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Avant dintégrer ce monde,
tu avais des idoles?
Javais des gens que jappréciais
à travers les ondes radiophoniques
cétait souvent des Anglo-saxons,
ainsi que des groupes Antillais comme
« Kassav » et «
expérience 7 ».
On constate
que técris de beaux textes,
Hormis la performance vocale, dans
quel environnement doit se retrouver
lartiste pour éveiller
son inspiration?
Cest la petite phrase qui vient
et créée le déclic
pour écrire la chanson. Ça
peut émerger à nimporte
quelle heure.
Cest comme une envie pressante
alors, si ça vient là
tu arrêtes linterview
pour assouvir ton inspiration?
Je me casse (rire général),
non jai un dictaphone comme
ça je garde les idées
toujours fraîches. Puis je reviens
dessus pour voir ce que je peux en
tirer.
Tu te consacres
exclusivement à la chanson,
ou tu fais autre chose?
Quand on a décidé den
faire un métier on ta
pas le temps de faire autre chose.
Cest un métier à
risques demandant un certain investissement,
acharnement et assiduité. Il
faut rester vif par rapport aux tendances
et technologies.
Il faut de
la disponibilité et se donner
à 100%, même plus?
Pour travailler correctement, jai
besoin dêtre totalement
disponible pour la musique ceci me
permettant davoir de la discipline
par rapport à elle.
En 2000 tas
fait la première partie du
concert de Jean-Jacques Goldman à
pointe à Pitre?
Cest une opportunité
que nous a offert le centre des arts
de la Guadeloupe. Je fais parti du
groupe «Kwebee », un ensemble
vocal très réputé
en Guadeloupe. Jean-Jacques Goldman
recherchait des artistes très
appréciés en Guadeloupe
sans pour autant être de grosses
vedettes. Ça a permis au public
de Goldman de découvrir pendant
cinq jours notre musique.
Ce groupe
interprète quelles musiques?
On a attaqué le répertoire
du patrimoine, des reprises de «
Grow Ka », des titres de biguine,
du dancehall en aca pella. On a commencé
avec le répertoire Américain,
avec des groupes comme les «
boyz 2 men », qui nous ont permis
de découvrir comment travailler
ensemble avec la voix. Puis avec un
peu plus dexpériences
et de maturité on a élargi
avec ce quon avait autour de
nous dans la caraïbe.
Vous étiez
tous des autodidactes, ou il y avait
un mentor?
Cest un peu des deux, chacun
est venu au chant par amour. 60% du
groupe a une formation musicale, un
des membres est professeur de chant
il a fait cinq ans dans une école
de jazz; Cest toujours bien
davoir quelquun connaissant
les techniques vocales pour nous permettre
daller plus loin dans ce quon
sait déjà.
En Guadeloupe
il y a de belles voix, comme Patrick
saint Eloi, est ce quon te compare
à des chanteurs de ce calibre
te voit ton comme une relève?
Jai eu loccasion de lentendre,
cest flatteur mais je nai
pas envie de considérer que
Patrick saint Eloi soit à classer
dans les archives. Il mapprécie
et je le respecte énormément,
jaimerai être la continuité
de quelque chose quil a entrepris
et quil continue à défendre
à travers le zouk.
On entendait
beaucoup ta voix à travers
de tubes comme « Vini Baby »
et surtout les titres « Pé
Pa oubliéw » et «
A jamais » de lalbum «
Allians Stars », malheureusement
on ne te voyait jamais en prestations?
Cest bien car aujourdhui
je suis là (rires), quand je
me déplace en province ou à
Paris jen profite pour faire
revivre au public des chansons quil
connaissait mais sur lesquels il ne
pouvait pas mettre un visage. Je regarde
dans le plus public les réactions
sont positivement surprenantes. Aujourdhui
on présente le nouvel album,
« serial lover » tout
en interprétant mes précédents
titres à succès.
Cétait
volontaire de ne pas se faire connaître
en France à ce moment?
