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  Interview d' un Photographe (5 interviews)

Interview d' un Grand Photographe vu par SeniorPlanet

Raymond Depardon : Je suis un Regardeur professionnel !

Rio de Janeiro, Shanghai, Tokyo, Berlin, Moscou, Addis-Abeba et Le Caire. La caméra de Raymond Depardon nous plonge au centre de ces sept mégapoles par un dispositif vidéo qui projette simultanément sept séquences de film 16 mm. Ces plans séquences, choisis parmi différentes prises du même lieu, sont présentés sans coupures ni montage.

Je suis peut-être un artiste du regard Immergé au milieu de ces sept cités magistrales, le spectateur éprouve la solitude du photographe. Il se retrouve projeté dans la peau de Raymond Depardon, photo-reporter, photographe, écrivain, cinéaste, documentariste, homme du village global, "regardeur" et citoyen du monde.

Cet homme qui arpente la planète est aussi un homme de la terre. De la terre de ses ancêtres agriculteurs et fermiers, de la terre de combats (celui de Françoise Claustre, cette "Captive du Désert" dont il aura été l'un des premiers à couvrir le martyre) et celle de ses rêves (celle de Gilles Caron, l'ami, disparu en reportage à Phnom Penh et avec qui il avait fondé l'Agence Gamma en 75)… La terre, enfin, que ses images - du Tchad à New York City, de la "Partie de Campagne" présidentielle en France à "Comment ça va la faim ?" en Afrique - tentent de "cartographier".
Une terre qui lui échappe sans cesse…
et homme taciturne, cet homme sans occident, éternel curieux et sempiternel observateur, se révèle aujourd'hui être un artiste complet dont les images inventent un regard.

Entretien…

SeniorPlanet - Comment vous définiriez-vous : journaliste, photographe, cinéaste, un homme multimédia ou encore artiste, comme on vous découvre à la Fondation Cartier ?


Raymond Depardon - C'est difficile de répondre, car c'est vrai que je viens d'une famille journalistique (après guerre, un texte de loi a rattaché le photographe d'agence au journalisme) et que je m'en écarte tout doucement depuis vingt ans...
Mais si j'ai pris mes distances, je reste très soucieux de l'actualité, de l'événement, du documentaire, du journalisme. Je crois que je n'étais pas fait pour être journaliste, je suis trop rêveur pour ça. Même si je ne peux nier tout ce que cela m'a apporté : la qualité des faits, la distance, l'approche nécessaire à l'écoute des gens, "faire le mariole" aussi et, dans le même temps, être suffisamment modeste pour se mettre à la hauteur des gens que l'on croise sur un fait divers, l'humilité…

Je suis donc un mélange, un simple cinéaste photographe, un "multimédia", ni l'un, ni l'autre, et tout en même temps.

Quant à être un artiste… je pense, sans prétention, que je fais de l'art. Je travaille avec le réel, d'une manière très simple sans trop déformer la réalité. Je fais du "Regardé". Je suis peut-être un artiste du regard. On me demande de regarder et de rendre, transmettre et passer. J'ai mis du temps à l'admettre, mais je suis un regardeur.

Reporter, fondateur de l'agence Gamma, photographe, cinéaste, chroniqueur de vie, d'où vient votre inspiration ?

Je suis un passionné de photographie depuis toujours, bien qu'originaire d'un milieu bien éloigné de cet art. Mes parents étaient fermiers… Adolescent déjà, j'empruntais l'appareil photo de mon frère. Mais l'inspiration était alors inconsciente… En fait, d'où vient-elle ?

