pas encore fait.
Avant de
parler de ton nouvel album, comment
vois tu ton avenir « extra communautaire
»?
Médhy Custos : Tout le mal
que je me souhaite est de me faire
entendre du plus grand nombre sans
casser la passerelle avec mon public
originel. Ce serait génial
de mentendre sur une chaîne
nationale ou aux USA. Ça permettrait
aux autres de découvrir nos
musiques, nos territoires et notre
communauté.
As-tu analysé
la trajectoire de ceux ayant côtoyés
le national, certains ont disparus
du marché national et parfois
du marché tout court?
Médhy Custos : Je sais quau
niveau national on nest quun
numéro rapportant du chiffre
ou pas. Le plus dur est de durer,
il ny a pas de recettes miracles
à cela. Jencourage ceux
de la communauté qui y sont
déjà à durer,
ils ne sont pas déjà
nombreux. Donc le peu détoiles
issues de chez nous ne doivent pas
séteindre rapidement.
Dès
que vous passez en major, on a limpression
quil y a cassure déjà
au niveau artistique, au niveau des
mélodies ça change?
Médhy Custos : J'ai eu cette
impression, je narrivais pas
à me retrouver dans ce que
faisaient certains artistes ayant
franchis la barrière communautaire
pour le national. Rester authentique
est la question, tout en plaisant
à dautres personnes qui
nont rien à voir avec
notre communauté. Je ne jette
pas la pierre très fort, mais
ce nest pas évident.
Il faut être dans le contexte
pour comprendre ces déclinaisons.
Nous avons
la conviction que tu seras bientôt
confronté à ce dilemme?
Médhy Custos : Jespère
que je ne ferai pas trop ce concessions.
Alors, après quelques années
de collaboration sur des albums tu
as décidé de te lancer
en solo?
Médhy Custos : Je nai
rien décidé du tout
(rires). Mon producteur a décidé,
après les succès rencontrés
sur « Allians Stars »
sur lalbum de « Gladys
», quil était tant
pour moi de me lancer en solo. Comme
je lui accorde ma confiance, il avait
plus confiance en moi que moi-même.
Il y a des gens qui sortent des albums
solos pour avoir leur tête sur
une pochette, pour moi ce nest
pas des artistes ni des gens qui veulent
durer. Il y a des gens qui veulent
faire des coups, samuser ou
ont veulent peut être sortir
une chanson pour se sentir bien toute
leur vie. Maintenant tout le monde
ne fera pas carrière, ou tout
simplement nen na pas
envie. Mon cas est daller plus
loin, pour cela il fallait que je
commence. Mon producteur ma
dit que cest le moment de commencer
avec lalbum « serial Lover
».
Cest
la réflexion de quelquun
désirant durer dans la musique,
mais il fallait commencer ?
Médhy Custos : Oui!
Et là
tas commencé ?
Médhy Custos : Oui! (Rire général)
Ton premier
album solo, « Serial Lover »,
est sorti quand?
Médhy Custos : Au mois de mai
2004.
Le titre
de promo a été le même
quaux Antilles?
Médhy Custos : Si, le titre
« Franc Jeu » a été
le morceau phare de lalbum avec
une promotion simultanée en
France, Guadeloupe, Guyane, Martinique.
Ça
a pris où en premier?
Médhy Custos : Partout !
Le public
de tes précédents succès
a fait le lien de suite?
Médhy Custos : Au niveau du
chant des personnes mont avoué
quils ont eu du mal à
me reconnaître par rapport à
« Allians Stars » où
je faisais de grandes envolées
vocales. Sur ce titre je nai
pas eu envie, je voulais faire découvrir
ma voix sur un autre angle. Jai
été agréablement
surpris, par laccueil réservé
à cet album. De plus les radios
et le public apprécient dautres
titres comme « pour te retenir
», le titre numéro 2.
Cest un album assez varié
qui a lair de plaire à
son public.
Il y a combien
de titres pour ceux qui ne lont
pas encore acheté?
Médhy Custos : Onze, dont un
titre avec mon groupe (quiby), un
avec « Fuckly », et la
charmante « Dominique Lorté
»!
Parlons un
peu des couleurs de ta musique dans
cet album?
Médhy Custos : Jai tenu
à ce que ça soit un
album coloré zouk et véhiculer
une certaine idée de la musique
Antillaise, panachée avec une
connotation « Gwo Ka »
sans le tambour. Ce nest pas
parce quil y a un tambour que
cest « Gwo Ka ».
