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--> Interview d'un chanteur de zouk

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  Interview d' un Chanteur de zouk

L' Interview d' un Chanteur de Zouk vu par zouker

Medhy Custos, après quelques collaborations à succès sur des réalisations, il nous revient avec son premier album solo "Serial Lover" entretien.
frankiegmd Le : 16/12/2004


Zouker.com : Bonjour « Médhy » tu as commencé à t’intéresser à la musique et chanter à quel âge?

Médhy Custos : Ça m’a pris sérieusement vers 17 ans, j’ai été jusqu’à prendre des cours. J’ai répondu à certaines auditions, intégré des groupes de quartiers. Je me suis retrouvé dans cet univers auquel j’ai pris goût avec le temps.

Avant d’intégrer ce monde, tu avais des idoles?

Médhy Custos : J’avais des gens que j’appréciais à travers les ondes radiophoniques c’était souvent des Anglo-saxons, ainsi que des groupes Antillais comme « Kassav’ » et « expérience 7 ».

On constate que t’écris de beaux textes, Hormis la performance vocale, dans quel environnement doit se retrouver l’artiste pour éveiller son inspiration?

Médhy Custos : C’est la petite phrase qui vient et créée le déclic pour écrire la chanson. Ça peut émerger à n’importe quelle heure.

C’est comme une envie pressante alors, si ça vient là tu arrêtes l’interview pour assouvir ton inspiration?


Médhy Custos : Je me casse (rire général), non j’ai un dictaphone comme ça je garde les idées toujours fraîches. Puis je reviens dessus pour voir ce que je peux en tirer.

Tu te consacres exclusivement à la chanson, ou tu fais autre chose?

Médhy Custos : Quand on a décidé d’en faire un métier on t’a pas le temps de faire autre chose. C’est un métier à risques demandant un certain investissement, acharnement et assiduité. Il faut rester vif par rapport aux tendances et technologies.

Il faut de la disponibilité et se donner à 100%, même plus?

Médhy Custos : Pour travailler correctement, j’ai besoin d’être totalement disponible pour la musique ceci me permettant d’avoir de la discipline par rapport à elle.

En 2000 t’as fait la première partie du concert de Jean-Jacques Goldman à pointe à Pitre?

Médhy Custos : C’est une opportunité que nous a offert le centre des arts de la Guadeloupe. Je fais parti du groupe «Kwebee », un ensemble vocal très réputé en Guadeloupe. Jean-Jacques Goldman recherchait des artistes très appréciés en Guadeloupe sans pour autant être de grosses vedettes. Ça a permis au public de Goldman de découvrir pendant cinq jours notre musique.

Ce groupe interprète quelles musiques?

Médhy Custos : On a attaqué le répertoire du patrimoine, des reprises de « Grow Ka », des titres de biguine, du dancehall en aca pella. On a commencé avec le répertoire Américain, avec des groupes comme les « boyz 2 men », qui nous ont permis de découvrir comment travailler ensemble avec la voix. Puis avec un peu plus d’expériences et de maturité on a élargi avec ce qu’on avait autour de nous dans la caraïbe.

Vous étiez tous des autodidactes, ou il y avait un mentor?

Médhy Custos : C’est un peu des deux, chacun est venu au chant par amour. 60% du groupe a une formation musicale, un des membres est professeur de chant il a fait cinq ans dans une école de jazz; C’est toujours bien d’avoir quelqu’un connaissant les techniques vocales pour nous permettre d’aller plus loin dans ce qu’on sait déjà.

En Guadeloupe il y a de belles voix, comme Patrick saint Eloi, est ce qu’on te compare à des chanteurs de ce calibre te voit t’on comme une relève?

Médhy Custos : J’ai eu l’occasion de l’entendre, c’est flatteur mais je n’ai pas envie de considérer que Patrick saint Eloi soit à classer dans les archives. Il m’apprécie et je le respecte énormément, j’aimerai être la continuité de quelque chose qu’il a entrepris et qu’il continue à défendre à travers le zouk.

On entendait beaucoup ta voix à travers de tubes comme « Vini Baby » et surtout les titres « Pé Pa oubliéw » et « A jamais » de l’album « Allians Stars », malheureusement on ne te voyait jamais en prestations?

