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  Interview d'un Plombier Chauffagiste (2 interviews)

Temoignage d'un Plombier Chauffagiste vu par ladepeche


Cet artisan novateur chasse le gaspillage


Christian Dupuy utilise une caméra thermique pour chasser le gaspillage dans les installations. Photo DDM, L. G.Plombier chauffagiste Christian Dupuy exerce ce métier depuis plus de 25 ans. Installé vers la fin des années 80 sur le secteur lauragais, l'artisan spécialiste des chaudières à fuel a toujours dans l'exercice de ses compétences, prit la mesure écologique de son environnement et comprit les enjeux fondamentaux pour la planète. Cette approche raisonnée et atypique dans la profession l'a emmené à intégrer au quotidien dans sa pratique artisanale et aux contacts de sa clientèle, la notion de développement durable en proposant toujours la solution de chauffage et d'isolation la mieux adaptée au confort de vie de ses occupants en privilégiant l'optimisation de la consommation d'énergie. L'artisan argumente en rappelant que « dans tout projet de construction ou de rénovation, tenir compte de l'environnement c'est avant tout construire avec le climat et non pas contre lui ». Pour lier l'acte à cette parole citoyenne, Christian Dupuy s'appuie sur la technologie infrarouge pour s'inscrire davantage dans cette démarche globale de lutte contre les émissions de CO2.

visualiser l'invisible


Ainsi récemment l'artisan s'est doté d'une caméra thermique pour visualiser l'invisible soit l'efficacité d'un système d'isolation et ainsi avancer des priorités dans les actions correctives à apporter. Monsieur Dupuy précise les usages d'application de l'outil : « Le principe de la thermographie infrarouge permet de visualiser la température de surface des objets. Avec l'apport de cette technologie, les champs d'application de la caméra sont étendus avec par exemple la mise en évidence de défauts de construction ou de déperdition de chaleur notamment par détection de fuites d'air, de défauts d'isolation ou de ponts thermiques. Ce diagnostic infrarouge peut aussi apporter des explications sur des difficultés de chauffage dans le cas de fuites ou prévenir des problèmes d'humidité ou encore être un complément au DPE (*) obligatoire lors de vente de logement ». La batterie d'interventions qu'offre cette technique à une profession de terrain ouvre de nouvelles perspectives en parfaite harmonie avec une philosophie de vie écologique. Une micro-initiative locale qui vient s'ajouter avec pertinence à la tendance actuelle initiée récemment par le « Grenelle de l'environnement ».

Contact : 06 75 48 95 97.

Cet artisan novateur chasse le gaspillage. Publié le 11/12/2008 | LaDepeche.fr .


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Interview d'un Plombier Chauffagiste vu par Mip-louhans


Jean-Louis, titulaire des CAP thermique et sanitaire, est installé à son compte depuis 28 ans. Il
emploie une secrétaire et deux ouvriers.

Comme les autres professionnels du bâtiment, le plombier effectue un travail très varié. "On peut
faire de l'installation comme de la réparation, du sanitaire ou du chauffage, travailler sur un
chantier neuf ou de rénovation, dans des bâtiments habités ou non… Il m’arrive parfois aussi de faire un peu de terrassement. Par exemple, lorsque le client vient d’acheter une maison et ne sait pas où se trouve la fosse septique. Je dois alors chercher l’emplacement de la fosse. Je peux faire aussi d'autres menus terrassements pour rechercher une fuite dans le sol.

Aucun chantier ne se ressemble et c'est ce qui rend le métier intéressant. Pour ma part, je fais
75% de rénovation et 25% de neuf. Le problème du neuf, c'est que nous, artisans plombiers, nous
devons faire face à la concurrence des pavilloneurs. Quelques années plus tard, nous retrouvons les clients des maisons neuves lorsqu'ils ont besoin de faire réparer leurs installations. Je fais en sorte de travailler dans un rayon de 15 à 20 km autour de chez moi. Je ne fais pas de très gros
chantiers comme des locaux industriels. Mes clients sont majoritairement des particuliers et des
communes."

