Thomas
Broquet (22 ans)
Professeur des écoles, stagiaire
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30… Les élèves sont
à peine partis que Thomas Broquet
prépare déjà ses
cours pour le lendemain. Il est en plein
travail, lorsque j’arrive pour
l’interroger. Nous nous saluons,
et l’interview peut commencer…
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Quel a été votre formation,
votre parcours scolaire ?
- J’ai d’abord obtenu un Baccalauréat
série Scientifique, puis je me suis
orienté vers un DEUG STAPS (Science
et Technique des Activités Physiques
et Sportives), à la faculté
de Lille 2. Durant ces deux années,
j’ai effectué 2 stages. Un
stage d’observation en première
année, et un stage de mise en situation
professionnelle, la seconde.
Ensuite, j’ai passé une Licence
STAPS, avec une option science de l’éducation,
et une spécialisation dans l’enseignement
primaire et secondaire. A la fin de cette
année de Licence, je me suis présenté
au concours d’entrée de l’IUFM,
pour devenir professeur des écoles.
Au cours de ma première année
d’IUFM, J’ai effectué
3 stages d’observation de 2 semaines.
En fin d’année, j’ai
obtenu mon CAPE, le Certificat d’Aptitude
de Professeur des Ecoles.
En deuxième année d’IUFM,
où je me trouve actuellement, nous
sommes considérés comme professeurs
stagiaires. Au mois de septembre, je suis
parti pour 3 mois en ERASMUS à Londres.
En rentrant, j’ai effectué
un premier stage, dans une classe de CE2
et un second en petite section de Maternelle.
Durant ces stages, j’étais
enseignant et c’est moi qui dispensais
seul les cours à la classe. La fin
de mon cursus est validée par les
observations de mon livret de suivi, les
notes obtenues en stage, et le rendu d’un
mémoire.
> Quel a été
le contexte de votre embauche ?
- En fait, ce n’est pas réellement
ce que l’on pourrait appeler une embauche,
puisque les professeurs des écoles,
comme les professeurs de collèges
/ lycées, sont affectés dans
leur établissement par l’académie
dans laquelle il se trouve.
> Vous avez une définition de
votre profession ?
- Bien sûr… Etre professeur
des écoles, c’est proposer
aux enfants des activités en rapport
avec leur vécu et leur compétence.
C’est aussi savoir les rendre autonomes
et sociables. Par définition, c’est
le rôle de l’école…
> Pourquoi avoir
commencé par un cursus de STAPS,
pour ensuite s’orienter vers ce métier
de professeur des écoles ?
- J’ai d’abord fait STAPS, car
j’étais très sportif.
J’ai fait du Football pendant plus
de 10 ans, à un bon niveau. Dans
ma tête, le seul métier qui
me convenait était celui de prof
de sport.
Mais, ma spécialisation enseignement
primaire, en Licence, m’a fait prendre
conscience que le public auquel je préférais
enseigner était les jeunes enfants.
Voilà pourquoi je me suis réorienté
vers une formation à l’IUFM
pour devenir professeur des écoles.
De plus, j’ai toujours souhaité
travailler à l’étranger,
et ceci est possible lorsqu’on exerce
le métier d’enseignant.
> Pour vous, quelles sont les qualités
nécessaires pour exercer ?
- D’abord, la patience, savoir garder
son calme, et ce, en toute situation. Les
occasions de s’énerver son
nombreuses. Ensuite, dans le désordre,
je dirais la persévérance,
ne pas baisser les bras quand un élève
n’arrive pas à faire ce qu’on
lui demande. Etre organisé, pédagogue,
mais aussi savoir rester ferme et ne pas
se laisser attendrir par les petites frimousses.
Et enfin, c’est important, être
à l’écoute des enfants,
et savoir accorder à chacun la même
attention.
> Et vous, vous
n’avez jamais craqué ?
- On a souvent l’occasion de «
péter un plomb », comme on
dit. Mais, il faut savoir prendre sur soi.
Une fois seulement, alors que j’enseignais
en SEGPA (Section d’Enseignement Professionnel
Adapté), avec des élèves
vraiment difficiles, je n’en pouvais
plus, et j’en ai attrapé un
que j’ai un peu secoué…
Aujourd’hui, je n’en suis pas
fier, mais il fallait voir le contexte…
> Quelles sont vos perspectives d’avenir
?
- Je veux partir enseigner à l’étranger,
si possible à Montréal. Pour
cela, l’année prochaine, je
compte passer une Licence FLE (Français
Langues Etrangères).
Sinon, j’aimerai aussi passer le CAPSAIS
(certificat d'aptitude aux actions pédagogiques
spécialisées d'adaptation
et d'intégration scolaires), qui
me permettrait d’enseigner aux personnes
handicapées, notamment, en CLIS,
qui sont les classes d’intégration
scolaire. En fait, ce sont des classes d’enseignement
primaire, dans lesquelles, les élèves
en situation de handicap sont mélangés
aux autres enfants. Ceci pour faciliter
leur intégration.
> Vous avez
des conseils pour ceux qui aimeraient suivre
la même formation que vous ?