Médhy Custos : C’est bien car aujourd’hui je suis là (rires), quand je me déplace en province ou à Paris j’en profite pour faire revivre au public des chansons qu’il connaissait mais sur lesquels il ne pouvait pas mettre un visage. Je regarde dans le plus public les réactions sont positivement surprenantes. Aujourd’hui on présente le nouvel album, « serial lover » tout en interprétant mes précédents titres à succès.

C’était volontaire de ne pas se faire connaître en France à ce moment?

Médhy Custos : j’avais des échos du succès de mes titres en Métropole. On me disait : « Médhy il faut que tu viennes !». J’avais des obligations sur la Guadeloupe m’empêchant de venir au moment qu’il fallait. On va essayer de réconcilier les époques avec mon nouvel album.

Penses tu que ce fût une bonne chose de faire attendre tes fans?

Médhy Custos : Ma présence aurait contribué qu’il y ait plus de ventes. Il a eut un manque à gagner par rapport à ça. Sur le plan artistique j’ai pas souffert de ça, je me suis dit il y aura un temps pour ça. Et le temps est venu, je vous appartiens.

Le public n’a peut être pas souffert, mais t’as crée une demande dans le cœur du public ?

Jacob Desvarieux : Je me rends compte que lorsque j’ai interprété « A jamais » et « pé Pa oubliéw » les gens ne m’ont pas oublié. Quand ils arrivent à faire le lien entre « Aliians stars » et « Médhy Custos » que ce soit les hommes ou les femmes ils me réclament ces titres.

Justement tu as eu un prix sacem en Guadeloupe pour le titre « Pé Pa Oubliéw », ça t’a rapporté quoi?


Médhy Custos : Pas d’argent, mais des retombés médiatiques et une crédibilité supplémentaire. C’est valorisant et rassurant ça donne envie de continuer.

Ton comportement a changé depuis cette distinction?

Médhy Custos : Si, je tiens à garder les pieds sur terre car plus on monte plus la chute est sévère. Alors j’ai gagné en humilité.

Qu’est ce qui motive un artiste de faire de la musique son métier?

Médhy Custos : Avec le piratage et toutes les contraintes que traverse la musique? Néanmoins c’est un choix qui rend heureux celui qui le fait s’il agit par amour. Aujourd’hui, les gens se dirigent vers des professions où ils vont s’épanouir avant de penser à la sécurité. Tout travail mérite salaire, on travail on se dit qu’il y aura des retombés. Des fois on a des coups durs mais c’est pareil pour tous. Je cherche l’épanouissement personnel et j’exerce mon métier avec beaucoup d’humilité et de respects.

Tu réalises avant tout pour toi ou pour les autres?

Médhy Custos : La création est une passerelle entre moi et le public, je ne peux pas réaliser que pour moi. Je prends en compte des paramètres, je pense aux gens qui m’écouteront et à moi bien sûr.

Au niveau de ton public beaucoup de jeunes apprécient ta musique, est ce que tu sens que ce noyau est celui consommant le plus?

Médhy Custos : Je m’adresse a un public désirant m’entendre. Si toutes les générations peuvent se retrouver dans ce que je fais, c’est impeccable; on ne choisit pas forcément de plaire aux jeunes ou aux vieux. J’essaie d’être sincère, celui qui la reçoit nous rapproche. Est-ce que ce public est fidèle? C’est un public qui a besoin de quelque chose sur le moment qui trouve son compte dans ce que je fais et tant mieux. Je souhaite que ce public grandisse avec moi et qu’on arrive de se construire un vécu à travers mes réalisations. Le public jeune n’est pas celui qui a le meilleur pouvoir d’achat mais il grandit et si je perdure il pourra me soutenir un jour économiquement, si ce n’est pas encore fait.

Avant de parler de ton nouvel album, comment vois tu ton avenir « extra communautaire »?

Médhy Custos : Tout le mal que je me souhaite est de me faire entendre du plus grand nombre sans casser la passerelle avec mon public originel. Ce serait génial de m’entendre sur une chaîne nationale ou aux USA. Ça permettrait aux autres de découvrir nos musiques, nos territoires et notre communauté.

