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Entretien
avec MARCEL BOURCY, technicien
spécialiste en énergie
thermique solaire
Marcel Bourcy a commencé
en 2001 comme installateur en
sanitaire et chauffage central.
Il travaille actuellement comme
indépendant pour la société
Sanutal Solar, fournisseur importateur
spécialiste de l'énergie
thermique solaire, dont il est
le responsable technique et
commercial. Un bel exemple d'évolution
de carrière...
Quel
est votre parcours de formation
?
Succinctement, j’ai fait
mes humanités modernes,
type scientifique et une spéciale
mathématiques. Ensuite
j’ai entamé des
études d’ingénieur.
J’ai arrêté
après deux ans car je
voulais aller travailler. J’ai
repris des études en
2001 pour devenir installateur.
J’ai fait un patronat
en installation sanitaire, un
patronat en chauffage central
et je me suis spécialisé
dans plusieurs domaines en suivant
des formations, notamment sur
l’énergie solaire
thermique. J’ai suivi
une première formation
en France et, par la suite,
j’ai également
suivi le premier cours en énergie
solaire donné à
Liège.
Quel
est votre parcours professionnel
?
J’ai un parcours très
diversifié et assez complet
où s’entremêlent
formation et pratique professionnelle.
Après avoir travaillé
dans différents secteurs,
j’ai travaillé
dans le domaine du chauffage
sanitaire, d’abord comme
magasinier pendant 9 mois, puis
en service au comptoir pendant
6 mois. Cela m’a apporté
une certaine expérience,
une très bonne connaissance
des pièces et m’a
ouvert la porte vers de nouveaux
horizons. Alors que je donnais
un coup de main à un
ami pour rafraîchir des
kots, l’idée m’est
venue de devenir installateur.
J’ai fait mes patronats
et pendant plusieurs années,
j’ai été
installateur en sanitaire et
en chauffage central.
Après deux ans de pratique,
j’ai eu l’opportunité
de devenir formateur dans un
centre de Formation PME, pour
les Classes moyennes, PME et
indépendants. J’ai
donné des cours dans
le domaine du chauffage et du
gaz. Ensuite, j’ai voulu
me diriger dans le domaine de
l’énergie solaire
thermique. C’était
vraiment le début, j’ai
innové deux marques en
Wallonie en faisant leurs premières
installations. Dans le cadre
d’un plan d’action
mis en place par la Région
Wallonne pour promouvoir l'énergie
solaire thermique, j’ai
été installateur,
formateur et fournisseur Soltherm,
une marque de chauffe-eau solaire.
J’ai aussi créé
un cours de perfectionnement
hydraulique et de régulation
solaire.
De 2002 à 2004, j’ai
cumulé ma fonction d’installateur
avec celle de Sanutal Solar
pour démarrer financièrement.
Depuis 2004, je ne travaille
plus que pour Sanutal. J’ai
été formateur
pendant plusieurs années
mais je ne donne plus de formations
actuellement même si,
arrivé à un certain
niveau d’expérience,
vous êtes très
sollicité. Je viens par
exemple d’accepter un
poste de consultant pour un
nouveau cours en énergie
thermique solaire sur les grandes
installations (production d’eau
chaude pour les buildings, entrepôts,
etc.) qui va être créé
par CEFORTEC (Centre de Formation
aux Techniques Spéciales
du Bâtiment).
En
quoi consiste votre travail
?
J’ai ma propre société
mais je travaille pour Sanutal
Solar, fournisseur officiel
de la Région Wallonne
en produits d'énergie
solaire. Je suis responsable
technique et commercial pour
la zone Bruxelles - Wallonie
- Grand duché de Luxembourg.
Je m’occupe de la prospection,
des visites en clientèle,
du suivi et du service après-vente.
J’assure la formation
des grossistes et des vendeurs
mais aussi celle des installateurs
et je leur apporte une aide,
un soutien. C’est un plus
que nous leur offrons. C’est
très vaste. On peut par
exemple aider soit avant l’installation
(schéma hydraulique ou
de régulation à
réaliser), soit après
la mise en fonctionnement (contrôle
d’une installation terminée).
Il arrive auusi que j'aide l’un
de nos clients grossiste qui
organise le salon Batisud à
Libramont et je fais également
quelques salons à l’étranger.