- Je leur dirais d’abord de bien réfléchir
avant de se lancer. Le concours n’est
pas très difficile, mais je pense
que pour enseigner, il faut vraiment avoir
la vocation, sinon, ça ne peut pas
marcher. Ensuite, il ne faut pas baisser
les bras. En deuxième année
d’IUFM, tous les étudiants
se posent la question de savoir s’ils
sont vraiment faits pour ça…
Pour terminer, il faut savoir qu’à
17 heures, lorsqu’on ferme sa classe
après le départ des élèves,
le travail n’est pas fini. Il faut
encore préparer les cours pour le
lendemain.
> Une dernière question ; quel
est le salaire d’un professeur des
écoles ?
- On est payé dès la seconde
année d’IUFM, puisqu’on
est déjà considéré
comme enseignant et que l’on commence
à exercer. Au début, on touche
environ 1 200 € par mois, et en fin
d’année, 1 400 €. Mais
ce chiffre augmente avec l’ancienneté,
et en fin de carrière, un professeur
des écoles gagne bien sa vie.
Consultez la fiche
métier du Professeur
des écoles et l'interview
d'un Professeur des écoles
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Cécile
Foulon étudiante en dernière
année PE2 (Professeur des Ecoles)
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Quel cursus scolaire as tu suivi ?
- Après un Bac L, je suis entrée
en DEUG de lettres modernes. J’ai
ensuite opté pour la licence professionnelle
pluridisciplinaire en lettres, avec pour
options l’histoire et le droit.
Ce dernier m’a préparé
aux concours d’entrées à
l’IUFM qui se passent sous forme de
QCM. Je n’ai pas eu assez de points
pour être reçue à celui
de Lille qui ne possède qu’une
centaine de places. J’ai donc intégré
l’IUFM d’Arras où j’ai
effectué mes deux années de
formation.
> As-tu suivi
des stages au cours de ta formation ?
- La formation comprend de nombreux stages
de courte durée. Notamment trois
stages de deux semaines en PE1. Ils sont
encadrés par le professeur titulaire
de la classe et permettent une première
approche du métier. Ils sont également
soumis aux contrôles de conseillers
pédagogiques, de maîtres formateurs
et de professeurs de l’IUFM.
En deuxième année, les trois
périodes de stages sont effectuées
en toute autonomie.
> Ces mises
en situations professionnelles ont-elles
changé ta perception de la profession
?
- C’est pendant la période
de stage, qu’on se rend compte de
la quantité de travail que nécessite
le métier de professeur des écoles.
On voit toute la préparation que
nécessite un cours, et l’ensemble
des difficultés que contient le métier
(faire preuve d’autorité, assumer
les responsabilités). C’est
aussi pendant la période de stage
qu’on prend conscience de la relation
qui peut s’établir avec les
élèves.
Enfin, je dirais qu’ils m’ont
appris à savoir gérer mon
emploi du temps, à concevoir des
cours, à établir une certaine
autorité…
> Comment se déroule l’emploi
du temps en PE1 et PE2 ?
- Il faut savoir que l’année
de PE1 est particulièrement difficile.
C’est en effet en première
année que l’on se prépare
au concours du CAPE (Certificat d’Aptitude
des Professeurs des Ecoles) qui a lieu en
fin d’année. Elle est très
théorique. On y apprend tout sur
l’enfant et son univers.
L’année de PE2 est quant à
elle beaucoup plus pratique, on y fait des
ateliers, on apprend les manières
de préparer un cours. Je pense cependant
qu’elle pourrait être encore
moins théorique.
> Quelles sont
tes perspectives d’embauche ?
- J’aimerais dans un premier temps
avoir ma propre classe, ne pas faire trop
de remplacement.
Peut-être que dans quelques années,
je passerais le concours de la CAFIFM afin
de devenir maître formateur. Mais
ceci n’est pour le moment qu’une
idée, il me faut d’abord trouver
un emploi pour envisager l’avenir.
> Quelles sont les qualités essentielles
pour être professeur des écoles
?
- La rigueur est nécessaire, mais
il faut avant tout avoir du bon sens, être
raisonné, être patient et aimer
le travail en équipe car on est amené
à travailler avec les autres enseignants.
> Quels conseils
donnerais-tu aux jeunes qui voudraient emprunter
cette voie ?
- La licence que j’ai suivie (lettres
option droit et histoire) m’a été
très utile car elle m’a permis
d’approfondir mes connaissances de
base, tout en travaillant des matières
comme les mathématiques et l’informatique.
En première année, il est
utile de se tenir au courant par des magazines
spécialisés sur l’enseignement,
l’oral EOA (Epreuve orale d’admission)
du concours de fin d’année
est en effet orienté sur la culture
générale.
En PE2, il faut apprendre à s’organiser
et commencer son mémoire dès
le début d’année, qui
est une période beaucoup plus creuse.
Il faut savoir que la deuxième année
est rémunérée par l’Education
Nationale, l’étudiant possède
alors le titre de « professeur des
écoles, stagiaires ».
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