Dominique Le
Thanh
Guide de conférence (depuis 1986)
Société: Office du tourisme
de Lille |
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Quel a été votre parcours scolaire
et professionnel ?
- Mon parcours est atypique. Après une
licence, une maîtrise et un DEA d’anglais,
j’ai commencé par faire de l’enseignement
(secondaire et BTS). Lorsque j’étais
en BTS Tourisme, j’ai eu l’occasion
d’enseigner l’architecture et le patrimoine
en anglais, ce qui m’a donné l’idée
de faire un mémoire sur Palladio et de
préparer une licence d’Histoire de
l’Art. Parallèlement, j’ai
suivi une formation de guide-interprète,
à Lille 3. C’était une formation
spécialisée, sur environ 6 mois,
centrée sur l’histoire et la géographie
locales, l’architecture générale
pour apprendre le vocabulaire spécifique,
et nous avions aussi des cours de langue. De plus,
une partie de la formation s’est faite sur
le terrain, à la découverte du patrimoine.
À la fin de cette formation, après
avoir réussi l’examen écrit
et oral, j’ai directement intégré
l’Office du tourisme en tant que guide-interprète.
Au début je n’y travaillais que le
week-end et je continuais à donner mes
cours d’anglais la semaine. Puis, avec les
aléas économiques, c’est mon
activité de guide de conference qui a pris
le dessus.
> Pourriez-vous
décrire cette activité ?
- J’accueille des groupes, la plupart du
temps à l’Office du tourisme mais
il arrive que j’aille les chercher à
la gare. Selon les demandes, je fais visiter le
Lille ancien, le Lille moderne, la citadelle et
même le patrimoine industriel. Il arrive
aussi que le circuit s’élargisse
à la métropole, vers Roubaix ou
Lambersart par exemple, et parfois même
jusqu’au bassin minier.
> Quels sont les avantages
et les inconvénients d’un tel métier
?
- Le principal avantage c’est que nous sommes
relativement libres. Lorsque j’ai signé
mon contrat à l’Office du tourisme,
j’ai pu choisir le nombre d’heures
que je souhaitais faire dans l’année.
Le but est donc de remplir le contrat, c’est-à-dire
de faire le nombre d’heures demandées.
Tout cela avec une certaine souplesse : en cas
d’empêchement, justifié bien
sûr, une autre guide fera la visite. En
contrepartie, j’accepte de dépanner
si besoin est. Tout cela nous donne pas mal de
temps libre et c’est plutôt appréciable.
En revanche, l’inconvénient majeur
c’est la répartition inégale
de nos heures de travail. Il y a des pics d’activité
à certaines périodes, et à
l’inverse nous avons aussi des périodes
creuses. De plus, nous sommes appelés à
travailler lorsque les autres sont en congés
(week-ends, jours fériés, journées
du patrimoine, etc.) et nos jours de repos sont
donc décalés.
> Quels sont les qualités requises pour
exercer ?
- Je pense qu’avant tout il est indispensable
d’avoir le sens de la communication et le
goût du contact. Ensuite, il faut avoir
une certaine souplesse et savoir s’adapter
au client, s’il désire changer l’itinéraire
au dernier moment par exemple. C’est un
peu stressant au début, mais cela vient
avec l’expérience. La patience est
également un atout précieux car
on a souvent des groupes d’élèves
d’âges différents. Enfin, il
est important d’avoir une large ouverture
d’esprit.
> Qu’auriez-vous
à dire à des jeunes qui souhaiteraient
se lancer dans ce métier ?
- C’est un métier pour lequel on
se dépense beaucoup physiquement et qui
n’est pas très rémunérateur.
Beaucoup de guides exercent une autre activité
pour pouvoir subvenir à leurs besoins.
C’est un métier de passion et il
est difficile d’en faire son activité
principale. Beaucoup de guides de conference sont
également professeurs (de langue, d’histoire,
etc). Je pense que c’est un bon compromis
mais il faut pouvoir concilier les deux ce qui
n’est pas toujours évident au niveau
des horaires. Etre guide c’est un véritable
engagement.
R. J.
Fiche métier du
Guide
conférencier
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