Raymond
Depardon : Je suis un Regardeur professionnel
!
Rio de Janeiro, Shanghai, Tokyo, Berlin,
Moscou, Addis-Abeba et Le Caire. La
caméra de Raymond Depardon
nous plonge au centre de ces sept
mégapoles par un dispositif
vidéo qui projette simultanément
sept séquences de film 16 mm.
Ces plans séquences, choisis
parmi différentes prises du
même lieu, sont présentés
sans coupures ni montage.
Je suis peut-être un artiste du
regard Immergé au milieu de ces
sept cités magistrales, le spectateur
éprouve la solitude du photographe.
Il se retrouve projeté dans la
peau de Raymond Depardon, photo-reporter,
photographe, écrivain, cinéaste,
documentariste, homme du village global,
"regardeur" et citoyen du monde.
Cet homme qui arpente la planète
est aussi un homme de la terre. De la
terre de ses ancêtres agriculteurs
et fermiers, de la terre de combats (celui
de Françoise Claustre, cette "Captive
du Désert" dont il aura été
l'un des premiers à couvrir le
martyre) et celle de ses rêves (celle
de Gilles Caron, l'ami, disparu en reportage
à Phnom Penh et avec qui il avait
fondé l'Agence Gamma en 75)
La terre, enfin, que ses images - du Tchad
à New York City, de la "Partie
de Campagne" présidentielle
en France à "Comment ça
va la faim ?" en Afrique - tentent
de "cartographier".
Une terre qui lui échappe sans
cesse
et homme taciturne, cet homme sans occident,
éternel curieux et sempiternel
observateur, se révèle aujourd'hui
être un artiste complet dont les
images inventent un regard.
Entretien
SeniorPlanet - Comment vous définiriez-vous
: journaliste, photographe, cinéaste,
un homme multimédia ou encore artiste,
comme on vous découvre à
la Fondation Cartier ?
Raymond Depardon - C'est difficile de
répondre, car c'est vrai que je
viens d'une famille journalistique (après
guerre, un texte de loi a rattaché
le photographe d'agence au journalisme)
et que je m'en écarte tout doucement
depuis vingt ans...
Mais si j'ai pris mes distances, je reste
très soucieux de l'actualité,
de l'événement, du documentaire,
du journalisme. Je crois que je n'étais
pas fait pour être journaliste,
je suis trop rêveur pour ça.
Même si je ne peux nier tout ce
que cela m'a apporté : la qualité
des faits, la distance, l'approche nécessaire
à l'écoute des gens, "faire
le mariole" aussi et, dans le même
temps, être suffisamment modeste
pour se mettre à la hauteur des
gens que l'on croise sur un fait divers,
l'humilité
Je suis donc un mélange, un simple
cinéaste photographe, un "multimédia",
ni l'un, ni l'autre, et tout en même
temps.
Quant à être un artiste
je pense, sans prétention, que
je fais de l'art. Je travaille avec le
réel, d'une manière très
simple sans trop déformer la réalité.
Je fais du "Regardé".
Je suis peut-être un artiste du
regard. On me demande de regarder et de
rendre, transmettre et passer. J'ai mis
du temps à l'admettre, mais je
suis un regardeur.
Reporter, fondateur
de l'agence Gamma, photographe, cinéaste,
chroniqueur de vie, d'où vient
votre inspiration ?
Je suis un passionné de photographie
depuis toujours, bien qu'originaire d'un
milieu bien éloigné de cet
art. Mes parents étaient fermiers
Adolescent déjà, j'empruntais
l'appareil photo de mon frère.
Mais l'inspiration était alors
inconsciente En fait, d'où
vient-elle ?
Celle de 3X7 une exposition de films est
venue du fait que les villes sont ancrées
en moi depuis longtemps. Comme sujet,
comme lieu de travail, comme lieu d'échanges,
de difficultés, de plaisirs. J'ai
un vieux compte de paysan à régler
avec elles ! Et quand je fabrique ces
images, une espèce d'alchimie se
met en place et me pousse à me
surpasser, à aimer, à me
mettre en colère, à me poser
des problèmes, à m'engager,
à me faire réfléchir,
à rêver, à me reposer .
