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Jean-Louis, titulaire
des CAP thermique et sanitaire,
est installé à
son compte depuis 28 ans. Il
emploie une secrétaire
et deux ouvriers.
Comme les autres professionnels
du bâtiment, le plombier
effectue un travail très
varié. "On peut
faire de l'installation comme
de la réparation, du
sanitaire ou du chauffage, travailler
sur un
chantier neuf ou de rénovation,
dans des bâtiments habités
ou non… Il m’arrive
parfois aussi de faire un peu
de terrassement. Par exemple,
lorsque le client vient d’acheter
une maison et ne sait pas où
se trouve la fosse septique.
Je dois alors chercher l’emplacement
de la fosse. Je peux faire aussi
d'autres menus terrassements
pour rechercher une fuite dans
le sol.
Aucun chantier ne se ressemble
et c'est ce qui rend le métier
intéressant. Pour ma
part, je fais
75% de rénovation et
25% de neuf. Le problème
du neuf, c'est que nous, artisans
plombiers, nous
devons faire face à la
concurrence des pavilloneurs.
Quelques années plus
tard, nous retrouvons les clients
des maisons neuves lorsqu'ils
ont besoin de faire réparer
leurs installations. Je fais
en sorte de travailler dans
un rayon de 15 à 20 km
autour de chez moi. Je ne fais
pas de très gros
chantiers comme des locaux industriels.
Mes clients sont majoritairement
des particuliers et des
communes."
Jean-Louis a choisi de faire
aussi bien du chauffage que
du sanitaire. "En zone
rurale, c'est la
polyvalence qui prime. Chez
moi, 65% des chantiers relèvent
du chauffage. Mes ouvriers sont
formés dans les deux
disciplines." Il est possible
de n'être qu'artisan plombier,
notamment s'il travaille seul.
Il fait alors surtout de l'installation
de salles de bain et des réparations
notamment pour des fuites, des
WC bouchés, des problèmes
de robinetterie … Mais
il va rapidement être
limité pour répondre
à ses clients. Par exemple,
dès qu'il va avoir des
demandes de pose de chauffe-eau,
il devra posséder des
connaissances en gaz. "C'est
surtout possible en grande ville
et dans de grosses entreprises.
Le plombier fait alors partie
d'une équipe spécialisée."
Le dépannage représente
20% du travail de Jean- Louis
et son équipe : tuyauterie
gelée, chaudière
en panne, fuite d'eau….
"En faisant nous même
le dépannage et l'entretien
des installations, nous connaissons
mieux nos produits. Certains
plombiers font le choix, notamment
en ville, de sous -traiter cette
partie du travail. En zone rurale,
c'est impossible. Le client
a son plombier et ne veut pas
faire appel à une société
extérieure pour assurer
la maintenance de son appareil.
Le métier est de plus
en plus technique. Les chaudières
sont de plus en plus perfectionnées
et
composées d'éléments
électriques ou électroniques.
Un plombier doit, à l’heure
actuelle, posséder des
connaissances en électrotechnique.
Avec la montée du prix
du fioul, les gens se tournent
de plus en plus vers d’autres
modes de
chauffage comme les énergies
renouvelables. Je pose maintenant
des installations solaires pour
l'alimentation en eau chaude.
Au niveau thermique, j'installe
des pompes à chaleur
qui permettent de produire du
chaud avec du froid, un peu
à l'inverse du frigo.
C’est le principe de la
géothermie. En plomberie,
les matériaux ont changé
et on est passé du plomb,
aujourd'hui interdit, à
l'acier galvanisé, puis
au cuivre et maintenant au polyéthylène
qui ressemble au PVC.
C’est pourquoi, il est
indispensable de se tenir au
courant des évolutions
des produits et du matériel.
Il faut se recycler en permanence
en participant à des
stages ou en se rendant dans
des salons professionnels.
Le dépannage requiert
une grande disponibilité.
On peut intervenir à
tout moment. Mes ouvriers sont
aux 35h sur 4 jours, ils font
7h45-12h et 13h30-18h. Mais
ils savent que si une réparation
n'est pas terminée à
18h, ils doivent rester jusqu'à
ce que l'appareil soit de nouveau
en état de marche. On
ne peut pas laisser les clients
sans chauffage ou sans eau !"
En matière de réparation,
le plombier doit sans cesse
relever des défis et
être capable de s'adapter
à toutes les situations
et à toutes les demandes.
"C'est très complexe.
On doit faire un diagnostic
pour comprendre ce qui ne fonctionne
pas
correctement, d'où l'importance
de savoir lire une notice d'utilisation
d’une chaudière
correctement. On doit s'adapter
aux évolutions techniques.
