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  Interviews : Sculpteur (2 interviews)


L' Interview d' un Sculpteur vu par ART11


Interview de Jean-Pierre GREUZAT, Sculpteur



Jean-Pierre Greuzat, est-ce tout de suite après vos études aux Beaux-Arts que vous êtes devenu sculpteur sur pierre ?

J'ai d'abord choisi la mosaïque, cela m'a permis de travailler des pierres très différentes que je pouvais assembler. Il y a la mosaïque en pierre, en verre, en pâte de verre... moi j'ai commencé par la mosaïque murale puis en volume. J'ai réalisé des masques, on peut dire que c'était déjà des divinités...

Justement dans votre démarche artistique quelle est la place du présent et celle du passé ?


Je sculpte des mondes qui ont une résonance à la fois dans le passé mais aussi dans le futur, c'est comme ça que je vois les choses. En fait ça a commencé avec la création du monde, le Big bang: une concentration de matière qui s'est éclatée pour former l'univers. Cette déesse-mère qui va donner la vie. Mes premières déesses-mères sont préhistoriques par leur apparence, et universelles sortant d'un galet elles représentent la forme primitive de l'univers. Mes sculptures sont des morceaux de temps vue par l'homme. Un temps immuable. Ce sont des morceaux de galaxies...

A quoi correspondent vos planètes-cités ?


Elles se trouvent quelque part dans l'univers. Leur apparence dépasse la simple vision du caillou. J'ai imaginé des êtres vivant sur ces planètes-cités dans un autre espace-temps.

Quand vous trouvez un galet vous pouvez à vue d'oeil déterminer ce qu'il va représenter ?


Je travaille par thématique, par collection. Pour tout dire mes sculptures sont une famille et fonctionnent d'ailleurs en famille ! Il y a des moments où ce seront des galets tout ronds comme des planètes d'autre fois des pierres plates pour la réalisation des divinités et des guerriers, c'est une démarche différente selon l'instant.

La période des guerriers se situent à quel niveau de votre démarche artistique ?

C'est la dernière étape, celle qui correspond à la mythologie réinventée , ils représentent ceux qui font et défont le monde. Ils ont fabriqué l'histoire récente, des barbares anciens aux soldats modernes.

Mais au fond comment l'idée de créer des guerriers vous est venue ?

J'ai rêvé, je devais avoir 7 ans, que j'étais tué à la bataille de Crésy, vers 1530. J'ai reçu une lance côté cœur, puis j'ai assisté à la bataille vue d'en dessous, les chevaux passaient, j'entendais des bruits affreux, de cris, d'horreur... évidemment je ne vis pas avec ses réminiscences tous les jours mais elles sont restées là, c'est comme l'impression d'avoir vécu au paléolithique. Quand j'étais petit je construisais des huttes néolithiques sur pilotis et je savais parfaitement ce que je faisais.

Et c'est en Corse que vous allez chercher vos pierres avant qu'elles ne deviennent des guerriers ou de belles déesses ?

En Corse, au bord de la mer. En fait sous l'eau. J'ai un site privilégié inaccessible par la terre et difficile par la mer. Là ce sont d'anciens glaciers, des pierres morainiques roulées par les glaciers et rejetés à la mer.

C'est un travail de force d'aller chercher les pierres sous l'eau ?

Je ne ramasse pas toutes les pierres sous l'eau, mais les plus grandes y sont alors ... elles descendent sur la grève, en fait elles sont entraînées par leur poids, les plus petites sont repoussées par les vagues ou les tempêtes. Les galets, ce sont des milliards de chocs entre les pierres, c'est ça qui leur donne leur forme. Disons qu'elles s'auto-sculptent. Vous savez qu'en Corse seule la pierre travaille !

Et pourquoi la Corse ?

Je vais aussi en Bretagne, je travaille le granit parce que c'est une pierre très dure. On en trouve sur tous les rivages granitiques primaires. C'est une pierre qui vient des volcans ; elle est composée de quartz, de mica et de feldspath. Sous les couches de granit on trouve des roches plus fluides, des couches de laves qu'on appelle les diorites. Elles vont du vert foncé au noir, c'est une merveille. Elles étaient utilisées par les Egyptiens et les Assyriens. Eux-aussi avaient leurs carrières.

Votre activité de sculpteur est en rapport avec la géologie et l'archéologie ?

Géologie : histoire de la terre, archéologie : histoire de l'homme ! C'est la synthèse de mon travail, un alliage des deux. Nous les sculpteurs nous disons que la sculpture doit être habitée...

