En quoi
consiste votre métier ?
Un réservoir est un gros paquet
de roches, caché sous des milliers
de mètres de profondeur, qui
contient un fluide pétrolier
piégé, gaz ou huile.
Mon rôle est de caractériser
le fluide en place (comportement lors
d'une déplétion, …)
et le réservoir (taille, propriétés,
qualités, pression, température,
etc.), de comprendre et de décrire
son fonctionnement, afin de simuler
la production du fluide pétrolier
en phase de développement,
ou de l'optimiser en phase d'exploitation.
Concrètement,
comment se déroule votre travail
?
Je travaille au Siège du Groupe
à La Défense, sur le
développement des projets.
Je dois modéliser le plus fidèlement
possible le réservoir qu'on
développe, avec toutes les
données dont je dispose. Ensuite,
je formule plusieurs hypothèses
de production, compensées par
des études d'incertitudes,
afin de savoir si l'exploitation est
viable. Lors de mon stage en Norvège,
je suivais la production. Il s'agissait
alors d'agir en fonction des réactions
du réservoir, et notamment
des variations de pression.
Parlez-m'en
au quotidien.
Je travaille sur ordinateur, sur le
modèle de simulation d'un champ
en mer du Nord. Je me forme aux logiciels
que je ne connaissais pas très
bien puisque je viens de la production,
où on travaille sur des données
réelles. Là, c'est de
la simulation. J'ai un temps donné
et un budget pour construire mon modèle
et faire mes hypothèses. Je
travaille en équipe avec les
géologues et les géophysiciens,
et je rends compte à ma responsable
qui me conseille.
Qu'est ce
qui vous plaît dans ce métier
?
J'aime bien la complexité de
la chose, la multitude des paramètres,
et savoir comment ça marche...
ou ne marche pas. Il y a aussi la
diversité des sujets. En fait,
on ne trouve pas deux réservoirs
identiques dans le monde, mais on
en trouve (presque) partout dans le
monde. Comme j'ai envie de voyager,
ça me plaît.
Et quelles
en sont les difficultés ?
Tenir les délais. On aimerait
parfois aller plus au fond, continuer
à creuser mais, pour des raisons
de temps et de budget, on est obligé
de s'arrêter. Cela peut être
frustrant. Le rôle des ingénieurs-réservoir
est aussi d'estimer annuellement l'état
des réserves de tous les champs
en production. C'est un travail lourd
et récurrent un peu fastidieux.
Quelles sont les qualités indispensables
de ce métier ?
Il faut avoir la passion des phénomènes
physiques, et un bon esprit de synthèse
pour intégrer les paramètres.
Et puis être mobile, ouvert,
aimer les challenges, et avoir envie
de découvrir d'autres cultures.
Comment voyez-vous
votre évolution ?
Après ce passage au Siège,
je voudrais repartir travailler dans
le domaine de la production. Il y
a plein de pays à découvrir
et de nouvelles techniques à
inventer pour exploiter des champs
particuliers comme, par exemple, au
nord du Canada où le pétrole
est si visqueux qu'on ne sait pas
le produire à des conditions
économiques. Pour plus tard,
je ne pense pas me spécialiser
dans le réservoir mais, peut-être
me tourner vers l'économie
pour voir la globalité des
projets. On verra bien.
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Erwan B.
- 25 ans. Ingénieur-réservoir
(exploration-production). ESTP (Travaux
Publics) et ENSPM (cycle DEG). A débuté
chez Total en juillet 2000, mais avait
effectué un stage chez Total
à la fin de son cursus à
l'ESTP.
En quoi consiste
le métier d'ingénieur-réservoir
?
A étudier les réservoirs,
c'est à dire en pratique à
" deviner " ce qui se passe
au fond. Sous le vocable " ingénieur
réservoir ", il y a en
réalité deux grandes
activités. Il y a les ingénieurs-réservoir
dont le rôle, essentiel, consiste
à évaluer les gisements
découverts et non encore exploités
pour fournir des profils de production.
Les autres, comme moi, doivent optimiser
la récupération des
gisements déjà en exploitation
afin d'en améliorer la production.
Dans l'activité de valorisation
des gisements, le travail est très
différent selon qu'on est au
siège ou en filiale.
Concrètement,
comment se déroule votre travail
?
A la valorisation des gisements, à
Paris, nous étudions les informations
fournies par les puits en production.
Elles nous permettent de mieux comprendre
le réservoir : ses réactions,
les écoulements, etc. A nous
de proposer des solutions pour améliorer
la production : nouveaux puits, modifications
des existants, procédé
de récupération secondaire,
voire tertiaire etc. En filiale, mes
homologues suivent la production du
champ afin de l'optimiser. Leur travail
est plus opérationnel, rythmé
au jour le jour alors qu'au siège
nous réalisons les études
qui ne peuvent l'être en filiale
par manque de temps, de personnel
ou de moyens.
Parlez-moi
du vôtre au quotidien.
Tant qu'on est à Paris, on
fait des études, et principalement
des simulations informatiques. On
travaille sur des logiciels qui nous
permettent de simuler les réactions
d'un réservoir si on décide
telle ou telle modification. Contrairement
aux géologues qui déterminent
des images statiques, nous travaillons
sur la dynamique, les écoulements.
En filiale, on a en plus la proximité
des opérations qui permettent
de participer à des tests de
puits ou autre et on passe donc moins
de temps devant son écran !
Qu'est ce
qui vous plaît dans ce métier
?
Tout d'abord, les perspectives d'expatriation,
et aussi de travailler dans un monde
où les enjeux et les projets
sont énormes. Je suis aussi
fier de faire un métier primordial
pour l'industrie pétrolière,
le "core-business" comme
on dit, un domaine qui ne sera jamais
sous traité. Et puis l'ingénieur-réservoir
se trouve à un carrefour, au
contact avec plusieurs métiers
: les géologues, les géophysiciens,
mais aussi les foreurs et les installateurs.
C'est un métier très
riche et formateur.
Et quelles
en sont les difficultés ?
Les études sont passionnantes,
mais quelquefois un peu ingrates.
Parfois, on a l'impression de tourner
en rond, que les choses n'avancent
pas, qu'on n'a pas de bonnes idées
ou qu'il manque des données,
même si on en a beaucoup. C'est
très différent de l'école
où vous avez toutes les informations.
Là, c'est quelquefois un peu
rébarbatif. Et puis, les journées
sur écran ne sont pas toujours
très palpitantes !
Quelles sont
les qualités indispensables
de ce métier ?
Pour les raisons que je viens d'évoquer,
il faut être patient, persévérant
et méticuleux. Il ne faut pas
avoir peur de passer des jours et
des jours devant son écran,
en ayant par moment le sentiment de
piétiner. Mais, à l'échelle
du mois, c'est très formateur
et enrichissant.
Comment voyez-vous
votre évolution ?
A plus ou moins long terme à
l'expatriation, en filiale. C'est
pour cela que je suis là. Mais
j'ai bien conscience d'avoir encore
plein de choses à apprendre
ici, au siège, au contact des
spécialistes entre autre.
D'autre part quand j'estimerai avoir
fait le tour du réservoir ou
que j'en serai lassé, j'aurai
la possibilité de changer de
métier au sein du groupe !
Fiche métier
de l' Ingenieur
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