Faire des images est beaucoup plus complexe
que la simple idée préconçue
que l'on peut avoir. Plus je la connais
et plus je la sais riche et porteuse de
double sens. L'image n'est pas forcément
au service d'un message ou d'une idée.
Elle est autonome
À 62 ans, j'ai toujours plein de
projets
Qu'est-ce qui
vous plaît le plus : faire des photos,
des films, des livres ou des expositions
?
Des livres ! J'aime beaucoup les livres,
j'aime l'intimité du livre, j'aime
les rapports textes - images... Mais je
commence aussi à prendre goût
aux installations ! C'est la première
fois que je fais une exposition de films
comme ici à la Fondation Cartier
et j'aime beaucoup ça. Mais j'aime
aussi le cinéma parce que l'on
est assis dans le noir et que l'on vous
dirige sur des images. À soixante-deux
ans, j'ai toujours plein de choses à
travailler et plein de projets.
Vous savez tout
faire : écrire, photographier,
filmer
J'ai fait de plus en plus de choses au
fur et à mesure que j'ai avancé
(trop doucement) dans le milieu du photo
journalisme. C'est difficile mais un jour,
c'est payant. Je suis photographe, j'ai
écrit parce que j'avais besoin
d'écrire, puis j'ai pris une caméra
et j'ai fait du son. Dans un certain sens,
je suis multimédia et je me sens
même parfois l'égal des jeunes
d'aujourd'hui. Eux sont totalement multimédias
et audiovisuels, en ce sens qu'ils sont
image, mouvement, style, texte, musique
et son dans un même temps.
C'est une installation
plastique d'images en mouvement que vous
avez réalisé pour la Fondation
Cartier
Oui, c'est une installation avec des mouvements
d'images, des "Moving Pictures".
Ce mot qui vient des USA et me plaît
bien. En France, on appellerait ça
de la vidéo. J'y trouve mon compte
en tant que photographe et cinéaste,
ça me rassure. C'est comme des
photographies, mais avec un mouvement.
Là, la photo est de quatre mètres
de long et, du coup, elle a du mouvement.
Je n'ai pas touché au temps, on
est comme "dans" la photo, dans
son continu.
Quand vous photographiez
la ville, les villes, comme dans 7X3,
vous parlez des gens qui les habitent
ou des architectures, de l'urbanisme qui
les constituent ?
Des deux, car la ville est un sujet à
part entière comme l'a déterminé
le photographe américain Walker
Evans, en photographiant l'Amérique
des années trente. Pour 7X3 en
l'occurrence, j'ai surtout été
intéressé par les gens.
Il ne faut pas oublier que ce ne sont
pas mes villes, que je ne fais qu'y passer.
En France, je m'enfonce dans des tunnels,
dans des souterrains que je connais, je
travaille sur le terrain de la confiance.
C'est d'ailleurs cette confiance qui me
permet d'accéder à des lieux
inaccessibles à l'image comme "la
10e chambre correctionnelle" filmée
au Palais de Justice. C'est aussi la preuve
que les gens perçoivent la différence
entre la télévision institution
avec car régie et équipe
suréquipée et des petits
indépendants comme moi . Ma
discrétion leur plaît !
Comment un photographe
de presse devient-il cinéaste et
auteur ?
Beaucoup sont devenus cinéastes
en passant par la photographie. En ce
qui me concerne, je n'ai jamais cherché
à remplacer le cinéma par
la photographie. En fait, au départ,
je voulais être cinéaste.
Mais je croyais qu'il fallait faire des
études supérieures, or j'avais
tout juste mon Certificat d'Études.
La photographie a alors été
un passage obligé. À vingt
ans, j'ai eu la chance de rencontrer Claude
Otzenberger (alors rédacteur en
chef de l'agence Dalmas, NDLR). Il m'a
prêté une caméra en
me disant : "Si tu prends une caméra,
il faut filmer la durée. Si tu
fais des plans, c'est de la photo. Le
cinéma, c'est la continuité
". Ensuite, il m'a envoyé
filmer une fête foraine, caméra
sur les quais en tournant des plans séquences
sans jamais couper
Dans "Une Partie de Campagne",
mon premier long-métrage sur Giscard
d'Estaing en 1974, j'ai filmé la
durée, sans faire de coupes. Comme,
par exemple, la séquence de la
conversation dans la DS à Perpignan
qui était plutôt pauvre.