Celle de 3X7 une exposition de films est venue du fait que les villes sont ancrées en moi depuis longtemps. Comme sujet, comme lieu de travail, comme lieu d'échanges, de difficultés, de plaisirs. J'ai un vieux compte de paysan à régler avec elles ! Et quand je fabrique ces images, une espèce d'alchimie se met en place et me pousse à me surpasser, à aimer, à me mettre en colère, à me poser des problèmes, à m'engager, à me faire réfléchir, à rêver, à me reposer…. Faire des images est beaucoup plus complexe que la simple idée préconçue que l'on peut avoir. Plus je la connais et plus je la sais riche et porteuse de double sens. L'image n'est pas forcément au service d'un message ou d'une idée. Elle est autonome…

À 62 ans, j'ai toujours plein de projets

Qu'est-ce qui vous plaît le plus : faire des photos, des films, des livres ou des expositions ?

Des livres ! J'aime beaucoup les livres, j'aime l'intimité du livre, j'aime les rapports textes - images... Mais je commence aussi à prendre goût aux installations ! C'est la première fois que je fais une exposition de films comme ici à la Fondation Cartier et j'aime beaucoup ça. Mais j'aime aussi le cinéma parce que l'on est assis dans le noir et que l'on vous dirige sur des images. À soixante-deux ans, j'ai toujours plein de choses à travailler et plein de projets.

Vous savez tout faire : écrire, photographier, filmer…

J'ai fait de plus en plus de choses au fur et à mesure que j'ai avancé (trop doucement) dans le milieu du photo journalisme. C'est difficile mais un jour, c'est payant. Je suis photographe, j'ai écrit parce que j'avais besoin d'écrire, puis j'ai pris une caméra et j'ai fait du son. Dans un certain sens, je suis multimédia et je me sens même parfois l'égal des jeunes d'aujourd'hui. Eux sont totalement multimédias et audiovisuels, en ce sens qu'ils sont image, mouvement, style, texte, musique et son dans un même temps.

C'est une installation plastique d'images en mouvement que vous avez réalisé pour la Fondation Cartier

Oui, c'est une installation avec des mouvements d'images, des "Moving Pictures". Ce mot qui vient des USA et me plaît bien. En France, on appellerait ça de la vidéo. J'y trouve mon compte en tant que photographe et cinéaste, ça me rassure. C'est comme des photographies, mais avec un mouvement. Là, la photo est de quatre mètres de long et, du coup, elle a du mouvement. Je n'ai pas touché au temps, on est comme "dans" la photo, dans son continu.

Quand vous photographiez la ville, les villes, comme dans 7X3, vous parlez des gens qui les habitent ou des architectures, de l'urbanisme qui les constituent ?

Des deux, car la ville est un sujet à part entière comme l'a déterminé le photographe américain Walker Evans, en photographiant l'Amérique des années trente. Pour 7X3 en l'occurrence, j'ai surtout été intéressé par les gens. Il ne faut pas oublier que ce ne sont pas mes villes, que je ne fais qu'y passer. En France, je m'enfonce dans des tunnels, dans des souterrains que je connais, je travaille sur le terrain de la confiance. C'est d'ailleurs cette confiance qui me permet d'accéder à des lieux inaccessibles à l'image comme "la 10e chambre correctionnelle" filmée au Palais de Justice. C'est aussi la preuve que les gens perçoivent la différence entre la télévision institution avec car régie et équipe suréquipée et des petits indépendants comme moi…. Ma discrétion leur plaît !

Comment un photographe de presse devient-il cinéaste et auteur ?

Beaucoup sont devenus cinéastes en passant par la photographie. En ce qui me concerne, je n'ai jamais cherché à remplacer le cinéma par la photographie. En fait, au départ, je voulais être cinéaste. Mais je croyais qu'il fallait faire des études supérieures, or j'avais tout juste mon Certificat d'Études. La photographie a alors été un passage obligé. À vingt ans, j'ai eu la chance de rencontrer Claude Otzenberger (alors rédacteur en chef de l'agence Dalmas, NDLR). Il m'a prêté une caméra en me disant : "Si tu prends une caméra, il faut filmer la durée. Si tu fais des plans, c'est de la photo. Le cinéma, c'est la continuité ". Ensuite, il m'a envoyé filmer une fête foraine, caméra sur les quais en tournant des plans séquences sans jamais couper…

