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  Interview d'une Consultante internationale en documentation (2 interviews)

Interview d'une Consultante internationale en documentation vu par Adbs

Catherine C., consultante internationale

Quand as-tu commencé tes activités en tant que documentaliste ?

A la fin des années soixante dix. Dès le départ je me suis intéressée aux bases de données et à la documentation informatisée. Géographe de formation, j'ai travaillé successivement dans plusieurs secteurs, dans le domaine de l'urbanisme, de l'économie et du droit. J'ai accumulé ainsi des expériences variées.

C'est d'ailleurs ce que je conseillerais aux jeunes professionnels, c'est de faire des choses très différentes au début de leur carrière et de cumuler les expériences dans des bibliothèques, des centres de documentation, des services questions-réponses, c'est-à-dire dans des environnements très différents, en recourant à des techniques très différentes pour enrichir au maximum leur palette.

Ne craignais-tu pas que cela nuise à ton profil professionnel ?

Non, bien au contraire. Mais, bien sûr, si ces expériences étaient courtes et très variées, elles ont tout de même duré chacune deux à trois ans.

Quand as-tu été impliquée dans des actions internationales ?

En tant que géographe, j'ai été immédiatement tentée par la dimension internationale mais pour toute une série de raisons, à l'époque, cela n'a pas été possible. C'est quand j'ai travaillé à l'IIAURIF [1] , dans le domaine de l'urbanisme, que j'ai été contactée par le ministère de la coopération pour créer le projet IBISCUS [2].

Pour ta connaissance des bases de données ? Pour quelle raison t'a-t-on sollicitée, d'après toi ?

Oui, pour mon expertise en matière de documentation informatisée pour mes compétences en géographie et pour l'ouverture liée à mes expériences dans des domaines divers

T'a-t-on recrutée en tant que documentaliste ou sur un autre profil ?

Dans le projet international IBISCUS, on recherchait expressément des documentalistes.

Quelle était ta mission ?

IBISCUS s'est déroulé sur une quinzaine d'années. Il fallait créer et maintenir une base de données en ligne traditionnelle, puis sur l'Internet, et animer un réseau d'une cinquantaine d'organisations dans le monde, principalement en Afrique francophone. Il fallait aussi former les divers utilisateurs et les documentalistes, développer une activité éditoriale et les accompagner par une activité de conseils.

C'est cette expérience que tu as pu réutiliser ?


Oui. Mais quand le projet IBISCUS a pris fin en l'an 2000, j'ai décidé de suivre une série de formations sur certains aspects techniques, notamment en langage php, mySqul avant de me mettre à mon compte. J'ai également un certificat de compétence de webmaster du CNAM. Cette mise à niveau s'est déroulée sur une période d'une année, tout en démarrant mon activité de conseil. Pour entamer cette nouvelle activité, j'ai pu recourir à mon réseau professionnel créé dans le cadre du projet IBISCUS pour proposer de créer des bases de données, des sites web, des portails. Plus précisément, je réalise aujourd'hui des cahiers des charges, des projets de réorganisation de bibliothèques et des audits de projets de communication et en information.

Dans combien de pays interviens-tu ?

Surtout dans les pays d'Afrique francophone avec la FAO [3] mais aussi à Madagascar, en Tunisie. Je participe aussi à de nombreux projets de coopération internationale impulsés en France par des ONG dans le domaine de l'éducation au développement. J'interviens à la fois très en amont pour la mise en place de systèmes, l'élaboration de cahiers des charges et très en aval pour une évaluation de ce qui a été fait.

Est-ce que les contenus de tes contrats ont évolué depuis l'an 2000 ?


Oui, dans deux sens différents. Je réponds davantage à la demande de bibliothèques pour les aider à réorganiser leurs services en les informatisant, en créant des portails, par exemple. Je contribue aussi davantage à des projets de systèmes d'information intégrés dans une politique globale de communication.

A l'étranger ou en France ?

Dans quelques projets à l'étranger mais aussi dans le cadre de programmes de sensibilisation de l'opinion publique à la solidarité internationale avec le CRID [4] , ou le HCCI [5], par exemple. Je travaille aussi maintenant avec des collectivités locales françaises. En ce moment, j'opère dans le cadre d'un contrat avec un conseil général pour l'organisation de son système d'information.

Tout expérience est-elle transposable dans tous les secteurs ?

Non pas partout. Si j'ai accepté d'élargir le champ de mes activités aux collectivités locales, c'est parce que je connaissais bien leur modes de fonctionnent et leurs préoccupations, étant moi-même conseillère municipale. Je n'accepterais certainement pas d'effectuer la même mission, par exemple dans le secteur automobile que je ne connais pas et qui ne m'intéresse pas. Il faut pouvoir s'intéresser à un domaine particulier, connaître ses enjeux, son vocabulaire …

Combien êtes-vous à travailler ainsi dans le domaine international ? Vous vous connaissez ?

Oui, nous connaissons presque tous les consultants ainsi que ceux qui travaillent dans des bureaux d'étude auxquels nous sommes d'ailleurs souvent associés.

Vous travaillez donc en équipe …

Fréquemment, même très fréquemment, puisque ce type de travail représente la moitié de mon temps. Il s'agit souvent de projets de communication menés par les ONG, c'est-à-dire de promotion, de pédagogie, d'édition en collaboration avec des spécialistes de la communication. Mais aussi avec des informaticiens pour le développement de systèmes d'information spécifique, avec des graphistes pour des projets web. Je participe souvent à des réponses à des appels d'offre et si le projet est accepté, nous travaillons ensemble pour réaliser ce projet. C'est d'ailleurs un aspect assez sympathique de ce travail qui me permet de connaître une équipe pendant six mois et de reprendre contact avec elle deux ans après, par exemple, pour un autre projet… .

