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« Montrer
ce que l'on aime ! »
Le piercing fait partie, avec le tatouage,
des nouvelles formes d'expressions corporelles
qui connaissent un développement
étonnant en ce début de
XXIe siècle. A Colomiers (1) comme
ailleurs, et ce n'est pas pour rien que
déjà deux enseignes y exercent
ces métiers (2). « Il faut
voir-là une libération des
moeurs mais aussi une volonté de
s'affirmer et de montrer ce que l'on aime
le plus, comme par exemple, les bijoux,
explique Véronica, qui exerce chez
Dom tatoo studio , installé depuis
3 ans au Val d'Aran, aux côtés
de Guy, qui pratique le tatouage artistique
(3). Esthéticienne de formation,
elle arbore de superbes spécimen
tant dans le nez que sur les oreilles,
défendant avec enthousiasme un
art « qui remonte à l'Antiquité
». « Il faut que cela soit
beau, joli... On ne peut tout métamorphoser
en piercing.
Il y a des règles précises
à observer. Tant sur le plan psychologique
qu'esthétique. Pour cela, il importe
d'en bien expliquer les conditions de
pose et ses conséquences. Ainsi,
exerce-t-on aujourd'hui avec des notions
de dermatologie, d'anatomie et d'hygiène...
Mais, c'est difficile à codifier
car il n'y a pas encore de formation reconnue.
Cependant, on est régulièrement
informé des évolutions et
des aménagements sur le piercing
en général, explique Véronica.
Partisan de pratiques soft indique-t-on,
chez Dom Tattoo, il est hors de question,
par exemple de toucher les parties génitales...
On reste au nombril, le nez ou les oreilles
ou la zone temporale.
« SE REAPROPPRIER
SON CORPS »
C'est une clientèle essentiellement
féminine - mais là aussi
en évolution - qui fréquente
ces cabinets. De 15 à 40 ans, en
moyenne. Mais, il y a un glissement vers
une population plus « Mme ou Mlle
Toulemonde », employée, fonctionnaire,
cadre... c'est à dire toute une
population qui assume ses envies et ses
désirs. « Plus libérée?
Je ne sais pas, mais qui, en tous cas
s'affirme et le montre, indique Véronica.
Par cette manière, on se réapproprie
son corps. Comme on l'a fait au travers
des Instituts d'esthétique, il
y a une vingtaine d'année. La notion
de souffrance n'a pas lieu d'être,
explique-t-elle, pas plus que les oreilles
percées. Moi, je ne supporte pas
les piqûres, ni la vue du sang...
»
Elle définit le piercing comme
« un maquillage, une décoration
corporelle. Un ornement rémédiable
». Profondément convaincue,
elle précise que « les rejets
sont extrêmement rares (problèmes
d'allergie). Car, nous ne travaillons
qu'avec des aciers chirurgicaux, du titane
ou de l'or... Dont les normes sont très
strictes. Et avec des règles précises.
D'autant que ces pratiques concernent
de plus en plus personnes. Aujourd'hui,
les autorités sanitaires s'en soucient
».
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