C'est une belle leçon de géologie et d'archéologie que vous nous donnez-là !

Vous savez quelle est la plus belle pierre ? La pierre la plus belle à mes yeux fait 3 mètres de haut, elle est plate, ovale et pèse 2 tonnes et elle est dans une matière sublime ! Je la cherche encore: La quête du GRAAL !!

Marie-Pierre Cattino.


Le Sculpteur Giacometti vu par France2


L'exploration de la figure humaine

Giacometti se dit dépassé par ce qui sort de ses mains, comme par une création involontaire : « Depuis des années, je n’ai réalisé que les sculptures qui se sont offertes tout achevées à mon esprit, je me suis borné à les reproduire dans l’espace sans rien y changer », dit-il. Il affirme qu’il ne « reconnaît la sculpture qu’une fois faite ».

La figure humaine, et en particulier les têtes, est centrale dans l’œuvre de Giacometti. Son frère Diego et sa femme Annette sont de fidèles modèles. Mais ils ne sont qu’un prétexte et se mélangent avec d’autres. Giacometti écrit : « Aucune figure humaine ne m’est aussi étrangère, même plus un visage de tant l’avoir regardée. »

Après sa période surréaliste, les figures s’allongent, plâtre sur fil de fer, c’est l’Homme qui marche, la Jambe. Esquisses et séries en sont exposées, dans le cadre de l’atelier.

Dans les années 1930, Giacometti représente aussi son amie Isabel Delmer, une artiste anglaise, puis, plus tard, des personnalités comme Marie-Laure de Noailles ou Simone de Beauvoir.

Il travaille en particulier sur la tête et le buste. Les formes s’arrondissent, prennent plus de volume. Dans les années 50, de toutes petites têtes surmontent des torses imposants. Les bras, parfois, s’allongent de façon démesurée (Homme assis, 1965).

Ses derniers modèles sont Caroline, sa dernière passion, et le photographe Eli Lothar.


Propos de Corinne JEAMMET pour France2
Crédit France Télévisions Interactive



L' Interview d' un Sculpteur vu par ART11


Interview de Maki GEORGEON, Sculpteur

Comment concevez-vous votre travail de sculpteur ?


Pour moi sculpter c'est une respiration. Si je ne travaille plus, je m'asphyxie .


Vos sculptures vont souvent vers une élévation des formes...

J'en ai pris conscience à travers le regard des autres, mais c'est aussi une question d'espace, à une époque n'ayant pas assez d'espace, cela a dû influer sur mes formes.


Il y a peut-être aussi une idée philosophique derrière vos formes ?

Aussi. Je pense que c'est un tout. Peut-être un désir de m'éloigner le plus possible de la terre . Non, en fait le sculpteur a bien les pieds sur terre.


Quand vous commencez une pièce avez-vous déjà une idée préétablie ou pas du tout ?

Jamais. Quand on commence un travail avec la terre, on peut prendre une direction différente, selon ce qu'on veut faire, mais moi j'ai des structures en fer avec du mortier dessus, c'est quelquefois les structures qui décident, et je suis ce que je vois apparaître.


Pourquoi avoir choisi le mortier comme matériau ?

Je ne l'ai pas choisi mais découvert aux Beaux-Arts pour mes étudiants et je l'ai appliqué pour moi-même. Je trouvais qu'on pouvait le travailler en direct. La matière, vous savez, vit si on la fait vivre ; ce matériau-là est inerte. Ce n'est pas la même chose avec le bois ou la pierre qui ont déjà une vie propre avant d'être transformés. La matière prend vie quand on lui donne vie ! Un sac de mortier n'a jamais eu de vie propre ! .

Dans vos mondes on ressent une forte impression d'immobilité...


Quand on est seule dans son atelier et quand on y travaille une journée entière selon ses forces, c'est qu'on aime le silence. La qualité du silence est aussi important que le dialogue que j'avais établi avec mes étudiants aux Beaux-Arts...

Vos sculptures laissent apparaître assez d'espace pour qu'on puisse y rentrer...

Il faut que la propre imagination se mette en marche. C'est la différence qu'il y a avec une belle pierre ramassée dans la nature : elle est belle, elle raconte même l'histoire du monde mais si elle est transformée, il y a l'histoire de l'homme qui s'y ajoute.

Et ces petits personnages qui surgissent...