Je pensais même qu'elle n'avait
aucun intérêt jusqu'au moment
où on y a mis le son. Là,
elle a pris toute son importance car justement
elle s'installait dans sa durée,
parce que c'était la vie. Le cinéma,
c'est la vie. C'est le temps qui différencie
le cinéma de la photo. Ce ne sont
pas les mêmes temps, pas le même
tempo. La photographie et le cinéma
n'ont presque pas le même présent.
''Afrique
Comment ça va la douleur ?'' se
termine dans la cour de la ferme de vos
parents. Du coup, on a une perception
d'un Raymond Depardon déraciné
Bien sûr, et ce déracinement
est sûrement un des éléments
moteurs de mon travail. Je pense que ma
motivation provient de ce déracinement,
de cette douleur d'être parti trop
jeune, à seize ans, de chez moi.
Je n'ai de cesse que d'être en quête
d'un lieu. Je ne serais peut-être
jamais vraiment heureux parce que je recherche
toujours quelque chose Et peut-être
la ferme de mes parents.
Mon élément moteur déterminant
est à la fois cette errance, cette
quête incessante et cette espèce
de curiosité qui me fait aller
jusqu'à Shanghai juste pour filmer
la rue. Cette curiosité a été
ma chance, sinon j'aurai été
foutu.
Vous avez des
regrets d'image ?
Bien sûr, j'en ai tout le temps.
Heureusement que je les oublie avec le
temps C'est un peu comme lorsque
que l'on a manqué un rendez-vous
avec une jeune femme. Ce sont des choses
ratées Ceci étant,
plus je vieillis et moins j'ai de remords.
C'est vraiment lourd et pénible
à supporter les remords. Et si
j'en ai encore, en tous les cas, je les
prévois un peu, alors j'organise
autant que possible cette déception.
C'est pour ça que je me fixe des
règles. Ainsi, pour ce projet,
je me suis fixé de ne rester que
trois jours dans chaque ville avec dix
boîtes de pellicules seulement.
Si je m'étais écouté,
j'en aurais fait cinquante et j'aurai
encore plus de remords !
Aujourd'hui,
quel est votre grand projet ?
Mon projet, c'est la France. C'est faire
la France en photos, un projet d'État
pour lequel j'ai obtenu une bourse exceptionnelle.
Il s'appelle "La France en 20X25"
(du format de négatifs 20X25 cm
utilisés pour les paysages et la
publicité, NDLR). Il va s'agir
de se poser une question : "Qu'est-ce
que c'est que la France ?". Et il
n'y a peut-être que moi qui pouvais
y répondre. Il faut être
passé par Shanghai, Tokyo et le
bout du monde pour oser faire la France.
C'est gonflé parce que c'est prétentieux.
J'ai prévu quatre ans de travail,
c'est peu pour ce travail immense
L'idée est de faire un état
des lieux de la France de 2005, comme
je l'ai déjà fait pour l'ADATAR,
il y a vingt ans, parce que cette France
va disparaître. C'est certainement
un travail que je dois à mes racines
paysannes.
Et puis, j'ai des projets de films de
fiction dont un documentaire qui doit
rapidement passer en production. Je n'arrête
pas. Et puis des fois des projets traînent.
Mais je ne parle pas trop de mes projets
par superstition et parce que j'ai peur
qu'on me les pique !
J'ai encore plein de choses à faire
et j'espère en avoir le temps.
Je suis pressé, j'ai soixante-deux
ans et l'on n'est pas éternel.
Je ne maîtriserais pas tout, tout
le temps. D'ailleurs, il y a des choses
que je n'ai pas finies. Et comme toujours,
ce sont les choses les plus importantes.
Je ne le vis pas mal, c'est simplement
que je n'ai plus envie de perdre du temps.
Voila pourquoi parfois, je m'enferme,
je m'isole. Pourquoi je ne veux pas être
une personnalité de la photo qu'on
honore et que l'on montre. Je dois faire
attention à mon temps. Je ne peux
plus dire : je verrai ça plus tard
!
