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Le métier de restaurateur
doeuvre dart
combine lart, lartisanat
et la science.
Jai toujours aimé
lhistoire de lart,
mais je voulais exercer
un métier qui ait
aussi un côté
manuel et non uniquement
théorique. Jai
donc très vite été
attirée par la restauration
dart.
Fascinée par lItalie
et surtout Florence, où
javais déjà
effectué un stage,
jai décidé
de poursuivre ma formation
à LIstituto
per Arte e Restauro, Palazzo
Spinelli à
Florence, seule institution
privée, habilitée
à délivrer
des diplômes agréés
par la région de
la Toscane. Jai hésité
entre lItalie et lAllemagne
qui exige, quant à
elle, deux ans de Praktikum
avant daccéder
à une Fachhochschule
. Dautre part,
laspect scientifique
des études y est
plus poussé. |
 |
Les études
de restauration en Italie mettent
lac-centsur lhistoire
de lart, lesthétique
et lhistoire des techniques,
ce qui me correspondait plus.
Ma formation au Lycée
Technique des Arts et Métiers
ma permis dêtre
admise sans problème
à lInstitut qui,
par ailleurs, fournit également
le logement, si désiré.
Durant et après mes études
jai effectué plusieurs
stages auprès de musées
nationaux et, en 1998, jai
démarré mon activité
en tant que profession libérale.
A vrai dire, il nexiste
pas beaucoup de restaurateurs
dart dans notre pays.
La plupart dentre eux
sont spécialisés
dans la restauration de tableaux
et dans le mobilier. Il faut
savoir que ce métier
na pas dencadrement
légal ici au Luxembourg
et que le restaurateur archéologique
ne bénéficie toujours
pas de statut auprès
de la chambre des métiers
! Le restaurateur ne peut pas
non plus se déclarer
Artiste indépendant puisquil
nexerce pas un métier
créatif mais artisanal.
Pas facile donc dexercer
ce métier. Et pourtant,
ce nest pas le travail
qui manque !
Mes clients sont des antiquaires,
des collectionneurs, les musées
nationaux, mais aussi des particuliers.
Le travail de restauration ne
diffère pas selon le
mandataire mais selon la typologie
des objets ou des oeuvres. Bien
sûr, dans le domaine public,
les travaux ont souvent une
autre envergure.
Même sil nexiste
pas de véritable
culture de la restauration
comme en Italie, où on
va chez le restaurateur comme
chez le cordonnier, de plus
en plus de gens ont envie de
conserver les objets qui leurs
sont chers. Je commence toujours
par faire un devis de la pièce
à restaurer.
Ensuite le client décide
de me la laisser ou non. La
participation à la restauration
de la mosaïque de Vichten
reste ma plus grande aventure.
Jai eu la grande chance
de participer à son sauvetage
dès le début.
Encore étudiante jai
pu aider léquipe
du Musée national à
extraire la mosaïque du
sol, ensuite à assister
aux nombreuses phases de conservation
et de restauration, pour enfin
pouvoir laménager
dans le musée national
dhistoire et dart
rénové en 2002.
Actuellement, jai un mi-temps
en tant quemployée
auprès du service culturel
de la Ville de Differdange et
un mi-temps en tant que travailleur
intellectuel. Cela me permet
de rester assez flexible .
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Rencontre avec Camille Penen,
jeune restauratrice de tableaux
Cedies
: Pourriez-vous nous
parler de votre métier
?
C.
Penen : Le métier
de conservateur-restaurateur
nest actuellement toujours
pas reconnu par les instances
administratives et est donc
non-protégé. Ceci
mène à ce que
tout le monde puisse simproviser
« restaurateur doeuvre
dart » et poser
des actes maladroits, destructeurs
et irréversibles sur
une quantité importante
doeuvres dart de
notre Patrimoine.
Antiquaires et brocanteurs ont,
le plus souvent par soucis déconomie,
des initiatives malheureuses.
Artistes et décorateurs
altèrent ou transforment,
par absence totale dhumilité,
les oeuvres en tant que documents
et transgressent les droits
moraux des auteurs des chefs-doeuvre.
Bricoleurs et particuliers posent,
par méconnaissance ou
ignorance de lexistence
de la profession, des actes
irrécupérables
(nettoyage avec des recettes
de grand-mère : oignons,
pommes de terre, cendres de
cigares, savon trop agressif,
ou suivent des recettes
de livres, du style : Comment
restaurer soi-même .
La restauration est un art et
non une recette. (
) Un
produit chimique nest
quun adjuvant plus ou
moins précieux du restaurateur
: et tout, réussite ou
échec, dépend
en dernier ressort de sa sensibilité
de perception, de son oeil,
de son doigté.
Cedies
: Pourquoi avez-vous
opté pour la restauration
dart ?
