Appartenant à la famille
des couvreurs, l’ardoisier utilise
l'ardoise pour couvrir les toits de
bâtiments neufs ou anciens.
Il prépare le support de couverture,
met en forme les ardoises, les perce
et les cloue avec un marteau d’ardoisier
ou les fixe avec des crochets. Il
pose les raccords métalliques
et veille à une parfaite étanchéité.
Le métier d’ardoisier date
d’une ère déjà
bien révolue…c’est
une tradition qui a servi à bâtir
de nombreux édifices français
tels que le Mont Saint Michel, la Cité
de Carcassonne, le château de
Foix…un métier qui mérite
qu'on s’y intéresse plus
longuement…
L’ardoisier appartient à la
famille des couvreurs, il utilise l’ardoise
pour recouvrir le toit de bâtiments.
Il prépare le support de couverture,
met en forme les ardoises, les perce et
les cloue avec un marteau d’ardoisier
ou les fixe avec des crochets.
Les ardoises ont été reconnues
pour avoir des qualités particulières
: imperméabilité, solidité,
un aspect esthétique…cela explique
sans doute pourquoi cette matière
noble est tant présente sur nos édifices.
L’ardoise procure le cachet rustique,
brut, et crée une ambiance, une originalité
à un bâtiment. Un ardoisier
est donc un spécialiste de la pierre,
mais c’est avant tout un passionné.
Les gestes se perpétuent dans une
certaine tradition car l’industrie
ne peut pas remplacer ce savoir faire. L’ardoise
est débitée, refendue puis
refaçonnée par la main de
l’homme. C’est un travail minutieux
qui nécessite de l’expérience
et une grande connaissance de la pierre.
Cependant ce métier dans sa finalité
traditionnelle risque de se perdre avec
l’utilisation moins coûteuse
de matériaux synthétiques.
C’est pourquoi les ardoisiers ont
tout intérêt à se reconvertir
en même temps que l’architecture
d’intérieure, qui demande de
nouvelles couleurs et de nouvelles textures,
ce dont est capable l’ardoise…une
passion découverte avec Epik-Art.
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« Moi je ne suis pas né
patron. J'ai commencé ici comme
apprenti pendant 3 ans. J'ai travaillé
dans l'ardoisière pendant 35
ans avant de reprendre l'entreprise.
»
L'ardoise, Marcel Peyrou connaît
sur le bout des doigts. À Labassère,
il est le gérant de la SEAL,
l'une des trois dernières ardoisières
en activité sur le département.
Il y a encore trois ans, le secteur
occupait une trentaine de personnes.
Ils ne sont plus que 8 à pratiquer
le métier. Et la suite ? Nul
ne sait véritablement de quoi
elle sera faite. D'autant que l'étau
réglementaire dont dépend
l'autorisation d'exploiter se resserre
inexorablement.
« L'érosion va continuer
» prédit Marcel Peyrou.
« Il faut savoir que la France
ne produit plus que 10 % de ses besoins.
On ne peut pas résister à
la concurrence d'ardoises venues d'Espagne
notamment. » En fait, ce qui
sauve encore les ardoisières
pyrénéennes, c'est de
savoir s'adapter à la demande,
de faire du surmesure pour la couverture,
le dallage, la cuisine…
Quoi de mieux, par exemple, pour restaurer
une toiture d'église d'utiliser
de l'ardoise de la même carrière.
D'autant que les filons, sans être
éternels, n'en restent pas
moins très fournis. Le schiste
est là, à porter de
main. D'expérience, Marcel
sait apprécier la qualité
et la quantité que chaque bloc
lui délivrera.
« On pourrait répondre
encore longtemps aux besoins locaux,
des monuments historiques »
ajoute Marcel qui ne peut se résoudre
à voir disparaître un
produit qui fit la réputation
des Pyrénées depuis
le seigneur de Labassère jusqu'à
l'exposition universelle de Paris
en 1878 où elle a obtenu la
médaille d'argent. Inquiets,
les producteurs aimeraient bien trouver
un écho favorable : le marché
du bâtiment, de la rénovation
est là, la matière première
est là… alors qu'est-ce
qu'on fait ?
Il faut emprunter un chemin pentu,
peu avant l'entrée de Juncalas,
pour accéder à l'ardoisière
de Neez, une petite concession exploitée
par Michel Labes, qui a repris l'affaire
de son père en 1989. Il en
extrait, seul, environ 150 t par an.
« C'est rien du tout »,
assure-t-il. Et moins que ça
encore depuis le 3 avril dernier,
date à laquelle l'autorisation
d'exploiter l'ardoisière prenait
fin. En attendant son renouvellement,
Michel Labes se contente de la roche
stockée pour continuer à
travailler.
Ancien électricien dans une
entreprise lourdaise, licencié
à la fin des années
« 80 », Michel Labes a
appris les gestes du métier
avec son père. D'abord, extraire
la roche: « Il faut éviter
au maximum de casser la pierre, on
utilise un explosif nitraté
beaucoup moins fort que la dynamite
», explique-t-il. Les blocs
sont ensuite transportés par
engins jusqu'au banc de sciage et
découpés en morceaux
dont la taille varie selon l'utilisation
finale de l'ardoise. Le clivage, c'est-à-dire
la séparation des nombreux
fendis qui constituent la roche, est
effectué à l'aide d'un
simple marteau et d'un ciseau. Pour
finir, les plaques d'ardoise subissent
le rondissage pour obtenir les dimensions
définitives et biseauter légèrement
les bords.
« ON
N'EST PAS AIDE »
« Je fais tout de A à
Z, je livre le produit fini »,
explique-t-il. Marches d'escalier,
parement de mur, chapeau de pilier,
aménagement de cuisine, etc.,
l'ardoise, pierre locale et résistante
- elle ne gèle pas - est aussi
utilisée pour couvrir les habitations.
« Sur un toit, ça dure
quatre-vingts ans, mais c'est une
tradition qui se perd », constate-t-il.
A l'entrée du village de Juncalas,
pourtant, des ouvriers construisent
une maison dont la toiture est recouverte
d'ardoise. « Elle vient d'Espagne
», précise-t-il, dépité.
La concurrence hispanique est rude,
en effet, et Michel Labes a l'impression
« qu'on est en train de laisser
partir un savoir-faire, on n'est pas
aidé ». Aujourd'hui,
Michel Labes ne sait pas si son stock
lui permettra de travailler longtemps.
Deux autres ardoisiers du département
partagent la même incertitude,
les autorisations d'exploitation,
d'une durée de 30 ans, s'achevant
en même temps. En attendant
les conclusions d'une enquête
publique en cours et la décision
de la préfecture, qui ne sera
probablement pas connue avant plusieurs
mois, l'accès à la carrière
du Neez est interdit par un cordon.