- J’ai arrêté l’école
en quatrième, je n’ai donc
pas fais de troisième générale
au collège. Je me suis spécialisé
dans le dessin en perspective et histoire
de l’art. Ensuite j’ai travaillé
dans une agence de publicité notamment
en packaging. Je suis parti en Inde où
je me suis initié à la sculpture
sur pierre. J’ai par la suite travaillé
dans la décoration intérieure
et dans le milieu de la bande dessinée.
Ensuite j’ai travaillé au club
Med et j’ai aussi fais de la sérigraphie
sur des tee shirts.
> Quelle est votre formation ?
- Je suis allé en Espagne suivre
une formation théorique de 15 jours
puis j’y suis resté pendant
six mois. J’ai appris à tatouer
sur des peaux de porcs et effectué
un stage de trois jours dans un hôpital
afin d’acquérir des connaissances
en dermatologie. Ensuite j’ai fait
quatre tatouages gratuits sur des volontaires
défavorisés puis j’ai
exercé le métier de tatoueur
dans le sud de la France. Ensuite je suis
arrivé à Lille dans cette
boutique.
> Quelles sont
les qualités nécessaires à
l’exercice de la profession ?
- Il faut être calme, habile manuellement,
rigoureux et donc ne jamais banalisé
le travail. Le tatoueur doit évidemment
être hygiénique et savoir rassurer
les clients. Je dois aussi prendre du recul
par rapport à la douleur (toute relative)
des clients afin de me concentrer sur le
tatouage.
> Quels sont
les inconvénients de la profession
?
- Plus qu’un inconvénient il
s’agit d’un risque majeur :
la contagion sanguine. Un inconvénient
considérable résulte de l’attrait
des jeunes mineurs pour les tatouages. Effectivement,
ces derniers ont une peau trop jeune pour
être tatoués : le tatouage
va mal vieillir puisque leur peau va continuer
à se modifier avec leur croissance.
Un autre inconvénient consiste à
être tributaire de l’hygiène
des clients. Si le client ne respecte pas
les règles d’hygiène
essentielles il gâche notre travail.
> Avez-vous un point positif novateur
à mettre en évidence ?
- Oui, le fait que les clients sont de plus
en plus divers. Aujourd’hui, des individus
très différents viennent se
faire tatouer. Un autre point positif résulte
du dialogue qui existe depuis peu entre
tatoueurs et professionnels de la santé.
> Quels sont les avantages la profession
?
- Je suis mon propre patron en quelque sorte
même si la boutique n’est pas
à moi, je suis libre de travailler
comme je l’entends. C’est un
métier libéral.
> En quoi consiste
le travail ?
- J’injecte de l’encre dans
la deuxième couche de peau, à
savoir dans le derme. A l’aide des
aiguilles je fais partir l’épiderme
(première couche de peau) en marquant
le derme avec des pigments. Et ce sans toucher
à l’hypoderme. Tout l’art
du tatouage consiste donc à appuyer
suffisamment mais pas trop. En définitive,
on tatoue sous la peau.
> Avez-vous
des conseils pour les jeunes qui souhaitent
devenir tatoueurs ?
- Il est nécessaire de dessiner depuis
longtemps avant de tatouer. Puisque en définitive,
tatouer c’est dessiné sur un
élastique. Evidemment il ne faut
jamais se décourager et persévérer
afin de devenir professionnel et d’exercer
sa passion.
Atout Métier
vous aide à définir l'orientation
qui vous convient le mieux. Cet outil est
destiné aux étudiants, aux jeunes
diplômés, aux demandeurs d'emploi,
ainsi qu'à tout individu en poste qui
souhaite faire le point sur son projet d'évolution
professionnelle et personnelle. En
savoir plus ...
Grenade. Le tatoueur
répare les accidents de la vie
Un commerce nouveau vient d'ouvrir à
Grenade, Stylisticorpus,www.stylisticorpus.com.
Pour beaucoup cette activité est
associée aux marginaux mais ce métier
a plusieurs volets.
Tout le monde connait le tatouage Fun, rétro,
custom ou ethnique. Isabelle qui a quinze
ans d'expérience explique: «
Le mot tatouage vient de Polynésie,
c'est un usage aussi vieux que les sociétés
humaines de tous les continents. Cela n'a
plus vocation mystique ou de rituel clanique.
Les tatouages, piercing et implans de bijoux,
sont devenus une démarche intime,un
rapport au corps fun et nouveau. C'est banal
et un choix esthétique très
privé.»
La réparation
de l'apparence
Le tatouage a un autre rôle, c'est
la démarche réparatrice. Isabelle
dévoile son métier : «Nous
avons aussi une activité associée
aux hôpitaux. C'est peu connu.
Le tatouage réparateur est fait pour
ceux qui ont été brûlés,
accidentés, atteints par des traitements
ou opérés à répétition.
Le tatouage permet de refaire une aréole
mammaire sur un implant, des sourcils, une
pigmentation détruite, une calvitie.»
Travailler à
proximité
Que cette activité s'implante à
Grenade, étonne. Isabelle et Fred
ont fait une étude. Grenade est un
carrefour entre Gers, Tarn, Tarn et Garonne
et nord Toulousain. «Nos clients sont
ravis. Nous travaillons à deux. J'adore
la qualité de vie à Grenade
où j'habite depuis 3 ans. J'économise
deux heures de transport par jour, en n'allant
plus travailler à Toulouse. Nous
avons créé un studio laboratoire
avec toutes les conditions d'hygiène,
d'organisation de sécurité
et d'outils à usage unique ou à
stérilisation par autoclave. Notre
métier est très contrôlé.
Nous sommes les seuls dans cette activité.
Fred est tatoueur, moi aussi, plus, dermographe
et pierçeuse.» tel: 06 16 18
90 18.