Y a-t-il des aspects que j'aurais oubliés, en matière de conseil ou de formation, par exemple ?

En matière de formation, je me suis spécialisée dans les bibliothèques numériques. Je suis, depuis peu, également professeur associé à l'ENSSIB, dans le cadre d'un contrat à mi-temps. Ce qui est lourd car j'y assure à la fois des cours, du tutorat et la correction de copies, mais s'avère passionnant. J'y enseigne la manière d'élaborer un cahier des charges, la connaissance des formats, les modes d'évaluation …

Lorsque j'ai voulu être consultante, Jean Michel m'avait conseillée de veiller à adopter un domaine qui m'intéressait et qui soit suffisamment spécifique. Aujourd'hui, je peux l'affirmer, ce sont les bibliothèques numériques qui sont devenues ma spécificité.

[1] Institut d'aménagement et d'urbanisme de la région Ile-de-France
[2] L'association IBISCUS qui animait depuis 1983 le réseau francophone d'information pour le développement, soit une cinquantaine de centres de documentation de France et d'Afrique s'est dissoute en juillet. Son site site est fermé depuis le 31 octobre 2001.
[3] Food and Agricultural Organization (FA0), organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture
[4] Centre de recherche et d'information pour le développement
[5] Haut conseil de la coopération internationale (HCCI).



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Interview d'une Consultante en documentation vu par Adbs

Interview d'Armelle T.


Quel a été votre parcours professionnel ?

Mon parcours est assez inhabituel pour un professionnel de l'information. Je viens en effet du monde du marketing et de la communication, après être passée par une école de commerce : j'ai notamment travaillé plusieurs années dans une compagnie d'assurances, une chambre de commerce, un groupe d'immobilier, et même comme attachée de presse dans un théâtre ! Ce n'est qu'en 1997 que je me suis formée en documentation à l'INTD, et en 99 que j'ai réellement commencé à travailler à mon compte.

Mais je pense que cette vie antérieure m'a été fort utile. D'abord parce que la communication fait de plus en plus partie des compétences requises pour les gestionnaires de l'information. Et ensuite par la connaissance de l'entreprise que cette expérience m'a donnée, pour exercer mon métier de consultante…

Quel attrait le métier a exercé sur vous dans vos fonctions antérieures ? Quel attrait exerce-t-il dans votre situation présente ?

Aujourd'hui, je ne regrette absolument pas mon choix : j'ai le sentiment d'exercer un métier passionnant, un de ceux qui offrent le plus de potentialités, d'innovation, de créativité, tout en s'appuyant sur de la technique… J'ai fait beaucoup de choses différentes, de la formation au journalisme en passant par les conférences, de la surveillance de rumeurs dans l'automobile à la synthèse sur les produits bio en passant par des recherches sur des sociétés indiennes, du cahier des charges pour une base de données partagée à celui destiné à mettre en place un outil de surveillance web, de l'animation de réunions pour cibler des actions de veille aux tests d'outils des heures durant, du travail sur un bookmark spécialisé sur les matériaux à celui sur une base de laboratoires de recherche dans le domaine de l'entreprise étendue… (Non, pas de ratons laveurs !)

Bref, je ne me suis jamais ennuyée, même si je me suis certes un peu abîmé les yeux par un surf intensif. Mais le jeu en vaut vraiment la chandelle, et je ne pense pas avoir de sitôt envie de changer d'activité.

En quoi notre métier apporte-t-il une valeur ajoutée dans une organisation ?

La valeur ajoutée de nos métiers se joue à mon avis notamment dans nos capacités à être des cartographes de sources, dans nos compétences à pré-baliser les territoires informationnels occupés par les organisations pour leur en faciliter l'accès et la compréhension, dans notre connaissance des clés d'une recherche d'information réussie. Elle s'illustre dans nos compétences à proposer des produits d'information et de veille pertinents, à gérer une intermédiation intelligente, même si elle reste parfois invisible aux yeux de l'utilisateur final, à faciliter la circulation des flux d'information dans l'organisation, à être une force de proposition aussi…

Comment vous semble se dessiner l'évolution à court terme de la fonction documentaire et celle de l'appellation des professionnels de ce secteur ?

C'est sans doute là que se joue l'évolution de la fonction documentaire : dans sa capacité à se rapprocher de la stratégie (ou tout au moins à fonctionner en meilleure synergie avec ses clients internes), à maîtriser des fonctions d'animation et de communication, à travailler sur des "matériaux informationnels" de plus en plus diversifiés, et à profiter de la vague "web sémantique". Pour ce qui est de l'appellation des professionnels, je pense qu'il faudra finir par abandonner le terme de documentaliste, aujourd'hui trop connoté. En effet, l'image induite ne favorise pas un positionnement optimal dans les rouages des organisations. Puisque tout le monde s'accorde à reconnaître la valeur stratégique de la maîtrise de l'information, il est paradoxal de ne pas donner à la fonction dédiée une valeur tout aussi stratégique ! Je suis persuadée que la terminologie a son rôle à jouer, maintenant…

Qu'attendez-vous d'une association professionnelle comme l'ADBS ?


Une association professionnelle, c'est un peu la "maison" de ceux qui exercent le métier. C'est essentiel, et je pense que l'ADBS joue bien ce rôle de carrefour, même si certains points peuvent toujours être améliorés (à quand, par exemple, une lettre d'info hebdomadaire, voire journalière qui devienne une vraie référence dans le monde des technologies de l'information ?), et certains métiers mieux investis. La visibilité de l'association à l'extérieur de nos métiers devient une nécessité absolue.



   
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