As-tu analysé la trajectoire de ceux ayant côtoyés le national, certains ont disparus du marché national et parfois du marché tout court?

Médhy Custos : Je sais qu’au niveau national on n’est qu’un numéro rapportant du chiffre ou pas. Le plus dur est de durer, il n’y a pas de recettes miracles à cela. J’encourage ceux de la communauté qui y sont déjà à durer, ils ne sont pas déjà nombreux. Donc le peu d’étoiles issues de chez nous ne doivent pas s’éteindre rapidement.

Dès que vous passez en major, on a l’impression qu’il y a cassure déjà au niveau artistique, au niveau des mélodies ça change?

Médhy Custos : J'ai eu cette impression, je n’arrivais pas à me retrouver dans ce que faisaient certains artistes ayant franchis la barrière communautaire pour le national. Rester authentique est la question, tout en plaisant à d’autres personnes qui n’ont rien à voir avec notre communauté. Je ne jette pas la pierre très fort, mais ce n’est pas évident. Il faut être dans le contexte pour comprendre ces déclinaisons.

Nous avons la conviction que tu seras bientôt confronté à ce dilemme?

Médhy Custos : J’espère que je ne ferai pas trop ce concessions.

Alors, après quelques années de collaboration sur des albums tu as décidé de te lancer en solo?


Médhy Custos : Je n’ai rien décidé du tout (rires). Mon producteur a décidé, après les succès rencontrés sur « Allians Stars » sur l’album de « Gladys », qu’il était tant pour moi de me lancer en solo. Comme je lui accorde ma confiance, il avait plus confiance en moi que moi-même. Il y a des gens qui sortent des albums solos pour avoir leur tête sur une pochette, pour moi ce n’est pas des artistes ni des gens qui veulent durer. Il y a des gens qui veulent faire des coups, s’amuser ou ont veulent peut être sortir une chanson pour se sentir bien toute leur vie. Maintenant tout le monde ne fera pas carrière, ou tout simplement n’en n’a pas envie. Mon cas est d’aller plus loin, pour cela il fallait que je commence. Mon producteur m’a dit que c’est le moment de commencer avec l’album « serial Lover ».

C’est la réflexion de quelqu’un désirant durer dans la musique, mais il fallait commencer ?

Médhy Custos : Oui!

Et là t’as commencé ?

Médhy Custos : Oui! (Rire général)

Ton premier album solo, « Serial Lover », est sorti quand?

Médhy Custos : Au mois de mai 2004.

Le titre de promo a été le même qu’aux Antilles?

Médhy Custos : Si, le titre « Franc Jeu » a été le morceau phare de l’album avec une promotion simultanée en France, Guadeloupe, Guyane, Martinique.

Ça a pris où en premier?

Médhy Custos : Partout !

Le public de tes précédents succès a fait le lien de suite?

Médhy Custos : Au niveau du chant des personnes m’ont avoué qu’ils ont eu du mal à me reconnaître par rapport à « Allians Stars » où je faisais de grandes envolées vocales. Sur ce titre je n’ai pas eu envie, je voulais faire découvrir ma voix sur un autre angle. J’ai été agréablement surpris, par l’accueil réservé à cet album. De plus les radios et le public apprécient d’autres titres comme « pour te retenir », le titre numéro 2. C’est un album assez varié qui a l’air de plaire à son public.

Il y a combien de titres pour ceux qui ne l’ont pas encore acheté?

Médhy Custos : Onze, dont un titre avec mon groupe (quiby), un avec « Fuckly », et la charmante « Dominique Lorté »!

Parlons un peu des couleurs de ta musique dans cet album?

Médhy Custos : J’ai tenu à ce que ça soit un album coloré zouk et véhiculer une certaine idée de la musique Antillaise, panachée avec une connotation « Gwo Ka » sans le tambour. Ce n’est pas parce qu’il y a un tambour que c’est « Gwo Ka ». Patrick Saint Eloi est joué dans les « Lé woz », il reste rattaché aux racines traditionnelles du « gwo Ka ». J’ai une culture mixte, c’est un mélange de toutes mes influences émanant des musiques noires Américaines, caribéennes et haïtiennes.

