Gilles Guillon
Directeur de collection
Société: Ravet Anceau |
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> Pouvez-vous,
en quelques mots, nous parler de votre parcours
?
- A la base, je viens du monde du journalisme.
J’ai été journaliste
pendant 22 ans, de 1982 à 2005. Après
10 ans de télévision et 12
ans de presse écrite, j’ai
voulu me diversifier. Je suis parti en Italie
et en Hollande, pour un groupe de presse
qui souhaitait lancer de nouveaux magazines…
j’ai notamment participé à
la création d’un magazine de
rock et d’un autre sur la formule
1. Ce que je faisais à ce moment-là,
ça se rapprochait de l’édition,
c’était de la mise en route
de projets.
Je suis vraiment intéressé
par l’aspect créatif, alors
quand Ravet Anceau m’a proposé
ce poste, je n’ai pas hésité.
> Comment s’est passée la
transition ?
- Je suis arrivé ici il y a trois
ans, avec une mission : développer
l’édition de livres grand public.
Au départ, Ravet Anceau c’est
surtout les cartes et les plans. Mais, la
concurrence du GPS oblige à se diversifier.
Mon rôle était donc de lancer
une nouvelle collection. J’ai d’abord
développé une collection de
livres de cuisine, puis une autre sur le
régionalisme. Après cela,
j’ai travaillé sur un projet
qui me tient à cœur : la collection
« polars en Nord », des romans
policiers régionaux. Au fil du temps,
c’est devenue l’activité
principale de Ravet Anceau. On a publié
trente polars en trois ans, ce n’était
pas prévu, mais il faut battre le
fer tant qu’il est chaud. On est passé
de deux livres par trimestre à deux
livres par mois.
> En tant que
directeur de collection, quelles sont vos
activités ?
- Je suis à l’origine de chaque
bouquin. Je reçois et lis tous les
manuscrits. S’ils sont intéressants
et publiables, je les soumets au comité
de lecture, composé de bénévoles
amateurs de polars.
En fonction de leurs remarques, on décide
de les publier ou pas. Parfois, on peut
demander à l’auteur de retravailler
certains points de son roman.
Une fois qu’on a décidé
de publier, je prépare le fichier
pour le correcteur et, ensuite, ça
part à la mise en page. Quand la
version finale est faite, on transmet une
version à l’auteur. S’il
est d’accord, il nous retourne le
bon à tirer et le livre est envoyé
à l’imprimeur.
J’écris également le
texte de la quatrième de couverture.
Vient ensuite l’aspect plus commercial.
Être éditeur, c’est passer
30 % de son temps à éditer,
et le reste à vendre. Il faut bien
faire savoir aux libraires que le livre
est en vente.
> Lancer une
collection est un pari risqué…
- Pour « Polars en Nord », j’y
croyais vraiment. L’idée était
de parler de la région à travers
le polar. Il y avait deux questions qui
revenaient sans cesse autour de moi. La
première était « où
vas-tu trouver les auteurs ? ». Mais
j’en avais vu sur les salons, j’avais
déjà des contacts. La seconde
était de savoir si les livres allaient
trouver leurs lecteurs. A cela, je répondais
qu’en Bretagne, en Provence, en Bourgogne
et ailleurs, ce type de collection existait.
Pourtant il n’y en avait pas dans
le Nord.
On s’est lancé et ça
a marché tout de suite. L’objectif
était d’attendre les 1 500
exemplaires la première année.
On en a vendu 6 000 en deux ans. Au niveau
du résultat, nous n’avons rien
à envier aux grandes maisons d’édition.
On est sur deux créneaux qui marchent
: le roman policier et le livre de poche.
> Pour exercer
ce métier, quelles sont les qualités
indispensables ?
- La curiosité, principalement. Il
faut être constamment intéressé
par la nouveauté. Quand je reçois
un manuscrit, j’ai envie de savoir
ce qu’il y a dedans. Il faut aussi
de l’audace, parce qu’on doit
oser mettre ses idées en application.
Je pense aussi qu’il faut avoir une
réelle capacité d’adaptation,
parce que chaque livre est une expérience
nouvelle. On doit faire preuve d’imagination,
chaque bouquin est un nouveau pari. On prend
le risque de se planter.
> Enfin, auriez-vous
des conseils à donner à ceux
qui souhaiteraient s’orienter vers
la même voie ?
- Ne pas compter son temps. J’ai toujours
un manuscrit à portée de main,
dans la voiture, à la maison…
dès que j’ai un moment, je
lis. Et puis, je pense aussi qu’il
ne faut pas trop se prendre au sérieux
!
M.I. 26.05.08
Fiche métier
du Directeur
de collection
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