Profil Art &
Culture vous permet d'évaluer l'ensemble
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thèmes ont été choisis,
faisant largement référence
à la culture française et
européenne. Profitez donc de ce test
pour mieux cibler et parfaire les domaines
que vous souhaitez maîtriser.. En
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Membre
de l'agence Magnum depuis 1959, Marc
Riboud a sillonné la planète
au gré de l'actualité
ou de son instinct. Refusant de sacrifier
son indépendance, il a toujours
vogué à son rythme,
en quête d'ailleurs, de vérité
et d'esthétique. Mêlant
technique, sensibilité et déontologie,
son "troisième œil",
sans cesse aux aguets, raconte le
monde en toute subjectivité.
Comment est née votre passion pour
la photo ?
Marc Riboud : Jeune, je ne parlais pas.
On m'appelait "Le taciturne".
Cinquième d'une famille de sept
enfants, mon temps de parole était
limité par de brillants aînés.
Il ne me restait qu'à regarder
et observer, ce qui m'amusait beaucoup.
C'est ainsi que j'ai de très bons
souvenirs. Des souvenirs de l'œil.
Cette envie de regarder m'a entraîné
vers la photographie et je suis devenu
un photographe du dimanche. Ensuite, j'ai
voulu rompre les amarres en quittant la
maison. D'abord en bicyclette, puis de
plus en plus loin, un Leica toujours en
bandoulière. Devenu ingénieur
- médiocre ingénieur que
l'on a même blâmé de
ne pas être ingénieux ! -,
j'ai pris une semaine de congé
et je ne suis jamais retourné à
l'usine. Ils m'attendent encore.
Monté à Paris, j'ai sonné
plusieurs fois à la porte d'Henri
Cartier-Bresson et j'ai fini par le rencontrer.
La première fois, il m'a recommandé
de ne pas me lancer dans le métier
hasardeux de photographe. Six mois plus
tard, je suis revenu, je lui ai montré
mes photos et il m'a dit de voir Capa.
Quel rôle
ont joué, dans votre carrière,
les photographes de l'agence Magnum ?
Marc Riboud : Henri Cartier-Bresson m'a
tout appris pour l'éthique et l'esthétique
de la photographie. Pour la composition
de l'image, j'ai souvent dit qu'il a été
un tyran salutaire.
Robert Capa a aussi joué un très
grand rôle pour moi. Il m'a pris
sous son aile. C'est lui qui m'a fait
entrer à Magnum.
La photographie
doit-elle être porteuse de messages
?
Marc Riboud : Non, la photo ne doit pas
chercher à convaincre. Elle ne
peut pas changer le monde mais elle peut
le montrer, surtout quand il change. J'aime
particulièrement les lieux où
l'intensité de vie est plus grande,
comme New York ou Shanghai. Ce sont des
villes qui bougent, qui changent, j'ai
envie de les revoir comme on a envie de
revoir des amis.
Comment définiriez-vous la photographie
?
Marc Riboud : Pour moi, une bonne photo,
c'est une rencontre, une surprise. L'acte
photographique est une pulsion déclenchée
par une image, étrange ou banale,
qui nous saisit. J'aime marcher, flâner,
je croise un être, un visage, un
groupe insolite, des contrastes étonnants...
C'est la photographie qui vient à
moi.
Comme la musique ou la peinture, la photographie
est une obsession, une passion. Regarder
aussi. Regarder forge et forme l'œil.
La photo, c'est apprendre à voir,
mais on n'apprend pas du jour au lendemain.
Il faut s'exercer.
Et pour s'entraîner, il faut marcher.
On dit : "bon pied, bon œil".
C'est très vrai. Les souliers sont
l'équipement essentiel du photographe.
Si vous aviez
"un" souvenir de photo...
Marc Riboud : Au soir d'une longue marche,
la fatigue venant, je suis gagné
par le doute et le sentiment du dérisoire
quand soudain... une surprise. Dans le
jardin du Mandarin Yu, à Shanghai,
sur une petite table de pierre, une jeune
femme a laissé son sac de maquillage.