Dans "Une Partie de Campagne", mon premier long-métrage sur Giscard d'Estaing en 1974, j'ai filmé la durée, sans faire de coupes. Comme, par exemple, la séquence de la conversation dans la DS à Perpignan qui était plutôt pauvre. Je pensais même qu'elle n'avait aucun intérêt jusqu'au moment où on y a mis le son. Là, elle a pris toute son importance car justement elle s'installait dans sa durée, parce que c'était la vie. Le cinéma, c'est la vie. C'est le temps qui différencie le cinéma de la photo. Ce ne sont pas les mêmes temps, pas le même tempo. La photographie et le cinéma n'ont presque pas le même présent.

''Afrique… Comment ça va la douleur ?'' se termine dans la cour de la ferme de vos parents. Du coup, on a une perception d'un Raymond Depardon déraciné

Bien sûr, et ce déracinement est sûrement un des éléments moteurs de mon travail. Je pense que ma motivation provient de ce déracinement, de cette douleur d'être parti trop jeune, à seize ans, de chez moi. Je n'ai de cesse que d'être en quête d'un lieu. Je ne serais peut-être jamais vraiment heureux parce que je recherche toujours quelque chose… Et peut-être la ferme de mes parents.

Mon élément moteur déterminant est à la fois cette errance, cette quête incessante et cette espèce de curiosité qui me fait aller jusqu'à Shanghai juste pour filmer la rue. Cette curiosité a été ma chance, sinon j'aurai été foutu.

Vous avez des regrets d'image ?

Bien sûr, j'en ai tout le temps. Heureusement que je les oublie avec le temps… C'est un peu comme lorsque que l'on a manqué un rendez-vous avec une jeune femme. Ce sont des choses ratées… Ceci étant, plus je vieillis et moins j'ai de remords. C'est vraiment lourd et pénible à supporter les remords. Et si j'en ai encore, en tous les cas, je les prévois un peu, alors j'organise autant que possible cette déception. C'est pour ça que je me fixe des règles. Ainsi, pour ce projet, je me suis fixé de ne rester que trois jours dans chaque ville avec dix boîtes de pellicules seulement. Si je m'étais écouté, j'en aurais fait cinquante et j'aurai encore plus de remords !

Aujourd'hui, quel est votre grand projet ?

Mon projet, c'est la France. C'est faire la France en photos, un projet d'État pour lequel j'ai obtenu une bourse exceptionnelle. Il s'appelle "La France en 20X25" (du format de négatifs 20X25 cm utilisés pour les paysages et la publicité, NDLR). Il va s'agir de se poser une question : "Qu'est-ce que c'est que la France ?". Et il n'y a peut-être que moi qui pouvais y répondre. Il faut être passé par Shanghai, Tokyo et le bout du monde pour oser faire la France. C'est gonflé parce que c'est prétentieux. J'ai prévu quatre ans de travail, c'est peu pour ce travail immense… L'idée est de faire un état des lieux de la France de 2005, comme je l'ai déjà fait pour l'ADATAR, il y a vingt ans, parce que cette France va disparaître. C'est certainement un travail que je dois à mes racines paysannes.

Et puis, j'ai des projets de films de fiction dont un documentaire qui doit rapidement passer en production. Je n'arrête pas. Et puis des fois des projets traînent. Mais je ne parle pas trop de mes projets par superstition et parce que j'ai peur qu'on me les pique !

J'ai encore plein de choses à faire et j'espère en avoir le temps. Je suis pressé, j'ai soixante-deux ans et l'on n'est pas éternel. Je ne maîtriserais pas tout, tout le temps. D'ailleurs, il y a des choses que je n'ai pas finies. Et comme toujours, ce sont les choses les plus importantes.

Je ne le vis pas mal, c'est simplement que je n'ai plus envie de perdre du temps. Voila pourquoi parfois, je m'enferme, je m'isole. Pourquoi je ne veux pas être une personnalité de la photo qu'on honore et que l'on montre. Je dois faire attention à mon temps. Je ne peux plus dire : je verrai ça plus tard !

