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  Interview d' un Professeur des écoles (5 interviews)

Interview d' un Professeur des écoles vu par Bionantes


Martine ROULLIER , 55 ans, Professeur des Ecoles

Depuis combien de temps êtes-vous Professeur des Ecoles ?

J'exerce le métier d'institutrice depuis 1971, mais comme cette profession est récente je ne suis Professeur des Ecoles que depuis quelques années grâce à un DEUG de psychologie.

Quels souvenirs avez-vous de vos années de préparation à l'enseignement ?


Je n'en garde pas un souvenir impérissable mais il y a eu des changements depuis :l'Ecole Normale où j'ai été formée est devenue l'IUFM et les étudiant(e)s stagiaires que je rencontre sont satisfait(e)s de l'enseignement qui leur est donné.

Dans quelle classe avez-vous enseigné pour la 1ère fois ?

Mon parcours est un peu différent de la majorité de mes collègues, je n'enseigne dans des classes " normales " que depuis 6 ans. Auparavant, j'ai enseigné dans des classes de perfectionnement (niveau CP, CE1, CE2) et dans des classes d'adaptation (entre la dernière section de maternelle et le CP). Ainsi, la 1ère classe dans laquelle j'ai enseigné était une classe d'adaptation.

Enseigner à des enfants avec des problèmes psychologiques ou/et intellectuels :est-ce au départ un choix personnel ou seulement un concours de circonstance ?

Non, c'était ce que je souhaitais faire dès le début. Durant ma dernière année d'étude, j'avais demandé à effectuer un remplacement au lieu de suivre les cours qui étaient malheureusement pas toujours assurés. J'ai eu de la chance, ce remplacement s'est déroulé dans une classe spécialisée.

Est-il obligatoire d'avoir une formation spécialisée pour enseigner dans ces classes ?

Non, ce n'est pas nécessaire puisque j'ai commencé ma carrière dans des classes spécialisées, mais par la suite, j'ai suivi une formation pour avoir le statut de professeur spécialisé.

Est-ce que votre 1ère année d'enseignement a été difficile ?

Je n'étais pas stressée ou angoissée la 1ère fois (je crois que je le suis d'avantage aujourd'hui car on a de plus en plus de responsabilités). Je pense que, surtout dans le cas d'enfants dont l'apprentissage leur est difficile, l'essentiel est d'attirer leur attention. Par contre je me souviens du 1er stage effectué pendant mes études dans une classe de maternelle :j'avais prévu de raconter une histoire drôle mais elle n'a pas eu l'effet escompté .A ce moment-là, on est assez dérouté je dirais.

Pourquoi avez-vous décidé d'enseigner à des enfants " normaux " ?

Juste avant de partir pour ma nouvelle école j'ai travaillé au sein d'une équipe enseignante où une personne ne remplissait pas son rôle et nuisait au bon déroulement de l'équipe. Lorsque ma place actuelle s'est libérée, j'ai eu envie de changer, de faire quelque chose de différent.

En plus d'être Professeur des Ecoles vous êtes, depuis 6 ans la directrice de la maternelle dans laquelle vous enseignez . Quelles responsabilités supplémentaires avez-vous ?

La tâche la plus " lourde " est l'administration qui prend entre 1 et 2 heures quotidiennes. Auparavant j'enseignais aux enfants de la petite section qui font une sieste l'après-midi donc je profitais de ce moment pour ce travail. Mais actuellement j'enseigne aux enfants de grande section donc mon travail de directrice se fait en dehors des heures de cours, le soir et le week-end.

Quel sentiment vis à vis de votre métier avez-vous ?


Je trouve mon métier très intéressant et passionnant. Après toutes ces années, j'ai encore plaisir à me lever le matin, pour preuve je pourrais être actuellement à la retraite. Il est vrai que j'aime mon métier et que j'investis beaucoup de temps et d'énergie pour mes élèves, je les fait participer à de nombreuses activités telles que le poney, la patinoire, le théâtre, l'opéra, les langues étrangères…

Quel conseil pourriez-vous donner aux étudiant(e)s qui souhaitent devenir Professeur des Ecoles ?

Les étudiant(e)s que je rencontre ont souvent un a priori vis à vis des parents d'élèves qui pourraient être, disons, trop inquiets. Tout d'abord, ils sont peu nombreux et puis il suffit de prendre le temps de discuter, de répondre à leurs questions:une bonne communication entre enseignants et parents est nécessaire pour que tout se passe bien. Généralement, le contact avec les enfants se passe sans difficulté :c'est l'essentiel.


