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Au coeur de l’été
2006, l’exposition
« Artistes et Stars
par les photographes de
Paris Match » a
réuni au Musée
Jacquemart-André
quelques-unes des photos
les plus stimulantes d’artistes
et de créateurs
du monde entier. Parmi
ces clichés prenant
une dimension singulièrement
mélancolique et
passionnante avec le temps,
ce sont paradoxalement
les photographies d’un
des plus jeunes photographes
de Paris Match que nous
avons retenues.
Embauché par le
magazine en 1999, Sébastien
Micke a signé ces
dernières années
des portraits impressionnants
d’acteurs ou de
célébrités.
Dans l’exposition
parisienne, on pouvait
en voir quatre à
travers lesquels il a
su capter la rêverie
éphémère
d’une Sharon Stone
attendant un ascenseur,
de noir vêtue, cachée
sous chapeau et lunettes
sombres, à mille
lieux de l’image
trompeuse de l’actrice
sulfureuse, mais aussi
la profondeur du corps
paysage de Rossy de Palma
sortant de l’ombre,
ou encore le romantisme
discret et flamboyant
de Lou Doillon, lovée
sur un toit de Paris en
compagnie d’un aigle,
et enfin la classe indéfectible
de la chanteuse Mariah
Carey en robe de soirée
faisant sauter des crêpes
dans une (sa ?) cuisine.
Dans cette exposition
riche en clichés
du passé, les photos
récentes de Sébastien
Micke ne déparent
pas. On peut dire sans
forfanterie, qu’il
s’inscrit dans la
lignée des plus
grands photographes de
« stars »
(si tant est ce que ce
terme veuille encore bien
dire quelque chose aujourd’hui).
Simple, passionné,
engagé, attaché
à ce magazine Match
qui l’a vu grandir
en photographie, il a
su trouver l’équilibre
entre la convention et
l’audace, entre
les impératifs
du magazine « people
» et la volonté
d’affirmer aussi
une véritable identité
artistique.
Ses photos sont marquées
par le sens du détail
(un abat-jour en guise
de chapeau pour Roberto
Benigni, un oeuf en suspension
pour Mariah Carey, une
valise mystérieuse
pour une photo de la comédienne
Marine Delterme prise
sur une plage normande,
etc.), une façon
très étonnante
de jouer avec l’espace,
et un profond respect
de l’autre.
Confiance et instinct
lui sont nécessaires
pour révéler
les mystères de
ceux et celles qui passent
parfois leur vie à
dissimuler leur vraie
nature. Et ça marche
!
Entretien.
Objectif
Cinéma : Comment
es-tu venu à
la photo ?
Sébastien Micke
: J’avais d’abord
acheté un appareil
photo parce que je
trouvais que l’objet
était beau.
Puis, ensuite, je
me suis dit que je
pouvais prendre des
photos avec ! À
l’époque,
je faisais des études
qui n’avaient
rien à voir
avec la photographie,
je les ai arrêtées
pour ne plus me consacrer
qu’à
ça. Faire de
la photo me plaisait,
je trouvais que «
ça m’allait
bien », bizarrement,
et que ma tête,
mon attitude, fonctionnaient
bien avec un appareil
photo. J’ai
acheté mes
premières pellicules,
j’ai fait mes
premières bobines,
et très vite
j’ai voulu obtenir
pour mes photos la
qualité de
celles que je voyais
dans les magazines.
Évidemment
au début je
ne comprenais rien,
je me demandais comment
obtenir telle lumière
ou tel contraste...
Je ne comprenais pas
cette magie que j’ai
réussie à
décrypter au
fil du temps. |
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Objectif
Cinéma : Tu as
tout appris par toi-même
?
Sébastien Micke
: Oui. Mais ce n’est
pas compliqué.
Il y a deux façons
de faire de la photographie,
soit en prenant la lumière
qui existe, soit en créant
sa propre lumière.
J’ai la chance de
pouvoir pratiquer ces
deux cultures, de connaître
autant la lumière
de studio que la lumière
du jour. Celle-ci touche
chacun d’entre nous
au jour le jour. Elle
est responsable de nos
humeurs au quotidien,
et c’est encore
plus le cas pour un photographe.
Elle permet vraiment de
décider de ce qui
va se passer. Sans elle
il n’y a pas d’image.
Et chaque pays a sa lumière
différente...
Objectif
Cinéma : Tu arrives
à les définir,
ces lumières différentes
?
Sébastien Micke
: Pas forcément
à les définir
mais à les ressentir.
On ne peut pas «
définir »
une lumière, seul
l’acte de photographier
arrive à définir
la lumière. Un
photographe ne fait que
la ressentir. Je sais
par exemple qu’à
« ce » moment
précis, je risque
de faire une bonne photo.
J’insiste bien sur
le mot « risque
», car ce n’est
pas sûr que ça
va être le cas.
Les lumières que
j’utilise pour mes
portraits de célébrités,
ce sont des lumières
plus conventionnelles
que je maîtrise
pour des raisons pratiques.
Parfois je ne peux pas
la travailler comme je
le souhaite, mais j’ai
une solution minimale
qui me permet d’assurer
un rendu « confortable
», et d’être
relativement « carré
» par rapport à
la charte que j’ai.
Objectif
Cinéma : Quelle
est cette charte ?
Sébastien Micke
: C’est une photo
qui a un piqué
suffisant, c’est
la nécessité
d’avoir une source
de départ correcte,
qui me permet ensuite
de bien retravailler mes
contrastes. C’est
mon petit cahier des charges.
C’est plus compliqué
de travailler comme ça,
il faut souvent être
entouré d’assistants,
d’un minimum de
matériel. Récemment,
je suis parti faire des
photos au Caire en emmenant
50 kg de matériel,
mais cela peut monter
parfois jusqu’à
100 ou 200 kg.
Entretien par Bernard
PAYEN, suite de l'interview
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Fiche
métier du Photographe
Photographes : Photographe
à Toulouse,
Photographe
à Strasbourg
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