Jean-Jacques Gay

Aves l'aimable autorisation de Seniorplanet.fr

Photographes : Photographe à Toulouse, Photographe à Strasbourg



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Interview d'un Photographe vu par France5

Marc Riboud
Membre de l'agence Magnum depuis 1959, Marc Riboud a sillonné la planète au gré de l'actualité ou de son instinct. Refusant de sacrifier son indépendance, il a toujours vogué à son rythme, en quête d'ailleurs, de vérité et d'esthétique. Mêlant technique, sensibilité et déontologie, son "troisième œil", sans cesse aux aguets, raconte le monde en toute subjectivité.

Comment est née votre passion pour la photo ?

Marc Riboud : Jeune, je ne parlais pas. On m'appelait "Le taciturne". Cinquième d'une famille de sept enfants, mon temps de parole était limité par de brillants aînés. Il ne me restait qu'à regarder et observer, ce qui m'amusait beaucoup. C'est ainsi que j'ai de très bons souvenirs. Des souvenirs de l'œil.

Cette envie de regarder m'a entraîné vers la photographie et je suis devenu un photographe du dimanche. Ensuite, j'ai voulu rompre les amarres en quittant la maison. D'abord en bicyclette, puis de plus en plus loin, un Leica toujours en bandoulière. Devenu ingénieur - médiocre ingénieur que l'on a même blâmé de ne pas être ingénieux ! -, j'ai pris une semaine de congé et je ne suis jamais retourné à l'usine. Ils m'attendent encore.

Monté à Paris, j'ai sonné plusieurs fois à la porte d'Henri Cartier-Bresson et j'ai fini par le rencontrer. La première fois, il m'a recommandé de ne pas me lancer dans le métier hasardeux de photographe. Six mois plus tard, je suis revenu, je lui ai montré mes photos et il m'a dit de voir Capa.

Quel rôle ont joué, dans votre carrière, les photographes de l'agence Magnum ?

Marc Riboud : Henri Cartier-Bresson m'a tout appris pour l'éthique et l'esthétique de la photographie. Pour la composition de l'image, j'ai souvent dit qu'il a été un tyran salutaire.
Robert Capa a aussi joué un très grand rôle pour moi. Il m'a pris sous son aile. C'est lui qui m'a fait entrer à Magnum.

La photographie doit-elle être porteuse de messages ?

Marc Riboud : Non, la photo ne doit pas chercher à convaincre. Elle ne peut pas changer le monde mais elle peut le montrer, surtout quand il change. J'aime particulièrement les lieux où l'intensité de vie est plus grande, comme New York ou Shanghai. Ce sont des villes qui bougent, qui changent, j'ai envie de les revoir comme on a envie de revoir des amis.

Comment définiriez-vous la photographie ?


Marc Riboud : Pour moi, une bonne photo, c'est une rencontre, une surprise. L'acte photographique est une pulsion déclenchée par une image, étrange ou banale, qui nous saisit. J'aime marcher, flâner, je croise un être, un visage, un groupe insolite, des contrastes étonnants... C'est la photographie qui vient à moi.

Comme la musique ou la peinture, la photographie est une obsession, une passion. Regarder aussi. Regarder forge et forme l'œil. La photo, c'est apprendre à voir, mais on n'apprend pas du jour au lendemain. Il faut s'exercer.
Et pour s'entraîner, il faut marcher. On dit : "bon pied, bon œil". C'est très vrai. Les souliers sont l'équipement essentiel du photographe.

Si vous aviez "un" souvenir de photo...

Marc Riboud : Au soir d'une longue marche, la fatigue venant, je suis gagné par le doute et le sentiment du dérisoire quand soudain... une surprise. Dans le jardin du Mandarin Yu, à Shanghai, sur une petite table de pierre, une jeune femme a laissé son sac de maquillage. Elle l'a posé pour se faire photographier par son ami. Je regarde, j'attrape mon appareil, je me déplace un peu. Je sens qu'elle est derrière moi, qu'elle s'approche pour reprendre son sac mais j'ai le temps d'appuyer sur le déclencheur.