Il faut savoir que nous organisons
notre propre salon en Belgique
: le salon Bois et Habitat de
Namur qui est le plus grand
salon sur l’énergie
renouvelable en Wallonie. Nous
avons aussi lancé le
premier salon Habitat à
Liège et, l’année
suivante, c’est l’un
de nos clients qui l’a
repris. Les salons sont créés
par nos clients pour développer
leur chiffre d’affaires
et nous les aidons dans ce sens.
Une autre partie de mon travail
consiste à visiter des
bureaux d’études
et des bureaux d’architectes.
Le statut d’indépendant
m’offre une très
grande liberté et me
permet d’avoir plusieurs
activités. En plus de
ma fonction de technico-commercial
chez Sanutal Solar, je suis
responsable technique chez TiSUN
France, fabricant de systèmes
solaires thermiques, et conseiller
en thermie solaire pour un fabricant
de boiler en France.
Qu'est-ce qu'on entend par énergie
thermique solaire ?
L'énergie solaire est
une énergie propre, gratuite
et renouvelable. Il en existe
deux sortes : le solaire photovoltaïque
(éolienne, biomasse ou
biothermie, c'est-à-dire
tout ce qui est à base
de bois) et le solaire thermique.
L'énergie thermique solaire
est utilisée pour chauffer
de l'eau à destination
sanitaire ou pour le chauffage.
J'ai choisi de me spécialiser
dans le chauffage solaire.
Il n'y a pas de différence
fondamentale entre les formations
"chauffage avec énergie
fossile" et "chauffage
solaire". Ce sont les mêmes
bases avec les quatre points
les plus importants du cours,
à savoir un producteur,
un émetteur, des tuyauteries
hydrauliques et la régulation.
L’émetteur c’est
par exemple le radiateur et
le producteur d’énergie,
c’est votre chaudière.
Entre les deux, il y a des tuyauteries
et un circulateur pour tout
faire tourner, cela s’appelle
l’hydraulique. Ensuite,
il faut réguler tout
ce système. La régulation
reçoit et suit des ordres.
En solaire, C'est le même
principe avec 3 éléments
importants en plus : haute température,
antigel et pression plus élevée.
Quand le soleil est là,
il peut donner toute son énergie,
toute sa puissance. On peut
stocker jusqu’à
60 degrés au mois de
juillet, 35 degrés au
mois de décembre et il
peut être très
chaud aussi bien en été
qu’en hiver. On ne sait
pas maîtriser cette énergie
et donc quand on l’a,
il faut essayer de la stocker
le plus vite possible et le
plus longtemps possible. Vous
avez votre chaudière
qui est en fait votre capteur.
Il faut faire attention au froid
en hiver (antigel) et au chaud
en été (surchauffe).
L'installateur doit réguler
le système en fonction
des différences de températures.
Qu’est-ce qui vous a motivé
à travailler dans ce
domaine ?
Quand j’ai voulu me lancer
dans le domaine de l'énergie
thermique solaire en 2001, personne
n’y croyait réellement
et il n’y avait pas grand-chose
sur le marché belge.
Or, à cette époque,
on parlait beaucoup des accords
de Kyoto, de la protection de
l’environnement et surtout,
ce qui est aussi très
important à mon sens,
de l’indépendance
des pays consommateurs par rapport
aux pays producteurs d’énergies
fossiles, comme par exemple
le pétrole et le gaz
naturel. C’est en partie
ce qui a éveillé
mon intérêt mais
c’était aussi un
nouveau challenge, l'opportunité
de faire quelque chose de différent
tout en évoluant quelque
part dans la continuité
de mon travail.
Quelles sont les qualités
requises pour être un
bon installateur ?
Au départ, il faut avoir
une bonne formation. C’est
très important. Il faut
être autodidacte, être
prêt à s’investir
et ne pas avoir peur de passer
des soirées et des week-ends
à se former.
L’installateur remplit
des fonctions de technicien.
Il doit être aussi bien
bon manuel que bon intellectuel.
C’est nécessaire
pour pouvoir concevoir une installation,
un schéma hydraulique,
réguler ou dépanner.
