Depuis
combien de temps êtes-vous
Professeur des Ecoles ?
J'exerce le métier d'institutrice
depuis 1971, mais comme cette
profession est récente
je ne suis Professeur des Ecoles
que depuis quelques années
grâce à un DEUG
de psychologie.
Quels souvenirs avez-vous de
vos années de préparation
à l'enseignement ?
Je n'en garde pas un souvenir
impérissable mais il
y a eu des changements depuis
:l'Ecole Normale où j'ai
été formée
est devenue l'IUFM et les étudiant(e)s
stagiaires que je rencontre
sont satisfait(e)s de l'enseignement
qui leur est donné.
Dans
quelle classe avez-vous enseigné
pour la 1ère fois ?
Mon parcours est un peu différent
de la majorité de mes
collègues, je n'enseigne
dans des classes " normales
" que depuis 6 ans. Auparavant,
j'ai enseigné dans des
classes de perfectionnement
(niveau CP, CE1, CE2) et dans
des classes d'adaptation (entre
la dernière section de
maternelle et le CP). Ainsi,
la 1ère classe dans laquelle
j'ai enseigné était
une classe d'adaptation.
Enseigner
à des enfants avec des
problèmes psychologiques
ou/et intellectuels :est-ce
au départ un choix personnel
ou seulement un concours de
circonstance ?
Non, c'était ce que je
souhaitais faire dès
le début. Durant ma dernière
année d'étude,
j'avais demandé à
effectuer un remplacement au
lieu de suivre les cours qui
étaient malheureusement
pas toujours assurés.
J'ai eu de la chance, ce remplacement
s'est déroulé
dans une classe spécialisée.
Est-il
obligatoire d'avoir une formation
spécialisée pour
enseigner dans ces classes ?
Non, ce n'est pas nécessaire
puisque j'ai commencé
ma carrière dans des
classes spécialisées,
mais par la suite, j'ai suivi
une formation pour avoir le
statut de professeur spécialisé.
Est-ce
que votre 1ère année
d'enseignement a été
difficile ?
Je n'étais pas stressée
ou angoissée la 1ère
fois (je crois que je le suis
d'avantage aujourd'hui car on
a de plus en plus de responsabilités).
Je pense que, surtout dans le
cas d'enfants dont l'apprentissage
leur est difficile, l'essentiel
est d'attirer leur attention.
Par contre je me souviens du
1er stage effectué pendant
mes études dans une classe
de maternelle :j'avais prévu
de raconter une histoire drôle
mais elle n'a pas eu l'effet
escompté .A ce moment-là,
on est assez dérouté
je dirais.
Pourquoi
avez-vous décidé
d'enseigner à des enfants
" normaux " ?
Juste avant de partir pour ma
nouvelle école j'ai travaillé
au sein d'une équipe
enseignante où une personne
ne remplissait pas son rôle
et nuisait au bon déroulement
de l'équipe. Lorsque
ma place actuelle s'est libérée,
j'ai eu envie de changer, de
faire quelque chose de différent.
En
plus d'être Professeur
des Ecoles vous êtes,
depuis 6 ans la directrice de
la maternelle dans laquelle
vous enseignez . Quelles responsabilités
supplémentaires avez-vous
?
La tâche la plus "
lourde " est l'administration
qui prend entre 1 et 2 heures
quotidiennes. Auparavant j'enseignais
aux enfants de la petite section
qui font une sieste l'après-midi
donc je profitais de ce moment
pour ce travail. Mais actuellement
j'enseigne aux enfants de grande
section donc mon travail de
directrice se fait en dehors
des heures de cours, le soir
et le week-end.
Quel sentiment vis à
vis de votre métier avez-vous
?
Je trouve mon métier
très intéressant
et passionnant. Après
toutes ces années, j'ai
encore plaisir à me lever
le matin, pour preuve je pourrais
être actuellement à
la retraite. Il est vrai que
j'aime mon métier et
que j'investis beaucoup de temps
et d'énergie pour mes
élèves, je les
fait participer à de
nombreuses activités
telles que le poney, la patinoire,
le théâtre, l'opéra,
les langues étrangères
Quel
conseil pourriez-vous donner
aux étudiant(e)s qui
souhaitent devenir Professeur
des Ecoles ?
Les étudiant(e)s que
je rencontre ont souvent un
a priori vis à vis des
parents d'élèves
qui pourraient être, disons,
trop inquiets. Tout d'abord,
ils sont peu nombreux et puis
il suffit de prendre le temps
de discuter, de répondre
à leurs questions:une
bonne communication entre enseignants
et parents est nécessaire
pour que tout se passe bien.
Généralement,
le contact avec les enfants
se passe sans difficulté
:c'est l'essentiel.
