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A l'estive,
Sébastien apprend son métier
LANNEMEZAN (65) - Pastoralisme. Le
CFPPA de Lannemezan et l'AFMR d'Etcharry
proposent une formation en alternance
de berger-vacher pluriactif
Depuis le début du mois de
juin et jusqu'au 15 octobre, entre
1.600 et 1,900 m, les cheveux noués
en chignon sur le haut de la tête,
Sébastien Solano est à
l'estive du col d'Aouet, en Barousse.
Pour seule compagnie, la montagne,
les 470 brebis dont il a la charge
et son fidèle chien de berger.
Destin atypique pour ce diplômé
d'anthropologie de la faculté
de Bordeaux, qui ses 30 ans sonnés
et après quelques petits boulots,
a décidé de devenir
berger.
«Je voulais un métier
qui a du sens» avoue Sébastien.
Et d'ajouter : « Pas un métier
où l'on ne pense qu'à
la débauche... Ici j'ai une
qualité de vie. J'apprécie
la solitude, qui peut autoriser une
forme de liberté. Mais contrairement
aux idées reçues, le
métier de berger n'est pas
un long fleuve tranquille. L'image
du berger appuyé à longueur
de journée sur son bâton
est fausse. Malgré son absence
physique, l'employeur est archi-présent
à l'estive. À l'automne,
c'est à lui que je rends des
comptes...Le troupeau est son gagne-pain,
son patrimoine. Le berger est garant
de l'état et de la santé
des bêtes. C'est le banquier
de l'éleveur ».
BOITERIES HABITUELLES
Ici, en Barousse, Sébastien
travaille pour un groupement de 4
éleveurs. Il l'avoue lui-même,
la pression est forte et omniprésente.
Aujourd'hui, Sébastien est
descendu brièvement de l'estive
pour le « salage» des
bêtes. Le temps de leur fournir
le sel nécessaire, mais l'occasion
pour Pierre Mansas de Sacoué,
un des éleveurs, de vérifier
à l'enclôt l'état
du troupeau. Aujourd'hui tout va bien,
mises à part quelques «
boiteries» habituelles (blessures
aux pattes) ou quelques bobos Quelques
soins, un coup de bombe antiseptique
miracle, une piqûre d'antibiotique
et le troupeau remonte à l'estive.
Avant le départ, d'un coup
œil avisé, Pierre a isolé
quelques bêtes préalablement
repérées par Sébastien
qui iront « agneler »
(mettre bas) à la bergerie.
Sandrine Verdier, la tutrice de Sébastien
au sein du CFPPA de Lannemezan, a
profité du moment pour «
évaluer le jeune berger ».
A l'estive, Sébastien est à
nouveau seul. Gestion des pâturages,
respect des limites, surveillances
nocturnes, éviter le mélange
des troupeaux, déchiffrer le
comportement des bêtes, repérer
les brebis malades ou celles d'autres
troupeaux voisins. C'est le lot quotidien
du berger. Solitude, mais pas inactivité.
Comment devenir
berger ?
Le Centre de formation professionnelle
pour adultes (CFPPA) de Lannemezan
et l'AFMR de Etcharry proposent une
formation de berger pluriactif en
montagne pyrénéenne
qui prépare les futurs bergers
à la surveillance et à
la conduite d'un troupeau en montagne,
à l'adaptation de cette conduite
en estive, et à construire
un projet de vie pluriactif (activité
d'été et d'hiver). Trois
spécificités se dégagent
: gardiennage ovin, bovin et berger
fromager. La formation en alternance
se déroule sur deux ans. L'estive
est le lieu de formation, qui est
calquée sur le rythme des saisons
afin que la personne se retrouve en
situation de travail en phase avec
les rythmes du troupeau. 600 heures
sont consacrées à la
formation dispensée par des
enseignants, formateurs, animateurs
pastoraux et des bergers. Tandis que
1.000 heures de pratique se passent
sur le terrain en été
et hiver, encadrée et évaluée
par un tuteur. En fin de première
année une évaluation
du niveau d'autonomie du stagiaire
est effectuée qui autorise
le cas échéant le passage
en 2e année de formation dans
le cadre d'un contrat de travail au
profit d'un employeur.
Renseignements au CFPPA, tél.
05.62.98.07.94, ou à l'AFMR,
tél. 05.59.65.72.82.
Fiche métier
du Berger,
interviews de Bergers,
Bergère
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