Il faut aussi savoir s’organiser,
faire preuve d’ordre,
de propreté et de rigueur
tant sur chantier que dans le
rangement de sa camionnette
ou de son coffret à outils.
Il faut être débrouillard,
avoir un esprit d’analyse
et de logique. C'est très
important. Sans logique, il
est difficile de comprendre
tout ce qui a trait à
l’hydraulique et la régulation.
Même si l'on comprend
ou si l’on a étudié
par cœur quelques fonctionnements,
à partir du moment où
il faut modifier ou ajouter
quelque chose, c’est la
catastrophe.
Dernier point important mais
non de moindres, je fais un
métier que j’aime.
Beaucoup d’installateurs
savent que je suis un passionné.
En étant passionné,
motivé, on arrive aussi
à une qualité
de travail supérieure.
Quelles
sont les difficultés
que vous avez rencontrées
dans ce travail ?
Au départ, c’était
assez difficile parce que je
ne connaissais rien aux métiers
manuels. J’ai commencé
par la base, ce qui veut dire
pour un installateur, apprendre
à abraser le cuivre,
à souder l’acier
ainsi que toutes les matières
thermoplastiques.
Je me rappelle par exemple avoir
eu mon premier cours de technique
pour réguler les brûleurs
en chauffage alors que je n’en
avais encore jamais vu. J’ai
fait mes patronats mais, ce
qui m’a beaucoup aidé,
c’est d'avoir été
travaillé sur chantier
par la suite. C'est là
que j’ai réappris
tout le métier de A à
Z, du manœuvre à
l’ouvrier spécialisé.
Dans le domaine de l’énergie
solaire, lors de l’installation,
la première difficulté
c’est que la chaudière,
c’est-à-dire les
capteurs, se trouvent sur le
toit. C’est un réel
problème pour beaucoup
de chauffagistes. Ils font alors
appel soit à un ardoisier,
soit à notre société.
Nous avons innové un
nouveau système en Belgique
avec des grues pour installer
directement les capteurs sur
le toit. C’est très
demandé.
Quelle est l’importance
de la formation continuée
?
La formation, c’est ce
qui rapporte le plus. J’y
ai toujours cru à 100%.
Le problème de l’installateur,
c’est qu’il a besoin
de temps. Il faut aussi l’aider
financièrement, il y
a tout un système qui
a été mis en place
dans ce sens et qui inclut notamment
des chèques formation.
Malgré cela, beaucoup
d’installateurs font des
formations au compte goutte.
C’est pourtant indispensable
si l’on veut percer dans
le métier. Il va y avoir
de gros changements dans le
domaine énergétique.
Les énergies fossiles
ne sont plus là pour
des centaines d’années.
Cela va dépendre du rythme
et du profil de consommation
de certains pays mais il y aura
inévitablement un impact
sur le travail d’installateur
et celui qui ne veut pas s’adapter,
notamment en se formant, sera
très vite dépassé.
Quel avenir pour l'énergie
thermique solaire ?
Il y a de l’avenir pour
l’énergie thermique
solaire et pour ses techniciens
car il y a de plus en plus de
clients pour ce type d’énergie.
Il y a de plus en de plus de
revues spécialisées
et de salons d’énergie
renouvelables en Belgique comme
à l’étranger.
Par ailleurs, il y a une grosse
demande en Belgique dans le
domaine du chauffage solaire,
du chauffage de piscine et bientôt
même de la climatisation.
On voit aussi l’apparition
de nouvelles sociétés
qui intègrent un bureau
d’études et font
de la cogénération,
c’est-à-dire une
énergie qui produit aussi
bien l’électricité
que le thermique.
A l’heure actuelle, il
y a un grand manque d’ouvriers
qualifiés dans le chauffage,
que ce soit en Wallonie et même
en Belgique. L’ouvrier
qui se qualifie a donc un plus.
Beaucoup de jeunes qui sortent
des études en ingénieur
ou en électromécanique
s’associent à deux
ou trois pour devenir installateurs
et ne font que du solaire dans
un premier temps. Ensuite, ils
se forment au mazout et au gaz.
Le jeune qui veut se lancer
comme installateur indépendant
a donc tout intérêt
de tenir compte de cette nouvelle
demande du public.
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