Jean-Louis a choisi de faire aussi bien du chauffage que du sanitaire. "En zone rurale, c'est la
polyvalence qui prime. Chez moi, 65% des chantiers relèvent du chauffage. Mes ouvriers sont
formés dans les deux disciplines." Il est possible de n'être qu'artisan plombier, notamment s'il travaille seul. Il fait alors surtout de l'installation de salles de bain et des réparations notamment pour des fuites, des WC bouchés, des problèmes de robinetterie … Mais il va rapidement être limité pour répondre à ses clients. Par exemple, dès qu'il va avoir des demandes de pose de chauffe-eau, il devra posséder des connaissances en gaz. "C'est surtout possible en grande ville et dans de grosses entreprises. Le plombier fait alors partie d'une équipe spécialisée."

Le dépannage représente 20% du travail de Jean- Louis et son équipe : tuyauterie gelée, chaudière en panne, fuite d'eau…. "En faisant nous même le dépannage et l'entretien des installations, nous connaissons mieux nos produits. Certains plombiers font le choix, notamment en ville, de sous -traiter cette partie du travail. En zone rurale, c'est impossible. Le client a son plombier et ne veut pas faire appel à une société extérieure pour assurer la maintenance de son appareil. Le métier est de plus en plus technique. Les chaudières sont de plus en plus perfectionnées et composées d'éléments électriques ou électroniques. Un plombier doit, à l’heure actuelle, posséder des connaissances en électrotechnique.

Avec la montée du prix du fioul, les gens se tournent de plus en plus vers d’autres modes de
chauffage comme les énergies renouvelables. Je pose maintenant des installations solaires pour
l'alimentation en eau chaude. Au niveau thermique, j'installe des pompes à chaleur qui permettent de produire du chaud avec du froid, un peu à l'inverse du frigo. C’est le principe de la géothermie. En plomberie, les matériaux ont changé et on est passé du plomb, aujourd'hui interdit, à l'acier galvanisé, puis au cuivre et maintenant au polyéthylène qui ressemble au PVC.
C’est pourquoi, il est indispensable de se tenir au courant des évolutions des produits et du matériel. Il faut se recycler en permanence en participant à des stages ou en se rendant dans des salons professionnels.

Le dépannage requiert une grande disponibilité. On peut intervenir à tout moment. Mes ouvriers sont aux 35h sur 4 jours, ils font 7h45-12h et 13h30-18h. Mais ils savent que si une réparation n'est pas terminée à 18h, ils doivent rester jusqu'à ce que l'appareil soit de nouveau en état de marche. On ne peut pas laisser les clients sans chauffage ou sans eau !"
En matière de réparation, le plombier doit sans cesse relever des défis et être capable de s'adapter à toutes les situations et à toutes les demandes.

"C'est très complexe. On doit faire un diagnostic pour comprendre ce qui ne fonctionne pas
correctement, d'où l'importance de savoir lire une notice d'utilisation d’une chaudière correctement. On doit s'adapter aux évolutions techniques. Les anciens mélangeurs sont maintenant remplacés par des mitigeurs plus compliqués à réparer. On installe aussi des adoucisseurs d'eau dont il faut changer les filtres. Quel que soit le système, nous finissons toujours à un moment donné par effectuer l'entretien et la maintenance.

Par exemple, j'ai posé mes premiers chauffages au sol il y a une vingtaine d'années. Des problèmes commencent à faire leur apparition, et vous imaginez bien que pour réparer, on ne peut pas casser tout le carrelage. Il faut trouver d'autres solutions. Généralement on a affaire à des problèmes d'embouage des tuyaux. Comme c'est toujours la même eau qui circule, de la boue finit par se créer et par boucher les canalisations. Dans ces cas-là, on vidange, on met du produit pour décaper les tuyaux, on rince et on verse un produit de traitement. Je pense qu'on va rencontrer de plus en plus ce genre de dépannage. C'est très compliqué et, à mon avis, on va voir l'apparition de sociétés spécialisées. C'est presque un autre métier."

