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  Portrait d'un Avocat du droit des affaires (2 portraits)
Portrait d'un Avocat du droit des affaires vu par nouveleconomiste.fr


Jean Veil
Le complice des puissants

L’avocat starifié du droit des affaires, fils de la plus célèbre Ministre de la Santé française, dévoile ses paradoxes. Introduit auprès des milieux influents, l’homme est pétri d’exigences et d’énergies. Rencontre avec un ténor du barreau, au cœur de l’actualité judiciaire.

Chaque semaine, Le nouvel Economiste révèle un tempérament à «L’Hôtel», rue des Beaux-Arts. Paris VIe. Canapés confortables, cadre baroque et intimiste. Premier portrait, Jean Veil, l’avocat d’affaires élu par les gens de pouvoir

Par Gaël Tchakaloff

lI est celui que l’on choisit. Il a gagné la confiance des puissants de l’Hexagone. Avocat de Dominique Strauss-Kahn dans le dossier de la Mnef, du Crédit Lyonnais dans l’affaire Tapie, des sociétés Elf, L’Oréal et BNP Paribas... Jean Veil, 55 ans, participe à tous les combats. Chez lui, on avait « l’esprit ouvert ». Il en a hérité.

Le privilège du nom

Un père sévère, Antoine Veil, haut fonctionnaire (UTA, Manurhin, Matra transport…). Une mère « présente et attentive », Simone Veil. Deux frères cadets, dont un brutalement disparu. Une enfance heureuse et dorée dans un clan familial, resté fusionnel. « Nous déjeunions chaque samedi avec nos parents, chaque lundi avec mes frères. Aujourd’hui, une chaise demeure vide. » Lucide, Jean Veil reconnaît avoir été « admis dans des cercles de pouvoir », dès l’enfance. « Mon ascendance a rendu la vie professionnelle beaucoup plus facile. » Il était cancre à l’Ecole Alsacienne. Deux redoublements. Il n’avait pas suffisamment travaillé pour prétendre sortir correctement de l’ENA : « J’ai loupé le coche du service public ». Le droit lui paraît être un formidable vecteur pour exercer une activité professionnelle. Un jour, en deuxième année de droit à Assas, il a besoin d’argent pour réparer la voiture de sa mère, qu’il a accrochée. A 22 ans, son père lui propose alors d’entrer comme stagiaire chez Gide, Loyrette et Nouel. Il y restera douze ans. Jusqu’à ce que l’envie d’autonomie et de reconnaissance individuelle se fasse sentir. « J’avais besoin de savoir si les gens venaient pour moi ou parce que j’étais un fils d’archevêque. » Il choisit le droit des affaires pour régler sans complexe ses besoins d’argent : « Il est plus facile de demander l’équivalent de plusieurs mois de salaire à une société qu’à un particulier ».
1982. C’est le moment de l’insouciance et de la réussite. Sonier, Coblence, Darrois et Veil : quatre avocats regroupés, trois bureaux à New-York, Paris et Hong Kong. Jean Veil se fait connaître pour ses compétences. Cinq ans après, en 1987, il crée son propre cabinet avec les associés – en déshérence – de l’avocat Jacques Perrot, qui vient d’être assassiné : Georges Jourde et Dominique de La Garanderie. Il entre au club des élus. Les personnalités du monde politique et économique le recommandent. Georges Jourde, avec lequel il travaille en binôme, déclenche son admiration : « Il se promène dans le droit comme si c’était un jardin à la française ». Mais sa consécration professionnelle vient le jour où son père lui confie un dossier : « Mon client préféré, c’est mon père ».

La stratégie clanique

L’ombre du clan plane sur la vie de l’avocat d’affaires. Il élargit la relation fusionnelle à ses descendants et conjointes. Trois mariages, six enfants. Tout le monde fonctionne ensemble : « Cela donne une stabilité, une force extrême dans l’existence ». Lorsqu’on l’interroge sur ses réseaux, l’homme devient plus réservé. Respect du secret professionnel ou volonté d’opacifier un pouvoir caché ? Jean Veil n’accepte de se livrer qu’au sujet de ses anciens clients. Naturellement, il dévoile leurs noms, ajoutant « qu’ils doivent être contents de (ses) services » : Dominique Strauss-Kahn, André Levy Lang, Jean Peyrelevade, Maurice Levy, un ami. Il admet une connivence moins étroite avec certains autres : Lindsay Owen Jones ou Michel Pébereau, qu’il qualifie au passage de « très réservé ».
Pourquoi cet homme rond et sympathique, qui ne semble pas plus charismatique qu’un autre, est-il l’avocat préféré des hommes politiques et des grands patrons? « J’ai un solide bon sens, je suis imaginatif et opiniâtre. Je prends en charge les clients. » Il souhaiterait se décrire de manière conventionnelle. Jean Veil ne cherche pas à sortir du rang. Au-delà de l’inné – il avait un réseau à la naissance –, au-delà de l’acquis – une technique juridique maîtrisée –, il développe un lien atypique avec ses clients. Il les accompagne, leur parle, les accueille dans son giron, les materne, notamment en matière pénale : « Le procès pénal est un lieu de douleur ». L’entreprise de fidélisation repose sur l’esprit clanique de l’homme. Proximité, chaleur, disponibilité, présence, écoute, soutien, ressortent dans les qualificatifs employés à son égard par ses clients. « Si vous cherchez un avocat, il n’y en a qu’un : Jean Veil », s’amuse Dominique Strauss-Kahn. Et le Ministre de rajouter deux éléments essentiels : « Il doit être convaincu de la qualité d’un dossier pour le défendre. Jean Veil ne défendrait pas des causes qui sont perdues d’avance ». Jean Veil sélectionne. Il ne risque pas l’échec. « Il est respecté par les institutions. »