Javais des échos du succès
de mes titres en Métropole.
On me disait : « Médhy
il faut que tu viennes !». Javais
des obligations sur la Guadeloupe
mempêchant de venir au
moment quil fallait. On va essayer
de réconcilier les époques
avec mon nouvel album.
Penses tu
que ce fût une bonne chose de
faire attendre tes fans?
Ma présence aurait contribué
quil y ait plus de ventes. Il
a eut un manque à gagner par
rapport à ça. Sur le
plan artistique jai pas souffert
de ça, je me suis dit il y
aura un temps pour ça. Et le
temps est venu, je vous appartiens.
Le public
na peut être pas souffert,
mais tas crée une demande
dans le cur du public ?
Je me rends compte que lorsque jai
interprété « A
jamais » et « pé
Pa oubliéw » les gens
ne mont pas oublié. Quand
ils arrivent à faire le lien
entre « Aliians stars »
et « Médhy Custos »
que ce soit les hommes ou les femmes
ils me réclament ces titres.
Justement tu as eu un prix sacem en
Guadeloupe pour le titre « Pé
Pa Oubliéw », ça
ta rapporté quoi?
Pas dargent, mais des retombés
médiatiques et une crédibilité
supplémentaire. Cest
valorisant et rassurant ça
donne envie de continuer.
Ton comportement
a changé depuis cette distinction?
Si, je tiens à garder les pieds
sur terre car plus on monte plus la
chute est sévère. Alors
jai gagné en humilité.
Quest
ce qui motive un artiste de faire
de la musique son métier?
Avec le piratage et toutes les contraintes
que traverse la musique? Néanmoins
cest un choix qui rend heureux
celui qui le fait sil agit par
amour. Aujourdhui, les gens
se dirigent vers des professions où
ils vont sépanouir avant
de penser à la sécurité.
Tout travail mérite salaire,
on travail on se dit quil y
aura des retombés. Des fois
on a des coups durs mais cest
pareil pour tous. Je cherche lépanouissement
personnel et jexerce mon métier
avec beaucoup dhumilité
et de respects.
Tu réalises
avant tout pour toi ou pour les autres?
La création est une passerelle
entre moi et le public, je ne peux
pas réaliser que pour moi.
Je prends en compte des paramètres,
je pense aux gens qui mécouteront
et à moi bien sûr.
Au niveau
de ton public beaucoup de jeunes apprécient
ta musique, est ce que tu sens que
ce noyau est celui consommant le plus?
Je madresse a un public désirant
mentendre. Si toutes les générations
peuvent se retrouver dans ce que je
fais, cest impeccable; on ne
choisit pas forcément de plaire
aux jeunes ou aux vieux. Jessaie
dêtre sincère,
celui qui la reçoit nous rapproche.
Est-ce que ce public est fidèle?
Cest un public qui a besoin
de quelque chose sur le moment qui
trouve son compte dans ce que je fais
et tant mieux. Je souhaite que ce
public grandisse avec moi et quon
arrive de se construire un vécu
à travers mes réalisations.
Le public jeune nest pas celui
qui a le meilleur pouvoir dachat
mais il grandit et si je perdure il
pourra me soutenir un jour économiquement,
si ce nest pas encore fait.
Avant de
parler de ton nouvel album, comment
vois tu ton avenir « extra communautaire
»?
Tout le mal que je me souhaite est
de me faire entendre du plus grand
nombre sans casser la passerelle avec
mon public originel. Ce serait génial
de mentendre sur une chaîne
nationale ou aux USA. Ça permettrait
aux autres de découvrir nos
musiques, nos territoires et notre
communauté.
As-tu analysé
la trajectoire de ceux ayant côtoyés
le national, certains ont disparus
du marché national et parfois
du marché tout court?
Je sais quau niveau national
on nest quun numéro
rapportant du chiffre ou pas. Le plus
dur est de durer, il ny a pas
de recettes miracles à cela.
