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> Interview d'un Ingenieur Reservoir





  Interview d'un Ingénieur Réservoir (4 Interviews)

Interview d'un Ingénieur Réservoir vu par Total


Emmanuel C. - 26 ans. Ingénieur-réservoir (exploration-production)
ENSIC (Ecole Nationale Supérieure des Industries Chimiques de Nancy). A débuté chez Total en février 2000, après un stage et un CSNE en Norvège pour Total.


En quoi consiste votre métier ?

Un réservoir est un gros paquet de roches, caché sous des milliers de mètres de profondeur, qui contient un fluide pétrolier piégé, gaz ou huile. Mon rôle est de caractériser le fluide en place (comportement lors d'une déplétion, …) et le réservoir (taille, propriétés, qualités, pression, température, etc.), de comprendre et de décrire son fonctionnement, afin de simuler la production du fluide pétrolier en phase de développement, ou de l'optimiser en phase d'exploitation.

Concrètement, comment se déroule votre travail ?

Je travaille au Siège du Groupe à La Défense, sur le développement des projets. Je dois modéliser le plus fidèlement possible le réservoir qu'on développe, avec toutes les données dont je dispose. Ensuite, je formule plusieurs hypothèses de production, compensées par des études d'incertitudes, afin de savoir si l'exploitation est viable. Lors de mon stage en Norvège, je suivais la production. Il s'agissait alors d'agir en fonction des réactions du réservoir, et notamment des variations de pression.

Parlez-m'en au quotidien.

Je travaille sur ordinateur, sur le modèle de simulation d'un champ en mer du Nord. Je me forme aux logiciels que je ne connaissais pas très bien puisque je viens de la production, où on travaille sur des données réelles. Là, c'est de la simulation. J'ai un temps donné et un budget pour construire mon modèle et faire mes hypothèses. Je travaille en équipe avec les géologues et les géophysiciens, et je rends compte à ma responsable qui me conseille.

Qu'est ce qui vous plaît dans ce métier ?

J'aime bien la complexité de la chose, la multitude des paramètres, et savoir comment ça marche... ou ne marche pas. Il y a aussi la diversité des sujets. En fait, on ne trouve pas deux réservoirs identiques dans le monde, mais on en trouve (presque) partout dans le monde. Comme j'ai envie de voyager, ça me plaît.

Et quelles en sont les difficultés ?

Tenir les délais. On aimerait parfois aller plus au fond, continuer à creuser mais, pour des raisons de temps et de budget, on est obligé de s'arrêter. Cela peut être frustrant. Le rôle des ingénieurs-réservoir est aussi d'estimer annuellement l'état des réserves de tous les champs en production. C'est un travail lourd et récurrent un peu fastidieux.

Quelles sont les qualités indispensables de ce métier ?


Il faut avoir la passion des phénomènes physiques, et un bon esprit de synthèse pour intégrer les paramètres. Et puis être mobile, ouvert, aimer les challenges, et avoir envie de découvrir d'autres cultures.

Comment voyez-vous votre évolution ?

Après ce passage au Siège, je voudrais repartir travailler dans le domaine de la production. Il y a plein de pays à découvrir et de nouvelles techniques à inventer pour exploiter des champs particuliers comme, par exemple, au nord du Canada où le pétrole est si visqueux qu'on ne sait pas le produire à des conditions économiques. Pour plus tard, je ne pense pas me spécialiser dans le réservoir mais, peut-être me tourner vers l'économie pour voir la globalité des projets. On verra bien.

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Erwan B. - 25 ans. Ingénieur-réservoir (exploration-production). ESTP (Travaux Publics) et ENSPM (cycle DEG). A débuté chez Total en juillet 2000, mais avait effectué un stage chez Total à la fin de son cursus à l'ESTP.


En quoi consiste le métier d'ingénieur-réservoir ?

A étudier les réservoirs, c'est à dire en pratique à " deviner " ce qui se passe au fond. Sous le vocable " ingénieur réservoir ", il y a en réalité deux grandes activités. Il y a les ingénieurs-réservoir dont le rôle, essentiel, consiste à évaluer les gisements découverts et non encore exploités pour fournir des profils de production. Les autres, comme moi, doivent optimiser la récupération des gisements déjà en exploitation afin d'en améliorer la production. Dans l'activité de valorisation des gisements, le travail est très différent selon qu'on est au siège ou en filiale.

