Claire
Bourdiec - 23 ans
Opératrice-trading
BTS commerce international, Ecole Européenne
de Transport et 3ème cycle en
Logistique à l'ESC Rouen.
A débuté chez Total en
novembre 2000, mais avait auparavant
effectué un stage chez Total.
Romarin
Maillard - 27 ans
Opérateur-trading
ESTP (Travaux Publics) et Magistere
de Projets Internationaux à Sup
de Co. Paris.
A débuté chez Total en
2000, après un CSNE à
Londres pour Gaz de France.
En
quoi consiste votre métier
?
A mener à bien les achats
et les ventes de pétrole
brut ou de produits raffinés
négociés par les
traders qui sont basés
à Genève. Le trader
doit fournir nos raffineries et
vendre notre brut et nos produits.
Mais son premier rôle est
de valoriser les échanges
commerciaux. Ainsi, il peut être
plus intéressant d'acheter
des barils de brut à d'autres
pétroliers que de raffiner
les nôtres qui seront alors
vendus sur le marché.
Nous n'avons pas à discuter
les deals des traders. Ils fixent
le prix, les conditions générales
du deal et la période d'effet.
Nous sommes les opérationnels
des transactions et les coordonnateurs
des transits. Nous organisons
l'opération physiquement,
en interne et en externe. |
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Vue
de l'immeuble des bureaux
de trading Total de Singapour.
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Concrètement,
comment se déroule votre travail
?
Romarin Maillard : Les traders passent
leurs accords oralement, mais leurs
conversations sont enregistrées.
Ils fixent les conditions très
générales des deals. Puis,
à nous de nous débrouiller
et de soulever les problèmes
éventuels en centralisant les
informations venues des services impliqués,
afin d'assurer le bon déroulement
des contrrats.
Claire Bourdiec : Oui, mais notre premier
travail, c'est de rédiger ces
contrats ! En mettant par écrit
le deal du trader, on affine les conditions.
Ensuite, on fait le lien entre les affréteurs
et les terminaux, mais aussi la comptabilité,
le contrôle de gestion, les services
juridiques et financiers, les prestataires
extérieurs, etc. Nous avons une
vision globale du dossier et coordonnons
les intervenants. Parlez-moi
du vôtre au quotidien.
RM : On passe beaucoup de temps au téléphone.
Chaque opérateur est responsable
d'une zone géographique de production.
J'ai travaillé sur la Mer du
Nord, et maintenant sur la Méditerranée.
Il y a une autre segmentation par pays
car chacun produit un type de brut particulier.
CB : Après mon stage sur la
Russie, où il y a peu de transactions
mais où tout est compliqué,
je m'occupe des pays du Golfe. Il
y a beaucoup de trafic mais ça
roule.
RM : Le matin en arrivant, je regarde
si les traders ont conclu des deals.
Si c'est le cas, j'ouvre un dossier
: fiche opérationnelle, pré-contrat,
préparation de l'affrètement,
dispositions particulières,
quantité, qualité du
brut, appointements des inspecteurs,
etc. Il y a un dossier par deal et
par bateau, et j'en gère une
dizaine par mois.
CB : Moi, un peu plus. En fait, le
travail et le rythme dépendent
de la zone dont on s'occupe. Par exemple,
sur la zone Golfe Persique, j'ai une
pointe d'activité les dix premiers
jours du mois pour les dates de nominations.
Qu'est ce
qui vous plaît dans ce métier
?
RM : On est placé entre la
production et le raffinage, ce qui
donne une vision globale de l'activité
du Groupe. Le monde du trading est
assez jeune et très animé.
Comme on travaille dans des bureaux
paysagers, on se connaît tous
et il y a toujours quelqu'un pour
vous aider.
CB : C'est sûr que ce n'est
pas un métier tranquille. C'est
très vivant. On est en contact
avec des gens de nationalité
et de culture différentes,
avec lesquels tous les échanges
se font en anglais. C'est une expérience
très formatrice, pour l'anglais,
les contrats, la finance, etc., et
un excellent compromis par rapport
à mes études.
Et quelles
en sont les difficultés ?
RM : On a parfois des problèmes
de communication avec certains pays,
des difficultés pour trouver
un accord ou un terrain d'entente
avec nos interlocuteurs. Sans compter
le décalage horaire. Mais on
y parvient toujours.
CB : Oui. Il faut se caler sur eux.
Mes vendeurs sont dans le Golfe et
mes clients au Japon. Je ne peux les
joindre que tôt le matin, et
règle l'administratif l'après-midi.
RM : Mais je trouve que la principale
difficulté, c'est de gérer
l'urgence. La machine tourne 24 heures
sur 24 et il faut qu'on soit toujours
joignable. Si la personne d'astreinte
vous appelle un dimanche matin parce
qu'un bateau est en retard, il faut
gérer. Il faut vite trouver
des solutions. Une fois de temps en
temps, ça peut être marrant.
Mais attention, même s'il y
a une bonne ambiance entre nous, le
milieu des traders est très
dur. On ne vous fait pas de cadeau.
CB : C'est pour ça qu'on écrit
tout ! Autre difficulté, comme
on est coordinateur, il faut sans
cesse relancer les gens. On est dépendant
de tout le monde et ça peut
être pesant.
Quelles
sont les qualités indispensables
de ce métier ?
RM : Il s'agit d'une activité
cyclique, avec des coups de speed.
Il faut résister au stress,
être réactif et pas coincé
au téléphone. Et puis,
il faut savoir évaluer les
risques, ne pas paniquer. D'ailleurs,
les opérateurs expérimentés
nous aident.
CB : Finalement les problèmes
ne sont pas si fréquents. Il
faut être organisée,
et savoir relativiser les urgences.
Comment voyez-vous
votre évolution ?
CB : Je compte passer 2 ou 3 ans ici,
en changeant de zones pour bien connaître
tous les maillons. Ensuite, j'espère
aller à la logistique, côté
raffinage ou Exploration-Production.
Par exemple, je pourrais organiser
les transports pour une plate-forme.
L'aspect purement commercial ou financier
m'attire moins.
RM : J'ai été embauché
pour être trader, mais la fusion
a retardé ce projet. D'ici
là, j'aimerais prendre un poste
commercial : analyste des marchés
ou négociateur. Et de préférence
dans le gaz, qui me paraît être
une activité en pleine expansion.
Fiche
métier de l' Operateur
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