Lorsqu’il intervient pour faire une installation sanitaire ou pour mettre un chauffage dans une
maison neuve ou en rénovation, tout commence par une rencontre avec le client. En tant qu'artisan, Jean- Louis se charge d'établir les devis et de conseiller le client.

"Il faut 2 à 3 heures pour faire un relevé de chantier. J'essaye de cibler la demande du client, je
suis à son écoute. Je lui fais des propositions et je lui explique pourquoi on fait une chose et pas une autre. Je procède à une étude thermique de la maison, c'est à- dire que je passe dans chaque pièce pour déterminer la puissance nécessaire des radiateurs et de la chaudière. Un devis c'est très important, il doit correspondre à la facture que je présenterai plus tard au client. Il ne faut donc pas se tromper. C'est une chose qui s'apprend avec le temps. Un artisan doit être aussi commercial pour vendre son devis et argumenter. Les clients font faire des devis à plusieurs plombiers avant de prendre une décision. Il faut essayer de s'imposer face à la concurrence.

C’est pourquoi on ne peut pas se mettre à son compte directement après l'obtention du diplôme. Je considère, pour ma part, que 5 à 10 ans sont nécessaires avant d'envisager de devenir artisan. Au cours de ces années, le plombier va rencontrer de nombreuses situations qui vont lui permettre
d'engranger de l'expérience. Sinon, il sera incapable d'établir un devis correct, de faire les bonnes
estimations. Quelqu'un d'inexpérimenté risque de se décrédibiliser et de perdre sa clientèle."

Jean-Louis souhaite d’ailleurs mettre en garde les futurs artisans sur le rythme de travail bien différent de celui d'un salarié. "Un artisan doit être particulièrement disponible. Les rencontres avec les clients et la réalisation de devis se font souvent les samedi, voire les dimanches matins. Un plombier à son compte commence sa journée dès 6h30 le matin et ne finit pas avant 21h30."

Une fois le devis accepté, Jean-Louis passe sa commande de fournitures. Il confie ensuite le chantier à un des salariés qui interviendra sur le chantier.
Avant de partir, le plombier prépare son matériel. "Mes ouvriers sont autonomes. Avant de partir sur le chantier, ils préparent leur matériel de manière à ne pas avoir besoin de revenir. Ils partent avec un véhicule de l'entreprise. Même si je passe régulièrement sur le chantier pour voir l'avancement des travaux, je leur fais entièrement confiance."

Contrairement au maçon, le plombier n'est pas exposé aux intempéries ce qui ne l'empêche pas de travailler dans le froid et dans des conditions pas toujours faciles (humidité…). Le métier est quand même bien moins physique qu'avant. "Nous pouvons utiliser des appareils pour lever des chauffe-eau par exemple. Les matériaux ont beaucoup évolué. Aujourd'hui, il est devenu rare d'installer des baignoires en fonte, les éviers sont trois fois moins lourds qu'avant… Je pense d'ailleurs qu'une
femme peut devenir plombier, surtout si elle se positionne sur du dépannage. Le plus dur physiquement, ce n'est pas le port de lourdes charges, mais le fait de se trouver dans des positions inconfortables. Nous sommes la plupart du temps à genoux, en train de nous
contorsionner sous un lavabo. Ce n'est pas un métier pour des personnes qui ont des problèmes de dos. Il m'est arrivé dernièrement de descendre dans un videsanitaire. Il faut ramper dans un endroit humide qui se trouve sous la maison. Ce n'est pas toujours très agréable."

