Jacques
Weber, Directeur de l'institut Français
de la biodiversite
Quel
est le rôle de l’Institut Français
de la Biodiversité ?
L’IFB est un Groupement d’intérêt
scientifique (GIS), basé sur un contrat
entre ses membres, orienté sur trois
missions principales : coordonner la recherche
française sur la biodiversité
et assurer sa promotion en France, en Europe
et dans le monde ; identifier l’expertise
française en biodiversité
et la mettre au service de la décision
publique, en France ou en représentation
internationale. |
 |
La commission scientifique de l’IFB,
représentative de la communauté
scientifique nationale, identifie ainsi des
enjeux importants et propose des appels d’offres.
Ils sont ensuite discutés et approuvés
par le conseil du groupement, dans lequel sont
représentés tous les organismes,
notamment l’Ifremer.
L’IFB assure également la gestion
scientifique des appels à projets de
l’Agence Nationale de la Recherche relatifs
à la biodiversité. L’institut
coordonne le réseau européen Biodiversa
(1) qui regroupe les quinze principales agences
de financement de la recherche en Europe et
publiera, en octobre prochain, un appel à
projets sur la biodiversité.
Enfin, nous assurons le secrétariat exécutif
d’une grande consultation internationale
en vue de la création d’un «mécanisme
international d’expertise scientifique
en biodiversité» (2) au service
de la décision publique et privée.
Actuellement, il n’existe pas d’instance
équivalente au Groupe d’experts
Intergouvernemental sur le climat (GIEC) dans
le domaine de la biodiversité.
Pensez-vous que l’effort
de recherche en biodiversité marine soit
suffisant ?
Il ne sera jamais suffisant ! Les Océans
couvrent près des trois quarts de la
surface de la planète. L’intérêt
d’investir dans la connaissance de la
vie marine, notamment profonde et abyssale,
n’est toujours pas reconnu comme il le
devrait : il suffit de comparer les sommes engagées
dans la recherche sur la vie martienne ou de
Titan à celles engagées dans les
fonds marins.
Soulignons néanmoins, l’accroissement
de l’effort et l’évolution
des recherches, tous deux impressionnants. J’ai
quitté l’Ifremer en 1992 et la
biodiversité n’était pas
alors une préoccupation centrale. Il
s’agissait juste de gérer, espèce
par espèce, les stocks exploités.
Quel changement depuis ! Aborder la gestion
des pêches sous l’angle de la biodiversité,
c’est envisager la durabilité des
activités de pêche en relation
avec celle des écosystèmes exploités
et non plus à travers les seules espèces
cibles.
Remarquable également, est l’émergence
de grands programmes internationaux sur la biodiversité
marine, tels que Marbef ou Marinera, dont l’Ifremer
est coordonnateur.
Quel est le rôle joué par l’Ifremer
dans le dispositif national ?
Il ne revient pas au directeur de l’IFB
de le dire ! Je peux simplement témoigner
du rôle éminent de l’Ifremer
dans ce dispositif. Et notamment dans le fonctionnement
du conseil de groupement de l’IFB, dans
la commission scientifique où il compte
plusieurs représentants et dans l’équipe
de direction de l’IFB au sein de laquelle
Yann Maubras, agent de l’Ifremer affecté,
remplit la fonction d’adjoint au directeur.
(1) www.eurobiodiversa.org
(site en anglais)
(2) www.imoseb.net
Institut
Français de la Biodiversité :
www.gis-ifb.org
|