Béatrice D.
assistante qualifiée
de conservation du patrimoine
et des bibliothèques
(depuis 1982)
Société: Médiathèque
de Faches-Thumesnil
|
 |
> Quel type de cursus avez-vous
suivi avant d’exercer
cette profession ?
- Après mon Bac, en 1982,
j’ai passé un premier
CAFB (Certificat d’Aptitude
à la Fonction de Bibliothécaire),
avec une option lecture jeunesse.
L’année suivante,
j’en ai passé un
deuxième, cette fois,
avec une option lecture publique.
Après l’obtention
du second, le système
a changé et il était
alors nécessaire de passer
un concours… Mais, je
n’en ai pas eu besoin,
car j’avais déjà
mes deux CAFB et j’étais
dans la période transitoire.
De plus, j’étais
déjà en poste
depuis 1982 à la médiathèque
de Faches-Thumesnil, où
j’étais entrée
directement après mon
Bac.
>
Pouvez-vous nous parler de votre
parcours depuis vos débuts
?
- Et bien, comme je le disais,
quand j’ai obtenu le Bac,
j’ai commencé à
travailler à la médiathèque
de Faches-Thumesnil, en tant
qu’agent du patrimoine
(NDLR : premier échelon),
puis j’ai passé
des concours en interne, afin
d’évoluer au sein
de cette structure. D’abord,
celui d’assistante, puis
celui d’assistante qualifiée,
pour terminer directrice, fonction
que j’occupe encore aujourd’hui.
>
Quel a été le
contexte de votre embauche ?
- A l’origine, j’étais
entrée en mairie pour
effectuer un remplacement de
quelques semaines, mais, je
ne l’ai jamais fait. J’ai
été envoyée
pour travailler en bibliothèque
et ça m’a plu,
donc, j’ai passé
les diplômes pour pouvoir
y rester. Ensuite, j’ai
évolué au poste
par des examens passés
en interne, des entretiens,
etc.
>
En quoi consiste votre travail
?
- En tant que directrice, je
suis chargée de la gestion
complète du bâtiment,
de son bon état général
et du personnel qui y est employé.
De plus, je m’occupe de
l’acquisition et de la
gestion du fond de livre pour
adultes et de la cohésion
de celui-ci avec les livres
jeunesse et les CD. Je gère
aussi la salle multimédia
et la galerie d’art moderne
de la structure. En effet, au
sein de la médiathèque
se trouve une galerie d’exposition,
mais ce n’est pas le cas
partout… Sinon, je suis
en contact avec nos partenaires
financiers et ceux avec qui
on organise des animations.
Et pour finir, je fais le lien
avec la hiérarchie municipale,
ce qui implique la rédaction
de comptes-rendus, de rapports
et l’établissement
de statistiques.
>
Pourquoi avez-vous fait le choix
de cette profession ? Qu’est-ce
qui vous a plu ?
- En fait, ça a été
un hasard quant au choix, puisqu’au
départ, je n’aurais
jamais dû travailler en
médiathèque…
C’est ce que je vous expliquais
tout à l’heure.
Mais, une fois en place, j’ai
souhaité continuer, car
les activités me plaisaient
vraiment beaucoup. Je trouve
ce travail fascinant, car il
allie tout ce que j’aime
: la lecture, le rapport avec
le public, des tâches
variées et beaucoup de
rencontres.
>
Selon vous, y a-t-il des qualités
nécessaires pour exercer
cette profession ?
- Trois qualités principales
me viennent immédiatement
à l’esprit…
D’abord, avoir beaucoup
d’intérêt
pour la culture en général.
Ensuite, savoir s’adapter
aux personnes que l’on
rencontre et à celles
avec qui on est amené
à travailler. Et enfin,
aimer apprendre, car on apprend
en permanence et il faut donc
être très curieux.
> Et quels conseils donneriez-vous
aux étudiants qui souhaiteraient
travailler dans ce domaine ?
- Aujourd’hui, il leur
faudra préparer le concours
et pour ça, il existe
une filière DEUST des
métiers du livre. Elle
n’est pas obligatoire
et, dès le Bac, il est
possible de passer le concours
d’assistant. Après
un DEUG ou un DEUST, on peut
passer le concours d’assistant
qualifié et avec une
licence, celui de bibliothécaire.
Le problème, c’est
que les personnes qui ont le
concours ne connaissent pas
le métier.
Il est donc utile de faire un
an de formation au CNFPT (Centre
National de la Fonction Publique
Territoriale). On y effectue
des stages théoriques
au sein de l’établissement
de formation et des stages pratiques
dans des bibliothèques…
Cela permet de se rendre compte
des réalités de
cette profession. Sinon, toujours
pour préparer le concours,
je conseillerais également
de ne pas hésiter à
aller se renseigner dans les
bibliothèques et à
rencontrer les gens qui y travaillent.
En général, les
gens passent le concours de
niveau inférieur (par
exemple, avec une licence, ils
passent celui d’assistant
qualifié) et ensuite,
ils passent les concours en
interne.
Pour passer ces concours, il
faut minimum 4 ans d’ancienneté
et on peut aussi suivre la formation
du CNFPT. Une dernière
chose qu’il faut savoir,
c’est que si vous avez
le CAPES de documentaliste,
vous pouvez travailler en collège/lycée,
mais aussi en bibliothèque,
alors que l’inverse n’est
pas vrai. Pour autant, c’est
une chose que l’on voit
rarement, car les documentalistes
en établissement scolaire
sont payés plus et bénéficient
des mêmes vacances que
les profs…
> Quels sont les perspectives
d’avenir du métier
?
- Elles sont en chute libre…
En 1981, avec la loi Lang d’aide
à la création
de bibliothèques dans
les communes moyennes, on a
connu une forte progression…
beaucoup de bibliothèques
ont vu le jour, car les aides
financières étaient
importantes. Aujourd’hui,
ces aides n’existent plus.
Les seuls postes qu’il
y ait, sont ceux qui se libèrent
pour cause de départs
en retraite.
Mais bon, les personnes embauchées
en 1981 ne vont pas partir tout
de suite. En fait, c’est
d’ici à une dizaine
d’année qu’on
aura besoin de main-d’œuvre.
>
Et vous, comment envisagez-vous
votre avenir ?
- Il me reste encore quinze
ans avant de prendre ma retraite…
D’ici là, j’aimerais
participer à la création
d’une nouvelle bibliothèque.
C’est, je pense, un challenge
intéressant.
>
Pour terminer, pouvez-vous nous
parler des salaires ?
- Lorsque vous avez un niveau
d’agent du patrimoine
(le plus bas), la rémunération
se fait sur la base du SMIC.
Ensuite, ça fonctionne
par échelons et par grades.
Cependant, il faut savoir que
c’est un des métiers
les moins bien payés,
par rapport à d’autres
secteurs d’activité
à niveau d’études
équivalent. Un assistant
qualifié gagne moins
de 1 500 € par mois.
|