Elle l'a posé pour se faire photographier
par son ami. Je regarde, j'attrape mon
appareil, je me déplace un peu.
Je sens qu'elle est derrière moi,
qu'elle s'approche pour reprendre son
sac mais j'ai le temps d'appuyer sur le
déclencheur.
La scène m'a rempli de bonheur.
Une fois de plus, c'était la rencontre,
l'insolite, un moment... Et c'est finalement
la photo qui est en quatrième de
couverture de mon dernier livre.
Propos recueillis
par Vanessa Marty pour France5 Crédit
France Télévisions Interactive
>
Pouvez-vous me retracer votre parcours
étudiant ?
- J’ai débuté par
un CAP photographie au lycée
professionnel Vauban de Cambrai. Puis
je suis parti à Orthez pour passer
mon Bac professionnel des Métiers
de l’Art, option photographie.
Pendant quatre ans j’ai eu une
formation complète encadrée
par des professionnels du milieu. J’ai
alterné les stages pratiques
pour avoir de l’expérience
sur le terrain, et les cours théoriques.
Ma formation m’a beaucoup appris
car elle regroupait des cours magistraux
de photographie, d’architecture
et une dizaine d’heures en atelier
chaque semaine qui m’a fait découvrir
les différentes techniques utilisées
par les labos couleurs, noir et blanc…
> Quels
stages avez-vous effectué ? Et
que vous ont-ils apporté ?
- Durant mes deux années de CAP,
j’ai effectué un stage
à la Voix du Nord de Lens, et
un second au magasin Fox de la Bassée.
C’était pour moi l’opportunité
de découvrir le métier
sur le terrain, et de pouvoir exercer
mon activité dans deux environnements
différents. Ces stages ont été
vraiment très enrichissants car
j’ai appris à maîtriser
les techniques de prises de vue, l’encadrement
et les techniques de la photo numérique.
C’était également,
par la réalisation de reportages,
le moyen de m’insérer dans
le milieu.
Mais c’est vraiment au cours de
mes deux ans en Bac professionnel que
j’ai acquis mes compétences
et enrichis mon expérience. J’ai
réalisé un stage en Espagne,
à Valence au sein d’un
studio de pub. En tant qu’assistant
photographe, j’étais chargé
de faire des photos de mode, à
destination du magazine Marie Claire.
Concrètement, j’ai appris
à manipuler du matériel
haut de gamme, à maîtriser
les techniques d’éclairage
concernant la prise de vue et à
m’organiser lors de déplacements.
Fort de mon expérience, je suis
retourné à la Voix du
Nord car mon premier contact du milieu
journalistique m’avait fortement
séduit. Sur place, j’assurais
de nombreux reportages pour le Racing
Club de Lens, et les industries régionales.
C’est un univers qui me passionne
car je dois toujours être sur
le qui-vive pour mener à bien
mon rôle de « paparazzi
».
> Quels
intérêts retirez-vous de
vos expériences ?
- Ces stages m’ont aidé
à vite me former sur le terrain
et m’ont permis de découvrir
divers environnements tous très
différents les uns des autres.
Mais ils m’ont aussi enrichi humainement.
En effet, j’ai vite pris de l’autonomie
ce qui m’a permis de m’insérer
plus facilement et de créer rapidement
des contacts. C’est un milieu
où il faut foncer et savoir bouger
pour se faire une place.
> Pourquoi
avez-vous choisi cette orientation professionnelle
?
- Car j’ai toujours été
passionné par la photo. Pour
moi, c’est le seul moyen de garder
une trace du passé et je pense
que la « force de l’image
» est telle qu’elle reflète
parfaitement une vérité
ponctuelle.
> Quel a
été votre premier emploi
?
- A la fin de mes études, j’ai
eu l’opportunité de travailler
durant trois mois au sein de la société
Héli-Photo à Biarritz.
J’étais chargé de
prendre des vues aériennes d’entreprises
et de vignobles de la région.
L’environnement m’a plu
car j’étais sans cesse
en déplacements, mais la saisonnalité
de l’emploi ne me permettait pas
une stabilité professionnelle.
> Quelles
sont les qualités nécessaires
pour devenir photographe ?
