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Une passion doublement
partagée
MONTAUBAN (82) - Des spécialistes
opérent sur les collections du Musée
d'histoire naturelle
Isabelle et Yves Walter de Blois, restaurateurs
de collections zoologiques, se sont rencontrés
en 1995 sous un éland du Cap (antilope)
au Musée d'histoire naturelle de
Bourges. Elle était étudiante
en maîtrise de biologie animale; il
travaillait déjà à
redonner vie aux espèces inventoriées.
Ce fut le coup de foudre et le début
d'une aventure à deux qui ne connaît
que les musées pour horizon. Un peu
réducteur pensez-vous?... Détrompez-vous.
Vie privée et vie publique sont si
intimement mêlées qu'elles
se réalisent pleinement au fil de
leurs interventions en France (notamment
au Musée national d'histoire naturelle),
en Europe (la Suisse) en Afrique (au Zimbabwe)
et outre-mer: la Réunion, Madagascar.
De musée en musée, leur agenda
est bien garni; c'est à bord de leur
camion laboratoire qu'ils se déplacent
pour venir au secours de la gent animale.
Leur première visite à Montauban
remonte à cette fameuse année
95 où le Musée d'histoire
naturelle fêtait le centième
anniversaire de l'arrivée de l'éléphante
Pinder, don du cirque... Elle était
décédée de maladie
alors que la troupe était en résidence
d'hiver à La-Villedieu-du-Temple.
PLANTER LE DECOR
Depuis cette intervention des « médecins
» du Musée jugée miraculeuse
tant la peau de l'animal craquelée
par le temps s'est lissée, la conservatrice
Edmée Ladier fait régulièrement
appel à Isabelle et Yves Walter pour
dépoussiérer l'existant. «
Ils restent un mois. On se met d'accord
sur les interventions. Cette année,
ils effectuent un travail de restauration
sur les oiseaux, et plus particulièrement
ceux de mer; de même ils font un travail
de muséographie. Ensemble, nous sommes
en train de réaliser un diorama qui
présentera divers milieux naturels
avec leurs animaux: oiseaux, mammifères,
insectes, batraciens des parcs et jardins,
de plaine, des milieux humides et forêts.
« On utilise des végétaux
artificiels et naturels que l'on fait sécher,
précise Yves Walter avant de planter
le décor. C'est un travail de patience
et surtout de passion. La visite sera beaucoup
plus attrayante pour le public parmi lequel
un long cortège d'écoliers.
»
UN PATRIMOINE SOMPTUEUX
Installés à l'étroit
dans un recoin du Musée (toujours
en attente d'extension), ces médecins
en blouse blanche s'affairent autour d'un
pélican blanc. Au fil du temps, son
plumage a viré au gris; il est visqueux:
« Il faut lui redonner son éclat
et sa légèreté, indique
Isabelle en s'appliquant à coiffer
la huppe. »
Yves souligne: « Ce métier
ne s'apprend pas; à la base, il faut
une formation de taxidermiste. On a commencé
à Blois où il y avait une
grosse collection d'animaux. Maintenant
qu'il y a beaucoup d'espèces protégées,
il faut entretenir le parc. Avant de restaurer
on part sur des documents scientifiques.
Sur les espèces disparues on intervient
le moins possible; c'est trop précieux!»
L'an prochain, le Musée d'histoire
naturelle fêtera les 150 ans d'ouverture
au public. Il recèle environ 4.000
oiseaux (le plus ancien spécimen
est un oiseau mouche de 1841; certains spécimens
ont disparu de la planète: le pigeon
migrateur des USA, la perruche d'Australie,
les ibis chauves... ), 300 mammifères
(dont les lémuriens) et de belles
collections de fossiles qui ne peuvent être
montrées faute de
Fiche métier
du Zoologiste
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