Ce
test vous permet de vous placer en
situation réelle d'embauche
et de mieux préparer vos entretiens...Ce test s'adresse
en priorité aux jeunes diplômé(e)s
et aux demandeurs d'emploi (si vous
êtes employé(e), cadre
ou dirigeant, nous vous conseillons
le Profil
PRO ). En
savoir plus ...
Caroline Piskorski (38 ans)
Professeur des Ecoles, titulaire
mobile
>
Quelle formation avez-vous effectuée
pour être diplômée
professeur des écoles ?
- Ma formation était très
à part, car j’ai suivi
mes études durant la réforme.
C’était une année
test, de transition avec une formation
quelque peu « improvisée
». En effet, après
avoir passé le Bac littéraire,
j’ai passé le concours
de l’Ecole Normale d’instituteurs
qui se faisait en trois ans. Cependant,
je n’ai suivi qu’une
année car la réforme
nous orientait ensuite vers deux
années de Deug. J’ai
donc obtenu un Deug de Lettres Modernes,
en alternant avec des stages pratiques
à l’Ecole Normale.
Puis, souhaitant être reconnue
« professeur des écoles
», j’ai passé
le concours académique de
professeur des écoles en
2002.
> Durant
votre formation, quels stages avez-vous
effectués ?
- J’ai eu une dizaine de stages
de trois semaines au sein d’écoles
maternelles et primaires.
Ces stages étaient très
importants car ils m’ont permis
de découvrir le métier
sur le terrain.
J’ai effectué des stages
d’observation et des stages
sous tutelle. Ces derniers m’ont
permis de me rendre compte de chaque
activité puisque j’étais
quasiment « lâchée
» dans la classe pendant trois
semaines. J’étais conseillée
mais je peux dire que j’ai
vraiment appris sur le tas. Dès
le départ, je devais être
capable d’organiser ma classe
et de gérer les élèves.
> Sur
quels postes avez-vous déjà
exercé ?
- Comme je fais des remplacements,
j’ai travaillé dans
plusieurs écoles. J’ai
eu une affectation notamment pendant
un an, en maternité, à
l’école Mohen de Douai.
> Pouvez-vous me décrire
votre journée type ?
- Les activités sont différentes
si j’ai une classe de maternelle
ou de primaire. Pour les petits,
la journée commence par la
préparation des cours, l’accueil
et le regroupement des enfants.
Puis nous débutons par l’exercice
de jeux ludiques et des ateliers,
à dominante mathématiques
ou langues (graphique, orale ou
écrite). Les ateliers durent
environ une vingtaine de minutes
pour permettre la concentration
et l’éveil des petits.
L’après-midi (de 13
h 30 à 15 h 00), pendant
la sieste des petits, chaque «
instit » décloisonne
ses activités pour enseigner
aux moyens et aux grands. Enfin,
la journée se termine avec
un atelier, un goûter, une
récréation et un regroupement
avant l’arrivée des
parents.
> L’envie
d’enseigner était-elle
une réelle vocation ?
- Au départ, je souhaitais
devenir professeur d’anglais
mais il est vrai que j’ai
toujours eu l’envie d’enseigner.
C’est un métier vraiment
captivant et motivant car nous apportons
directement un savoir aux enfants.
> Quels
sont les avantages et les inconvénients
de votre métier ?
- L’avantage est d’avoir
des horaires souples car nous n’enseignons
que 27 heures par semaine. Cependant,
c’est un travail assez stressant
car étant titulaire mobile,
je ne sais jamais où je serai
affectée, il y a toujours
une certaine appréhension.
Moralement, je ne suis jamais en
vacances car la moindre activité
rappelle mon travail. Après
la classe, il n’est pas évident
de se couper si facilement des élèves.
> Quelles
sont les qualités requises
pour pouvoir devenir professeur
des écoles ?
- Il faut bien évidemment
de la patience et être très
pédagogue. Il faut s’adapter
aux élèves et à
l’équipe pédagogique,
être dynamique, motivant,
enthousiaste et énergique
afin d’éveiller chaque
enfant.
> Quels
conseils pourriez-vous donner à
un étudiant qui envisagerait
de suivre votre voie ?
- Soyez polyvalent ! En effet, il
n’est pas toujours évident
de maîtriser l’enseignement
de chaque matière. Il n’est
pas rare de devoir par exemple enseigner
la musique ou les arts plastiques
!
> Quelles
sont vos perspectives d’avenir
?
- A la rentrée, j’ai
postulé pour avoir un poste
fixe. J’ai de plus en plus
besoin d’avoir une stabilité
professionnelle pour recadrer mes
activités. Par conséquent,
dès septembre 2004, j’exercerai
mes fonctions à l’école
primaire Jacques-Prévert
de Rœux.
Etes-vous
fait pour le métier de
Professeur des ecoles ?
