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L’enseignant en
TIC travaille au sein d’un établissement
dans l’optique de promouvoir et d’éduquer
élèves et enseignants sur
les Technologies de l'Information et de
la Communication.
• Compétences
nécessaires : Etre capable
d’animer différents travaux
en e-learning et adapter les outils Web
d’une université ou d’une
école pour assurer l’avenir
informatique de l’établissement.
• Activités
: Il enseigne à ses étudiants
l’histoire des TIC, leur fait découvrir
la législation qui encadre le Web
et les initie à l’utilisation
des nouveaux médias, en particulier
en e-learning. Par ailleurs il se charge
de la mise en place des outils informatiques
que propose l’université ou
l’école à ses étudiants
et enseignants (accès intranet, à
une banque de données, etc.). Son
rôle est primordial dans la promotion
technologique de l’établissement.
• Qualités
: Curieux, inventif, rigoureux et
disponible pour les étudiants et
enseignants.
• Formation
recommandée : Cet enseignant
peut proposer ses services en universités
si son parcours professionnel est cohérent
avec la mission en e-learning. En général
avoir une licence liée à l’informatique
ou aux médias puis avoir eu diverses
expériences professionnelles en lien
avec la promotion des outils Web est un
bon parcours.
• Salaire
: Environ 2500 euros mensuels.
• Environnement : Au sein des
établissements scolaires, ou universitaires.
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Interview
d'un enseignant specialisé en TIC
Nicolas D. (44 ans)
Enseignant et chargé de projet TICE
(Technologies de l'information et de la
communication pour l'éducation) pour
l’IAE et l’Université
de Lille 1
Je rencontre monsieur D. après une
longue errance dans les couloirs labyrinthiques
de l’IAE de Lille, due notamment à
un sens de l’orientation désastreux.
C’est la première fois que
je m’y rends et l’ancien hospice
me paraît être un cadre idéal
pour travailler, Monsieur D. m’attend
au niveau des bureaux rénovés
des professeurs.
> Depuis combien
de temps enseignez-vous à l’IAE
?
- Je travaille depuis fin 2007 pour Lille
1 et l’IAE qui en fait partie, au
service d’enseignant et suivi de projet
au sein du CEMM. Je m’occupe du service
multimédia de l’université
qui propose de mettre en service des outils
multimédia et de production de ressources
pour les élèves et les étudiants.
> Quels sont les moyens mis en place
pour l’enseignement des TICE ?
- Tout d’abord, il y a la transposition
des méthodes traditionnelles sur
des technologies électroniques. En
premier lieu, il y a la plateforme pédagogique
qui est un site internet sur lequel on va
déposer des ressources mais aussi
mener des activités pédagogiques
par des forums, devoirs en ligne, projets
collaboratifs, quizz ou leçons interactives.
Pour les étudiants présents
mais aussi pour les étudiants en
formation à distance au Brésil,
Espagne, Afrique, etc. c’est un moyen
d’apprentissage précieux. Mais
il y a aussi les méthodes d’apprentissage
informelles : les blogs par exemple. Soit
la production de contenu ou instauration
d’une plate-forme de blogs afin de
s’exprimer. Ces activités font
partie de la mise en place de leur identité
numérique. En partant du constat
qu’on laisse des traces sur internet
un peu partout mieux vaut maîtriser
son identité virtuelle et en être
acteur. La pérennité des informations
est quasiment à vie sur internet,
ce qui nous oblige à faire attention
à notre e-réputation. La promotion
de soi par le « me marketing »
est devenue un phénomène très
important avec le web 2.00. L’utilisation
des réseaux sociaux faite par les
étudiants n’a pas de ligne
éditoriale forcément fixée
lorsqu’ils publient du contenu sur
ces sites. Sur la plate-forme mise en place,
on va leur apprendre à se présenter.
> Ceci va-t-il
les aider plus tard dans la recherche d’emploi
?
- Oui on peut penser aller vers ce que les
Canadiens utilisent déjà depuis
longtemps, le e-portfolio qui permet de
transporter des informations d’un
site de réseautage à un autre.
L’intérêt sur internet,
serait plus tard, de pouvoir conserver une
sorte de « dossier » qui serait
géré par soi-même et
qui serait transportable d’un site
à l’autre sans avoir à
faire la démarche de rentrer à
chaque fois les informations sur son identité.
Mais pour l’instant la tendance est
à l’inverse assez friande de
la diversité des profils selon les
sites communautaires utilisés. Plus
tard, on peut penser que cela sera plus
standardisé.
> Avez-vous
toujours été passionné
par les nouvelles technologies ?
- Je suis de 65, j’ai connu les débuts
de la micro-informatique dans les années
80. Les premières calculatrices et
ordinateurs programmables. Ma génération
a connu les premiers pas de Windows jusqu’à
tous les environnements que l’on connaît
aujourd’hui. On a commencé
à parler d’internet vers 95.
A cette époque je travaillais déjà
en enseignement assisté par ordinateur
avec des CD et il y a eu une accélération
exponentielle alors que j’étais
consultant informatique.
> Quel a été
votre cursus ?