Les combats affichés

La réciproque n’est pas établie, loin de là. Chacun en prend pour son grade. Les juges figurent en ligne de mire : « Le pire conflit d’intérêt est d’avoir deux dossiers chez le même juge. Si l’on a un problème sur un dossier, certains juges se vengent sur l’autre dossier ». L’avocat s’est déjà prononcé, il y a quelques années, pour la suppression du juge d’instruction et l’instauration d’une instruction complète à l’audience. Il s’étonne de la lenteur de l’instruction en France. A ce titre, il cite l’affaire Enron : « Elle a déjà trouvé son épilogue aux Etats-Unis ». Quant aux juridictions consulaires – dont il approuve la composition –, il prône la désignation des mandataires de justice par le Tribunal de Grande Instance ainsi qu’une déclaration de patrimoine à l’entrée et à la sortie des mandatures des juges consulaires.
Si Jean Veil sait manier les concepts, c’est avant tout dans ses dossiers qu’il déroule les grandes manœuvres. Maîtrisant les travers des institutions – qu’il regrette –, il les utilise cependant dans sa stratégie. « Le meilleur allié en droit pénal est le temps. Plus tard les affaires viennent, moins les juges peuvent être sévères. » L’avocat a l’habitude de défendre les coupables. A l’égard des innocents, il renverse la proposition : « Si l’innocence de Dominique Strauss-Kahn avait été reconnue dès le départ, il serait probablement retourné au gouvernement ».
Les débordements d’énergie de Jean Veil fatiguent, ses paradoxes intriguent : reconnu, il manque néanmoins de confiance ; humain, il se méfie de tous ; avocat des grands patrons, il revendique le fait de pouvoir travailler gratuitement. Interrogé sur l’éthique économique et les « golden parachutes », il ne s’engage pas : « Je ne sais pas ce qui est juste ou injuste ». Étonnamment, il pense avoir peu d’ennemis. « Certains confrères ne peuvent pas s’empêcher de dire des méchancetés. Je ne suis pas comme eux. Lorsque j’éreinte quelqu’un, c’est que cela est utile. » L’homme déplore certains de ses travers: « impatient, maniaque et colérique ». Peut-être un peu mysogine : « Les femmes travaillent de manière formidable, mais elles veulent avoir raison et l’affirmer. Dans le milieu des affaires, il ne faut pas nécessairement avoir raison. Il ne faut pas écraser l’adversaire ».
Il répond en termes réservés sur la réalité de son pouvoir : « J’ai l’opportunité de convaincre. J’ai la capacité d’atteindre les gens qui ont le pouvoir ». On soupçonne pourtant que le réseau de Jean Veil lui donne bien plus de pouvoir direct ou indirect que celui qu’il veut bien laisser paraître.


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Temoignage d'un Avocat du droit des affaires vu par ladepeche


C'est quoi ton métier? Avocat d'affaires



Un nouveau rendez-vous dans nos colonnes: chaque mercredi, dans «C'est quoi ton métier», vous découvrirez le portrait d'un audois ou d'une audoise à travers sa profession.

-Frédéric Reynes a beau être célibataire, il est père de famille. Ca peut paraître curieux, mais un avocat d'affaires, c'est fait comme ça. Il faut accompagner les sociétés dès la naissance, approuver ou désapprouver les unions, soutenir dans les divorces, surveiller la croissance du capital, applaudir l'arrivée des filiales comme l'avènement d'un enfant et pratiquer aussi, parfois, l'accompagnement en fin de vie lorsqu'une entreprise se dissout naturellement ou dépose le bilan.

Inscrit au barreau depuis 1997, Frédéric Reynes travaille aujourd'hui comme collaborateur dans un cabinet d'avocats carcassonnais qui l'envoie régulièrement rencontrer les clients chefs d'entreprise en Ariège, dans les Hautes-Pyrénées, les Pyrénées-Atlantique ou la Haute-Garonne. Un peu d'air entre la rédaction des statuts d'une SARL, de contrats commerciaux, de franchise ou de distribution, l'examen pointu d'éventuels pactes d'associés ou l'immatriculation au registre du commerce et des sociétés. La moitié de son temps, Me Reynes le passe au bureau, l'autre dans les entreprises que compte son portefeuille.

Interlocuteur privilégié des chefs d'entreprise

Entre un père médecin et une mère enseignante, Frédéric n'avait pas franchement de prédispositions ataviques pour le droit. Mais lorsqu'il attaque ses études à Toulouse en 1991, les professions d'avocats dits conseils et d'avocats tout court viennent de fusionner et le conseil en droit des sociétés séduit immédiatement le jeune homme qui décidé d'en faire sa spécialité. Frédéric Reynes ne plaide pas, il jongle avec les textes de loi, les formalités et les dossiers qui pèsent parfois plusieurs millions d'euros.

«Autrefois, les chefs d'entreprise se confiaient à leur notaire ou à l'expert-comptable. Aujourd'hui, l'avocat est l'interlocuteur de prédilection, puisqu'il accompagne de façon juridique les choix des sociétés».

Témoins privilégiés de l'activité économique, les avocats d'affaire mesurent la santé du marché à leur masse de travail. «Plus on en a et plus cela signifie que les entreprises gagnent de l'argent et investissent». Frédéric Reynes a du travail.

Merci pour lui et pour l'économie locale qui ne va donc pas si mal, avec une mention spéciale pour le BTP qui squatte le haut du panier et encombre de dossiers le bureau du jeune avocat

C'est quoi ton métier? Avocat d'affaires Publié le 15/10/2003 | LaDepeche.fr .


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