Concrètement, comment se déroule votre travail ?

A la valorisation des gisements, à Paris, nous étudions les informations fournies par les puits en production. Elles nous permettent de mieux comprendre le réservoir : ses réactions, les écoulements, etc. A nous de proposer des solutions pour améliorer la production : nouveaux puits, modifications des existants, procédé de récupération secondaire, voire tertiaire etc. En filiale, mes homologues suivent la production du champ afin de l'optimiser. Leur travail est plus opérationnel, rythmé au jour le jour alors qu'au siège nous réalisons les études qui ne peuvent l'être en filiale par manque de temps, de personnel ou de moyens.

Parlez-moi du vôtre au quotidien.

Tant qu'on est à Paris, on fait des études, et principalement des simulations informatiques. On travaille sur des logiciels qui nous permettent de simuler les réactions d'un réservoir si on décide telle ou telle modification. Contrairement aux géologues qui déterminent des images statiques, nous travaillons sur la dynamique, les écoulements. En filiale, on a en plus la proximité des opérations qui permettent de participer à des tests de puits ou autre et on passe donc moins de temps devant son écran !

Qu'est ce qui vous plaît dans ce métier ?

Tout d'abord, les perspectives d'expatriation, et aussi de travailler dans un monde où les enjeux et les projets sont énormes. Je suis aussi fier de faire un métier primordial pour l'industrie pétrolière, le "core-business" comme on dit, un domaine qui ne sera jamais sous traité. Et puis l'ingénieur-réservoir se trouve à un carrefour, au contact avec plusieurs métiers : les géologues, les géophysiciens, mais aussi les foreurs et les installateurs. C'est un métier très riche et formateur.

Et quelles en sont les difficultés ?

Les études sont passionnantes, mais quelquefois un peu ingrates. Parfois, on a l'impression de tourner en rond, que les choses n'avancent pas, qu'on n'a pas de bonnes idées ou qu'il manque des données, même si on en a beaucoup. C'est très différent de l'école où vous avez toutes les informations. Là, c'est quelquefois un peu rébarbatif. Et puis, les journées sur écran ne sont pas toujours très palpitantes !

Quelles sont les qualités indispensables de ce métier ?

Pour les raisons que je viens d'évoquer, il faut être patient, persévérant et méticuleux. Il ne faut pas avoir peur de passer des jours et des jours devant son écran, en ayant par moment le sentiment de piétiner. Mais, à l'échelle du mois, c'est très formateur et enrichissant.

Comment voyez-vous votre évolution ?

A plus ou moins long terme à l'expatriation, en filiale. C'est pour cela que je suis là. Mais j'ai bien conscience d'avoir encore plein de choses à apprendre ici, au siège, au contact des spécialistes entre autre.
D'autre part quand j'estimerai avoir fait le tour du réservoir ou que j'en serai lassé, j'aurai la possibilité de changer de métier au sein du groupe !


Fiche métier de l' Ingenieur Reservoir





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Interview d'un Ingénieur Réservoir vu par Total


Louise D. Nationalité hollandaise – 29 ans
Ingénieur Réservoir – Pau (France) - Ingénieur diplômé d’un Master en ingénierie pétrolière de l’Université de Delft (NL)

Je voulais travailler dans une grande compagnie pétrolière internationale, plutôt française car j’avais effectué un stage en France : Total s’est donc imposé !
Je suis Ingénieur Réservoir depuis 2 ans et demi et mon métier consiste à modéliser les flux de pétrole et de gaz à l’intérieur des réservoirs avec pour objectif d’optimiser la production future.
Pour bien comprendre les enjeux de mon métier, le nom de l’équipe dans laquelle je suis intégrée est assez significatif : incertitudes et analyses des risques.