Le plombier peut intervenir dans un bâtiment alors que celui-ci est occupé. Il doit alors s'adapter à son environnement. "Nous devons toujours être vigilants. Par exemple, si des enfants sont présents dans la maison, nous faisons très attention à ce que les radiateurs qui ne sont pas encore posés ne leur tombent pas dessus pendant que nous travaillons. Nous avons aussi tout un travail de préparation avant de commencer le chantier. Par exemple, nous protégeons la pièce dans laquelle nous intervenons pour ne rien abîmer. Pour cela, nous utilisons des bâches, des cartons ou des couvertures que nous posons sur la moquette, le parquet, les meubles…" Parfois, le plombier doit se transformer en déménageur et bouger les meubles lui même.

Un plombier est très souvent en contact avec le client, notamment lorsqu'il intervient dans une maison déjà habitée. "La politesse est essentielle pour faire ce métier. Il faut toujours avoir le souci de se faire le plus discret possible. Souvent, lorsqu'il part travailler, le client nous laisse ses clés. Il fait confiance au plombier C’est une chose dont je tiens compte lorsque je choisis mes salariés. Il faut aussi être propre, ne rien casser ou abîmer. Lorsque nous traçons sur un mur les emplacements des tuyaux et qu'il y a de la tapisserie, nous ne dessinons pas un gros trait, nous faisons simplement des petites croix."

Lorsque la phase de préparation est terminée, le travail peut commencer. Le plombier utilise différents outils tels qu’une scie sauteuse pour faire des découpes (saignées) dans le parquet ou une meuleuse s'il s'agit de carrelage. Pour les murs, selon la taille et le matériau, il se sert d'une perceuse, d'un perforateur (pour faire un plus gros trou), ou d’un burineur électrique (c'est un gros
burin). Pour couder les tuyaux et leur donner la forme voulue, le plombier les cintre et utilise un chalumeau pour faire les soudures.

"Lorsqu'on fait une soudure, il faut faire très attention, surtout si c'est à proximité d'une frisette, d'un escalier ou d'un parquet. Il existe toujours un risque de mettre le feu. Nous prenons beaucoup de précautions. Il faut parfois 10 minutes de préparation pour seulement 3 minutes de travail réel."
Un plombier calcule sans cesse. S'il a une canalisation à passer dans un mur, il doit transpercer ce dernier de manière à ce que le trou soit à la même hauteur de chaque côté du mur. "On ne peut pas se fier au plancher qui n'est pas toujours plat ou à la même hauteur selon les pièces. Il faut trouver un autre moyen et prendre ses mesures par exemple au plafond. On utilise beaucoup le
niveau. Un plombier fait aussi des calculs au moment du cintrage des tuyaux pour savoir à quel endroit couder le métal. C'est un travail qui demande de la précision. Autre exemple, les tuyaux doivent être installés dans une maison en respectant une certaine inclinaison pour que l'air puisse s'évacuer en partie haute. C'est aussi une chose à prévoir et à calculer."

Jean-Louis fait beaucoup d'installations utilisant le gaz. "Pour le gaz, il faut obtenir un agrément spécifique. C'est un secteur où on ne peut pas faire n'importe quoi, ce qui est normal. L'agrément est délivré par un organisme spécifique. Il est valable 3 ans et est obtenu après un stage et la réussite d'un examen. Attention ! L'organisme en question peut effectuer des contrôles après l’installation et décider de la fermeture du compteur de gaz si l’installation n’est pas conforme. Il
faut donc faire du bon travail."
Une fois l'installation terminée, le plombier fait des essais pour vérifier la qualité de son travail. C'est "la mise en eau". Il doit veiller à ce que tous les tuyaux soient bien soudés entre eux et qu'il n'existe pas de risque de fuite.

A la fin de sa journée, le plombier remplit une fiche de travail. C'est un compte-rendu de son travail dans lequel il consigne tout ce qu'il a fait dans sa journée. "On ne peut plus imaginer maintenant un plombier qui ne sache pas lire, écrire et compter ! Il nous faut maintenant dans le bâtiment des ouvriers qualifiés." Qui dit ouvrier qualifié, dit rémunération en conséquence.
"Un ouvrier qualifié est rémunéré chez moi 11€ de l'heure après environ 5 ans d'expérience."


Fiche métier du Plombier et du Chauffagiste



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