- Il faut « avoir l’œil
» du photographe, de l’instinct
et une certaine sensibilité pour
percevoir et obtenir « la »
bonne photo. Il faut aussi savoir bouger,
être à l’affût
de chaque événement pour
être là au bon moment.
> Quelles
sont vos perspectives d’avenir
?
- J’aimerai trouver une place
en tant que reporter photographe dans
le milieu de la presse. J’envisage
pourquoi pas une spécialisation
en qualité de reporter de guerre
car c’est un métier passionnant
qui allie la mobilité et l’exercice
de la profession.
> Quels conseils donneriez-vous à
un étudiant qui aimerait suivre
votre voie ?
- Soyez têtu et obstiné
car c’est une profession qui offre
peu de débouchés ! Il
faut vraiment être un passionné
pour ne pas se décourager. Je
conseillerais également de miser
sur la mobilité, d’avoir
un œil objectif sur tout et d’être
imaginatif, curieux et communicatif.
Etes-vous
fait pour le métier de Photographe
?
Atout Métier
vous aide à définir
l'orientation qui vous convient
le mieux. Cet outil est destiné
aux étudiants, aux jeunes
diplômés, aux demandeurs
d'emploi, ainsi qu'à tout
individu en poste qui souhaite faire
le point sur son projet d'évolution
professionnelle et personnelle. En
savoir plus ...
Photographe,
quel merveilleux métier…
C’est en tout cas l’avis
de Delphine, en 2e année
de Bac pro à Rennes.
Elle est « tombée
dedans » au lycée.
Depuis, le virus ne la quitte
plus. « Une fois mon bac
général obtenu,
j’ai enchaîné
sur un CAP photo puis un Bac
pro. » Développement
et tirage n’ont plus de
secrets pour elle. Entre l’argentique
et le numérique, Delphine
a vite choisi son camp. «
J’ai un peu de mal avec
le numérique. C’est
une vraie révolution
qui va forcément changer
le métier. Mais, pour
moi, être en labo est
un vrai plaisir ! » En
plus de solides connaissances
techniques (maîtrise des
logiciels…),
le photographe doit également
faire preuve d’un sens
artistique à part. Delphine
avoue un faible certain «
pour le noir et blanc »,
plus pur à son goût.
Couleur ou noir et blanc, les
débouchés sont,
en tout cas, très intéressants
pour les jeunes diplômés.
Mode, portrait, documentaire,
publicité, journalisme…
La photo est partout. Et le
photographe aussi ! Un métier
passion qui nécessite
un rythme de travail soutenu.
Cela fait à peine un an que
Jean-Jacques Passi exerce à
son compte et avec talent sa profession
de photographe. Il a créé
sa propre enseigne, One Shot Production
en 2007. Cependant, s’il n’est
officiellement photographe que depuis
peu cela fait plus de 10 ans qu’il
se passionne pour cet art.
En effet, durant de nombreuses
années, la photo ne fut qu’un
loisir pour ce Grenoblois ; il entama
même des études dans une
toute autre voie : sport étude
cyclisme au lycée, suivi d’une
faculté de sports. Puis un jour
c’est le déclic : son mentor,
en fac de sport, Maitre Donzé comme
il l’appelle, lui fait la surprise
de faire publier une de ses photographies
en double page d’un magazine. Notre
artiste sait alors qu’il veut faire
de sa passion son métier.
Ayant tout appris sur le tas, Jean-Jacques
décide de ne pas suivre de formation
particulière et de se lancer dans
l’aventure : « Ce n’est
pas un diplôme qui donne la créativité
» pense-t-il alors. Mais face aux
demandes de références des
clients il a du plier et suivre une formation
par correspondance pour faire reconnaître
son talent.
Avant de pouvoir se mettre à son
compte notre artiste a du passer par différents
postes d’assistants et faire de
nombreuses publications. En effet, il
est préférable d’avoir
déjà un bon bagage avant
de se lancer dans cette voie, afin de
rassurer les clients quant à son
savoir-faire.
Au quotidien, Jean-Jacques avoue que la
photographie c’est seulement 20%
de clichés pour 80% de traitement
derrière. « Tout dépend
du client » explique-t-il, selon
le résultat souhaité, le
travail effectué ne sera pas le
même. Et bien que certains domaines
dans son métier l’attirent
moins que d’autres, Jean-Jacques
vit sa passion sans limites ou presque.