Patrick Saint Eloi est joué
dans les « Lé woz »,
il reste rattaché aux racines
traditionnelles du « gwo Ka
». Jai une culture mixte,
cest un mélange de toutes
mes influences émanant des
musiques noires Américaines,
caribéennes et haïtiennes.
Comment tu
vois le zouk, par rapport à
toutes ces musiques tinfluençant?
Médhy Custos : Il a toutes
ses raisons dêtre là,
que ce soit par rapport à la
nouvelle génération
qui en demande et celle ayant été
bercée par « Kasssav
». Je suis de ceux qui mènent
des combats pour sa diaspora, et à
fortiori pour les Antilles car charité
bien ordonnée commence par
soit même. Défendons
ce que nous avons à défendre,
je suis bien au bon endroit pour parler
de ça, je suis chez zouker.com
Le zouk est
mondialement connu !
Médhy Custos : La preuve, avec
des artistes comme « Slaï
», avant lui il y eut «
Francky Vincent », « Zouk
Machine », « Kassav »,
« La perfecta »
cest
à nous de croire en nos possibilités.
Le zouk serait-t-il
déjà à un plus
haut niveau avec un peu plus dinvestissement?
Médhy Custos : Ah oui, elle
intéresse les communautés
arabes, Francophones, les noirs les
blancs les asiatiques
Il faut
se donner les moyens de la promouvoir,
comme les autres font pour leurs musiques.
Ce nest pas une question de
compétence, ni de qualité
mais plutôt financier?
Médhy Custos : Il y a aussi
les moyens financiers, le coût
de promotion nest pas le même
sur les médias locaux que sur
les médias nationaux. Les rares
fois où les moyens ont été
mis il y a eut des résultats.
Slaï
est parmi les meilleures ventes nationales?
Médhy Custos : Il a été
un moment troisième meilleure
vente. Ce qui prouve, une fois quil
y a la bonne chanson et les moyens
sont mis derrières
On trouve
quil y a des similitudes entre
ton titre « Franc Jeu »
et « flamme »?
Médhy Custos : Cest en
français
. (NDLR : on
le coupe)
Disons on
trouve quon aurait fait le même
boulot pour ton morceau ça
aurait pu faire pareil?
Médhy Custos : Jen ai
la conviction, je me dis quil
y a des artistes chez nous qui pourraient
être reconnu que nimporte
quel artiste. Quand on voit un des
nôtres atteindre les 3 meilleures
ventes françaises avec du zouk,
je me dis encore une fois il faut
croire en nos possibilités,
et darrêter de se dénigrer.
Cela te réconforte
til en tant quartiste
ambitieux?
Médhy Custos : Mon objectif
nest pas forcément le
national; ce type de succès
trace, pour ceux qui ont des illères,
une route à suivre. Je nai
pas attendu ça pour être
fier de ma musique, certains Antillais
nont pas attendus le succès
national de « Slaï »
pour acheter son album. Il y a certains
pour qui il faut atteindre ce niveau
pour quils se disent cest
du bon. Quand ce sont les autres qui
font cest forcément excellent,
quand cest une personne de la
communauté cest peut
être bon.
En conclusion, faut avoir confiance
en soit et en sa communauté.
En tous cas
tes succès te précèdent
! Là tu es en tournée
pour la présentation de ton
nouvel « Serial Lover »
?
Médhy Custos : ma tournée
nationale à commencé
à Lyon le 09 Octobre, jy
suis retourné le 10 novembre
ma première prestation avait
plu. Jai plusieurs dates en
province (Montpellier, Toulouse, Nantes,
Bordeaux), en région parisienne,
entre temps je serai sur le continent
Américain puis retour sur paris
jusquà mi-décembre.
Justement je serai au millénaire
le 19 décembre dans le 77.
(NDLR: Médhy est aussi en studio
pendant le mois de décembre)
Tu te consacres
entièrement à cet album
et à la promotion de ta personne
?
Médhy Custos : Tout à
fait, comptez sur moi pour représenter
la qualité de notre musique
à travers le monde.
Comme à laccoutumée
un mot de la fin pour tes fans et
internautes ?
Médhy Custos : Je remercie
tous les fidèles de zouker.com,
tous ceux qui se retrouvent sous cette
appellation. Pour moi ça représente
énormément de choses,
ça représente les caraïbes,
la communauté, la musique Antillaise...
Rien par lintérêt
que vous pouvez porter à nos
artistes et ceux qui font notre musique,
un grand bravo.
Egalement
l' interview d' une Chanteuse
de zouk |