Les anciens mélangeurs
sont maintenant remplacés
par des mitigeurs plus compliqués
à réparer. On
installe aussi des adoucisseurs
d'eau dont il faut changer les
filtres. Quel que soit le système,
nous finissons toujours à
un moment donné par effectuer
l'entretien et la maintenance.
Par exemple, j'ai posé
mes premiers chauffages au sol
il y a une vingtaine d'années.
Des problèmes
commencent à faire leur
apparition, et vous imaginez
bien que pour réparer,
on ne peut pas casser tout le
carrelage. Il faut trouver d'autres
solutions. Généralement
on a affaire à des problèmes
d'embouage des tuyaux. Comme
c'est toujours la même
eau qui circule, de la boue
finit par se créer et
par boucher les canalisations.
Dans ces cas-là, on vidange,
on met du produit pour décaper
les tuyaux, on rince et on verse
un produit de traitement. Je
pense qu'on va rencontrer de
plus en plus ce genre de dépannage.
C'est très compliqué
et, à mon avis, on va
voir l'apparition de sociétés
spécialisées.
C'est presque un autre métier."
Lorsqu’il intervient pour
faire une installation sanitaire
ou pour mettre un chauffage
dans une
maison neuve ou en rénovation,
tout commence par une rencontre
avec le client. En tant qu'artisan,
Jean- Louis se charge d'établir
les devis et de conseiller le
client.
"Il faut 2 à 3 heures
pour faire un relevé
de chantier. J'essaye de cibler
la demande du client, je
suis à son écoute.
Je lui fais des propositions
et je lui explique pourquoi
on fait une chose et pas une
autre. Je procède à
une étude thermique de
la maison, c'est à- dire
que je passe dans chaque pièce
pour déterminer la puissance
nécessaire des radiateurs
et de la chaudière. Un
devis c'est très important,
il doit correspondre à
la facture que je présenterai
plus tard au client. Il ne faut
donc pas se tromper. C'est une
chose qui s'apprend avec le
temps. Un artisan doit être
aussi commercial pour vendre
son devis et argumenter. Les
clients font faire des devis
à plusieurs plombiers
avant de prendre une décision.
Il faut essayer de s'imposer
face à la concurrence.
C’est pourquoi on ne peut
pas se mettre à son compte
directement après l'obtention
du diplôme. Je
considère, pour ma part,
que 5 à 10 ans sont nécessaires
avant d'envisager de devenir
artisan. Au
cours de ces années,
le plombier va rencontrer de
nombreuses situations qui vont
lui permettre
d'engranger de l'expérience.
Sinon, il sera incapable d'établir
un devis correct, de faire les
bonnes
estimations. Quelqu'un d'inexpérimenté
risque de se décrédibiliser
et de perdre sa clientèle."
Jean-Louis souhaite d’ailleurs
mettre en garde les futurs artisans
sur le rythme de travail bien
différent de celui d'un
salarié. "Un artisan
doit être particulièrement
disponible. Les rencontres avec
les clients et la réalisation
de devis se font souvent les
samedi, voire les dimanches
matins. Un plombier à
son compte commence sa journée
dès 6h30 le matin et
ne finit pas avant 21h30."
Une fois le devis accepté,
Jean-Louis passe sa commande
de fournitures. Il confie ensuite
le chantier à un des
salariés qui interviendra
sur le chantier.
Avant de partir, le plombier
prépare son matériel.
"Mes ouvriers sont autonomes.
Avant de partir sur le chantier,
ils préparent leur matériel
de manière à ne
pas avoir besoin de revenir.
Ils partent avec un véhicule
de l'entreprise. Même
si je passe régulièrement
sur le chantier pour voir l'avancement
des travaux, je leur fais entièrement
confiance."
Contrairement au maçon,
le plombier n'est pas exposé
aux intempéries ce qui
ne l'empêche pas de travailler
dans le froid et dans des conditions
pas toujours faciles (humidité…).
Le métier est quand même
bien moins physique qu'avant.
"Nous pouvons utiliser
des appareils pour lever des
chauffe-eau par exemple. Les
matériaux ont beaucoup
évolué. Aujourd'hui,
il est devenu rare d'installer
des baignoires en fonte, les
éviers sont trois fois
moins lourds qu'avant…
Je pense d'ailleurs qu'une
femme peut devenir plombier,
surtout si elle se positionne
sur du dépannage. Le
plus dur physiquement, ce n'est
pas le port de lourdes charges,
mais le fait de se trouver dans
des positions inconfortables.
Nous sommes la plupart du temps
à genoux, en train de
nous
contorsionner sous un lavabo.
Ce n'est pas un métier
pour des personnes qui ont des
problèmes de dos. Il
m'est arrivé dernièrement
de descendre dans un videsanitaire.
Il faut ramper dans un endroit
humide qui se trouve sous la
maison. Ce n'est pas toujours
très agréable."
