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Matelassier du
bonheur
TOULOUSE- DUPUY. DEPUIS TRENTE ANS BERNARD
S'APPLIQUE À REFAIRE LES MATELAS
AVEC PASSION.
Il a gardé le look des années
soixante-dix. Cheveux longs et allure
décontractée, juvénile.
Est-ce sa profession tournée vers
le sommeil et la détente qui confère
à Bernard, 57 ans, cet air d'éternel
adolescent? Bernard est matelassier. L'un
des derniers dans la ville et même
la région. Ce métier difficile,
il l'a appris sur le tas, au fur et à
mesure. «J'aime le travail artisanal
et manuel, déclare-t-il.
Dans sa boutique située place Dupuy,
Bernard s'applique à retaper les
matelas en laine naturelle de mouton.
Un amoncellement de coussins, de couettes
en duvet d'oie, donnent au lieu un aspect
de quiétude. Même si dans
l'air flotte constamment une poussière
blanchâtre.
A l'heure des matières synthétiques,
qui peut confier son matelas à
Bernard pour lui donner une seconde jeunesse
?
«Beaucoup de retraités, bien
sûr, répond celui-ci. Mais
aussi des jeunes qui tentent un retour
aux sources, au naturel». Sur un
simple coup de fil, le matelas est refait
dans la journée. «Je rajoute
de la laine, je change la toile. Tout
cela est fait à la main».
Bernard réalise aussi des matelas
neufs.
Métier écologique
Dans la boutique de Bernard, sont installées
des machines d'un autre âge. Une
cardeuse pour étirer la laine,
la regonfler et la disposer selon la taille
du matelas. Au milieu pour une personne,
sur les côtés pour deux personnes.
Il y a aussi tout un tas d'aiguilles,
de fils.
«Auparavant, j'ai longtemps travaillé
dans la laine de verre, reprend Bernard.
J'ai simplement changé de laine».
Ce métier, Bernard ne le quitterait
pour rien au monde. Liberté et
petit noir avec ses copains sont les «plus»
qu'il apprécie. «Je suis
un peu le matelassier du bonheur».
En 1928 était installé un
bourrelier au même endroit. La fin
de l'utilisation en bord de fleuve des
chevaux de halage l'a fait disparaître.
Matelassier, un métier en voie
de disparition même si la vogue
écolo tente à le remettre
au goût du repos du public.
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