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Nathalie Khokholkoff,
auditrice de justice
RODEZ (12) - Métier. La longue
formation des magistrats.
Un bac littéraire en poche
avec pour option histoire de l'art
et trois langues, c'est le droit qu'a
choisi Nathalie Khokholkoff au moment
de ses études universitaires.
Avec une maman greffière en
chef, les tribunaux étaient,
depuis sa plus tendre enfance, un
univers familier. « J'ai rencontré
des gens qui m'ont parlé de
ce métier avec passion malgré
ses responsabilités »,
confie la jeune femme, auditrice de
justice à Rodez. C'est au terme
de cinq années de droit «
en fac » qu'elle tente le concours
de l'École nationale de magistrature,
en externe « mais il y a plusieurs
voies ». S'il y a beaucoup d'appelés,
3 000 inscrits, il y a, en revanche,
peu d'élus, avec seulement
de 180 à 200 candidats reçus
à l'issue de l'épreuve
écrite. La voici donc à
Bordeaux, en janvier 2005, dans la
prestigieuse école à
prêter le serment d'auditeur
de justice par lequel elle s'engage
à garder le secret professionnel.
Commence ensuite une formation de
trente mois.
Deux missions:
écoute et attention
La première étape de
la formation en est un stage découverte
de deux semaines dans un tribunal
et un passage obligé dans tous
les services. « C'est une première
approche du monde judiciaire ».
C'est pour Tulle, en Corrèze,
qu'opte Nathalie Khokholkoff «
parce que, à l'image de Rodez,
c'est une petite juridiction à
taille humaine, qui compte neuf magistrats,
et l'occasion, pour [elle] , de découvrir
ce métier avec des collègues
qui peuvent mieux la connaître
que dans un grand tribunal. Ce sont
ensuite des stages extérieurs
à l'institution judiciaire,
aussi divers que variés et
humainement très formateurs,
dans le secteur associatif, les médias...
et l'international. Parmi les plus
exigeants puisqu'il nécessite
la maîtrise des langues mais
il permet de découvrir des
institutions étrangères
telle que la Cour européenne
des Droits de l'Homme... Pour la jeune
femme, c'est l'école judiciaire
de Barcelone. Arrive le mois de mai
et le retour à l'école
où alternent cours et d'exercices
corrigés. On simule des audiences
où les « étudiants
» sont tour à tour président,
procureur... et même prévenus.
Une mise en situation dont ils sont
très demandeurs. La seconde
année de formation c'est l'envoi
en juridiction. « On passe par
toutes les fonctions : six semaines
au parquet, six au civil, au tribunal
d'instance, chez le juge des enfants...
«Nous sommes formés par
nos aînés », résume-t-elle.
« Notre mission première
est l'écoute, l'attention.
Je ne prends pas part aux délibérés,
je n'endosse donc pas la responsabilité
de la décision et du vote mais
quand mes collègues veulent
bien me poser la question, j'ai le
droit de m'exprimer. Une faveur qu'ils
me font, dans un but pédagogique
», explique-t-elle. Stages encore
dans la gendarmerie, la police, le
milieu carcéral ainsi que dans
un cabinet d'avocat. Une année
de formation pratique avant le concours
de sortie et des notes qui s'additionneront
à celles obtenues pendant les
trente mois. Avec le classement, viendra
l'heure du choix d'un poste de magistrat
que Nathalie Khokholkoff rejoindra
après trois mois de spécialisation
à l'école.
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