La scène m'a rempli de bonheur. Une fois de plus, c'était la rencontre, l'insolite, un moment... Et c'est finalement la photo qui est en quatrième de couverture de mon dernier livre.


Propos recueillis par Vanessa Marty pour France5
Crédit France Télévisions Interactive



Interview d' un Photographe vu par L4m

Jérémy Lempin (21 ans)
Photographe

> Pouvez-vous me retracer votre parcours étudiant ?

- J’ai débuté par un CAP photographie au lycée professionnel Vauban de Cambrai. Puis je suis parti à Orthez pour passer mon Bac professionnel des Métiers de l’Art, option photographie. Pendant quatre ans j’ai eu une formation complète encadrée par des professionnels du milieu. J’ai alterné les stages pratiques pour avoir de l’expérience sur le terrain, et les cours théoriques. Ma formation m’a beaucoup appris car elle regroupait des cours magistraux de photographie, d’architecture et une dizaine d’heures en atelier chaque semaine qui m’a fait découvrir les différentes techniques utilisées par les labos couleurs, noir et blanc…

> Quels stages avez-vous effectué ? Et que vous ont-ils apporté ?

- Durant mes deux années de CAP, j’ai effectué un stage à la Voix du Nord de Lens, et un second au magasin Fox de la Bassée. C’était pour moi l’opportunité de découvrir le métier sur le terrain, et de pouvoir exercer mon activité dans deux environnements différents. Ces stages ont été vraiment très enrichissants car j’ai appris à maîtriser les techniques de prises de vue, l’encadrement et les techniques de la photo numérique. C’était également, par la réalisation de reportages, le moyen de m’insérer dans le milieu.
Mais c’est vraiment au cours de mes deux ans en Bac professionnel que j’ai acquis mes compétences et enrichis mon expérience. J’ai réalisé un stage en Espagne, à Valence au sein d’un studio de pub. En tant qu’assistant photographe, j’étais chargé de faire des photos de mode, à destination du magazine Marie Claire. Concrètement, j’ai appris à manipuler du matériel haut de gamme, à maîtriser les techniques d’éclairage concernant la prise de vue et à m’organiser lors de déplacements. Fort de mon expérience, je suis retourné à la Voix du Nord car mon premier contact du milieu journalistique m’avait fortement séduit. Sur place, j’assurais de nombreux reportages pour le Racing Club de Lens, et les industries régionales. C’est un univers qui me passionne car je dois toujours être sur le qui-vive pour mener à bien mon rôle de « paparazzi ».

> Quels intérêts retirez-vous de vos expériences ?

- Ces stages m’ont aidé à vite me former sur le terrain et m’ont permis de découvrir divers environnements tous très différents les uns des autres. Mais ils m’ont aussi enrichi humainement. En effet, j’ai vite pris de l’autonomie ce qui m’a permis de m’insérer plus facilement et de créer rapidement des contacts. C’est un milieu où il faut foncer et savoir bouger pour se faire une place.

> Pourquoi avez-vous choisi cette orientation professionnelle ?

- Car j’ai toujours été passionné par la photo. Pour moi, c’est le seul moyen de garder une trace du passé et je pense que la « force de l’image » est telle qu’elle reflète parfaitement une vérité ponctuelle.

> Quel a été votre premier emploi ?

- A la fin de mes études, j’ai eu l’opportunité de travailler durant trois mois au sein de la société Héli-Photo à Biarritz. J’étais chargé de prendre des vues aériennes d’entreprises et de vignobles de la région. L’environnement m’a plu car j’étais sans cesse en déplacements, mais la saisonnalité de l’emploi ne me permettait pas une stabilité professionnelle.

> Quelles sont les qualités nécessaires pour devenir photographe ?