« Une fois j’ai refusé
une demande d’un magazine porno
» explique-t-il. « J’adore
mon métier mais je ne suis pas
prêt à faire n’importe
quoi non plus. »
Article publié par Céline
A.
Epik’Art portail de l’atisanat
Je suis photographe indépendante.
Je travaille sur contrat, avec
des particuliers (mariages, portraits)
et des entreprises (communication
interne, publicité, packshot,
photo produit …). Je travaille
également avec un photographe
qui me sous-traite certains contrats.
J'accepte tous les contrats
car cela me permet de gagner ma
vie et de payer mes charges, pour
me consacrer au deuxième
aspect du métier, celui
qui me tient vraiment à
coeur : l'artistique. Là,
je travaille sur des créations
personnelles, puis je démarche
des galeries pour pouvoir être
exposée. Mon thème
de prédilection ? Le nu,
l'humain, le corps.
Quel
a été votre parcours
?
Petite, je faisais beaucoup de
peinture et de modelage. Une fois
au lycée, ayant un bon
niveau scolaire, j'ai pris la
voie scientifique. Mais là
où je me faisais vraiment
plaisir, c'était pendant
les cours de dessin que je prenais
en dehors du lycée.
Après le Bac, j'ai donc
intégré les Beaux
Arts de Besançon. J'ai
eu la chance d'avoir des parents
compréhensifs qui m'ont
laissé vivre ma passion
! Les trois années passées
aux Beaux Arts m'ont apporté
un esprit critique et une exploration
de l'expression artistique. Je
me suis spécialisée
en photographie. Mais la photo
y est abordée uniquement
d'un point de vue artistique et
conceptuel. En sortant, je manquais
de théorie, de technique.
J'ai donc continué deux
ans dans une école privée
de photographie à Lyon
pour combler mes lacunes. Avec
le matériel de l'école
à disposition et une liberté
artistique totale, j'ai pu m'exercer
et commencer à développer
ma "patte"…
Durant cette formation, j'ai effectué
un stage chez un photographe,
puis j'ai continué à
travailler avec lui en tant qu'indépendante.
Je n'ai jamais voulu avoir un
statut de salarié, avec
les contraintes que cela impose
et l'impression d'être "enfermée"…
La précarité est
un choix que je peux me permettre
étant donné mon
âge et ma situation.
Quelles
sont vos conditions de travail
? Les bons et mauvais cotés
?
Le statut d'indépendant
induit une grande irrégularité
dans la quantité de travail
et donc dans les rentrées
d'argent. Il faut savoir alterner
mois creux et mois chargés.
Il faut aussi faire preuve d'une
grande souplesse. Les commandes
arrivent souvent au dernier moment.
L'aspect comptabilité et
commercial du statut d'indépendant
est également une réalité
à prendre en compte, même
si ce n'est pas celle que je préfère
!!
L'avantage majeur, c'est évidement
d'avoir fait de ma passion mon
travail. Le statut d'indépendante
me convient parfaitement : j'aime
cette liberté d'emploi
du temps, le fait de ne pas avoir
à répondre d'une
hierarchie. J'ai toujours eu un
peu de mal avec l'autorité
!
Comment
voyez vous l'avenir ?
Les quelques mois à venir
vont être assez chargés
! Ce mois-ci, j'organise un atelier
ouvert dans mon appartement. Cela
consiste pour un photographe à
exposer ses œuvres dans son
lieu de vie, et d'inviter les
gens à le découvrir.
Puis au mois de juin, j'ai la
chance d'avoir été
contactée pour exposer
mon travail sur les nus en Azerbaïdjan.
Une bonne opportunité d'allier
travail et voyage, ma deuxième
passion !!
Sur le long terme, je dois apprendre
à démarcher pour
pouvoir cibler mes contrats et
viser les créneaux qui
m'intéressent. Je dois
également démarcher
plus de galeries pour pouvoir
exposer plus souvent mes oeuvres.
J'aimerais beaucoup travailler
dans l