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Frédéric,
Photographe culinaire
En quoi
consiste votre travail ?
Je travaille actuellement pour un éditeur
de livres de cuisine pour lequel je réalise
des illustrations. Il me communique la
maquette du livre qui contient les recettes.
Je vais acheter les ingrédients,
je réalise la recette, je la mets
en scène selon les desiderata de
l'éditeur, je réalise l'éclairage,
je la "shoot", je calibre mes
photos et pour finir je les grave sur
CD pour livrer ma commande.
La durée consacrée
à chaque photo est assez variable
: une salade est en général
vite préparée, si elle ne
contient pas trop d'ingrédients
rares ; un soufflé peut réussir
du premier coup mais peut aussi donner
du fil à retordre. S'il est trop
"raplapla", on recommence…jusqu'à
obtenir l'aspect souhaité. Quelquefois,
réaliser une recette et sa photo
peut prendre toute une journée
!
Quel a été
votre parcours ?
Depuis gamin, je suis passionné
par la photographie. Je n'ai jamais été
très scolaire et quand l'heure
de choisir une orientation est venue en
3 ème, j'ai opté pour la
cuisine pour plusieurs raisons : un oncle
que j'admirais beaucoup, avait un restaurant
et j'aimais venir le voir travailler et
lui donner un coup de main en extra. J'aimais
et j'aime toujours l'esthétique
du métier et "la chimie des
casseroles" : deux ingrédients
que je retrouve en photo.
Jusqu'à 32 ans, j'ai exercé
mon métier dans des restaurants
de toutes les gammes et à différents
niveaux de responsabilités. Je
suis un passionné y compris en
cuisine mais à un moment j'ai été
"rattrapé" par la photo
: j'ai eu envie d'en faire plus qu'un
loisir d'autant plus que la cuisine, avec
ses horaires lourds et contraignants,
ne laisse pas beaucoup de place pour les
loisirs.
J'ai assisté pendant un an un photographe
professionnel sans contre partie financière
et en échange, j'ai acquis à
son contact les connaissances et la technique
qui me manquaient pour me "lancer".
Après cela, j'ai eu une période
de 4 ans ou tout en travaillant en extra
en cuisine, j'ai démarché
les agences et la presse pour y vendre
mon travail : des reportages photos réalisés
en France et en Afrique….mais la
concurrence est rude et je ne disposais
pas d'un réseau.
J'ai eu l'opportunité de rencontrer
une autre photographe en contact avec
une maison d'édition cherchant
des professionnels capables d'illustrer
des livres de cuisine. Elle avait les
compétences en photo mais pas en
cuisine : nous avons démarré
une collaboration qui dure depuis 4 ans.
Quelles sont
vos conditions de travail ? Les bons et
mauvais cotés ?
J'ai un statut de photographe, auteur
indépendant. Je vis donc de ce
que je vends. L'équilibre est par
conséquent fragile et aléatoire.
J'ai la chance de travailler de manière
régulière depuis 4 ans mais
je sais que les choses peuvent s'arrêter
du jour au lendemain soit parce que la
maison d'édition cesse de nous
passer commande, soit parce que notre
collaboration devient difficile. En période
de "bourre", nous passons 12
heures par jour ensemble, forcément
il y a des frictions et des tensions.
Parmi les avantages du métier sous
ce statut d'indépendant, j'aime
cette possibilité de gérer
mon temps comme je le souhaite. Mais cela
ne veut pas dire que je suis "libre"
; quand l'éditeur passe commande,
le travail doit être réalisé
dans un délai quelquefois très
court. Si nous ne donnons pas satisfaction,
il cessera de s'adresser à nous.
J'ai aussi la grande satisfaction de réaliser
mon rêve : je crée et je
vis de mes photos. Ce pari n'était
pas du tout évident à relever.
Les inconvénients découlent
des avantages l'indépendance est
synonyme d'équilibre précaire
: il faut anticiper l'avenir, penser à
cotiser pour avoir une couverture sociale,
consacrer du temps à sa comptabilité,
économiser pour s'acheter du matériel
performant…à l'arrivée,
40% du chiffre d'affaire passe dans les
frais divers.
Comment voyez
vous l'avenir ?
Il y a du changement en perspective :
depuis 18 mois ma famille est installée
à 100 Km de Strasbourg et je suis
séparé d'eux une partie
de la semaine. Je veux m'installer auprès
d'eux car pour moi l'équilibre
professionnel est indissociable de l'équilibre
familial.
Je compte ouvrir mon propre studio éventuellement
continuer la photo culinaire. Avec ma
femme, nous avons des projets dont je
ne peux pas encore parler ….
Quels conseils donneriez-vous aux futur(e)s
chargé(e)s ou assistant(e)s de
communication ?
Il faut être persévérant
et avoir de la rigueur. Ma double compétence
m'a été très utile.
Quand on vise une profession libérale
artistique, il faut toujours se demander
avec quoi on va manger et payer son loyer.
Il n'est pas rare d'associer profession
artistique et boulot alimentaire. Quelquefois,
on n'a pas de commande même si on
est très compétent.
Avoir fait une école de photo ne
donne pas forcément du travail
mais, j'imagine qu'on y acquiert les outils
et une certaine confiance en soi. Se former
seul n'est pas évident : on ne
profite pas de l'émulation d'une
promo et de l'esprit critique de ses paires
pour avancer. L'avantage est cependant
d'échapper au formatage.
Fiche métier
du Photographe
Photographes : Photographe
à Toulouse, Photographe
à Strasbourg
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