Comment tu vois le zouk, par rapport à toutes ces musiques t’influençant?

Médhy Custos : Il a toutes ses raisons d’être là, que ce soit par rapport à la nouvelle génération qui en demande et celle ayant été bercée par « Kasssav’ ». Je suis de ceux qui mènent des combats pour sa diaspora, et à fortiori pour les Antilles car charité bien ordonnée commence par soit même. Défendons ce que nous avons à défendre, je suis bien au bon endroit pour parler de ça, je suis chez zouker.com

Le zouk est mondialement connu !

Médhy Custos : La preuve, avec des artistes comme « Slaï », avant lui il y eut « Francky Vincent », « Zouk Machine », « Kassav », « La perfecta »…c’est à nous de croire en nos possibilités.

Le zouk serait-t-il déjà à un plus haut niveau avec un peu plus d’investissement?

Médhy Custos : Ah oui, elle intéresse les communautés arabes, Francophones, les noirs les blancs les asiatiques…Il faut se donner les moyens de la promouvoir, comme les autres font pour leurs musiques.

Ce n’est pas une question de compétence, ni de qualité mais plutôt financier?


Médhy Custos : Il y a aussi les moyens financiers, le coût de promotion n’est pas le même sur les médias locaux que sur les médias nationaux. Les rares fois où les moyens ont été mis il y a eut des résultats.

Slaï est parmi les meilleures ventes nationales?

Médhy Custos : Il a été un moment troisième meilleure vente. Ce qui prouve, une fois qu’il y a la bonne chanson et les moyens sont mis derrières…

On trouve qu’il y a des similitudes entre ton titre « Franc Jeu » et « flamme »?

Médhy Custos : C’est en français…. (NDLR : on le coupe)

Disons on trouve qu’on aurait fait le même boulot pour ton morceau ça aurait pu faire pareil?

Médhy Custos : J’en ai la conviction, je me dis qu’il y a des artistes chez nous qui pourraient être reconnu que n’importe quel artiste. Quand on voit un des nôtres atteindre les 3 meilleures ventes françaises avec du zouk, je me dis encore une fois il faut croire en nos possibilités, et d’arrêter de se dénigrer.

Cela te réconforte t’il en tant qu’artiste ambitieux?

Médhy Custos : Mon objectif n’est pas forcément le national; ce type de succès trace, pour ceux qui ont des œillères, une route à suivre. Je n’ai pas attendu ça pour être fier de ma musique, certains Antillais n’ont pas attendus le succès national de « Slaï » pour acheter son album. Il y a certains pour qui il faut atteindre ce niveau pour qu’ils se disent c’est du bon. Quand ce sont les autres qui font c’est forcément excellent, quand c’est une personne de la communauté c’est peut être bon.
En conclusion, faut avoir confiance en soit et en sa communauté.

En tous cas tes succès te précèdent ! Là tu es en tournée pour la présentation de ton nouvel « Serial Lover » ?

Médhy Custos : ma tournée nationale à commencé à Lyon le 09 Octobre, j’y suis retourné le 10 novembre ma première prestation avait plu. J’ai plusieurs dates en province (Montpellier, Toulouse, Nantes, Bordeaux), en région parisienne, entre temps je serai sur le continent Américain puis retour sur paris jusqu’à mi-décembre. Justement je serai au millénaire le 19 décembre dans le 77. (NDLR: Médhy est aussi en studio pendant le mois de décembre)

Tu te consacres entièrement à cet album et à la promotion de ta personne ?

Médhy Custos : Tout à fait, comptez sur moi pour représenter la qualité de notre musique à travers le monde.

Comme à l’accoutumée un mot de la fin pour tes fans et internautes ?


Médhy Custos : Je remercie tous les fidèles de zouker.com, tous ceux qui se retrouvent sous cette appellation. Pour moi ça représente énormément de choses, ça représente les caraïbes, la communauté, la musique Antillaise... Rien par l’intérêt que vous pouvez porter à nos artistes et ceux qui font notre musique, un grand bravo.


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