Atout Métier
vous aide à définir l'orientation
qui vous convient le mieux. Cet outil
est destiné aux étudiants,
aux jeunes diplômés, aux
demandeurs d'emploi, ainsi qu'à
tout individu en poste qui souhaite
faire le point sur son projet d'évolution
professionnelle et personnelle.
En savoir plus ...
"Pour devenir instituteur ou
professeur des écoles, il faut
avoir obtenu une licence dans n'importe
quelle discipline, c'est à
dire posséder un niveau de
bac +3. Ensuite 2 possibilités
s'offrent au futur enseignant : soit
rentrer à l'IUFM, (Institut
Universitaire de Formation des Maîtres)
pour préparer pendant une année
le concours, soit passer directement
ce dernier en tant que candidat libre.
Ensuite, c'est l'entrée dans
la vie professionnelle. Mon cas est
un peu particulier, puisque je suis
professeur des écoles remplaçant.
Je travaille sur une ZIL (Zone d'Intervention
Limitée), et j'effectue des
remplacements sur une trentaine d'écoles.
Lorsqu'il n'y a pas besoin de remplaçant,
j'ai pour fonction de travailler dans
les écoles en réalisant
du soutien scolaire, ou en travaillant
avec des demi-groupes. Je pense que
pour pouvoir réaliser ce métier,
il faut avant tout aimer les enfants,
être patient et très
disponible. Il faut également
savoir écouter, observer, s'impliquer,
tout en étant capable de prendre
du recul pour pouvoir mieux gérer
des situations qui quelquefois peuvent
s'avérer assez complexes.
La carrière d'un professeur
des écoles peut évoluer
de différentes façons.
On peut se spécialiser, s'orienter
dans l'administration, devenir conseiller
pédagogique, ou avoir un rôle
de formateur envers les futurs enseignants.
Les avantages de ma profession sont
assez variés. Tout d'abord,
j'ai la satisfaction de mener un projet
pédagogique et de le voir aboutir.
De plus c'est un travail de relations
humaines, et le rythme de vie est
assez agréable, puisque je
bénéficie des congés
scolaires. En revanche, il peut arriver
d'être stressé dans certaines
situations, et un projet intéressant
peut quelquefois ne pas aboutir, car
il arrive d'être confronté
à des situations administratives
ou matérielles interdisant
sa concrétisation. Je voudrai
m'adresser aux jeunes intéressés
par ce métier, et leur conseiller
pour se faire une idée de l'encadrement,
de se mettre en présence de
situations éducatives dans
le sport (pour ma part, j'ai très
tôt entraîné des
équipes de handball), la culture
ou la société. "
Elisabeth
est professeur des écoles en
CP à Schiltigheim et exerce
ce métier depuis 20 ans.
En
quoi consiste votre travail ?
J'enseigne différentes matières
dans ma classe de CP : la langue française,
les mathématiques, "vivre
ensemble", la découverte
du monde, la musique, les arts plastiques,
et le sport.
Mon rôle est d'enseigner le
programme à tous, mais je dois
aussi m'adapter au niveau de chaque
élève en différenciant
mes cours.
Quel a été
votre parcours ?
A l'université, j'ai obtenu
un DEUG de biologie. Puis en 1985,
j'ai réussi le "concours
spécial niveau DEUG" pour
devenir institutrice (ancien nom donné
au professeur des écoles) :
j'ai donc intégré l'Ecole
Normale la première année.
Ensuite, j'ai fait un stage pendant
un an dans une classe.
Pendant 10 ans, j'ai effectué
des remplacements. Cette période
a été très formatrice
même si c'était difficile.
Depuis 10 ans, je m'occupe de CP ou
CE1 dans cette école.
Quelles sont
vos conditions de travail ? Les bons
et mauvais cotés ?
Je travaille 26h par semaine en présence
des enfants. Comme je travaille en
Zone d'Education Prioritaire (ZEP),
mes collègues et moi-même
travaillons beaucoup en équipe
: je consacre en moyenne 2 à
3 heures de mon temps par semaine
à ces réunions. J'ai
aussi la préparation des cours.
En tout, je travaille au moins 35
h par semaine.
Depuis 2002-2003, je suis assistée
d'une Assistante d'Education (AE)
qui m'aide dans la classe 4 h par
semaine.
Les bons côtés...
- être en présence des
enfants
- leur enthousiasme, leur envie d'apprendre,
l'intérêt de leurs questions.
- notre marge de manoeuvre, notre
liberté de choix pédagogique.
Et les mauvais...
- la fatigue physique et intellectuelle
due aux 26 h de présence devant
les élèves.
- on nous demande de plus en plus
d'être des éducateurs,
en plus de notre mission d'enseignement.
C'est difficile à concilier
et usant.
