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Philippe,
magasinier chez un concessionnaire
automobile
La journée de Philippe
commence à 8h avec la
réception et le déchargement
des commandes. Il existe deux
types de commandes, celles qui
sont urgentes et quotidiennes
et les plus importantes qui
ont lieu une fois par semaine.
"Le déchargement
n'est pas très physique.
Les pièces sont
beaucoup moins lourdes qu'avant
car les matériaux sont
plus légers. Les plus
grosses pièces sont aujourd'hui
composées de plusieurs
petits éléments.
Une femme peut d'ailleurs sans
problème être magasinière."
A chaque arrivée de commandes,
Philippe rentre les quantités
dans son logiciel de gestion
de stock grâce à
une manipulation informatique
qui lui évite de tout
retaper. "Il est important
de toujours savoir ce que je
possède en stock. Ce
métier exige d'être
rigoureux et organisé.
Un certain nombre
de tâches doivent être
faites quotidiennement. Il ne
s'agit pas de laisser traîner
des bons de commande sur n'importe
quel coin de table !"
Les pièces sont ensuite
rangées selon un plan
de classement précis.
Philippe nous emmène
dans le stock pour nous expliquer
le mode de rangement. "Je
mets de côté les
pièces "urgentes"
commandées la veille
pour les retrouver plus rapidement
lorsque le client viendra les
chercher. Les autres pièces
sont classées selon leur
catégorie. A chaque référence
de pièce correspond un
lieu de stockage. Il s'agit
d'une suite de chiffres et de
lettres qui indique la localisation
géographique
de la pièce dans le stock.
Il faut donc être très
rigoureux, méthodique
et logique pour faire ce métier.
Il est hors de question de ranger
les pièces n'importe
où, je dois être
capable de les retrouver tout
de suite."
La vente, directe ou par téléphone,
représente 75% de l'activité
de Philippe. "Il s'agit
à 90% de garagistes ou
des mécaniciens de l'atelier.
Les 10% restant sont ce qu'on
appelle des "clients comptoirs".
Ce sont des particuliers qui
viennent directement acheter
une pièce. Il faut avoir
une bonne réflexion pour
comprendre la demande. La mécanique
est de plus en plus technique
et même les garagistes
ne nous donnent parfois pas
la bonne appellation de la pièce."
A ce moment-là, un "client
comptoir" vient acheter
une pompe à eau. Philippe
lui pose des questions sur sa
voiture. "Pour répondre
à ce monsieur, je dois
trouver la référence
de la pièce qui correspond
à sa voiture. Dans ce
cas précis, je la connais
de tête, ce qui me permet
de gagner du temps." Philippe
connaît près de
3000 des 6 000 références
du stock. "J'ai une bonne
mémoire, ce qui est très
utile. Avec le temps, on finit
par savoir par coeur les références
les plus demandées. Il
n'est pas forcément nécessaire
de connaître la mécanique
pour faire ce métier,
mais c'est un plus. Moi, par
exemple, je suis plâtrier-peintre
de formation. Dans le cas où
je dois chercher la référence,
j'utilise un logiciel qui me
la trouve en fonction du modèle
du véhicule."
"J'entre alors cette référence
pour voir si je l'ai en stock.
Le logiciel m'indique le nombre
de pièces en stock et
le lieu de rangement."
Une fois revenu de l'entrepôt,
Philippe tape la facture qui
est ensuite envoyée au
service facturation où
le client va payer. La pièce
vendue est automatiquement déduite
du stock. "Ce n'est pas
spécialement un métier
physique, mais comme vous le
voyez, je fais sans arrêt
des allées et venues.
Je suis également presque
toujours debout. Au maximum,
je suis assis 2 heures par jour."
"Si jamais je n'ai pas
la pièce, je passe une
commande auprès de l'usine
de ma marque. Si elle n'est
pas disponible, j'essaye de
trouver une solution. J'appelle
notamment d'autres concessions.
En dernier recours, je propose
le prêt d'une voiture."
La relation avec la clientèle
est primordiale. "La concurrence
avec les autres garages ou les
accessoiristes toutes marques
est très importante.
Il faut fidéliser le
client en étant efficace
et agréable."
Chaque jour, Philippe passe
commande des pièces urgentes.
Et, une fois par semaine, il
passe une autre commande pour
réapprovisionner son
stock. "Je passe toutes
mes commandes auprès
de ma marque. Je me sers d'un
listing qui m'indique les pièces
à commander. Je choisis
les quantités. Je reçois
également deux fois par
mois des représentants
de fournisseurs comme Bosch
à qui je peux
acheter des pièces dites
d'entretien. Ce sont les batteries,
les bougies, les filtres, les
plaquettes… Je suis responsable
et autonome dans ma gestion
du stock, je dois trouver l'équilibre
entre "le trop de stock"
et "le trop peu de stock".
Mon intitulé de poste
est d'ailleurs "gestionnaire
de pièces détachées."
J'ai un travail très
varié, je passe de la
réception aux commandes
tout en faisant de la vente.
Mais c'est un cas particulier
car il s'agit d'un petit concessionnaire.
J'ai travaillé dans d'autres
garages plus importants où,
à chaque tâche,
correspondait une personne :
un vendeur, un réceptionnaire,
un préparateur de commande…
Je suis aux 35h, mes horaires
sont 8h-12h et 14h-18h et je
travaille aussi le samedi matin.
Aujourd'hui c'est un secteur
où, je pense, il y a
du travail. Je conseillerais
d'ailleurs aux jeunes qui veulent
se lancer dans ce métier
de commencer par travailler
chez des accessoiristes automobiles.
De cette façon, ils ne
sont pas "enfermés"
dans une marque et ils peuvent
acquérir une bonne expérience.
Un magasinier avec un peu d'expérience
touche entre 1 220 et 1 530
€ bruts par mois."
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