- Il faut « avoir l’œil » du photographe, de l’instinct et une certaine sensibilité pour percevoir et obtenir « la » bonne photo. Il faut aussi savoir bouger, être à l’affût de chaque événement pour être là au bon moment.

> Quelles sont vos perspectives d’avenir ?

- J’aimerai trouver une place en tant que reporter photographe dans le milieu de la presse. J’envisage pourquoi pas une spécialisation en qualité de reporter de guerre car c’est un métier passionnant qui allie la mobilité et l’exercice de la profession.

> Quels conseils donneriez-vous à un étudiant qui aimerait suivre votre voie ?


- Soyez têtu et obstiné car c’est une profession qui offre peu de débouchés ! Il faut vraiment être un passionné pour ne pas se décourager. Je conseillerais également de miser sur la mobilité, d’avoir un œil objectif sur tout et d’être imaginatif, curieux et communicatif.



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Atout Métier vous aide à définir l'orientation qui vous convient le mieux. Cet outil est destiné aux étudiants, aux jeunes diplômés, aux demandeurs d'emploi, ainsi qu'à tout individu en poste qui souhaite faire le point sur son projet d'évolution professionnelle et personnelle.
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Le Photographe vu par Fac-metiers


Photographe, quel merveilleux métier… C’est en tout cas l’avis de Delphine, en 2e année de Bac pro à Rennes. Elle est « tombée dedans » au lycée. Depuis, le virus ne la quitte plus. « Une fois mon bac général obtenu, j’ai enchaîné sur un CAP photo puis un Bac pro. » Développement et tirage n’ont plus de secrets pour elle. Entre l’argentique et le numérique, Delphine a vite choisi son camp. « J’ai un peu de mal avec le numérique. C’est une vraie révolution qui va forcément changer le métier. Mais, pour moi, être en labo est un vrai plaisir ! » En plus de solides connaissances techniques (maîtrise des logiciels…), le photographe doit également faire preuve d’un sens artistique à part. Delphine avoue un faible certain « pour le noir et blanc », plus pur à son goût. Couleur ou noir et blanc, les débouchés sont, en tout cas, très intéressants pour les jeunes diplômés. Mode, portrait, documentaire, publicité, journalisme… La photo est partout. Et le photographe aussi ! Un métier passion qui nécessite un rythme de travail soutenu.




Interview d'un Photographe vu par epik-art


Cela fait à peine un an que Jean-Jacques Passi exerce à son compte et avec talent sa profession de photographe. Il a créé sa propre enseigne, One Shot Production en 2007. Cependant, s’il n’est officiellement photographe que depuis peu cela fait plus de 10 ans qu’il se passionne pour cet art.

En effet, durant de nombreuses années, la photo ne fut qu’un loisir pour ce Grenoblois ; il entama même des études dans une toute autre voie : sport étude cyclisme au lycée, suivi d’une faculté de sports. Puis un jour c’est le déclic : son mentor, en fac de sport, Maitre Donzé comme il l’appelle, lui fait la surprise de faire publier une de ses photographies en double page d’un magazine. Notre artiste sait alors qu’il veut faire de sa passion son métier.

Ayant tout appris sur le tas, Jean-Jacques décide de ne pas suivre de formation particulière et de se lancer dans l’aventure : « Ce n’est pas un diplôme qui donne la créativité » pense-t-il alors. Mais face aux demandes de références des clients il a du plier et suivre une formation par correspondance pour faire reconnaître son talent.
Avant de pouvoir se mettre à son compte notre artiste a du passer par différents postes d’assistants et faire de nombreuses publications. En effet, il est préférable d’avoir déjà un bon bagage avant de se lancer dans cette voie, afin de rassurer les clients quant à son savoir-faire.