Consultez la fiche métier du Professeur des ecoles


Interview d' un étudiant en 2 ème année d' IUFM



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Interview d' un Professeur des écoles vu par L4m

Caroline Piskorski (38 ans)
Professeur des Ecoles, titulaire mobile

> Quelle formation avez-vous effectuée pour être diplômée professeur des écoles ?

- Ma formation était très à part, car j’ai suivi mes études durant la réforme. C’était une année test, de transition avec une formation quelque peu « improvisée ». En effet, après avoir passé le Bac littéraire, j’ai passé le concours de l’Ecole Normale d’instituteurs qui se faisait en trois ans. Cependant, je n’ai suivi qu’une année car la réforme nous orientait ensuite vers deux années de Deug. J’ai donc obtenu un Deug de Lettres Modernes, en alternant avec des stages pratiques à l’Ecole Normale. Puis, souhaitant être reconnue « professeur des écoles », j’ai passé le concours académique de professeur des écoles en 2002.

> Durant votre formation, quels stages avez-vous effectués ?

- J’ai eu une dizaine de stages de trois semaines au sein d’écoles maternelles et primaires.
Ces stages étaient très importants car ils m’ont permis de découvrir le métier sur le terrain.
J’ai effectué des stages d’observation et des stages sous tutelle. Ces derniers m’ont permis de me rendre compte de chaque activité puisque j’étais quasiment « lâchée » dans la classe pendant trois semaines. J’étais conseillée mais je peux dire que j’ai vraiment appris sur le tas. Dès le départ, je devais être capable d’organiser ma classe et de gérer les élèves.

> Sur quels postes avez-vous déjà exercé ?

- Comme je fais des remplacements, j’ai travaillé dans plusieurs écoles. J’ai eu une affectation notamment pendant un an, en maternité, à l’école Mohen de Douai.

> Pouvez-vous me décrire votre journée type ?

- Les activités sont différentes si j’ai une classe de maternelle ou de primaire. Pour les petits, la journée commence par la préparation des cours, l’accueil et le regroupement des enfants.
Puis nous débutons par l’exercice de jeux ludiques et des ateliers, à dominante mathématiques ou langues (graphique, orale ou écrite). Les ateliers durent environ une vingtaine de minutes pour permettre la concentration et l’éveil des petits. L’après-midi (de 13 h 30 à 15 h 00), pendant la sieste des petits, chaque « instit » décloisonne ses activités pour enseigner aux moyens et aux grands. Enfin, la journée se termine avec un atelier, un goûter, une récréation et un regroupement avant l’arrivée des parents.

> L’envie d’enseigner était-elle une réelle vocation ?

- Au départ, je souhaitais devenir professeur d’anglais mais il est vrai que j’ai toujours eu l’envie d’enseigner. C’est un métier vraiment captivant et motivant car nous apportons directement un savoir aux enfants.

> Quels sont les avantages et les inconvénients de votre métier ?

- L’avantage est d’avoir des horaires souples car nous n’enseignons que 27 heures par semaine. Cependant, c’est un travail assez stressant car étant titulaire mobile, je ne sais jamais où je serai affectée, il y a toujours une certaine appréhension. Moralement, je ne suis jamais en vacances car la moindre activité rappelle mon travail. Après la classe, il n’est pas évident de se couper si facilement des élèves.

> Quelles sont les qualités requises pour pouvoir devenir professeur des écoles ?

- Il faut bien évidemment de la patience et être très pédagogue. Il faut s’adapter aux élèves et à l’équipe pédagogique, être dynamique, motivant, enthousiaste et énergique afin d’éveiller chaque enfant.

> Quels conseils pourriez-vous donner à un étudiant qui envisagerait de suivre votre voie ?

- Soyez polyvalent ! En effet, il n’est pas toujours évident de maîtriser l’enseignement de chaque matière. Il n’est pas rare de devoir par exemple enseigner la musique ou les arts plastiques !

> Quelles sont vos perspectives d’avenir ?

- A la rentrée, j’ai postulé pour avoir un poste fixe. J’ai de plus en plus besoin d’avoir une stabilité professionnelle pour recadrer mes activités. Par conséquent, dès septembre 2004, j’exercerai mes fonctions à l’école primaire Jacques-Prévert de Rœux.