Jencourage ceux de la communauté
qui y sont déjà à
durer, ils ne sont pas déjà
nombreux. Donc le peu détoiles
issues de chez nous ne doivent pas
séteindre rapidement.
Dès
que vous passez en major, on a limpression
quil y a cassure déjà
au niveau artistique, au niveau des
mélodies ça change?
J'ai eu cette impression, je narrivais
pas à me retrouver dans ce
que faisaient certains artistes ayant
franchis la barrière communautaire
pour le national. Rester authentique
est la question, tout en plaisant
à dautres personnes qui
nont rien à voir avec
notre communauté. Je ne jette
pas la pierre très fort, mais
ce nest pas évident.
Il faut être dans le contexte
pour comprendre ces déclinaisons.
Nous avons
la conviction que tu seras bientôt
confronté à ce dilemme?
Jespère que je ne ferai
pas trop ce concessions.
Alors, après quelques années
de collaboration sur des albums tu
as décidé de te lancer
en solo?
Je nai rien décidé
du tout (rires). Mon producteur a
décidé, après
les succès rencontrés
sur « Allians Stars »
sur lalbum de « Gladys
», quil était tant
pour moi de me lancer en solo. Comme
je lui accorde ma confiance, il avait
plus confiance en moi que moi-même.
Il y a des gens qui sortent des albums
solos pour avoir leur tête sur
une pochette, pour moi ce nest
pas des artistes ni des gens qui veulent
durer. Il y a des gens qui veulent
faire des coups, samuser ou
ont veulent peut être sortir
une chanson pour se sentir bien toute
leur vie. Maintenant tout le monde
ne fera pas carrière, ou tout
simplement nen na pas
envie. Mon cas est daller plus
loin, pour cela il fallait que je
commence. Mon producteur ma
dit que cest le moment de commencer
avec lalbum « serial Lover
».
Cest
la réflexion de quelquun
désirant durer dans la musique,
mais il fallait commencer ?
Oui!
Et là
tas commencé ?
Oui! (Rire général)
Ton premier
album solo, « Serial Lover »,
est sorti quand?
Au mois de mai 2004.
Le titre
de promo a été le même
quaux Antilles?
Si, le titre « Franc Jeu »
a été le morceau phare
de lalbum avec une promotion
simultanée en France, Guadeloupe,
Guyane, Martinique.
Ça
a pris où en premier?
Partout !
Le public
de tes précédents succès
a fait le lien de suite?
Au niveau du chant des personnes mont
avoué quils ont eu du
mal à me reconnaître
par rapport à « Allians
Stars » où je faisais
de grandes envolées vocales.
Sur ce titre je nai pas eu envie,
je voulais faire découvrir
ma voix sur un autre angle. Jai
été agréablement
surpris, par laccueil réservé
à cet album. De plus les radios
et le public apprécient dautres
titres comme « pour te retenir
», le titre numéro 2.
Cest un album assez varié
qui a lair de plaire à
son public.
Il y a combien
de titres pour ceux qui ne lont
pas encore acheté?
Onze, dont un titre avec mon groupe
(quiby), un avec « Fuckly »,
et la charmante « Dominique
Lorté »!
Parlons un
peu des couleurs de ta musique dans
cet album?
Jai tenu à ce que ça
soit un album coloré zouk et
véhiculer une certaine idée
de la musique Antillaise, panachée
avec une connotation « Gwo Ka
» sans le tambour. Ce nest
pas parce quil y a un tambour
que cest « Gwo Ka ».
Patrick Saint Eloi est joué
dans les « Lé woz »,
il reste rattaché aux racines
traditionnelles du « gwo Ka
». Jai une culture mixte,
cest un mélange de toutes
mes influences émanant des
musiques noires Américaines,
caribéennes et haïtiennes.
Comment tu
vois le zouk, par rapport à
toutes ces musiques tinfluençant?