Un objectif : réduire les risques et les incertitudes

Notre objectif est bien de quantifier les incertitudes qui sont nombreuses. Pour vous donner une idée de cette complexité, imaginez un champ pétrolier d’un kilomètre carré sur lequel vous n’avez que les données obtenues à partir du forage d’un puits de quelques dizaines de cm de diamètre : comment utiliser ces données pour avoir le maximum d’informations sur l’ensemble du champ ? Quels modèles numériques et statistiques vont permettre de prendre en compte ces incertitudes pour la suite du développement du champ ? Autant de questions auxquelles les modèles mathématiques et les mesures effectuées sur le terrain vont essayer de répondre avec le maximum de précision, ou, en tout cas, le minimum de risques et d’incertitudes. Je suis, vous l’aurez compris, dans un métier où les mathématiques et les calculs ont une forte importance. À cela, il convient d’ajouter l’expérience et la collaboration avec des équipes localisées soit ici au
siège en France soit dans les filiales, plus proches du terrain.

Des modèles mathématiques aux réalités du terrain

Naturellement, l’envie de travailler sur le terrain est forte et je vais avoir l’opportunité de partir pour le Nigeria dans quelques semaines. Je serai toujours Ingénieur Réservoir, mais le contenu de mon métier sera très différent car je serai chargée de suivre une production au jour le jour, de
manière concrète : celle de la plate-forme d’Amenam-Kpono. L’objectif est de veiller au quotidien sur l’évolution de la production pour, si possible, l’augmenter. Cela passe par l’analyse permanente des températures, des pressions, des variations de production… tout un jeu de données qui permettent de mettre en place un monitoring de la production.
Je serai basée à terre, au sein de la filiale, et je me déplacerai fréquemment offshore afin d’y effectuer des mesures. Il y a assez peu de femmes sur ces fonctions en Afrique et je suis donc
ravie d’augmenter leur nombre. J’ai été particulièrement bien préparée au départ et à cette expatriation car cette année, l’ensemble des formations et des stages que j’ai suivi était destiné à me préparer à ces nouvelles fonctions.

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Nicolas M. Nationalité française – 24 ans
Ingénieur Réservoir – Paris (France) - Ingénieur diplômé de l’École des Mines de Nancy puis 2 ans en apprentissage à l’ENSPM (École Nationale Supérieure du Pétrole et des Moteurs)



En tant qu’Ingénieur Réservoir, que l’on appelle parfois aussi “Ingénieur Gisement”, mon métier consiste à évaluer les réserves et le potentiel d’un gisement.
Tout commence avec les études sismiques des géosciences qui permettent de visualiser les différentes couches du sous-sol. Un modèle numérique est ensuite créé afin de reproduire le gisement de manière simplifiée mais la plus réaliste possible.
En effet, contrairement aux idées reçues, un gisement de pétrole s’apparente plus à une roche poreuse imprégnée d’hydrocarbures au comportement complexe, qu’à une nappe remplissant une grotte souterraine.

Modéliser l’existant et ses évolutions

À partir de ce modèle géologique numérique, l’Ingénieur Réservoir va procéder à des estimations, tant sur le potentiel de production du gisement, que sur son comportement ou son évolution possible. C’est naturellement un travail d’équipe et nous essayons d’être les plus réalistes possibles dans nos estimations car les réserves de la compagnie en dépendent.
Par ailleurs, ces estimations ont un impact sur toutes les décisions de la chaîne de production : quel point d’implantation pour le puits ? Quelles sont les estimations de production du gisement ? Une production sousestimée et les installations de surface seront surdimensionnées et
inversement ! Lorsque le champ entre en production, les Ingénieurs Réservoir sur le terrain (dans les filiales) prennent le relais pour intervenir sur le monitoring du puits. Leur objectif va être d’optimiser la production et, en cas de ralentissement de celle-ci, d’en comprendre les raisons et d’essayer d’apporter les correctifs nécessaires.

Rigueur, travail d’équipe et… mobilité

Les qualités principales requises pour ce métier sont d’abord la rigueur et la capacité à synthétiser de très nombreuses données. Un point important concerne également la capacité à travailler en équipe car une décision ne se prend jamais seul mais toujours au sein d’un comité au regard des enjeux et des conséquences financières possibles. Enfin, pour mon évolution de carrière, il faut être mobile tant pour des missions courtes, de l’ordre de 2 à 3 semaines, que pour un départ en expatriation au sein de l’une de nos filiales pour plusieurs années.
Une des plus grandes satisfactions de ce métier est naturellement de constater que les modèles et prévisions effectuées sont effectivement au plus près de la réalité. Et la satisfaction est encore plus grande si les prévisions sont dépassées !



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