Au quotidien, Jean-Jacques avoue que la photographie c’est seulement 20% de clichés pour 80% de traitement derrière. « Tout dépend du client » explique-t-il, selon le résultat souhaité, le travail effectué ne sera pas le même. Et bien que certains domaines dans son métier l’attirent moins que d’autres, Jean-Jacques vit sa passion sans limites ou presque. « Une fois j’ai refusé une demande d’un magazine porno » explique-t-il. « J’adore mon métier mais je ne suis pas prêt à faire n’importe quoi non plus. »

Article publié par Céline A.
Epik’Art portail de l’atisanat





 


Interview d'un Photographe vu par Alsace-orientation



Frédérique, photographe indépendante


En quoi consiste votre travail ?

Je suis photographe indépendante. Je travaille sur contrat, avec des particuliers (mariages, portraits) et des entreprises (communication interne, publicité, packshot, photo produit …). Je travaille également avec un photographe qui me sous-traite certains contrats.

J'accepte tous les contrats car cela me permet de gagner ma vie et de payer mes charges, pour me consacrer au deuxième aspect du métier, celui qui me tient vraiment à coeur : l'artistique. Là, je travaille sur des créations personnelles, puis je démarche des galeries pour pouvoir être exposée. Mon thème de prédilection ? Le nu, l'humain, le corps.

Quel a été votre parcours ?

Petite, je faisais beaucoup de peinture et de modelage. Une fois au lycée, ayant un bon niveau scolaire, j'ai pris la voie scientifique. Mais là où je me faisais vraiment plaisir, c'était pendant les cours de dessin que je prenais en dehors du lycée.

Après le Bac, j'ai donc intégré les Beaux Arts de Besançon. J'ai eu la chance d'avoir des parents compréhensifs qui m'ont laissé vivre ma passion ! Les trois années passées aux Beaux Arts m'ont apporté un esprit critique et une exploration de l'expression artistique. Je me suis spécialisée en photographie. Mais la photo y est abordée uniquement d'un point de vue artistique et conceptuel. En sortant, je manquais de théorie, de technique. J'ai donc continué deux ans dans une école privée de photographie à Lyon pour combler mes lacunes. Avec le matériel de l'école à disposition et une liberté artistique totale, j'ai pu m'exercer et commencer à développer ma "patte"…

Durant cette formation, j'ai effectué un stage chez un photographe, puis j'ai continué à travailler avec lui en tant qu'indépendante.

Je n'ai jamais voulu avoir un statut de salarié, avec les contraintes que cela impose et l'impression d'être "enfermée"… La précarité est un choix que je peux me permettre étant donné mon âge et ma situation.

Quelles sont vos conditions de travail ? Les bons et mauvais cotés ?

Le statut d'indépendant induit une grande irrégularité dans la quantité de travail et donc dans les rentrées d'argent. Il faut savoir alterner mois creux et mois chargés. Il faut aussi faire preuve d'une grande souplesse. Les commandes arrivent souvent au dernier moment. L'aspect comptabilité et commercial du statut d'indépendant est également une réalité à prendre en compte, même si ce n'est pas celle que je préfère !!

L'avantage majeur, c'est évidement d'avoir fait de ma passion mon travail. Le statut d'indépendante me convient parfaitement : j'aime cette liberté d'emploi du temps, le fait de ne pas avoir à répondre d'une hierarchie. J'ai toujours eu un peu de mal avec l'autorité !

Comment voyez vous l'avenir ?

Les quelques mois à venir vont être assez chargés ! Ce mois-ci, j'organise un atelier ouvert dans mon appartement. Cela consiste pour un photographe à exposer ses œuvres dans son lieu de vie, et d'inviter les gens à le découvrir. Puis au mois de juin, j'ai la chance d'avoir été contactée pour exposer mon travail sur les nus en Azerbaïdjan. Une bonne opportunité d'allier travail et voyage, ma deuxième passion !!

Sur le long terme, je dois apprendre à démarcher pour pouvoir cibler mes contrats et viser les créneaux qui m'intéressent. Je dois également démarcher plus de galeries pour pouvoir exposer plus souvent mes oeuvres. J'aimerais beaucoup travailler dans l