Il a toutes ses raisons dêtre
là, que ce soit par rapport
à la nouvelle génération
qui en demande et celle ayant été
bercée par « Kasssav
». Je suis de ceux qui mènent
des combats pour sa diaspora, et à
fortiori pour les Antilles car charité
bien ordonnée commence par
soit même. Défendons
ce que nous avons à défendre,
je suis bien au bon endroit pour parler
de ça, je suis chez zouker.com
Le zouk est
mondialement connu !
La preuve, avec des artistes comme
« Slaï », avant lui
il y eut « Francky Vincent »,
« Zouk Machine », «
Kassav », « La perfecta
»
cest à nous
de croire en nos possibilités.
Le zouk serait-t-il
déjà à un plus
haut niveau avec un peu plus dinvestissement?
Ah oui, elle intéresse les
communautés arabes, Francophones,
les noirs les blancs les asiatiques
Il
faut se donner les moyens de la promouvoir,
comme les autres font pour leurs musiques.
Ce nest pas une question de
compétence, ni de qualité
mais plutôt financier?
Il y a aussi les moyens financiers,
le coût de promotion nest
pas le même sur les médias
locaux que sur les médias nationaux.
Les rares fois où les moyens
ont été mis il y a eut
des résultats.
Slaï
est parmi les meilleures ventes nationales?
Il a été un moment troisième
meilleure vente. Ce qui prouve, une
fois quil y a la bonne chanson
et les moyens sont mis derrières
On trouve
quil y a des similitudes entre
ton titre « Franc Jeu »
et « flamme »?
Cest en français
.
(NDLR : on le coupe)
Disons on
trouve quon aurait fait le même
boulot pour ton morceau ça
aurait pu faire pareil?
Jen ai la conviction, je me
dis quil y a des artistes chez
nous qui pourraient être reconnu
que nimporte quel artiste. Quand
on voit un des nôtres atteindre
les 3 meilleures ventes françaises
avec du zouk, je me dis encore une
fois il faut croire en nos possibilités,
et darrêter de se dénigrer.
Cela te réconforte
til en tant quartiste
ambitieux?
Mon objectif nest pas forcément
le national; ce type de succès
trace, pour ceux qui ont des illères,
une route à suivre. Je nai
pas attendu ça pour être
fier de ma musique, certains Antillais
nont pas attendus le succès
national de « Slaï »
pour acheter son album. Il y a certains
pour qui il faut atteindre ce niveau
pour quils se disent cest
du bon. Quand ce sont les autres qui
font cest forcément excellent,
quand cest une personne de la
communauté cest peut
être bon. En conclusion, faut
avoir confiance en soit et en sa communauté.
En tous cas
tes succès te précèdent
! Là tu es en tournée
pour la présentation de ton
nouvel « Serial Lover »
?
Ma tournée nationale à
commencé à Lyon le 09
Octobre, jy suis retourné
le 10 novembre ma première
prestation avait plu. Jai plusieurs
dates en province (Montpellier, Toulouse,
Nantes, Bordeaux), en région
parisienne, entre temps je serai sur
le continent Américain puis
retour sur paris jusquà
mi-décembre. Justement je serai
au millénaire le 19 décembre
dans le 77. (NDLR: Médhy est
aussi en studio pendant le mois de
décembre)
Tu te consacres
entièrement à cet album
et à la promotion de ta personne
?
Tout à fait, comptez sur moi
pour représenter la qualité
de notre musique à travers
le monde.
Comme à laccoutumée
un mot de la fin pour tes fans et
internautes ?
Je remercie tous les fidèles
de zouker.com, tous ceux qui se retrouvent
sous cette appellation. Pour moi ça
représente énormément
de choses, ça représente
les caraïbes, la communauté,
la musique Antillaise... Rien par
lintérêt que vous
pouvez porter à nos artistes
et ceux qui font notre musique, un
grand bravo.
Egalement
l' interview d' une Chanteuse
de zouk
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