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Interview d'un Professeur des ecoles vu par Mediajunior


"Pour devenir instituteur ou professeur des écoles, il faut avoir obtenu une licence dans n'importe quelle discipline, c'est à dire posséder un niveau de bac +3. Ensuite 2 possibilités s'offrent au futur enseignant : soit rentrer à l'IUFM, (Institut Universitaire de Formation des Maîtres) pour préparer pendant une année le concours, soit passer directement ce dernier en tant que candidat libre. Ensuite, c'est l'entrée dans la vie professionnelle. Mon cas est un peu particulier, puisque je suis professeur des écoles remplaçant. Je travaille sur une ZIL (Zone d'Intervention Limitée), et j'effectue des remplacements sur une trentaine d'écoles. Lorsqu'il n'y a pas besoin de remplaçant, j'ai pour fonction de travailler dans les écoles en réalisant du soutien scolaire, ou en travaillant avec des demi-groupes. Je pense que pour pouvoir réaliser ce métier, il faut avant tout aimer les enfants, être patient et très disponible. Il faut également savoir écouter, observer, s'impliquer, tout en étant capable de prendre du recul pour pouvoir mieux gérer des situations qui quelquefois peuvent s'avérer assez complexes.

La carrière d'un professeur des écoles peut évoluer de différentes façons. On peut se spécialiser, s'orienter dans l'administration, devenir conseiller pédagogique, ou avoir un rôle de formateur envers les futurs enseignants. Les avantages de ma profession sont assez variés. Tout d'abord, j'ai la satisfaction de mener un projet pédagogique et de le voir aboutir. De plus c'est un travail de relations humaines, et le rythme de vie est assez agréable, puisque je bénéficie des congés scolaires. En revanche, il peut arriver d'être stressé dans certaines situations, et un projet intéressant peut quelquefois ne pas aboutir, car il arrive d'être confronté à des situations administratives ou matérielles interdisant sa concrétisation. Je voudrai m'adresser aux jeunes intéressés par ce métier, et leur conseiller pour se faire une idée de l'encadrement, de se mettre en présence de situations éducatives dans le sport (pour ma part, j'ai très tôt entraîné des équipes de handball), la culture ou la société. "



Interview d'un Professeur des ecoles vu par Alsace-orientation



Elisabeth est professeur des écoles en CP à Schiltigheim et exerce ce métier depuis 20 ans.


En quoi consiste votre travail ?

J'enseigne différentes matières dans ma classe de CP : la langue française, les mathématiques, "vivre ensemble", la découverte du monde, la musique, les arts plastiques, et le sport.
Mon rôle est d'enseigner le programme à tous, mais je dois aussi m'adapter au niveau de chaque élève en différenciant mes cours.


Quel a été votre parcours ?

A l'université, j'ai obtenu un DEUG de biologie. Puis en 1985, j'ai réussi le "concours spécial niveau DEUG" pour devenir institutrice (ancien nom donné au professeur des écoles) : j'ai donc intégré l'Ecole Normale la première année. Ensuite, j'ai fait un stage pendant un an dans une classe.
Pendant 10 ans, j'ai effectué des remplacements. Cette période a été très formatrice même si c'était difficile.
Depuis 10 ans, je m'occupe de CP ou CE1 dans cette école.

Quelles sont vos conditions de travail ? Les bons et mauvais cotés ?

Je travaille 26h par semaine en présence des enfants. Comme je travaille en Zone d'Education Prioritaire (ZEP), mes collègues et moi-même travaillons beaucoup en équipe : je consacre en moyenne 2 à 3 heures de mon temps par semaine à ces réunions. J'ai aussi la préparation des cours. En tout, je travaille au moins 35 h par semaine.
Depuis 2002-2003, je suis assistée d'une Assistante d'Education (AE) qui m'aide dans la classe 4 h par semaine.

Les bons côtés...
- être en présence des enfants
- leur enthousiasme, leur envie d'apprendre, l'intérêt de leurs questions.
- notre marge de manoeuvre, notre liberté de choix pédagogique.

Et les mauvais...
- la fatigue physique et intellectuelle due aux 26 h de présence devant les élèves.
- on nous demande de plus en plus d'être des éducateurs, en plus de notre mission d'enseignement. C'est difficile à concilier et usant.
- la solitude
- la pression de plus en plus grande de la hiérarchie en terme d'objectifs pédagogiques.

