Julien
Bernard (22 ans)
Etudiant à l’EAL (Ecole
nationale supérieure d’Architecture
et de paysage de Lille), 2e année
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Quel est ton cursus scolaire jusqu’à
présent ?
- Après un BAC scientifique spécialité
maths, je suis entré directement
à l'EAL. Pour cela j'avais passé
le concours qui se déroule en avril,
qui se compose de deux phases :
un écrit qui dure une journée
comportant 3 épreuves : une de logique
discursive (ce qui peut s’apparenter
à de la philosophie), un QCM de culture
générale (avec des questions
variées qui ne concernent pas toutes
l’architecture) et enfin une épreuve
d’arts plastiques, qui requiert un
minimum d’imagination, avec des sujets
comme : « le parcours d’une
bille » ou « intersection entre
un plan et un cône». Après
la correction de ces écrits, le nombre
de candidats passe approximativement de
1 000 à 500.
la deuxième partie du concours d’entrée
a lieu sous la forme d’un oral, devant
deux examinateurs. Les questions posées
sont celles auxquelles on peut s’attendre
pour ce type d’entretien. Après
cet oral, on dénombre environ 150
admis.
> Combien de
temps doit durer ta formation ?
- Le système a changé depuis
2005. Avant, il fallait 5 ans d’études
qui se concluaient par un projet final sur
lequel on travaillait durant une année
(ce qui correspond à un mémoire
en quelque sorte). A l’heure actuelle,
avec le système LMD, il faut terminer
son master et ensuite effectuer un stage
d’une année dans un cabinet.
Finalement, il est toujours nécessaire
d’avoir un BAC +6 pour exercer en
tant qu’architecte mais le projet
final a été remplacé
par un stage. Un changement discutable !
Toutefois, l’avantage du dernier système
réside dans le fait qu’il est
très facile de partir en Erasmus.
> Comment se
présentent tes cours cette année
?
- Le lundi, j’ai 4 h d’informatique
toutes les 3 semaines. On y étudie
des logiciels de constructions en 3D (Zoom,
Archicad), la fabrication de plans et des
logiciels de dessin comme Illustrator ou
Photoshop. Le cours d’anglais, tourné
vers l’architecture, dure 2 h. Le
niveau est plutôt faible ici, alors
être bon en anglais, c’est un
atout. Notre cours le plus important, c’est
l’atelier d'architecture. Le cours
s’étale sur 8-9 h et a un coefficient
de 14 ! Il n’est pas rare que nos
professeurs évaluent nos travaux
vers 21 h voire 22 h lors d'un rendu final.
Durant ce cours très concret, on
s’attache à concevoir et à
réaliser en petits groupes ou individuellement
des maquettes, des plans, des croquis, répondant
à un sujet imposé, selon des
normes bien précises (taille, échelle…).
Bien entendu, toutes les initiatives sont
les bienvenues. Cette année, nous
devons réaliser une école.
Autre matière, le dessin codé,
couplé à l’atelier d'archi.
On y apprend à faire des perspectives
déduites d’un plan. Ca demande
beaucoup de temps mais le résultat
final est irréprochable. Ensuite,
nous avons des cours d’histoire de
l’architecture (de la mythologie jusqu’au
gothique) et de sociologie de l’habitat.
Le cours de statique et résistance
des matériaux se penche sur les forces
qui régissent une construction. Le
cours théorique de construction possède
son pendant pratique sous la forme d’un
TP où l’on applique tout ce
qu’on a vu en cours. Dernièrement,
nous avons dû faire tenir une brique
à 40 cm du sol avec seulement…du
papier ! Enfin, nous avons des cours d’arts
plastiques (dessins de nues, sujets variés
ou travail sur informatique) et sur l’histoire
des parcs et jardins.
> Comment évalues-tu
la difficulté générale
?
- L’atelier archi (la matière
au coefficient 14) est une matière
primordiale mais très difficile.
Elle requiert énormément de
travail personnel et de recherches. Il faut
bosser sur cette matière tout au
long de l’année sans que cet
investissement n’entraîne des
répercutions sur les autres matières,
comme le cours d’histoire plutôt
conséquent. Mes week-ends, c’est
plutôt boulot que dodo !
> Pourquoi avoir
choisi l’école d’architecture
?
- Au début, je me destinais à
l’archéologie. Toutefois, j’ai
remarqué que, durant les nombreux
voyages que j’ai pu faire, je ne m’intéressais
pas uniquement aux pierres. Les bâtiments
attiraient tout autant mon attention. Après
tout, je pense que l'archéologie
est une branche plus ou moins éloignée
de l'architecture.
> As-tu effectué
des stages jusqu’à présent
?
- En 1ere année, j’ai effectué
un stage ouvrier obligatoire de deux semaines.
J’ai travaillé au musée
Plein Air de Villeneuve-d’Ascq. J’y
ai appris d’anciennes techniques qui
ne sont plus utilisées comme la pose
du torchis. D’autres ont pu travailler
sur la construction d’un toit de chaume,
de bancs ou de tables. Cette année,
je dois trouver un stage de quatre semaines
dans un cabinet d’architecte. Il doit
nous permettre d’avoir une vision
globale de la profession afin de savoir
définitivement si nous sommes faits
pour ça ou non.
> As-tu des
choix de matières qui permettent
de te spécialiser ?
- Pas vraiment. Le diplôme de l’école
d’architecture nous fait toucher à
tout, je crois même qu’il s’agit
du but recherché. En revanche, en
troisième année, on peut choisir
de changer d’orientation et d’opter
pour le cursus paysage. Mais là,
les débouchés diffèrent
totalement.
> Quels conseils
donnerais-tu à quelqu’un qui
souhaite se lancer dans l’architecture
?
- Savoir gérer son temps est essentiel.
Avant de rendre un projet, on passe souvent
des nuits blanches à fignoler son
travail, c’est ce qu’on appelle
« être charrette » dans
notre jargon.
La difficulté des études d’archi,
c’est qu’on ne peut pas apprendre
quelque chose par cœur pour le réciter
ensuite. Il faut être créatif
et toucher à de nombreux domaines
(du manuel à l’informatique).
> Quelles sont
les qualités nécessaires pour
bien exercer le métier d’architecte
selon toi ?
- Il faut être patient et savoir écouter
les gens. L’architecte doit faire
la synthèse des différentes
demandes de ses clients sans pour autant
négliger son apport personnel et
ses idées.
Il est bon de savoir mener une équipe
et d’être diplomate.
> Quelles sont
tes perspectives d’avenir ?
- Au début, je serai sans doute employé.
Mon objectif final, sur le long terme, serait
d’ouvrir mon propre cabinet.
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