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Accrochées
fièrement aux fronton des fermes,
clouées sur les portes des box, les
plaques de concours font, en Normandie
comme un peu partout en France, partie
du paysage agricole et rural.
A peine six petites entreprises se
partagent le marché national. Dans
l'Orne, c'est Pierre Bloomfield qui
perpétue cette tradition datant du
XIX ème.
A Athis-de-l'Orne se situe la dernière
fonderie de plaque de concours de
Normandie. Créée il y a plus de cinquante
ans c'est Pierre Bloomfield qui dirige
cette micro entreprise. Deux salariés
seulement mais une pléthore d'idées
pour développer cette fabrication
artisanale et originale.
Le parcours de Pierre Bloomfield est
plutôt atypique. "J'ai trouvé ça sympa,
original dit l'ancien analyste programmeur,
j'ai l'esprit ouvert et créatif, un
peu touche à tout, j'ai donc plongé
et appris ce métier sur le tas".
Aujourd'hui 10 000 plaques de concours
sortent annuellement de l'atelier.
Une technique qui n'a guère varié
depuis l'origine de cet artisanat.
Aluminium de récupération fondu à
800·, des matrices où sont composées
les textes ...
Les lettres sont ensuite fixées à
la cire de bougie et dans du sable
humide on crée l'empreinte qui deviendra
moule.
Après le coulage vient le démoulage,
les opérations de nettoyage et de
peinture.
La couche principale est cuite deux
fois pour lui donner tout son brillant,
la dernière étape consistant à tamponner
les reliefs à la dorure.
"Et chaque plaque est une pièce unique,
entièrement réalisée à la main" explique
Pierre Bloomfield. Si la fonderie
d'Athis-de l'Orne fonctionne aujourd'hui
de manière satisfaisante, les traditions
de fabrication n'empêchent pas l'innovation.
Dans le domaine créatif d'abord. "Nous
prêtons beaucoup d'attention à la
qualité typographique, aux blasons
des villes par exemple que nous remettons
en exergue.
Les plaques s'affinent, prennent de
la couleur.
Enfin "dit encore le fondeur ornais,
"on crée aujourd'hui des plaques qui
tranchent avec le traditionnel ovale
rouge et or." Et ça marche. Diversification
réussie notamment dans les plaques
et numéros de rues qui égayent ainsi
certaines communes rurales.
Ainsi donc se pérennise une activité
et un savoir faire qui faillirent
disparaître.
Cela n'empêchera pas les technologies
modernes de prêter main forte à cette
forme d'artisanat d'art. Un programme
de gravure assisté par ordinateur
va être mis en place. Une chose qui
ne fait pas du tout peur à l'ancien
informaticien, on s'en doute. |