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Josy et Georges des chasseurs modèles
Le fait du jour. Le casting itinérant
de la 5e édition du concours de
beauté passait hier à Tarbes.
Plus de 70 filles ont tenté leur
chance. Ambiance.
Au cours d'une récente interview,
Karl Lagarfeld, couturier attitré
de Chanel, définissait en ces termes
le « corps mode » d'aujourd'hui
: « Une silhouette faite au moule,
d'une étroitesse incroyable, avec
des bras et des jambes interminables,
un cou très long et une très
petite tête ».
Pour sa part, Rosy Dubost, toujours accompagnée
par son mari Georges, est à la
recherche des top modèles de demain
depuis une quinzaine d'années.
Elle s'occupe également des intérêts
de certaines : « Avec mon mari,
je suis agent d'une demi-douzaine de filles
». En clair, elle vérifie
qu'il n'y a pas anguille sous roche dans
ce « monde de requins ». La
télé-réalité,
elle trouve ça « plus que
scandaleux ». Pour sa rémunération,
elle prend des commissions de 5 à
15 % sur les contrats signés. Sobrement
maquillée, déjà trois
fois grand-mère, elle porte avec
élégance ses 58 ans. «
On est les seuls à faire ce métier
», précise avec fierté
son mari.
Sur son sujet de prédilection (le
devenir des belles jeunes filles), Josy
est intarissable. Maniant avec courtoisie
l'art de la persuasion, elle affectionne
les « On est bien d'accord ? »
en fin de respiration. En femme à
poigne qui aime mener les choses à
sa manière, difficile pour elle
de se plier aux règles de l'interview.
Ce qu'elle met en avant, c'est l'éthique.
Elle assène : « Mannequin,
c'est comme une sportive de haut niveau
: il faut savoir se remettre en question
et pas avoir un poids chiche dans la tête.
Les filles, il faut arrêter de les
faire rêver. Moi, je leur parle
des études, de la nécessité
de maîtriser l'anglais à
16 ans… Je ne pousse personne. Bien
au contraire ». Et physiquement,
c'est quoi les mensurations recherchées
? « 85 de poitrine, 60 de taille,
88 de hanches. 1,75 mètre minimum
». Et la dictature taille fine ?
« Je suis anti-régime ! ».
Pour achever de nous convaincre, elle
se lance dans une virulente diatribe sur
l'alimentation déséquilibrée
des jeunes».
Son mari Georges, 60 ans, est quant à
lui ancien directeur d'usine de textile.
« On voit 45.000 filles dans l'année,
il en restera 15 pour la finale au Moulin-Rouge.
Demain, pour nous, c'est rebelote à
Pau ». Plutôt que de se considérer
comme un esthète, il préfère
un « avec Josy, on se régale
! ». Une fille arrive pour son premier
casting. Elle est mesurée sous
toutes les coutures S'ensuit une brève
discussion qui se clôt par un aimable
« Arrêtes de faire des couleurs
dans tes cheveux et laisses-les pousser
». Le mot de la fin revient sans
conteste à Christopher Marlowe,
poète anglais du XVIè siècle,
qui offre un rappel salutaire : «
Il n'y a pas de beauté sans quelque
chose d'étrange dans les proportions
».
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