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Luc Verdoux,
un chaumier dans la région
BAGNERES (65) : Reconnaissance d'un
métier et d'un savoir-faire
Vendredi 23 juin, le Rotary club de
Bagnères a remis un prix sous
la forme d'un achat d'échafaudage
au seul chaumier restant dans la région,
Luc Verdoux.
Le Rotary club de Bagnères
a choisi cette année de remettre
un prix à Luc Verdoux pour
son action professionnelle. Ils ont
choisi Luc Verdoux parmi d'autres
dossiers, car il correspondait exactement
à ce qu'ils cherchaient. C'est
un métier plus ou moins en
voie de disparition et Luc a su communiquer
sa passion, il a su faire découvrir
la magie des toits en chaume et montrer
comment, avec des outils traditionnels,
on pouvait réaliser des ouvrages,
qui s'ils sont à la base purement
fonctionnels, n'en reste pas moins
des oeuvres d'art à part entière.
Luc Verdoux, de formation initiale
charpentier-couvreur- zingueur, pratique
le métier de chaumier depuis
9 ans. En 1991, le CPIE (centre permanent
d'initiation à l'environnement)
de Bagnères a organisé
une formation de chaumier car le seul
chaumier de la région, Laurent
Jumere de la Séoube, s'apprêtait
à prendre sa retraite.
Or, la vallée de Campan est
riche de maisons à toit en
chaume et la demande dans ce domaine
se fait de plus en plus forte depuis
quelques années. Il était
regrettable de devoir faire appel
à des chaumiers d'autres régions.
Pendant trois semaines, cinq jeunes
dont Luc Verdoux ont donc été
encadrés par M. Jumere sur
des chantiers de chaume. Puis cette
équipe de jeunes chaumiers
a poursuivi sa formation avec un chaumier
de Corrèze qui proposait d'autres
méthodes de réalisation
de couvertures en chaume. Et pour
finir ces cinq jeunes sont allés
en Bretagne travailler le roseau de
Camargue pour les toits en chaume.
Jusqu'à présent, ils
avaient surtout travaillé les
toits à base de céréales
et de seigle, ce que l'on trouve essentiellement
dans la vallée de Campan.
Finalement, après toutes ces
formations et après avoir pratiqué
les différentes méthodes
enseignées, Luc Verdoux se
lance dans le métier. Et, il
y a deux ans, il s'est décidé
à créer sa micro entreprise.
Il faut que
le métier de chaumier continue
dans la région!
« J'ai vu mon grand père
faire des toits en chaume, et c'est
peut-être ça qui fait
que j'ai voulu aller plus loin dans
le métier de chaumier »
explique Luc. « Il faut dire
aussi qu'actuellement, il y a un renouveau
des méthodes traditionnelles,
des matières naturelles...
et ce qui est triste c'est que si
je n'étais plus là à
l'heure actuelle, il n'y aurait plus
de chaumiers en pratique dans la région...
» Luc Verdoux espère
pouvoir perpétuer le métier
dans la région. C'est une des
raisons qui l'a poussé à
embaucher un salarié. D'autre
part, il est difficile dans un métier
comme celui là de travailler
tout seul car les chantiers sont généralement
assez lourd.
« J'essaie de pérenniser
les méthodes de travail avec
des outils traditionnels en bois,
et j'essaierai dans les années
à venir de former des jeunes
au métier de chaumier, si j'en
ai la possibilité pour que
le métier ne meurt pas dans
la région », explique
Luc.
Esthétisme,
qualité et prix compétitifs
riment avec chaume
L'avantage d'un toit en chaume comme
il le dit lui même c'est qu'on
peut le poser même sur une vieille
charpente peu régulière
(fréquent avec les granges
et les vieilles maisons) et que ça
coûte moins cher que s'il fallait
redresser la charpente pour poser
des ardoises par exemple. D'autre
part les toits en chaume s'avèrent
être de bons isolants acoustiques,
ils ont une durée de vie élevée
(30 à 50 ans) et puis, il faut
bien l'avouer les maisons traditionnelles
avec un toit en chaume... on ne peut
que rêver devant elles.
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