Comment voyez vous l'avenir ?

J'aimerais changer un peu et prendre la direction d'une école maternelle.
J'ai envie de voir autre chose, de gérer une équipe, etc.

Quels conseils donneriez-vous aux futur(e)s chargé(e)s ou assistant(e)s de communication ?


Je dirais que c'est un très beau métier même s'il est moyennement rémunéré.
Il faut aimer être "en présence" des enfants (et pas seulement aimer les enfants) et avoir de la patience.
Une autre qualité serait la "théâtralité" : enseigner c'est faire un spectacle pendant 6 heures par jour devant les élèves, c'est se mettre en avant. Il faut être capable de coacher un groupe d'élèves.
Il faut aussi avoir une grande moralité républicaine et faire très attention à ce que l'on dit devant les enfants car ils sont très influençables.

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Marianne est professeur des écoles et directrice d'école maternelle à Strasbourg.


En quoi consiste votre travail ?

J'enseigne en Petite Section (PS) de maternelle (il s'agit de la 1ère année d'école). Le but est ici d'apprendre aux enfants à vivre ensemble et de les socialiser. L'essentiel des apprentissages est l'acquisition du langage.

Je dirige aussi l'école. Pour cela, je suis déchargée de ma classe une journée par semaine. Je m'occupe de toute la partie administrative (inscription des élèves, les relations avec les parents, la mairie, l'Inspection, etc). Je coordonne le travail d'équipe des 7 collègues, j'organise les réunions de travail, l'utilisation des locaux, etc. En tant que directrice d'école, je suis responsable de la sécurité des élèves dans l'école. S'il y a des réparations à faire, par exemple, il faut le signaler à la mairie, qui est propriétaire des locaux. Je ne suis pas le supérieur hiérarchique de mes collègues, professeurs des écoles. C'est l'Inspecteur de l'Éducation Nationale (IEN) qui est le supérieur hiérarchique.

Quel a été votre parcours ?

Après un bac Littéraire, j'ai fait un BTS tourisme. Comme j'avais envie de faire de l'histoire de l'art, je suis allée à l'université et j'ai obtenu une licence d'histoire de l'art. J'ai passé le concours de l'École Normale pour devenir institutrice : j'ai fait un an de formation tout en continuant mes études à la fac. Le travail d'institutrice m'a plu ; pendant 7 ans, j'ai travaillé à mi-temps pour m'occuper de mes enfants, puis j'ai fait 9 ans de remplacement. Depuis 2 ans, je suis directrice dans cette école.

Quelles sont vos conditions de travail ? Les bons et mauvais cotés ?

Je bénéficie de l'aide d'une Atsem (Agent Territorial Spécialisé des Écoles Maternelles) : elle s'occupe de la vie quotidienne, de la toilette, de l'habillage, de la préparation du matériel (peinture, découpage, nettoyage). Dans notre école, il y a une Atsem pour 2 classes.

Les bons côtés...
- le contact avec les enfants
- les relations avec les collègues et les parents.
- l'enthousiasme des enfants
- la liberté de nos mouvements dans la classe, du moment que l'on respecte le programme.

Et les mauvais...
- les élèves en difficultés que l'on n'arrive pas toujours à aider
- les problèmes matériels et le manque de moyens.
- les difficultés à expliquer à certains parents que l'école n'est pas une garderie, à les motiver pour participer à des réunions, leur manque d'intérêt…
- le non remplacement des collègues et Atsem malades.

Comment voyez vous l'avenir ?

Je pense rester encore 10 ans dans l'Éducation Nationale. Ensuite, je compte passer à autre chose et me diriger vers un domaine totalement différent.

Quels conseils donneriez-vous aux futur(e)s chargé(e)s ou assistant(e)s de communication ?


Je leur conseille d'être polyvalent au niveau des études car le professeur des écoles enseigne tout. Il faut donc être curieux.
Il faut aussi être patient et travailler sa voix…
Je conseille de faire des stages dans les écoles pour savoir si c'est vraiment ça que l'on désire faire. Il faut avoir envie de se rendre utile, être passionné, avoir la pêche, avoir envie de se lancer dans des projets.
Je conseille au jeune professeur qui débute de ne pas rester dans son coin et de partager ses soucis avec ses collègues. De plus, en début de carrière, on n'a pas forcément de poste fixe et de classe à soi. Il faut attendre quelques années pour cela.

 

 




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