C.Penen
: Cest un intérêt
que jai depuis toujours
pour les expositions dart
et les musées.
Jaime les beaux objets
qui racontent une histoire rien
quen les observant. Dans
le métier de
restaurateur, on peut voir des
objets beaucoup plus en détail
que quiconque et encore plus
apprécier le travail
de lartiste.
Cedies:
Où avez-vous suivi votre
formation ?
C.
Penen : Le jour où
je me suis décidée
à devenir restauratrice,
jai suivi la section peinture
au
Lycée Technique des Arts
et Métiers. Pendant cette
période, jai effectué
deux stages de deux semaines
chez deux restauratrices afin
dêtre certaine que
le métier me conviendrait.
Suite à cela, sachant
que je ne voulais pas faire
de la restauration comme loisir
ou en amateur, mais comme professionnelle,
jai suivi trois ans détudes
(cycle court) à lÉcole
supérieure St Luc à
Liège. Les études,
ne suffisant pas à mon
but recherché, jai
continué à faire
des stages dans différents
pays (Allemagne, Grèce
et Brésil).
Cedies
: Pourquoi avez-vous
choisi cette école ?
Etiez-vous contente de votre
choix ?
C.
Penen : Jai choisi
St Luc parce que cétait
une école qui proposait
une formation de restaurateur
en cycle court. Sil est
important de bien connaître
la théorie, la pratique
est également très
importante. Une école
ne procure pas toute lexpérience
nécessaire. On est obligé
de continuer à faire
des stages afin de connaître
le maximum de techniques et
de trouver celles qui seront
idéales pour restaurer
une oeuvre.
Cedies
: Quest-ce qui
est essentiel à vos yeux
lorsque vous commencez une restauration
?
C.
Penen : Le métier
de restaurateur est un métier
merveilleux. Comme tout métier,
on doit toujours continuer à
se former. Cest un métier
de patience, il faut avoir une
main sûre et minutieuse.
Il faut avoir un respect pour
toutes les oeuvres, tant les
chefs-doeuvre que les
croûtes.
Quand, on commence une restauration,
il faut être conscient
quon va intervenir sur
un objet , et que cette intervention
peut à tout moment être
irréversible. Lapproche
est un peu comme celle un médecin
envers son patient. Chaque patient
a son problème et réagit
différemment.
Cedies
: Comment évolue
la profession à Luxembourg
?
C.
Penen : Comme je lai
déjà expliqué,
le métier nest
pas reconnu et nest donc
pas protégé. Tout
le monde peut se nommer restaurateur.
Même si les musées
ont leurs propres restaurateurs,
nous
sommes considérés
comme des inclassables. La Chambre
des Métiers reconnaît
les restaurateurs
de meubles, mais ne reconnaît
pas les restaurateurs de tableaux.
On a voulu me classer à
un moment donné parmi
les carrossiers-peintres. Suite
à mon étonnement,
on ma dit que mon métier
nétait pas classable
et donc trop marginal.
Or, le métier de restaurateur
de tableaux est un métier
très précis. Si
on veut rester dans le
professionnalisme, on ne peut
pas se diversifier. Chaque restaurateur
a sa spécialisation et
doit éviter quun
érudit touche et restaure
nimporte comment une oeuvre.
Cedies
: Quelles qualités
doit avoir le restaurateur dart
selon vous ?
C.
Penen : Le restaurateur
doit être une personne
extrêmement calme et patiente.
Il doit être conscient
de sa responsabilité
lorsquil « touche
» à une oeuvre.
Il doit intervenir au minimum
sur une oeuvre et surtout ne
pas ajouter sa touche personnelle.
Il doit pouvoir comprendre loeuvre,
son cheminement dans le temps,
mais également le temps
que loeuvre a vécu,
cest-à-dire accepter
les anciens et les nouveaux
défauts dune oeuvre.
Dans le métier de restaurateur,
on ne peut jamais pousser les
clients à consommer.
Il faut justement les freiner.
Il faut donc être également
très honnête envers
soi-même.
Cedies
: Quel avenir pour les
jeunes restaurateurs à
Luxembourg ?
C.
Penen : Le métier
est très à la
mode en ce moment, mais est
toujours considéré
comme un loisir (cours du soir,
livre avec des titres comme
« comment restaurer soi-même
»). Tout le monde peut
se nommer restaurateur. Le nombre
de restaurateurs professionnels
en tableaux, vivant et travaillant
au Luxembourg se compte sur
les doigts dune main.
Ce qui est déjà
beaucoup pour notre petit pays.
Je dirais que les chances au
Luxembourg sont très
petites. Il faut être
prêt à partir à
l'étranger ou avoir un
autre emploi à côté.
Consultez
la fiche métier du
Restaurateur
d' oeuvres d' art
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