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Thierry,
moniteur auto-école
Après avoir exercé
pendant une vingtaine d’année
sur Paris, il a décidé
de venir s'installer en Bresse
et d'exercer sur Louhans.
Comme il nous l’explique,
pour lui, les journées
se suivent mais ne se ressemblent
pas. « Il existe plusieurs
manières d’apprendre
et aucun n’élève
n’est pareil. Il y a toujours
une part d’improvisation.
Les élèves sont
de milieux, d’âges,
de cultures et de caractères
différents. Je
dois m’adapter à
chacun et trouver la meilleure
manière d’enseigner.
Par exemple, un jeune de 16
ans en conduite accompagnée
est généralement
plus attentif qu’une personne
plus âgée. Il faut
parfois convaincre les parents
du bien fondé de notre
instruction.
En fonction de la sensibilité
de chacun, j’adapte mon
discours et ma méthode.
Certains ont besoin d’être
bousculés alors que d’autres
ont besoin d’être
rassurés ou ménagés.
Il faut donc toujours trouver
l’équilibre entre
diplomatie et fermeté.
Il faut aussi toujours être
sûr de soi pour imposer
ce que l’on veut faire.
Dans la voiture, il arrive que
les élèves se
confient à moi, je les
écoute tout en gardant
quelques distances. »
Thierry participe activement
aux cours de code. « Mon
temps de travail est consacré
pour une moitié au code
et pour l’autre moitié
à la conduite. Ce n’est
pas le cas de tous les moniteurs,
beaucoup font essentiellement
de la conduite. Pour le code,
je prépare mes cours
en fonction des thèmes
à aborder. Je fais ensuite
la correction avec les élèves
et je leur donne des explications.
Je suis les progrès de
chacun en notant leurs résultats.
»
Le suivi des élèves
se fait aussi lors des cours
de conduite. « Chaque
élève a un dossier
dans lequel sont consignés
ses progrès. Cela permet
de faire le lien lorsque l'élève
change de moniteur. On note
ce qui est acquis, ce qui est
à revoir… A chaque
cours, je fixe un objectif que
je présente à
l’élève
comme, par exemple, apprendre
à s’insérer
dans une circulation rapide.
En fin de parcours, je fais
le bilan avec l’élève
et je remplis sa fiche de suivi.
»
Aujourd’hui, le moniteur
a également une importante
mission : sensibiliser les futurs
conducteurs à la sécurité
routière. « En
temps que moniteur auto-école,
j’enseigne aux élèves
la technique de la conduite
: comment s’installer
au volant, comment démarrer,
tenir le volant, changer de
vitesse, se placer sur la route,
accélérer…
Mais ce n’est pas tout.
Je fais de la prévention
en enseignant comment devenir
un bon conducteur. Bien conduire
ne se limite pas à la
voiture, il faut aussi
prendre en compte d’autres
paramètres. C’est
pourquoi, j’informe sur
l’alcool au volant, les
accidents de la route, la fatigue,
la vitesse, la vigilance…Il
faut que l'élève
prenne consciences des dangers.
»
Ce travail de responsabilisation
est effectué avec les
futurs conducteurs, mais aussi
avec des personnes possédant
déjà le permis
et qui ont besoin d’une
piqûre de rappel. «
Les personnes, une fois le permis
en poche, prennent de mauvaises
habitudes ou ne se souviennent
pas forcément de tout
ce qui leur a été
enseigné, sans parler
des évolutions du code
de la route. Aujourd’hui,
il existe des sessions post-permis.
Il s’agit d’une
action basée sur le volontariat.
Il y a peu, j’ai encadré
un groupe de personnes âgées
pour les informer sur les risques
de la voiture. Je les ai fait
réfléchir sur
leur manière de conduire
et de se comporter sur la route
en les informant sur des sujets
précis. »
Pour devenir moniteur auto-école,
il est indispensable d'être
pédagogue. « Les
élèves sont en
phase d’apprentissage,
il faut donc beaucoup se répéter.
D’une leçon sur
l’autre, je reviens au
point abordé la dernière
fois pour voir s’il a
bien été assimilé.
Si ce n’est pas le cas,
je reviens dessus et je réexplique.
Je dois aussi être capable
d’intéresser quelqu’un
que ça n’intéresse
pas, ce qui n’est pas
évident.»
Il faut également bien
supporter les situations stressantes.
« Je dois prévoir
le comportement de l’élève
et toujours essayer de deviner
ce qui peut se passer. Par exemple,
certains confondent la gauche
de la droite ou ne tiennent
pas leur trajectoire sur la
route, il m’est d’ailleurs
déjà arrivé
de me retrouver à gauche
! Les comportements des autres
conducteurs sont également
stressants, ils se montrent
parfois impatients, nerveux
ou agressifs. Dans toutes les
situations, je dois garder mon
sang froid ce qui n’est
pas toujours facile. Il y a
forcément des moments
de frayeur. A mes débuts,
comme tous les moniteurs, j’en
rêvais même la nuit.
»
Les situations stressantes et
les conditions de travail varient
beaucoup selon la taille de
la ville comme nous l’explique
Thierry. « A Paris, il
y a les embouteillages, la circulation
et l’agressivité
des conducteurs. En Bresse,
c’est évidemment
beaucoup plus calme. »
Un bon moniteur doit se montrer
très patient, il a affaire
à des personnes en phase
d'apprentissage. « Les
élèves ne sont
pas toujours faciles. Ils sont
de plus en plus pressés
d'avoir leur permis et remettent
parfois en cause le moniteur.
Ce n'est pas toujours facile
de garder son
calme, il m'arrive à
moi aussi de m'énerver.
Si la situation ne se débloque
pas avec l'élève,
je passe le relais à
un autre moniteur. »
Le métier de moniteur
auto-école est contraignant
surtout à cause des horaires.
Un moniteur peut enchaîner
en effet plusieurs heures de
conduite à la suite de
8h à 19h. « Il
faut toujours être disponible.
Nous sommes dépendants
des horaires des clients. Par
contre, nous bénéficions
d'une grande autonomie. C'est
un avantage du métier.
Une fois en voiture, c’est
nous qui fixons les
objectifs et qui décidons
de ce qu’on va faire avec
l'élève. »
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