- la solitude
- la pression de plus en plus grande
de la hiérarchie en terme d'objectifs
pédagogiques.
Comment voyez
vous l'avenir ?
J'aimerais changer un peu et prendre
la direction d'une école maternelle.
J'ai envie de voir autre chose, de
gérer une équipe, etc.
Quels conseils donneriez-vous aux
futur(e)s chargé(e)s ou assistant(e)s
de communication ?
Je dirais que c'est un très
beau métier même s'il
est moyennement rémunéré.
Il faut aimer être "en
présence" des enfants
(et pas seulement aimer les enfants)
et avoir de la patience.
Une autre qualité serait la
"théâtralité"
: enseigner c'est faire un spectacle
pendant 6 heures par jour devant les
élèves, c'est se mettre
en avant. Il faut être capable
de coacher un groupe d'élèves.
Il faut aussi avoir une grande moralité
républicaine et faire très
attention à ce que l'on dit
devant les enfants car ils sont très
influençables.
Marianne
est professeur des écoles et
directrice d'école maternelle
à Strasbourg.
En
quoi consiste votre travail ?
J'enseigne en Petite Section (PS)
de maternelle (il s'agit de la 1ère
année d'école). Le but
est ici d'apprendre aux enfants à
vivre ensemble et de les socialiser.
L'essentiel des apprentissages est
l'acquisition du langage.
Je dirige aussi l'école.
Pour cela, je suis déchargée
de ma classe une journée par
semaine. Je m'occupe de toute la partie
administrative (inscription des élèves,
les relations avec les parents, la
mairie, l'Inspection, etc). Je coordonne
le travail d'équipe des 7 collègues,
j'organise les réunions de
travail, l'utilisation des locaux,
etc. En tant que directrice d'école,
je suis responsable de la sécurité
des élèves dans l'école.
S'il y a des réparations à
faire, par exemple, il faut le signaler
à la mairie, qui est propriétaire
des locaux. Je ne suis pas le supérieur
hiérarchique de mes collègues,
professeurs des écoles. C'est
l'Inspecteur de l'Éducation
Nationale (IEN) qui est le supérieur
hiérarchique.
Quel a été
votre parcours ?
Après un bac Littéraire,
j'ai fait un BTS tourisme. Comme j'avais
envie de faire de l'histoire de l'art,
je suis allée à l'université
et j'ai obtenu une licence d'histoire
de l'art. J'ai passé le concours
de l'École Normale pour devenir
institutrice : j'ai fait un an de
formation tout en continuant mes études
à la fac. Le travail d'institutrice
m'a plu ; pendant 7 ans, j'ai travaillé
à mi-temps pour m'occuper de
mes enfants, puis j'ai fait 9 ans
de remplacement. Depuis 2 ans, je
suis directrice dans cette école.
Quelles sont
vos conditions de travail ? Les bons
et mauvais cotés ?
Je bénéficie de l'aide
d'une Atsem (Agent Territorial Spécialisé
des Écoles Maternelles) : elle
s'occupe de la vie quotidienne, de
la toilette, de l'habillage, de la
préparation du matériel
(peinture, découpage, nettoyage).
Dans notre école, il y a une
Atsem pour 2 classes.
Les bons côtés...
- le contact avec les enfants
- les relations avec les collègues
et les parents.
- l'enthousiasme des enfants
- la liberté de nos mouvements
dans la classe, du moment que l'on
respecte le programme.
Et les mauvais...
- les élèves en difficultés
que l'on n'arrive pas toujours à
aider
- les problèmes matériels
et le manque de moyens.
- les difficultés à
expliquer à certains parents
que l'école n'est pas une garderie,
à les motiver pour participer
à des réunions, leur
manque d'intérêt…
- le non remplacement des collègues
et Atsem malades.
Comment voyez
vous l'avenir ?
Je pense rester encore 10 ans dans
l'Éducation Nationale. Ensuite,
je compte passer à autre chose
et me diriger vers un domaine totalement
différent.
Quels conseils donneriez-vous aux
futur(e)s chargé(e)s ou assistant(e)s
de communication ?
Je leur conseille d'être polyvalent
au niveau des études car le
professeur des écoles enseigne
tout. Il faut donc être curieux.
Il faut aussi être patient et
travailler sa voix…
Je conseille de faire des stages dans
les écoles pour savoir si c'est
vraiment ça que l'on désire
faire. Il faut avoir envie de se rendre
utile, être passionné,
avoir la pêche, avoir envie
de se lancer dans des projets.
Je conseille au jeune professeur qui
débute de ne pas rester dans
son coin et de partager ses soucis
avec ses collègues. De plus,
en début de carrière,
on n'a pas forcément de poste
fixe et de classe à soi. Il
faut attendre quelques années
pour cela.