C'est une résurgence. Pendant des années, j'ai été figurative et puis de plus en plus je me suis éloignée de la figuration - sans être pour autant devenue abstraite - et puis un jour j'ai vu réapparaître, dans ce que j'ai appelé : "Les portes", un personnage. Et aujourd'hui ils sont repartis !

Pour vous c'est un bonhomme ou un personnage ?

Pour moi sculpteur, c'est la forme qui compte. La forme des personnages est importante par rapport au vide qu'il crée autour de lui dans les endroits où il réapparaît.

Mais ce personnage aurait-il pu se transformer en autre chose, en animal par exemple...

Non. Il y a peut-être un côté animal à cause des pattes et du bec... mais il s'agit d'habitat : ma dernière pièce est un mélange d'humain et de construction.

Je vois dans vos sculptures une coexistence : raffinement / primitif...

Bon. On porte tous du primitif en nous, c'est sûr et certain, et la culture qu'on reçoit, quand on voyage, quand on va au musée, dans des structures... c'est une culture qui apporte certainement le sens de l'équilibre, le rapport d'espace, de volume, je pense quon doit l'intégrer et le ressortir, en évitant l'esthétisant. Parce que l'esthétique pour l'esthétique ce n'est pas vivant !

Vos dernières sculptures sont donc des habitats montés sur pied avec un côté animal ...

On est fait de mélange d'animal. L'homme a encore des restes de réflexes violents : tout cela coexiste. Dans les mythes, les religions anciennes l'animal y est souvent associé. C'est la religion chrétienne qui a séparé le monde animal du monde de l'homme. Les religions orientales ou moyen-orientales ont gardé le tout très mélangé !

Je vois à la fois un retour à la terre et un art allié à la simplicité des formes ...

J'ai épuré mes formes, au fur et à mesure, mais dans tous les cas rien n'est jamais une volonté. Du reste, chaque fois que j'ai été plutôt volontaire, "c'est" parti à la poubelle !

Quand je regarde votre travail, il me vient un titre : "l'errance aux pays des origines" !

Je suis beaucoup plus intéressée par les origines de l'homme que les prochains voyages dans l'espace. Je me sens beaucoup plus proche de la terre et de son histoire - inquiète de la voir continuer que d'une projection dans d'autres mondes. La terre est porteuse d'une longue histoire...

Cela se voit aussi bien dans les formes que dans couleurs que vous utilisez...

Oui les mondes, comme le minéral, ont tous une couleur particulière. On peut trouver des bleus de la mer absolument extraordinaires, jamais un bleu n'équivaut à un autre... Le sable, le plus blanc que j'ai vu jusque-là se trouve sur les berges du fleuve qui va du Laos au Cambodge et en suite au Vietnam. C'est d'autant plus étonnant que tout autour la végétation y est luxuriante. Il y a des pays où il y a peu à voir des restes d'art, mais de par les couleurs la nature est riche, et ce rapport de couleurs laisse des souvenirs impérissables !

Il y a des sculpteurs qui travaillent dans la masse, pas vous.

Oui des sculpteurs qui sont plus solides au sol: les tailleurs, mais c'est une démarche tout à fait différente, il partent de l'extérieur pour tailler vers le centre alors que moi en tant que modeleur, - ce que je suis même si je travaille le béton en direct-, je crée des structures donc je pars du centre pour aller vers l'extérieur. C'est la démarche inverse.

"Seul l'esprit s'il souffle sur la glaise peut créer l'homme." Antoine de Saint-Exupéry - Terre des hommes - cette phrase me vient à l'esprit...


Bon, il n'est pas de glaise mais j'ai parfois l'impression qu'il est autonome. Souvent il me guide. Quand je doute, que j'hésite à "aller faire un tour à la poubelle" comme je dis, et que malgré tout je sens quelque chose d'autonome persister, là je me dis : Il faut continuer car quelque chose va sortir. C'est le signe !

Et l'idée de s'élever vers le ciel, pouvez-vous l'expliquer ?


Je crois que depuis que l'être humain s'est posé des questions sur l'après de sa vie ; quand il a commencé à enterrer ses morts et non plus à les consommer, il a pensé qu'il y avait quelque chose d'autre qui existait - disons qu'à une époque il a porté ses regards vers le ciel. Est-ce à cause du soleil, des étoiles ou de la lune ? En tout cas il a tourné ses yeux de ce côté-là !

Votre travail participerait une ascension vers les astres ?

Non pas en soi. Plutôt la terre et l'esprit. Ce sont les hommes qui ont créé les dieux.

Maki - Georgeon



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