Le plombier peut intervenir
dans un bâtiment alors
que celui-ci est occupé.
Il doit alors s'adapter à
son environnement. "Nous
devons toujours être vigilants.
Par exemple, si des enfants
sont présents dans la
maison, nous faisons très
attention à ce que les
radiateurs qui ne sont pas encore
posés ne leur tombent
pas dessus pendant que nous
travaillons. Nous avons aussi
tout un travail de préparation
avant de commencer le chantier.
Par exemple, nous protégeons
la pièce dans laquelle
nous intervenons pour ne rien
abîmer. Pour cela, nous
utilisons des bâches,
des cartons ou des couvertures
que nous posons sur la moquette,
le parquet, les meubles…"
Parfois, le plombier doit se
transformer en déménageur
et bouger les meubles lui même.
Un plombier est très
souvent en contact avec le client,
notamment lorsqu'il intervient
dans une maison déjà
habitée. "La politesse
est essentielle pour faire ce
métier. Il faut toujours
avoir le souci de se faire le
plus discret possible. Souvent,
lorsqu'il part travailler, le
client nous laisse ses clés.
Il fait confiance au plombier
C’est une chose dont je
tiens compte lorsque je choisis
mes salariés. Il faut
aussi être propre, ne
rien casser ou abîmer.
Lorsque nous traçons
sur un mur les emplacements
des tuyaux et qu'il y a de la
tapisserie, nous ne dessinons
pas un gros trait, nous faisons
simplement des petites croix."
Lorsque la phase de préparation
est terminée, le travail
peut commencer. Le plombier
utilise différents outils
tels qu’une scie sauteuse
pour faire des découpes
(saignées) dans le parquet
ou une meuleuse s'il s'agit
de carrelage. Pour les murs,
selon la taille et le matériau,
il se sert d'une perceuse, d'un
perforateur (pour faire un plus
gros trou), ou d’un burineur
électrique (c'est un
gros
burin). Pour couder les tuyaux
et leur donner la forme voulue,
le plombier les cintre et utilise
un chalumeau pour faire les
soudures.
"Lorsqu'on fait une soudure,
il faut faire très attention,
surtout si c'est à proximité
d'une frisette, d'un escalier
ou d'un parquet. Il existe toujours
un risque de mettre le feu.
Nous prenons beaucoup de précautions.
Il faut parfois 10 minutes de
préparation pour seulement
3 minutes de travail réel."
Un plombier calcule sans cesse.
S'il a une canalisation à
passer dans un mur, il doit
transpercer ce dernier de manière
à ce que le trou soit
à la même hauteur
de chaque côté
du mur. "On ne peut pas
se fier au plancher qui n'est
pas toujours plat ou à
la même hauteur selon
les pièces. Il faut trouver
un autre moyen et prendre ses
mesures par exemple au plafond.
On utilise beaucoup le
niveau. Un plombier fait aussi
des calculs au moment du cintrage
des tuyaux pour savoir à
quel endroit couder le métal.
C'est un travail qui demande
de la précision. Autre
exemple, les tuyaux doivent
être installés
dans une maison en respectant
une certaine inclinaison pour
que l'air puisse s'évacuer
en partie haute. C'est aussi
une chose à prévoir
et à calculer."
Jean-Louis fait beaucoup d'installations
utilisant le gaz. "Pour
le gaz, il faut obtenir un agrément
spécifique. C'est un
secteur où on ne peut
pas faire n'importe quoi, ce
qui est normal. L'agrément
est délivré par
un organisme spécifique.
Il est valable 3 ans et est
obtenu après un stage
et la réussite d'un examen.
Attention ! L'organisme en question
peut effectuer des contrôles
après l’installation
et décider de la fermeture
du compteur de gaz si l’installation
n’est pas conforme. Il
faut donc faire du bon travail."
Une fois l'installation terminée,
le plombier fait des essais
pour vérifier la qualité
de son travail. C'est "la
mise en eau". Il doit veiller
à ce que tous les tuyaux
soient bien soudés entre
eux et qu'il n'existe pas de
risque de fuite.
A la fin de sa journée,
le plombier remplit une fiche
de travail. C'est un compte-rendu
de son travail dans lequel il
consigne tout ce qu'il a fait
dans sa journée. "On
ne peut plus imaginer maintenant
un plombier qui ne sache pas
lire, écrire et compter
! Il nous faut maintenant dans
le bâtiment des ouvriers
qualifiés." Qui
dit ouvrier qualifié,
dit rémunération
en conséquence.
"Un ouvrier qualifié
est rémunéré
chez moi 11€ de l'heure
après environ 5 ans d'expérience."
Fiche
métier du Plombier
et du
Chauffagiste
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