- Pour ce qui est de mon cursus scolaire
: j’ai fait une maîtrise à
Lille 3 en administration économique
et sociale option informatique spécialisation
interne en entreprise. La trame de mon parcours
d’étude et professionnel a
toujours été la communication
et l’informatique. Comme beaucoup
de ma génération, la question
s’est souvent posé de savoir
comment les nouvelles technologies pouvaient
nous aider dans la création et la
diffusion de la connaissance.
> Pensez-vous
que les nouvelles générations
ont assez de recul sur les nouvelles technologies
?
- Je suis de la génération
X, celle née dans les années
60 et la génération d’aujourd’hui
on pourrait l’appeler la génération
Y, celle qui a toujours connu des outils
de TIC.
C’est mon sujet de recherche justement
: les « digitales natives ».
Beaucoup savent utiliser les outils informatiques
de façon très précoce
et leur manière d’aborder ces
outils est beaucoup plus naturel. Les outils
informatiques s’adaptent et sont de
plus en plus intuitifs. Usage naturel pour
les Y. C’est un usage normal alors
que pour ma génération, c’est
toujours un étonnement.
Le plus grand danger actuellement c’est
que le web ne soit plus la propriété
des citoyens. Car rien dans le web 2.00
n’appartient à l’usager,
les informations sont centralisées
dans les mains de quelques-uns alors que
la philosophie d’internet était
au début une philosophie de périphérie.
L’idéal serait qu’il
y ait un serveur pour chaque utilisateur.
> Pensez-vous
que le web permet un rapport plus simple
avec les employeurs ?
- Les employeurs pour le moment sont en
majorité des personnes de ma génération
qui privilégient encore les rencontres
physiques et les CV classiques. Tout dépend
du job que l’on recherche bien entendu.
Pour beaucoup de postes dans des domaines
comme l’informatique, l’audiovisuel,
c’est une bonne idée de se
mettre en scène sur internet, cela
montre que l’on maîtrise ces
outils. Des sociétés informatiques
se sont même mises à recruter
sur « second life ».
Le web permet une forme d’instantanéité
et de mettre en lien son CV avec des choses
que l’on aurait créées
avant, c’est une sorte de mise en
scène de soi. Cependant tout dépend
de son interlocuteur et ça peut être
compliqué. Les normes de CV existent
de moins en moins et il est difficile de
définir des normes justement.
> Et pour les
responsables d’entreprise ?
- La démocratisation du web 2.00
permet aux employeurs de connaître
les évolutions en matière
de recrutement et les niveaux de connaissance
disponibles sur internet ce qui peut rendre
la compétition encore plus difficile
entre les demandeurs d’emploi. On
va vers plus de transparence, vers plus
de lisibilité du marché de
l’emploi. Employés et employeurs
peuvent rapidement connaître les évolutions
du marché de l’emploi et donc
vérifier les qualifications de chacun.
Après il y a des sites qui fonctionnent
comme une recherche de collaborateurs suivant
des centres d’intérêt
communs comme le site whyers.com qui permet
de mettre en lien des gens dans une envie
commune de monter un projet. Cela permet
de multiplier les projets car il semble
de plus en plus impensable pour la nouvelle
génération de garder le même
emploi toute sa vie. On est plutôt
dans la formation tout au long de sa vie.
A cela, il y a un versant positif : la créativité
et le versant négatif serait l’instabilité.
> Internet crée-t-il une faille
encore plus grande entre les individus,
surtout pour des personnes qui ne maîtrisent
pas les codes ?
- Avoir un réseau social est important
dans la recherche d’emploi. Et justement
je pense qu’internet peut être
un bon moyen pour des individus qui n’ont
pas les bonnes fréquentations de
rencontrer des gens qui pourront les aider
professionnellement. Il faut cependant une
fois que l’on est passé par
internet, repasser par des rencontres dans
la vraie vie. C’est un accélérateur
pour repasser au réel après.
Ceux qui ont les réseaux humains
et les réseaux virtuels ont deux
fois plus de chance de trouver un emploi.
Sinon il y a évidemment un décalage
générationnel puisque les
jeunes ont un rapport plus intuitif avec
les nouvelles technologies.
> Comment restez-vous
au courant des évolutions ?
- Je suis abonné à des newsletters
et je passe toujours un temps par semaine
pour me mettre au courant des nouveautés.
J’utilise Twitter qui me permet de
rester à la page. C’est du
micro blogging sur les dernières
nouveautés du net. Il n’y a
pas un jour où je ne pense pas à
faire de la veille sur internet. Je le faisais
moins auparavant mais aujourd’hui
je me dois d’être au niveau
pour assurer le niveau de l’université
dans l’utilisation des nouvelles technologies.
> Quels sont
les avantages et les inconvénients
de votre métier ?
- Les avantages du métier sont que
l’on est toujours en veille, toujours
en alerte. Le web n’est pas une science
morte, les usages se créent au fur
et à mesure, prévenir l’avenir
reste complexe. Mais aussi prévoir
l’avenir de l’université.
Pour ce qui est des inconvénients,
je dirais que ce n’est pas reposant,
que ce n’est pas un environnement
stable. Les cours que je dispense doivent
être rafraîchis souvent. Mais
je pense qu’en tous les cas la mise
en pratique est le meilleur moyen pour faire
comprendre des choses aux étudiants.
VB 07/07/09
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